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Mathieu Belay, Le vendredi 05 avril 2019
Grand angle

SXM Festival : le retour glorieux du plus beau festival du monde à Saint-Martin

Dix-huit mois après le passage dévastateur d’Irma, Saint-Martin accueillait du 13 au 17 mars la troisième édition du SXM Festival. Derrière la fête, le décor paradisiaque et les images de rêve flottent l’esprit rave et le travail acharné d'une équipe de passionnés. Reportage.
  • Au SXM Festival, DJ booth avec vue sur la mer des Caraïbes et coucher de soleil pendant la Villa Party © YONDER.fr
    Au SXM Festival, DJ booth avec vue sur la mer des Caraïbes et coucher de soleil pendant la Villa Party © YONDER.fr
  • La scène
    La scène "Arc Stage" d'Happy Bay durant le set remarquable de Guy Gerber © Jeremy M.
  • Décor de rêve à la Jungle Party organisée à la Loterie Farm, nichée dans une vallée verdoyante de l'île © Off Brand Project
    Décor de rêve à la Jungle Party organisée à la Loterie Farm, nichée dans une vallée verdoyante de l'île © Off Brand Project
  • Moment de communion autour de Julian Prince (à droite) pendant la Villa Party © Off Grand Project
    Moment de communion autour de Julian Prince (à droite) pendant la Villa Party © Off Grand Project
  • Scénographie féérique sur la plage d'Happy Bay © Julien Drogoul
    Scénographie féérique sur la plage d'Happy Bay © Julien Drogoul
  • Atmosphère glamour, beautiful people et lumière spectaculaire à la Villa Party © YONDER.fr
    Atmosphère glamour, beautiful people et lumière spectaculaire à la Villa Party © YONDER.fr
  • Le DJ israélien, et basé à LA Guy Gerber, en plein mix © Geoffrey Hubbell
    Le DJ israélien, et basé à LA Guy Gerber, en plein mix © Geoffrey Hubbell
  • Déco mystique dans la zone VIP d'Happy Bay © Off Brand Project
    Déco mystique dans la zone VIP d'Happy Bay © Off Brand Project
  • Le DJ germano-chilien Ricardo Villalobos au petit matin, face à la foule de teufeurs © Alec Donnell Luna
    Le DJ germano-chilien Ricardo Villalobos au petit matin, face à la foule de teufeurs © Alec Donnell Luna
  • Cracheurs de feu sur la plage d'Happy Bay © Geoffrey Hubbell
    Cracheurs de feu sur la plage d'Happy Bay © Geoffrey Hubbell
  • Le cadre paradisiaque de la Villa Party évoque celui d'un clip © Off Brand Project
    Le cadre paradisiaque de la Villa Party évoque celui d'un clip © Off Brand Project
  • On danse face au coucher de soleil à la Villa Party © Julien Drogoul
    On danse face au coucher de soleil à la Villa Party © Julien Drogoul
  • Face à la scène Ocean Stage d'Happy Bay © Jeremy M.
    Face à la scène Ocean Stage d'Happy Bay © Jeremy M.
  • Le Lotus est l'un des clubs participant au festival, côté néerlandais de l'île © Geoffrey Hubbell
    Le Lotus est l'un des clubs participant au festival, côté néerlandais de l'île © Geoffrey Hubbell
  • Des volontaires du SXM Festival ont pris part à des travaux de rénovation sur l'île. Ici, on remet en état un terrain de basket © YONDER.fr
    Des volontaires du SXM Festival ont pris part à des travaux de rénovation sur l'île. Ici, on remet en état un terrain de basket © YONDER.fr
SXM, décrit comme « le plus beau festival du monde » par certains de nos confrères anglo-saxons sera- t-il à la hauteur de mes attentes ?

Note de l'éditeur : la lecture de ce reportage est recommandée sur Desktop ou Laptop. Cliquez sur les images pour les afficher en plein écran.

Le retour attendu du SXM Festival à Saint-Martin

14 novembre 2017, la nouvelle tombe. Un long communiqué diffusé sur Facebook annonce l’annulation de l’édition 2018 de SXM prévue quatre mois plus tard. Ce n’est pas une surprise tant l’île de Saint-Martin, où se déroule le festival depuis 2016, a souffert du passage de l’ouragan Irma quelques semaines plus tôt. Le cyclone, d’une rare violence, avait alors endommagé, à des degrés divers plus de 90 % du bâti à Saint-Martin et Saint-Barthélemy, laissant l’île exsangue. Si le festival est annulé en 2018, la prochaine édition de SXM est d’ores et déjà annoncée du 13 au 17 mars 2019. On prend date.

13 mars 2019. Le vol AF 0498, dans lequel j’ai embarqué neuf heures plus tôt, débute sa descente vers l’aéroport international Princess Juliana. Code SXM. Le commandant de bord annonce la température au sol. 27°. Pas un nuage à l’horizon. Mes voisines de bord, venues de Manchester, Londres et Ljubljana, sont prêtes à en découdre. Lookées comme si elles rejoignaient Ibiza au cœur de l’été.

Si l’excitation est grande, des questions subsistent alors que les roues de l’appareil s’apprêtent à toucher le tarmac. Est-ce que l’île, lourdement touchée par Irma en 2017, est prête à accueillir l’événement ? SXM, décrit comme « le plus beau festival du monde » par certains de nos confrères anglo-saxons sera- t-il à la hauteur de mes attentes ? Est-ce bien raisonnable de traverser l’Atlantique pour faire la fête ? Puis, comme pour beaucoup de nouveaux venus, le décor paradisiaque des Caraïbes aperçu par le hublot évoque, ne serait-ce que de manière subliminale, le désormais tristement célèbre Fyre Festival. Les images des deux documentaires produits par Netflix et Hulu résonnent encore dans toutes les têtes.

Les doutes se dissipent rapidement. En un clin d’œil, je récupère mon bracelet VIP à la sortie de l’aéroport. Après deux éditions en 2016 et 2017, l’organisation est rôdée. Alors que je rejoins mon hôtel, la lumière chaude et rasante est de bon augure pour la suite.

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  • Maho Beach est célèbre à Saint-Martin pour sa proximité avec l'aéroport international SXM © YONDER.fr
  • Ambiance caribéenne sur la promenade de Philipsburg, côté néerlandais © YONDER.fr

 

Julian Prince résume ses années 2000 avec cette formule sans équivoque. « On rave, on rave, on rave plus, on rave encore ! »

 

Julian Prince, l’âme du festival

Le soleil disparaît derrière l’horizon. On file chez Emilio’s, un resto chic du centre de l’île. C’est ici qu’a lieu la soirée de lancement du festival en présence des officiels. Les collectivités, française et néerlandaise, ayant soutenu financièrement l’événement pour rebooster le tourisme à Saint-Martin, sont de la partie. C’est surtout l’occasion de faire connaissance avec Julian Arbia a.k.a. Julian Prince, le visage de SXM. « Déchiré entre l’artistique et le business », le Québécois, DJ, promoteur et patron de resto-bars à Montréal, nous explique pourquoi il a choisi Saint-Martin, île « vivante et colorée, où cohabitent plus de cent nationalités » pour à peine plus de 75,000 habitants.

Cette terre insulaire, il la connaît par cœur. Ses parents, qui y gèrent l'hôtel Mercure depuis le début des annnées 2000, sont une bonne raison de multiplier les allers-retours entre Montréal et le nouveau fief familial, sous les tropiques. Il y est venu « cent fois », « sans jamais vivre deux fois la même chose ». Saint-Martin, île européenne où cohabite le « meilleur des deux mondes ». L’esprit festif – casinos et clubs - côté néerlandais. L’authenticité antillaise et les « magnifiques plages », par dizaines, côté français. Dès le milieu des années 2000, de passage à Miami, Julian Prince avait proposé à Craig Pettigrew, le futur co-fondateur du BPM Festival d’y créer un événement consacré aux musiques électroniques. Ce dernier déclina l’offre et partit s'installer à Playa del Carmen sur la Riviera Maya. On connaît la suite de l’histoire.

Pour autant, le Montréalais ne lâche pas l’affaire. Celui qui découvrait la musique électronique encore ado en accompagnant sa grande sœur en teuf, qui faisait des aller-retours mensuels pour voir jouer Sasha & John Digweed au Twilo à New York ou qui assistait, admiratif, aux sets marathoniens de David Morales au légendaire Stereo, chasse ses rêves. Avec sa pote Vivie-ann Bakos, future moitié de Blond:ish, ils achètent un soundsystem et écument les nuits montréalaises. Warehouse, clubs, lofts, tout y passe. Julian Prince résume ses années 2000 avec cette formule sans équivoque. « On rave, on rave, on rave plus, on rave encore ! » 

  • Sur la plage d'Happy Bay © Agnès Etchegoyen
  • Julian Prince harangue la foule alors que le soleil se lève sur Happy Bay © YONDER.fr

 

Les regards et sourires échangés révèlent une connivence de tous les instants entre teufeurs. La joie simple de partager ce moment ensemble.

 

Go big or go home!

En 2015, il franchit le Rubicon. Près de dix ans après avoir imaginé importer la culture rave à Saint-Martin, il monte un team – « les meilleurs » dans leurs spécialités – et crée le premier festival d’envergure dédié à la musique électronique dans cette région du globe. Des discussions avec les autorités saint-martinoises au booking, en passant par la création de la scénographie jusqu’au déploiement logistique, le premier chapitre de l’histoire de SXMusic (c’était alors le nom de SXM en 2016) nécessite quinze mois de travail acharné. Interrogé sur les ambitions d’un festival au line-up impressionnant pour sa toute première édition, Julian Prince explicite son état d’esprit d’alors. “Go big or go home!”. Jamie Jones, Maceo Plex, Guy Gerber, Adriatique, Apollonia, DJ Tennis, Audiofly, Lee Burridge ou Blond:ish sont à l’affiche. Malgré les difficultés organisationnelles, malgré d’« infimes » réticences locales, SXM est né.

2019, la renaissance du Phénix

Après une année 2017 marquée par l’expansion, Irma porte un coup d’arrêt au développement de SXM. Il faudra donc attendre le 13 mars 2019, jour de mon arrivée sur l’île, pour voir le Phénix renaître de ses cendres.

Un coup d’œil au programme sur l’appli officielle donne le tournis. Il y a bien sûr Happy Bay, le cœur battant du festival avec ses deux scènes où se relaient dès le premier soir une douzaine d’artistes. Rebolledo, habitué de Burning Man, précède la Française Jennifer Cardini sous l’arche emblématique de SXM. Côté plage, M.A.N.D.Y. est à l’honneur avec trois heures de set.

La nuit se poursuit à quelques kilomètres de là, dans un club à ciel ouvert, le Refuge. Quand le trio danois WhoMadeWho prend le contrôle des platines à trois heures pétantes, la foule est clairsemée. Mais l’esprit de la fête est vivace. Aux côtés des locaux venus goûter l’ambiance du festival, des fêtards de tous horizons, de tous âges, répondent présents.

  • La Jungle Party organisée à la Loterie Farm en marge du festival est l’une des plus belles fêtes que l’on puisse imaginer © Off Brand Project

 

Un festival « inclusif »

Car s’il y a bien quelque chose d’intrinsèque à SXM, c’est son côté « grande famille ». D’un jour à l’autre, je recroise les mêmes personnes. Que l’on prenne ou non le temps de faire connaissance, les regards et sourires échangés révèlent une connivence de tous les instants entre teufeurs. La joie simple de partager ce moment ensemble. 15% des participants ont plus de 40 ans. L’âge moyen est de 33 ans. De Tulum à Berlin, de Miami à Ibiza, de Burning Man à Amsterdam Dance Event, le public de SXM est habitué à voyager aux quatre coins du globe pour l’amour de la musique. Et celui des belles fêtes. Ce public chevronné côtoie les locaux, de Saint-Martin ou des îles voisines, venus en nombre. Les Saint-Martinois bénéficient ainsi de tarifs préférentiels. Consciente que le pouvoir d’achat des habitants de l'île n’est pas celui de la clientèle plutôt aisée de l’événement, l’organisation assure avoir fait le maximum pour « ne laisser personne derrière ». Pour que la fête soit la plus « inclusive » possible. L’esprit rave originel flotte sur SXM.

Pour Julian Prince, cette façon de penser est fondamentale. Un de ses proches, depuis longtemps dans l’industrie, a eu cette phrase qui l’a marqué. « Dans un festival, le plus important n’est pas l’évènement lui-même, mais ce qu’il y a autour ». Il poursuit. « Les rencontres, les moments créés, les personnes rassemblées ». En un mot, la « vibe ». Avec 5,000 bracelets en circulation et rarement plus de 3,000 personnes simultanément au même endroit, SXM est LE "boutique-festival" par excellence. Même Happy Bay, avec ses deux scènes, reste un lieu à taille humaine. On y danse les pieds dans le sable. Sans se soucier de savoir si l’on a perdu le reste de sa bande.

  • Cracheur de feu sur la plage d'Happy Bay © Geoffrey Hubbel
  • Détail de décoration dans l'un des espaces VIP © YONDER.fr

 

Tous ceux ayant conscience de la chance d’être là, à ce moment précis de leur vie, ont le regard qui pétille.

 

À la VIP Villa Party, l’ombre du Fyre Festival

Le samedi, rendez-vous est donné dès midi à tous les détenteurs d’un bracelet VIP – environ un millier - à la Villa Sandyline dans les Terres Basses. La villa, loué spécialement pour la journée, vaudrait une vingtaine de millions de dollars. Infinity pool, piscine lagon avec son faux récif, vue spectaculaire à 360°, drapeaux Veuve Clicquot et beautiful people, on est plus proche d’un décor de clip hip-hop que de la philosophie rave.

À ce moment précis, impossible de ne pas repenser au Fyre Festival. Sauf que tout ceci existe bel et bien. Le cadre somptueux, le DJ set, l’atmosphère magique lorsque le soleil disparaît derrière l’horizon. Tous ceux ayant conscience de la chance d’être là, à ce moment précis de leur vie, ont le regard qui pétille. À la Villa Party, le rêve se vit éveillé.

« On ne paye pas d’influenceurs »

Quand on fait le parallèle avec le Fyre Festival, Julian Prince ne peut s’empêcher d'être un brin exaspéré. Il sait que la sortie des documentaires de Netflix et Hulu ont pu dissuader de nouvelles personnes de venir. Conjugué aux craintes de trouver une île encore abîmée par l’ouragan, l’effet Fyre a pesé sur la billetterie. Olivia Gottlieb, directrice marketing, explique d’ailleurs que la stratégie de communication sur les réseaux sociaux a dû être adaptée en temps réel. Quitte à moins jouer la carte glamour. Et à rappeler que SXM est un festival, dont l’histoire certes encore jeune, compte déjà deux éditions. Plus que faire rêver à tout prix, il était temps de rassurer.

Le fondateur du festival est plus direct. « On ne paye pas d’influenceurs. Il n’y a pas de bullshit ici. Ce qu’on montre dans nos vidéos, c’est la réalité de ce qu’a vécu notre public les années précédentes ». Il enchaîne. « C’est pénible de devoir se justifier quand on sait tout le travail fourni par l’équipe pour faire une fête, qu’on veut la plus exceptionnelle possible ».

  • SXM Festival 2019 : la Villa Party © YONDER.fr
  • SXM Festival 2019 : la Villa Party © YONDER.fr

 


Derrière SXM, une équipe de passionnés

Quiconque se rend à SXM ne pourra que constater que ce travail intensif a porté ses fruits. D’un point de vue très concret, l’expérience est d’une rare fluidité. Du système cashless (chaque bracelet est doté d’une puce RFID servant à régler tous les paiements sur place) aux multiples navettes permettant de relier les différents spots de l'événement sans tracas, tout a été fait pour faciliter la vie des festivaliers.

Le soin tout particulier apporté à l’environnement visuel et à l’ensemble de la production montre que les équipes de SXM voient les choses en grand. Qualitativement parlant. En amont – et en coulisses – le directeur et co-fondateur Abdou Elouali agit en véritable chef d’orchestre. Depuis les prémices, il fait partie de l’équipe de passionnés qui font du festival une réalité.

Son parcours témoigne d’un tempérament de guerrier de l’événementiel, lui qui s’est lancé seul dans des aventures improbables comme la création au lendemain du 11 septembre d’un festival mélangeant psytrance, sonorités techno et un brin de musique Gnawa à Merzouga, au pied des dunes du Sahara. « Une semaine avant le début du festival, j’avais vendu deux tickets sur 500 ». Grâce au renfort familial et à un convoi organisé depuis Casablanca à 14 heures de route, l’événement atteint la quarantaine de participants. D’un échec retentissant sur le papier, Abdou retient « les sourires, l’énergie, la beauté du moment » et « une certaine forme de surréalisme ». Surtout, il ne renonce pas. Dès l’année suivante, il remet le couvert dans les environs de Marrakech avant de retourner dans le désert marocain. C'est ici qu'il poursuivra l’histoire Transahara jusqu'en 2015.

  • Une festivalière heureuse à Happy Bay © Off Brand Project
Julian Prince et Driss Skali adoreraient faire venir Laurent Garnier. « Notre DJ préféré, notre artiste culte ».

 

L’univers visuel néo-hippie… et durable

C’est donc cet homme qui voit la poésie dans la difficulté, habitué à relever les défis les plus fous (comme construire une île artificielle sur un lac asséché soudainement inondé, pour assurer la dernière édition de son festival) qui a eu pour mission de coordonner tous les talents ayant mis en musique le merveilleux univers visuel de SXM.

Citons, entre autres, le Portugais Luis Guerrero, dit Lugu, concepteur de l’arche iconique d’Happy Bay et d’une grande partie de l’artwork, la New-yorkaise d’origine colombienne Pao Lopez, dont le travail auprès des soirées RUMORS de Guy Gerber ou All Day I Dream de Lee Burridge l’ont rendu mondialement célèbre dans le monde du clubbing et des festivals ou encore le directeur de la production français Didier Bornat, ancien conseiller technique de Jean-Michel Jarre. Tous ont œuvré dans le même sens : bâtir un décor immersif et léché, ambiance néo-hippie et éco-bohème.

Leur objectif commun ? Une intégration maximale dans la nature tropicale de Saint-Martin. Doublée d’un impact minimal pour l’environnement. Palettes laissées sur le port par les bateaux de croisières, vieilles toiles venues tout droit du cimetière de bateaux, bois mort ou palmes tombées des arbres, l’utilisation de matériaux recyclés est au cœur de la démarche scénographique de SXM.

  • La scène principale (Arc Stage) d’Happy Bay pendant le set de Dubfire © Geoffrey Hubbel

 

La vision du SXM Festival en 2020 et au-delà

Qu’attendre de SXM en 2020 et ensuite ? Julian Prince a des projets plein la tête. Le festival va – et « doit » continuer à grandir. Avec Driss Skali, responsable de la programmation et co-fondateur de SXM, ils adoreraient, notamment, faire venir Laurent Garnier. « Notre DJ préféré, notre artiste culte » lance Julian sous forme d’appel au pionnier de la scène techno française. Au-delà d’un booking renouvelé, c’est l’ensemble de l’expérience qui est amenée à évoluer. Nouveaux lieux, nouveaux éléments de déco et des « surprises » évidemment.

Puis il y a la vision à long terme. Si SXM est né et continuera à se développer prioritairement à Saint-Martin, son « flagship », Julian Prince s’imagine déjà installer son concept « dans d’autres petits coins de paradis ». SXM, explique-t-il est un « festival clé en main ». Du soundsystem aux tentes, de la scène aux lights, tout appartient à la société qui gère l’évènement. De là tout à mettre les voiles et à partir en tournée planètaire, tel un cirque des temps modernes, il n’y a qu’un pas à franchir. « Ne faire qu’un seul festival par an est très frustrant. Si ça avait été possible, on aurait tous été prêts à refaire le show deux mois plus tard ailleurs dans le monde ».

À l’âge de neuf ans, le petit « Jul » s’imaginait jouer de la musique, sous un palmier et sur une île déserte. Le dessin fait en classe est aujourd’hui accroché dans la chambre de son fils. Avec SXM Festival, il a prouvé qu’il était capable de transformer ses rêves d’enfant en réalité. À lui et à son team, tout semble désormais possible. Y compris la conquête du monde.
 

  • Le dessin visionnaire de Julian Prince à l’âge de 9 ans © "Jul"
Happy Bay est l’épicentre de SXM. Mais ce n’était, pour cette édition 2019, que l’un des sept lieux où se déroulait le festival.

 

SXM Festival, le guide pratique

1. Nos 5 conseils pour vivre le festival pleinement

  1. Restez une semaine complète à Saint-Martin : le festival en lui-même dure 5 jours. Sa programmation est extrêmement dense. Pour aussi profiter de l’île et de ses meilleurs spots, choisissez d’y séjourner une semaine entière. Ou plus si affinités. Et prenez le temps de chiller au beach restaurant Karibuni sur la minuscule Île de Pinel, à quelques minutes de ferry de Cul-de-Sac au nord-est de Saint-Martin.

    • Arrivée en bateau sur Pinel Island © YONDER.fr

       
  2. Ne négligez pas l’Ocean Stage : si les têtes d’affiche (cette année Guy Gerber, Marco Carola, Dubfire, Ricardo Villalobos, Apollonia, Zip, Sonja Moonear, Nicole Moudaber, Blond:ish, Jennifer Cardini, Rebolledo, John Acquaviva, Oxia…) jouent sur la grande scène – Arc Stage – d’Happy Bay, l’ambiance est aussi explosive sur l’intimiste seconde scène où l’on danse – quasiment - les pieds dans l’eau. Les sets monumentaux de ceux qui y ont défilé (Amine K, Sabo, Thugfu*ker, Chaim, Jenia Tarsol et bien d’autres encore) en étaient la preuve cette année.

  3. Profitez de tous les lieux du festival : Happy Bay est l’épicentre de SXM. Mais ce n’était, pour cette édition 2019, que l’un des sept lieux où se déroulait le festival. La nuit, les clubs Refuge et Lotus, côté néerlandais, prolongent l’expérience façon clubbing devant un parterre de puristes. Des teufs ont également lieu face au soleil levant ou sur des bateaux voguant au large de Saint-Martin. Quant à la Jungle Party organisée à la Loterie Farm (dont le ticket est vendu séparément de celui du festival), elle est tout simplement l’une des plus belles fêtes que vous pouvez imaginer, au cœur d'une vallée verdoyante de l'île.

  4. Optez pour le pass VIP : ce n’est en rien une obligation mais un vrai plus. Quitte à traverser l’Atlantique pour un festival, autant aller jusqu’au bout. Et vivre de l’intérieur la déjà mythique Villa Party du samedi après-midi.

  5. Ménagez-vous : le programme de SXM est trop dense pour imaginer être partout. Oubliez le FoMO et ménagez-vous pour tenir le rythme marathonien du festival dans la durée.
     

2. Où dormir à Saint-Martin ?

Hôtels, resorts all-inclusive, appartements, villas, les options pour séjourner sont nombreuses. D’un point de vue purement pratique, préférez quoi qu’il en soit le côté français où se déroulent la plupart des événements (les deux scènes d’Happy Bay, la Jungle Party à la Loterie Farm, la Villa Party…).

Les adresses recommandées sur l’île :

  1. Belmond La SamannaVisité par YONDER – Coup de cœur de la rédaction : l’hôtel de référence de l’île offre un cadre idyllique aux voyageurs en quête de luxe tropical. Plage privée de sable blanc, chambres, suites ou villas XXL, atmosphère délicieusement caribéenne et décor rafraîchi en font l’adresse la plus exclusive de Saint-Martin.

  • Le décor idyllique du Belmond La Samanna, l'hôtel le plus luxueux de Saint-Martin © YONDER.fr
  • Le décor idyllique du Belmond La Samanna, l'hôtel le plus luxueux de Saint-Martin © YONDER.fr

 


 

  1. LTC Beach Hotel & BoutiqueSélectionné par YONDER : à seulement dix minutes d’Happy Bay, cet hôtel confidentiel (9 chambres, toutes face à la mer) de Grand Case, ouvert en partenariat avec la marque de mode Le Temps des Cerises, offre un charmant décor mêlant design contemporain, matériaux naturels et objets de récupération. Le tout à quelques mètres seulement de la plage. Voilà qui est complètement raccord avec l’esprit SXM.

  2. Hôtel L’EsplanadeSélectionné par YONDER : l’une des adresses les plus chics de Saint-Martin. Ce boutique-hôtel (24 clés) est réputé pour être l’une des villégiatures les plus agréables de l’île avec son architecture méditerranéenne, ses jardins luxuriants et sur vues imprenables sur la baie de Grand Case.

  3. Hommage Hotel & ResidencesSélectionné par YONDER : situé entre les Terres Basses et Marigot à l’ouest de Saint-Marin, l’ancien Hôtel Mercure propose 148 chambres 4-étoiles, un jardin ponctué d’œuvres d’art et une proximité avec certaines des plus belles plages de l’île (Baie Rouge, Baie Longue ou Baie aux Prunes). Partenaire officiel de SXM en 2019, l’établissement, qui héberge de nombreux festivaliers et DJs, a abrité quelques fêtes au bord de sa piscine. Pour ceux qui prévoient de faire la fête intensément, l’hôtel a le mérite d’être central par rapport à tous les lieux où se déroulent le festival, y compris côté néerlandais.

  4. Grand Case Beach ClubSélectionné par YONDER : un resort renommé à deux pas de Grand Case. Les hôtes des 71 studios et suites peuvent profiter des deux plages privées ou de la piscine.
     

3. Comment aller à Saint-Martin ? 

Bonne nouvelle pour le public hexagonal, l’aéroport international de Saint-Martin (SXM) est relié plusieurs fois semaine par Air France depuis Paris-CDG. Comptez environ 9 heures de trajet à l’aller et France et 8 au retour.

Il est également possible de rejoindre Saint-Martin via Pointe-à-Pitre. Des vols avec correspondance sont également proposés par la compagnie tricolore via Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), Fort-de-France (Martinique) ou Amsterdam en collaboration avec KLM.

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