Emmanuel Laveran, Le mercredi 14 octobre 2026Notre itinéraire au Kirghizistan d'une semaine à 10 jours
On nous avait prévenu, le Kirghizistan, dont on parle peu, est l’un des plus beaux pays du monde. Encore faut-il connaître ce territoire grand comme deux tiers de la France, constitué de 7 régions aux paysages et traditions différentes. L’agence Comptoir des Voyages est l’une des premières à l’avoir défriché et passé des accords exclusifs avec certains prestataires, campements semi-nomades de quelques yourtes seulement, restaurants qualitatifs à l’hygiène irréprochable… Bref, Yonder a choisi cette agence pas comme les autres afin de concevoir un itinéraire au Kirghizistan sur mesure, réalisable en une semaine à 10 jours, par rapport à un brief de départ clair : vivre la destination de l’intérieur, en immersion chez les kirghizes, y découvrir les mœurs et la culture locales, tout en parcourant les plus beaux paysages du pays. On est revenus bouche bée de ce fabuleux périple.
Que faire au Kirghizistan, que voir au Kirghizistan en un clin d’œil ?
Si vous envisagez un road trip au Kirghizistan d’une semaine à 10 jours, il existe quelques étapes incontournables :
- Visiter la capitale, Bishkek (ou Bichkek), profiter de ses bons restaurants et se perdre dans son marché local dépaysant ;
- Filer se baigner dans le lac Issyk Kul et se balader dans les canyons de Fairytale / Skazka ;
- Rencontrer un fabricant de yourtes traditionnelles, assister à une démonstration de chasse à l’aigle et avec des lévriers ;
- Participer au marché aux bestiaux de Kochkor ;
- Vivre 2 jours en montagne sous la yourte avec les kirghizes dans la vallée d’At Bashi ;
- Traverser les paysages incroyables entre At Bashi et Song Kul, emprunter la route panoramique des 32 perroquets ;
- Vivre 2 jours sur les rives du Lac Song Kul dans un endroit peu fréquenté des touristes, monter à cheval dans les steppes.
L’itinéraire au Kighizistan ci-dessous peut être facilement réalisé en une semaine, ou en 10 jours si l’on souhaite prendre son temps, ce que l’on conseille, profiter des paysages et vivre la destination encore plus en profondeur.
Jour 1 – Arrivée à Bishkek
À la descente de l’avion, notre guide francophone locale attend avec une petite pancarte Comptoir des Voyages. Pas de panique, l’aéroport international de Bishkek ne comporte qu’un terminal, deux tapis de bagages et une seule sortie… bref pas de quoi s’y perdre, à peu près la taille de celui de Clermont-Ferrand et c’est tant mieux ! Dans notre cas, après un chaleureux accueil, notre accompagnatrice, Aijamal, nous mène à l’imposant 4x4 Toyota conduit par son mari Mairambek, l’itinéraire au Kirghizistan débute ! Le couple arbore de larges sourires de bienvenue et nous conduit à notre hôtel, dans le centre de Bishkek.
5 h — Repos et courte nuit au Sara Hotel Bishkek
C’est l’heure d’arrivée des vols de nuit Turkish Airlines qui transitent par Istanbul. Inutile de préciser qu’avec le décalage horaire, la fatigue se fait sentir. On file donc dans le 4x4 direction l’hôtel. La première matinée sera dédiée au repos et à la récupération, indispensable pour être en forme pendant la suite de l’itinéraire au Kirghizistan.
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Vue aérienne de Bichkek, capitale du Kirghizistan, avec les montagnes en toile de fond © Unsplash / Mike Dudin
Rien de particulier à signaler sur le Sara Hotel Bishkek, cet hôtel 3 étoiles, si ce n’est qu’il offre les qualités d’être propre, pratique et confortable. C’est surtout le point de chute idéal pour sa localisation, à 5 minutes à pied du grand marché alimentaire et textile de Bishkek qu’on ira visiter un peu plus tard dans la journée… car pour l’instant, après une nuit courte passée dans les avions, une bonne sieste s’impose.
14 h — Rencontre avec les femmes de la coopérative Kiiz Düne
On part en 4x4 pour une trentaine de minutes de traversée de Bishkek afin de rejoindre une association locale dédiée au travail des femmes. Créée en 2003 après la chute du bloc soviétique, Kiiz Düne emploie une vingtaine de personnes et fabrique vêtements et accessoires traditionnels. On assiste à la confection d’un foulard en soie ouzbèke orné de décorations en laine mérinos issue des montagnes kirghizes. Le dialogue s’instaure avec les employées ainsi que l’actuelle dirigeante. Le rendez-vous se termine par la visite de leur musée, pièce de la maison qui expose différentes coiffes et costumes traditionnels réalisés sur place.
15 h 30 — Marché de Bishkek
On demande à notre guide de nous déposer au marché alimentaire de la ville, à 5 minutes à pied de l’hôtel Sara Bishkek. On y prend une première bouffée de dépaysement ! Sous une immense halle, les marchands d’épices colorés jouxtent les vendeurs de billes de fromages sèches, de tabac à macher, de tas de riz, légumineuses et céréales, fruits ou légumes secs. Un peu plus loin c’est le marché aux viandes avec les saucissons de chevaux (consommés cuits), les tripes fumantes, les étals exhibant volailles, billots où l’on découpe le bœuf et les agneaux à la hache…quelques poissons séchés complètent les rayons protéinés avant de glisser dans les allées dédiées aux fruits et légumes. Il y a aussi, autour, de nombreux vendeurs de vêtements, idéal si l’on a oublié de mettre dans sa valise un bermuda ou un caleçon. Un marché local et typique qui vaut le détour.


17 h — Entretien avec Maria au café Koulikovski
Rendez-vous dans la meilleure pâtisserie de la ville où le Cédric Grolet local vend ses créations (gâteaux à la crème en tout genre), parfois meilleures que l’original, et propose thés, cafés et boissons récréatives (aux couleurs rouges, jaunes et vertes, on n’a pas noté tous les noms !) dans une déco moderne typiquement à la mode de Bishkek. Là, Maria, professeur de français à l’Université, vient à notre rencontre. Dans un français parfait, elle nous explique la vie sous les différents régimes, de celui de Staline, horriblement répressif, à l’ère soviétique de Boris Eltsine (« un alcoolique qui ne s’occupait de rien »). Elle raconte aussi la succession des différents Présidents depuis que l’Etat du Kirghizistan a accédé à l’indépendance, coincé entre deux grandes puissances, Chine et Russie. Une belle rencontre, signature de l’agence Comptoir des Voyages, qui permet de comprendre le pays et de mieux rentrer dans la peau des autochtones.
19 h 30 — Dîner au restaurant Navat
Servant notamment une cuisine traditionnelle kirghize, Navat est une bonne adresse et l’un des meilleurs restaurants de Bishkek. Une carte richement illustrée présente une grande variété de spécialités locales issues des différentes régions du Kirghizistan. Il faut goûter ici les boorsok (petits beignets frits à déguster chauds), les bouillons de viande (tel le shorpo à l’agneau) ou encore le beshbarmak, mélange de pâtes (de type tagliatelles), viande grasse (au choix cheval, boeuf ou mouton), bouillon, herbes et/ou oignons. Mais la carte affiche aussi d’alléchantes pizza, salades grecques et autres spécialités venues d’Occident. Le cadre s’avère coloré et réussi, Un dîner à Navat constitue un excellent début de voyage tant le dépaysement est total et la nourriture qualitative, dès le premier soir.
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La salle du restaurant à Bishkek © Navat
21 h 30 — Nuit au Sara hotel
On peut rejoindre le Sara Hotel à pied en une vingtaine de minutes pour une balade digestive à travers Bishkek.
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Chambre double à l’hôtel Sara Hotel Bishkek, Kirghizistan © DR
Sara Hotel Bishkek
30 clés, prix à partir de 59 dollars la nuit
Jour 2 – Vers Bokonbayevo
9 h — Départ en direction de Bokonbayevo
On longe la frontière kazakhe à bord du puissant Toyota Sequoia 4x4 (un véhicule tout-terrain s’avère vraiment nécessaire afin de parcourir le Kirghizistan) en empruntant la route de la Soie, la plus belle du pays, construite par les chinois.
11 h — Tour de Burana
On arrive au minaret de Burana, dernier vestige de la cité médiévale de Balasagun (Xe au XIVe siècle), conquise par la tribu turque des Qarakhanids avant l’an 1000. On admire les motifs décoratifs de brique, on grimpe les imposantes marches qui mènent au sommet afin de découvrir le panorama sur les montagnes. Au pied du monument, les pierres tombales sculptées, affichant des visages souriants et datant des VIè au Xè siècle, méritent le coup d’œil, tout comme le petit musée exposant poteries, armes, bijoux, monnaies anciennes…
12 h — Déjeuner chez l’habitant
Voilà encore l’une des signatures des itinéraires au Kirghizistan conçus par Comptoir des Voyages : passer du temps avec et chez les autochtones. A 10 minutes de voiture de la tour de Burana, une famille kirghize accueille chez elle pour déjeuner. La table est dressée et un festival de couleurs nous saute au visage. Les nombreuses salades et crudités, en entrée, sont accompagnées de boorsok qu’on déguste nature ou nappés de confiture de framboises maison, alternant les saveurs salées et sucrées au cours du repas. Un bol de soupe de lentilles précède le fameux beshbarmak, servi au bœuf. Enfin s’invite un plateau de fruits frais, pêches blanches mures comme on en trouve rarement en France, raisins et quelques succulentes framboises du jardin…
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Portrait d’un jeune Kirghize en tenue traditionnelle © DR
13 h 30 — On remonte en voiture
16 h — Initiation au montage des yourtes
Après avoir longé les premières chaînes de montagne et le lac Issyk Kul, on s’arrête dans un petit village afin de partager le quotidien d’une famille fabricante de yourtes depuis 4 générations. Le fils nous montre où poussent les saules, dont les branches flexibles sont coupées tous les 3 ans, puis nous explique les étapes de la conception des différentes pièces en bois nécessaires. Toutes les machines sont artisanales, un four à vapeur rudimentaire servira à chauffer le bois avant de l’incurver, le tailler… on monte ensuite une yourte avec la famille qui nous explique toute la symbolique des décorations. On pénètre petit à petit la culture locale.
17 h 30 — Arrivée à Emily Guesthouse et dîner local
Très simple, ce petit ensemble de yourtes et cabanes en terre présente des chambres de belles capacité, propres, avec toilettes, douches et eau courante. L’intérêt du lieu réside surtout dans le dîner servi sous l’immense yourte traditionnelle. A l’intérieur, une déco vive et colorée, les filles de la maison déposent bol de soupe fumante et assiette d’un délicieux plov (riz frit aux carottes et à la viande). On se régale avant de filer se reposer.
Jour 3 – Aigles, canyon et baignade
9 h — Départ d’Emily Guesthouse vers les premiers pâturages
Après un petit-déjeuner copieux (porridge, œufs saucisse, toasts, pains, gâteaux, confiture de framboise et miel maison), on part pour environ 30 minutes de 4x4. La route se transforme en piste et grimpe à travers les montagnes. Les paysages se dessinent jusqu’au pâturage de Boz Salkyn, à 2500 mètres d’altitude. Là, on se gare et nous entamons une randonnée d’une trentaine de minutes afin de nous rendre à un point de vue panoramique. Devant nous s’étend une immense vallée verdoyante cernée de hautes montagnes, forêts et prairies. Quelques yourtes blanches s’égrènent ça et là. La vue est majestueuse.
10 h 30 — Démonstration de chasse à l’aigle et aux lévriers
On regagne le véhicule pour à nouveau une trentaine de minutes de route. La piste longe d’antiques cimetières musulmans dont les tombes se découpent à l’horizon avec les Tian Shan, les montagnes célestes enneigées en toile de fond.
On s’engage dans une autre vallée, un lac cerné de sommets et puis apparaissent deux jeunes autochtones et leurs animaux. Dans leurs costumes traditionnels, fiers au milieu de la steppe, ils nous disent qu’ils forment la quatrième génération de chasseurs à l’aigle. Leur rapace est immense, au moins 2 mètres d’envergure… impressionnant ! Fait marquant, ils nous expliquent que les aigles sont maintenus captifs une quinzaine d’années mais sont ensuite traditionnellement relâchés afin de se reproduire et vivre jusqu’à 50 ou 60 ans dans la nature. Entraînés à la chasse, ils se nourrissent et se réadaptent facilement à la vie sauvage. La démonstration, à cheval, avec les rapaces puis dans un deuxième temps avec les chiens débute alors. Encore une coutume locale que l’on pénètre, fascinés.
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Rencontre avec un berkutchi, chasseur à l’aigle, gardien d’une tradition nomade séculaire © DR
12 h — Déjeuner au restaurant Royal Gate
Ce restaurant touristique de bord de route offre une terrasse et une vue imprenable sur le Lac Issyk Kul, véritable mer intérieure de plus de 200 km de long. On goûte les sublimes kattama (galette de pain ronde frite), une soupe (lentilles, bortsch…) et un excellent plat de jarovnia, bœuf et légumes sautés sur plaque chauffante. La nourriture locale s’avère décidément très savoureuse, on se régale à nouveau !
14 h — Canyon de Fairytail / Skazka
L’attraction géologique locale se nomme Skazka. A l’image des ocres du Roussillon, dans le Luberon, ou des canyons espagnols, Skazka décline un paysage déchiqueté de roches aux teintes jaunes et rouges. Plusieurs circuits de balades s’offrent aux touristes. On conseille de prendre le temps de parcourir la boucle la plus longue. Ca grimpe et il faut prévoir bonnes chaussures de marche et bouteille d’eau. Ne pas oublier non plus son appareil photo afin d’immortaliser cette nature particulière et les vues des sommets sur les canyons et le lac Issyk Kul en fond.
16 h — Baignade
Dès le mois de Juin, les eaux du lac Issyk Kul affichent une température de 20 degrés. Lorsqu’il fait chaud, ce qui arrive souvent l’été à 1600 mètres d’altitude, on prend plaisir à s’y baigner. Plusieurs espaces de plages sont organisés, avec cafés, location de pédalos et padels. On peut aussi choisir de s’arrêter en bord de route sur les rives sauvages du lac. Après la marche dans les canyons, la pause fait du bien.
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Baignade dans le lac Issyk-Koul, face aux sommets enneigés du Tian Shan © DR
17 h 30 — Retour à Emily Guesthouse et nuit à l’hôtel
On dîne toujours aussi bien et copieusement chez Emily. Ce soir, on nous sert, sous la yourte, une soupe légèrement épicée ainsi qu’un plat de pot au feu de bœuf au chou, carottes et pommes de terre. La cadre typique coloré fait toujours son effet, encore une belle soirée !
Jour 4 – Marché aux bestiaux et rencontre avec les nomades
6 h — Départ pour le marché aux bestiaux de Kotchkor
Demandez à votre chauffeur de vous arrêter à une station service afin de commander un bon latté ou café à votre guise, les pauses seront rares plus tard, le long de la route de la soie qui mène à la frontière chinoise.
8 h 15 — Arrivée au marché aux bestiaux de Kotchkor
Dépaysement garanti avec cet attroupement, au milieu de nulle part, sur fond de montagnes enneigées. Certains espaces sont réservés à la vente de chevaux, de bovins, moutons puis tous types de volatiles. On reconnaît les ovins de race locale « arachan » à leurs excroissances postérieures et leur taille supérieure aux autres. Les hommes négocient les bêtes, essayent les chevaux dans un brouhaha et une atmosphère unique. Ce moment de partage de la vie des kirghizes s’avère rare et intense. On ne croise quasiment aucun autre touriste.
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Marché aux bestiaux de Kotchkor, Kirghizistan : cheval sellé, mouton et éleveurs © DR
9 h 30 — Emprunter la route de la soie vers At Bachy
On continue ensuite en direction de la Chine. On recommande de s’arrêter déjeuner à Naryn, dernière grande ville (43000 habitants) avant les pâturages. Le Bamboo Café s’avère une option convaincante, proposant à la fois des spécialités de viandes locales (très bon ragoût agneau/aubergines rôties/courgettes/sauce confite à l’oignon) et des intitulés occidentaux pour les moins téméraires. On peut aussi en profiter pour acheter quelques fruits rouges, fraises, framboises et cerises, abondants en juin-juillet, le long de la route. On ne retrouvera pas ce genre de denrées à plus haute altitude, une fois dans les yourtes.
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Au Kirghizistan, les bergers à cheval mènent encore leurs troupeaux vers les pâturages d’altitude © DR
L’altitude s’élève et de grandioses paysages s’étirent le long de la route. On passe un premier col à plus de 3000 mètres et on s’engage dans la Vallée rouge. Les prairies deviennent de plus en plus grasses, les sommets se rapprochent, laissant apparaître forêts et névés. On traverse des troupeaux de chevaux, vaches, moutons, chèvres, yaks, encadrés de chiens et de cavaliers. La lumière d’Asie centrale éclaire les steppes, les pâturages, les hauts plateaux et les cimes enneigées. On en prend plein les yeux. Cette journée de roatrip au Kirghizistan vaut le voyage à elle seule. Bien sûr, on demande au chauffeur de nombreux arrêts pour prendre des photos.
15 h 30 — Arrivée au camp de yourtes dans une vallée de la région d’At Bachy
Alors que la route se transforme en piste, la voiture traverse des torrents à gué ou via des ponts de fortune. C’est à ce moment que notre itinéraire au Kirghizistan prend des tournures d’expédition et qu’on comprend la nécessité absolue d’un véhicule 4x4, le Toyota Sequoia s’avérant ultra confort et adapté. Le véhicule s’enfonce au cœur d’une vallée qu’on croirait alpine, à environ 2700 mètres d’altitude, le long d’un puissant torrent. Là, Nazeera et sa famille ont aménagé sept yourtes dont quatre sont louées ponctuellement. C’est le seul campement de cette vallée à accueillir ainsi des étrangers. Évidemment, le confort est sommaire mais il s’agit ici de s’adapter au mode de vie des semi-nomades qui ne rateraient pour rien au monde leur été passé en compagnie de leurs troupeaux à la montagne.
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Le camp de yourtes de Nazeera et sa famille, seul campement de la vallée à accueillir des voyageurs, région d’At-Bachy © DR
Sous les yourtes, le sol de terre battue est surmonté d’une estrade en bois sur laquelle deux matelas grossiers sont disposés. Quelques draps et couvertures (très propres), une cabane qui fait office de toilettes à 100 mètres en dehors du campement, pas d’électricité ni d’eau courante. Internet est proposé en option (réseau Starlink) uniquement les jours ou moments de beau temps (panneaux solaires), mais fonctionne remarquablement bien. Pour se laver, on ira au torrent en contrebas (eau à 2 degrés issue de la fonte des névés juste au-dessus !) et franchement, l’expérience s’avèrera très agréable.
On déchargera nos sacs de la voiture plus tard : il est l’heure de la traite des juments. La mère de famille, Nazeera, se saisit de deux sceaux et courre après ses animaux. Ici, on trait les juments 4 à 5 fois par jour afin de fabriquer le kymyz, la boisson traditionnelle des Kirghizes, le lait de jument fermenté.
16 h — Premier thé avec la famille
Boisson légèrement pétillante, le kymyz a un goût plutôt agréable de féta fumée au feu de bois. On appréhendait mais on ne peut pas refuser… et le kymyz est délicieux ! C’est le premier contact de bienvenue avec la famille, sous la yourte qui fait office de salle à manger et de parties communes de « l’hôtel ». Pain maison, beurre fait sur place, crème bien jaune, thé et confiture de fraises accompagneront un accueil mémorable.
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Sous la yourte, le pain maison cuit sur le poêle à bois © DR
17 h — Assister au déclin du soleil sur les crêtes
On peut monter au sommet des crêtes qui cernent la vallée en moins de 45 minutes de marche (prévoir chaussures de marche et eau). La flore est sublime avec une multitude de fleurs de toutes les couleurs, parmi lesquelles orchidées et edelweiss en grand nombre. Une fois en haut, les vues sont somptueuses sur les sommets, le mont At Bashy (plus de 5000 mètres) qui toise l’ensemble, les pâturages verdoyants à l’infini. On croise des troupeaux de chevaux, vaches et ovins partout, on aperçoit des yourtes où sont établies des familles de semi-nomades pour l’été, tout le long des rivières qui coulent au fond des vallées. Le spectacle de cette nature intacte est grandiose.
19 h — dîner
Nazeera sert tous les soirs une soupe complète à volonté, faite de légumes, patates et quelques morceaux de viande, mouton ou bœuf selon les jours. Le tout accompagné du pain maison et des fameuses confitures de fraises ou citron dont elle a le secret (les meilleures confitures du monde). Le thé est ensuite servi et l’altitude aidant (2800 mètres tout de même), on part vite se coucher. Le fils de la famille vient allumer le poêle dans la yourte et le remplit de bouse de vache séchée, excellent combustible qui tiendra toute la nuit. En l’espace de 10 minutes, il fait 25 degrés.
Jour 5 – Randonnée alpine et vie au camp nomade
8 h — L’heure du petit déjeuner
Un œuf frit, une assiette de porridge, les fameuses confitures, du pain frais, beurre et crème du camp fabriqué par la famille sans compter l’excellent yaourt maison dont on se régale.
9 h 30 — Départ en promenade
Le terrain de jeu est immense et les randonnées s’étalent de parcours plats et faciles (si l’on suit la vallée jusqu’au fond par exemple), à des ascensions plus ambitieuses, si on choisit de filer grimper le long des crêtes. Même si l’absence de sentier est manifeste, les troupeaux ont formé des chemins et l’on peut facilement couper à travers champs. Nous avons choisi de monter à près de 4000 mètres d’altitude, sur les contreforts du Mont Kakchaal, afin de toucher la neige, encore assez visible fin Juin. Les panoramas offerts par cette randonnée sont indicibles, on traverse des champs de fleurs, des troupeaux, on photographie des chevaux dont les silhouettes se découpent sur les cimes, on fait détaler les marmottes par dizaines, on observe les milans et vautours tournoyer…bref on vit la haute montagne et parcourt des étendues sauvages sublimes.
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L’été, les familles semi-nomades installent leur campement au plus près des pâturages © DR
Bien sûr, avant de partir, on n’oublie pas d’emporter des affaires chaudes (gants, cache col, kway, polaires, bonnet, chaussures de marche…), la crème solaire, casquette ou chapeau ainsi que des provisions d’eau. Nous avons parcouru 16 km, fait 1200 m de dénivelé positif en environ 6 heures mais il est très facile de rallonger ou écourter un tel itinéraire de randonnée.
16 h — Retour au camp
Nazeera a préparé un plov, riz frit aux carottes et à la viande alors qu’un petit groupe d’autres touristes est arrivé au camp. Tout le monde déjeune ensemble dans une bonne humeur communicative.
17 h — Participations aux activités des nomades
A partir de 17h, la fille de la famille nous appelle dans sa yourte et nous montre comment elle prépare le pain, pétri sur place puis cuit dans des plats ronds en inox posé sur le poêle à bois. Elle fabrique ensuite crème et beurre avec le lait frais des vaches. On participe à l’élaboration des produits. Déguster un pain tiède, avec une cuillère de crème fraîche et de confiture de fraises maison s’avère un plaisir rare.
20 h — Dîner léger
L’heure de la traditionnelle soupe a sonné et après la marche du jour, on trouve vite le sommeil.
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En fin de journée, les yourtes du campement face aux sommets pris dans les nuages © DR
Jour 6 – Départ pour le Lac Son Koul
8 h 30 — Toilette rapide dans le torrent
Selon la résistance à l’eau froide, on choisira de s’immerger le corps entier ou pas. La température extérieure étant agréable dès que le soleil pointe son nez, il est vraiment tentant de se baigner.
9 h — Départ en randonnée dans la vallée
Les guides nous proposent de marcher environ 1h30 en direction du retour et le chauffeur nous récupèrera afin de poursuivre la route. On grimpe sur la crête et on profite de nouveaux panoramas en direction de l’entrée de la vallée. On en prend à nouveau plein les yeux. On grimpe ensuite dans le 4x4 et on poursuit la route.
12 h — Arrivée à Naryn et déjeuner au Nomad Coffee Naryn
Si ce café ne paye pas de mine de l’extérieur, il s’agit de l’une des meilleures adresses de la ville. Fréquenté par de nombreux locaux et quelques touristes, on y trouve un grand choix de plats locaux (lagman, manty…), comme des spécialités étrangères (mushuru turc, udon japonaises, aussi hamburger, chicken wings et autres pizzas…) très bien exécutées, on recommande les thés verts parfumées et le kompot (infusion de fruits confits dans de l’eau fraîche) fait maison.
14 h — On reprend la route
La route panoramique devient fabuleuse, on enchaîne des paysages mirifiques de vallées, montagnes, on aperçoit des troupeaux… Cette journée de notre itinéraire au Kirghizistan est clairement l’une des plus spectaculaires du voyage.
16 h — Arrêt et randonnée
Nous marchons 30 minutes afin d’aller observer des chutes d’eau. Le passage de la route des 32 perroquets (32 virages en épingle à cheveux afin de passer un col à plus de 3000 mètres d’altitude) ouvre des perspectives hypnotiques sur les montagnes et les rivières avant d’arriver aux abords du Son Koul et ses steppes à perte de vue.
17 h 30 — Arrivée au camp de yourtes du lac Son Koul
Posé sur la rive Nord du lac, la moins touristique, ce camp d’une dizaine de yourtes dispose de douches chaudes et toilettes. Bien pratique et confortable. Si les lits ont un peu vécu, on y dort finalement très bien. Le chauffage au poêle s’avère à nouveau remarquablement efficace, les températures descendant bas la nuit, à plus de 3000 mètres d’altitude.
19 h 30 — Dîner
Dîner de soupe traditionnelle kirghize accompagné d’un plat de légumes en cocotte.
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Le soleil se couche sur les campements de yourtes, entre steppe et lac © DR
Jour 7 – Une journée au lac Son Koul
8 h 30 — Petit déjeuner
Fruits, pain, confitures (ici myrtille et abricot), œuf frit et flocons d’avoine, comme on en a désormais l’habitude.
9 h 30 — Balade à cheval
La fille de la famille nous emmène au pas, au trot et au galop faire une boucle de deux heures à cheval. Nous parcourons les steppes, nous nous rapprochons du pied des montagnes, puis longeons les rives du lac. Moment suspendu au milieu des steppes, nous croisons des rapaces, un renard et évidemment d’autres troupeaux de vaches et chevaux et des campements nomades. Cette balade sera l’un des points forts de notre itinéraire d’une semaine au Kirghizistan.
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Chevaux en liberté au bord du lac Son-Koul, au Kirghizistan © Unsplash / Daniele Nabissi
13 h — Déjeuner au camp
15 h — Balade à pied
Les rives du Son Koul s’explorent aussi à pied car on ne se lasse pas du spectacle paisible des troupeaux et des montagnes.
19 h 30 — Dernier dîner au camp et nuit sous la yourte
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Au crépuscule, le lac Son Koul se pare de reflets roses et argentés © DR
Jour 8 – Retour à Bichkek
8 h 30 — Départ pour 5 à 7 heures de route selon la circulation
A noter, on n’emprunte pas la même route qu’à l’aller, ce qui permet de découvrir de nouveaux paysages et en particulier les vues depuis le col Klmmak.
17 h 00 — Arrivée à Bishkek
L’itinéraire au Kirghizistan que nous avons parcouru s’arrête une fois rejointe la capitale kirghize.
Plusieurs options de prolongation du voyage sont possibles :
Option 1 : Allonger les durées de séjour.
A At Bachy et Son Koul, on peut facilement prolonger d’un jour chaque étape et prendre le temps d’explorer les alentours des campements plus en profondeur. Le voyage se transforme alors en itinéraire de 10 jours au Kirghizistan.
Option 2 : Ajouter une étape de 2 à 3 jours au périple.
Comptoir des Voyages conseille un itinéraire complet au Kirghizistan de 3 jours de plus, en ajoutant la destination de Tach Rabat, un ancien caravansérail offrant encore des paysages différents.
Option 3 : Etendre le voyage par un saut en Ouzbékistan.
Nous avons poursuivi par un vol pour Tachkent et passé 5 jours entre la capitale ouzbèke, extrêmement agréable à visiter, puis Samarcande, l’une des plus belles villes du monde. Selon la durée souhaitée de votre séjour et vos budgets, Comptoir des Voyages s’avèrera d’excellents conseils.
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Le minaret Kalyan et la médersa Mir-i-Arab, à Boukhara, en Ouzbouzistan, sous un ciel bleu intense © Unsplash / Snowscat
Dans tous les cas de figure, un itinéraire au Kirghizistan marque comme l’un des voyages d’une vie. L’incroyable beauté du pays couplée à la chaleur des habitants forgent des souvenirs impérissables.
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Comptoir des Voyages, agence à l'origine de ce périple sur mesure et de ses adresses exclusives (campements semi-nomades, restaurants triés sur le volet), propose plusieurs formules pour explorer le Kirghizistan en immersion, de 7 à 10 jours. Découvrez leurs formules de voyage au Kirghizistan et composez votre propre itinéraire, entre lac Issyk Kul, vallée d'At Bashi et rives du Son Koul.











