Emmanuelle Dreyfus, Le lundi 28 septembre 2026Les expositions à voir en octobre 2026 à Paris et en France
1. Expo à Paris en octobre : Andy Warhol au musée du Luxembourg
C'est l'une des exposisitions majeures à voir en octobre à Paris. Marilyn, Mao, les boîtes de soupe Campbell’s, la Factory : on pensait connaître Warhol par cœur. Mais avant de devenir le pape de la sérigraphie, Andrew Warhola (1928-1987) gagne sa vie comme illustrateur publicitaire à New York et développe toute une panoplie de procédés : tampons, pochoirs, collages, lignes transférées, destinés déjà à répéter et reproduire l’image. Le musée du Luxembourg remet cette pratique en lumière avec quelque 150 dessins, de son premier autoportrait daté de 1942 aux études autour de La Dernière Cène réalisées à la fin de sa vie.
On y retrouve le Warhol mondain et publicitaire, mais aussi un autre, beaucoup plus privé. Dans les années 1950, il dessine une abondante iconographie gay qui circule seulement parmi ses proches, bien loin de l’Amérique policée à laquelle il vend ses illustrations. Après 1968 et l’attentat qui manque de lui coûter la vie, la mort s’installe plus franchement dans son vocabulaire, jusque dans la série des Crânes. Au fond, le paradoxe est savoureux : celui qui affirmait vouloir « être une machine » n’a pourtant jamais délaissé le dessin. Et c’est peut-être là que se cache le Warhol le plus pertinent.
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Ladies and Gentlemen (Iris), Mugrabi Collection Photo Max C Lee-Russel ®The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts,Licensed by ADAGP 2026
Andy Warhol
Jusqu’au 10 janvier 2027
Musée du Luxembourg, Paris 6e
L’hôtel à réserver ? Installé dans un bâtiment du XVIIe siècle, le Prince de Conti, boutique-hôtel à Saint-Germain des Prés, 23 chambres et suites joue la carte du refuge rive gauche : bois, tapisseries, tissus généreux et jardin d’hiver caché. À deux pas de la Monnaie de Paris et des quais de Seine, l'hôtel permet de faire pratiquement tout le quartier à pied.
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© Prince de Conti
Prince de Conti
23 clés, prix à partir de 326 euros la nuit
8 rue Guénégaud, Paris 6e
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2. Irving Penn à la MEP | 60 ans de mode dans l’objectif
Irving Penn (1917-2009) avait une recette d’une simplicité presque insolente : un fond neutre, une belle lumière et surtout rien qui vienne détourner le regard du vêtement. Pendant près de soixante ans, essentiellement pour Vogue, le photographe américain a transformé les robes en volumes, les étoffes en paysages et les mannequins en silhouettes presque abstraites. La MEP déroule cette relation avec la mode de 1947 à 2008, des débuts du New Look de Dior aux extravagances de Galliano et Lacroix.
Certains de ses clichés ont même traversé le siècle. Dès les années 1950, il signe quelques-unes des images qui vont imposer son style : Lisa Fonssagrives, qu’il épouse en 1950, dans une spectaculaire robe d’Arlequin, Jean Patchett derrière une voilette ou encore les silhouettes sculpturales de Balenciaga, dont il admire la construction presque architecturale.
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Irving Penn, 12 Models Moving Their Heads, New York, 1947 Nicola Erni Collection, Zug © The Irving Penn Foundation
Au fil des décennies, les créations signées Dior, Courrèges, Ungaro, Saint Laurent, Lagerfeld, Galliano ou Lacroix défilent ainsi devant son objectif, sans jamais détourner le photographe de ce qui l’intéresse : la ligne, le volume et la matière du vêtement. Sa collaboration avec Issey Miyake, entamée dans les années 1980, pousse ce dialogue encore plus loin. Le couturier lui envoie ses créations à New York et lui laisse une liberté totale pour les interpréter en studio. Les images repartent ensuite à Tokyo, où Miyake découvre ses propres vêtements transformés par le regard de l’artiste. Une complicité suffisamment féconde pour durer treize ans et donner naissance, entre autres, à une série d’affiches conçues par le graphiste Ikko Tanaka. Plus qu’une simple commande de mode, une véritable conversation entre trois créateurs.
Irving Penn
Jusqu’au 17 janvier 2027,
Maison européenne de la photographie, Paris 4e.
L’hôtel à réserver ? Le Pavillon de la Reine, un boutique-hôtel plein de charme du centre de Paris, caché derrière les arcades de la place des Vosges. Derrière sa façade couverte de verdure, ce cinq-étoiles cultive une atmosphère de maison particulière, avec des intérieurs signés Didier Benderli, un jardin à l’abri du Marais et un spa. L’une de ces adresses parisiennes où l’on oublie étonnamment vite que l’on dort en plein centre de Paris.
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Le restaurant Anne © Le Pavillon de la Reine
Le Pavillon de la Reine
56 clés, prix à partir de 656 euros la nuit
28 Place des Vosges, Paris 3e
3. Nicolas Flamel au musée de Cluny | L'expo à voir en octobre qui explore le mythe de l’alchimiste
Mauvaise nouvelle pour les apprentis sorciers : Nicolas Flamel n’a probablement jamais fabriqué la pierre philosophale. Le véritable personnage, né vers 1330-1340, était beaucoup plus prosaïque, mais pas forcément moins intéressant. Bourgeois parisien, écrivain de profession, généreux donateur et investisseur immobilier avisé, il meurt en 1418 sans avoir laissé la moindre preuve d’une quelconque activité alchimique.
Son épitaphe, conservée au musée de Cluny, sert de point de départ à cette petite exposition à voir en octobre à Paris, qui démonte méthodiquement cinq siècles de légende. Car l’alchimiste Flamel apparaît seulement plusieurs décennies après sa disparition, lorsqu’un manuscrit associe pour la première fois son nom à cette discipline. Puis la machine à fantasmes s’emballe : on lui attribue des textes qu’il n’a jamais écrits, dont le fameux Livre des Figures hiéroglyphiques publié en 1612, et bientôt l’homme devient immortel, magicien et détenteur de secrets universels.
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Nicolas Flamel © Musée de Cluny
Le plus réjouissant reste de suivre la fortune de ce faux personnage. Victor Hugo en fait le mentor de Frollo dans Notre-Dame de Paris, André Breton le convoque dans le Second Manifeste du surréalisme et Harry Potter parachève son entrée dans la pop culture. Une cinquantaine de manuscrits, archives et objets racontent ainsi moins la vie de Nicolas Flamel que quelque chose de beaucoup plus actuel, notre irrésistible besoin de croire aux belles histoires.
Nicolas Flamel
Du 13 octobre 2026 au 24 janvier 2027
Musée de Cluny, Paris 5e
Où dormir ? De Saint-Germain à l’île Saint-Louis en passant par le Louvre et le Marais, l’emplacement géographique du musée se prête particulièrement bien à une escapade à pied. Retrouvez notre sélection des plus beaux hôtels dans le Marais.
4. Tintoret au musée Jacquemart-André | Un maître vénitien résolument moderne
Vasari le qualifiait d’« esprit le plus terrible que la peinture n’ait jamais connu ». Il faut dire que Tintoret (1518/19-1594) ne faisait rien comme les autres. À la belle ordonnance de la Renaissance, le Vénitien préfère les diagonales vertigineuses, les corps projetés dans l’espace, les lumières presque surnaturelles et une touche rapide qui laisse parfois l’œuvre volontairement à vif. Toute sa vie à Venise, il impose cette énergie aux grands décors de la Scuola Grande di San Rocco ou du Palais des Doges et finit par devenir l’un des peintres les plus recherchés de la Sérénissime.
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Tintoret vers 1570-1583 © Musée des Beaux-Arts
Pour la première fois en France, le musée Jacquemart-André embrasse toute sa carrière avec une quarantaine de peintures et dessins. Parmi les morceaux de choix, Suzanne et les vieillards, prêtée par le Kunsthistorisches Museum de Vienne, joue avec les regards et le voyeurisme tandis que Danaé transforme la pluie d’or de Jupiter en une scène presque irrévérencieuse. Mais le plus passionnant arrive peut-être à la fin : Delacroix, Manet ou Cezanne voient dans cette peinture nerveuse et libre un formidable laboratoire de la modernité. Manet ira jusqu’à copier son Autoportrait en 1854 ; les deux œuvres sont ici réunies. Quatre siècles d’écart, et à peine une ride.
Tintoret
Jusqu’au 24 janvier 2027,
Musée Jacquemart-André, Paris 8e
L’hôtel ? Le bien nommé Hôtel du Collectionneur, hôtel avec piscine près des Champs-Elysées. Son univers Art déco colle assez bien à l’idée d’une escapade entièrement placée sous le signe de l’art, d’autant que l’adresse a récemment dévoilé un spa conçu comme un boudoir des années 1930, avec piscine de 18 mètres, sauna et hammam.
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Le lobby de l’hôtel © Hôtel du Collectionneur
Hôtel du Collectionneur
496 clés, prix à partir de 397 euros la nuit
51-57 rue de Courcelles, Paris 8e
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5. Pierre Paulin au musée Fabre | Aux sources d’un design devenu iconique
En 1972, l’Élysée prend soudain des airs de vaisseau spatial. Pour Georges et Claude Pompidou, Pierre Paulin (1927-2009) fait disparaître les angles sous les courbes et imagine des espaces enveloppants où mobilier, murs et textiles semblent ne faire qu’un. Le fameux Fumoir, démonté dès 1974, vient d’être entièrement restauré par le Mobilier national et constitue l’un des clous de la grande rétrospective que le musée Fabre consacre au designer.
Une pièce spectaculaire, mais surtout la démonstration qu’il n’a jamais simplement dessiné de jolis fauteuils. Dès les années 1950, alors que le mot « designer » est encore peu usité en France, il rêve d’un mobilier qui épouse le corps « avec la même évidence qu’un vêtement ». Fasciné par les tissus extensibles, il recouvre ses structures de mousse et de jersey, efface les pieds, arrondit les assises et donne naissance au Mushroom, bientôt suivi de la Tongue et de la Ribbon Chair.
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Vue du salon de Pierre Paulin © Musée Fabre
Des objets pop, sensuels, presque organiques, qui paraissent encore aujourd’hui avoir quelques années d’avance. Le parcours montre aussi une facette beaucoup moins connue de l’homme, obsédé par la maison modulable et les nouveaux modes de vie. À la fin des années 1960, il imagine pour Herman Miller un habitat dans lequel un même module carré peut devenir bibliothèque, placard, table, siège ou cloison : un projet interrompu par le choc pétrolier de 1973, mais qui semble aujourd’hui étonnamment contemporain. À Montpellier, où Pierre Paulin décède, ses fauteuils iconiques apparaissent donc pour ce qu’ils sont vraimen, non pas un style rétro-futuriste devenu Instagrammable, mais les fragments d’une vision beaucoup plus large de la manière d’habiter.
Pierre Paulin
Jusqu’au 1er novembre 2026,
Musée Fabre, Montpellier
L’hôtel à réserver ? À quelques kilomètres du centre, le Domaine de Biar offre le contrepoint parfait. Cette ancienne folie montpelliéraine transformée en hôtel 4 étoiles dans le sud ouest ne compte que 13 chambres et suites au milieu d’un vaste environnement naturel. Deux Clés Michelin, label Clef Verte, piscine dans le parc et table locavore portée par le chef Mathieu Garcin : une manière assez séduisante de prolonger le séjour hors de la ville.
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© Le Domaine de Biar
Domaine de Biar
13 clés, prix à partir de 260 euros la nuit
Chemin du Mas de Biar, 34880 Lavérune
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Et aussi, à voir en octobre à Paris : Art Basel Paris
Du 23 au 25 octobre, Art Basel Paris réunit 211 galeries venues de 41 pays au Grand Palais, mais une partie du spectacle se joue aussi à l’extérieur de la vénérable institution. Le monumental LOVE Wall de Robert Indiana s’installe place Clemenceau, Tracey Emin présente trois bronzes face à la tour Eiffel, tandis que l’avenue Winston-Churchill se transforme en parcours de sculptures, avec notamment des œuvres de Niki de Saint Phalle, Simone Fattal, Yinka Shonibare et Alicja Kwade. Au Palais d’Iéna, Alice Diop fait ses premiers pas dans le commissariat avec Geste de Consolation, un projet mêlant cinéma, photographie, sculpture, poésie, danse, musique et performance.
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Art Basel Paris 2024 au Grand Palais © Art Basel
Guerlain, partenaire d’Art Basel présente, L’Heure des possibles qui s’installe au 68 Champs-Élysées autour de ce moment fugitif où le jour bascule dans la nuit. Une trentaine d’artistes, parmi lesquels Ugo Rondinone, Annette Messager, Christian Boltanski, Ann Veronica Janssens, James Turrell, Laure Prouvost ou Rinko Kawauchi, explorent cet entre-deux propice aux métamorphoses dans un parcours imaginé par Hervé Mikaeloff et Benoît Baume. Du côté de Saint-Eustache, Rémi Marcel, lauréat du Prix Rubis Mécénat 2026, fait surgir deux demi-colonnes inspirées de l’architecture de l’église : l’une accueille un écosystème autonome où germe du blé, l’autre en conserve l’empreinte minérale. Une œuvre qui réactive joliment la mémoire des Halles et de l’ancien « ventre de Paris ». Enfin, les 23 et 24 octobre, Oh La La! donne un second souffle à la foire : plusieurs galeries renouvellent entièrement l’accrochage de leur stand autour d’un thème commun. Cette année, Philippine Leroy-Beaulieu en signe la direction artistique et invite les exposants à explorer Myths and Legends, entre récits fondateurs, mythologies contemporaines, rêves et métamorphoses.
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