Grand Tour en Loire Forez : destination Montbrison, la cité médiévale de caractère
Si la notoriété stéphanoise a fait de la teinte “Historique” du vert un signe de reconnaissance mondialement identifiable, elle n’a emprunté qu’une des infinies nuances de cette lumineuse couleur parant l’ensemble du territoire ligérien. On s’en persuadera aisément en dirigeant ses pas vers le Forez. Véritable trait d’union entre le Massif Central et les Monts du Lyonnais, le Forez figure logiquement en bonne place parmi les itinéraires concoctés par le Grand Tour Auvergne Rhône-Alpes.
Incitation au voyage, ce guide numérique compile 3000 km de road trips et recense 43 points d’intérêt immanquables (espaces naturels, lieux d’histoire, d’art et de terroirs, paysages…) au fil de ses 28 étapes d’une centaine de kilomètres. Chacune peut s’accomplir à son rythme, pas à pas ou en s’octroyant des petits détours : le maître-mot est la liberté et le plaisir de la découverte ! Nourri de suggestions culturelles, de bonnes adresses et d’informations pratiques facilitant le voyage, le Grand Tour garantit un dépaysement total, proposant au voyageur un florilège des plus beaux panoramas et l’accès à une kyrielle de trésors patrimoniaux.
Le Forez en prodigue à foison, qui s’admirent ou se dégustent... notamment à Montbrison.
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Marché de Montbrison © Miss Cool Pics
Montbrison la médiévale
Jadis fief des comtes de Forez qui en firent leur capitale, Montbrison a conservé de son illustre passé médiéval de vibrants témoignages, dont dix-huit monuments inscrits ou classés, pour la plupart miraculeusement préservés. Déambuler dans ses rues et ruelles pavées offre le plaisir immersif rare d’arpenter l’Histoire, afin d’en mesurer la vertigineuse profondeur… ou la majestueuse hauteur, à l’instar de celle de La Collégiale Notre-Dame-d’Espérance. Défiant la gravité, la construction de l'imposante église romane fut lancée il y a 800 ans précisément par le comte Guy IV de Forez. Mais son architecture fut régulièrement amendée au fil des siècles : chapelles latérales et voûtes gothiques au XVe siècle ; nouvelle cloche, vitraux restaurés et porte sud au XIXe siècle…
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La Collégiale de Montbrison © DR
Chef-d’œuvre en soi, la Collégiale abrite le Trésor d’art liturgique et son orgue Callinet de 1842. Autre pièce remarquable à ne pas manquer : la salle héraldique de la Diana, située dans un bâtiment juste à côté. Datant de la fin du XIIIe siècle, elle doit vraisemblablement son existence au mariage du comte Jean Ier de Forez et d’Alix de Viennois. C’est en tout cas un exceptionnel cadeau de noces : le décor peint sous sa voûte ogivale en caisson renferme en effet près de 1728 blasons, le Bottin mondain de l’époque, en somme !
En sortant de la Collégiale, on ne résiste pas à une promenade le long du Vizézy, rivière arrosant Montbrison. Son apparente quiétude ne peut faire oublier qu’elle connut autrefois des crues spectaculaires et causa, avant d’être domptée, de redoutables inondations (la dernière en 1907). Aujourd’hui, on se balade sans crainte sur ses quais, dont l’aménagement est relativement récent au regard de l’histoire de la ville puisqu’il date de 1884 : auparavant, les maisons donnaient directement sur le Vizézy ou sur les ponts.
Il ne faut pas hésiter à les emprunter pour passer d’un quai à l’autre au gré du chemin : le pont d’Ecotay (le seul nanti de deux arches), le pont Notre-Dame, héritier d’un pont de madriers de bois datant du XVe siècle ; le ravissant Petit Pont avec sa volée de marches et les trois autres, qui donnent à Montbrison un petit air de Venise ligérienne. De là, on prend le temps d’aller observer les maisons à colombage et à pan de bois avec encorbellement situées quai L’Astrée.
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Quai du Vizézy © Office du tourisme Loire Forez
Montbrison en ses jardins
Une autre époque a profité à l'architecture de la ville : entre le XVIIe et le XIXe siècle, Montbrison a vu s’élever des édifices de prestige (comme le collège des Oratoriens, désormais hôte de la sous-préfecture) ainsi que des hôtels particuliers bâtis pour ses notables. Parmi eux, on compte un bijou Renaissance, La Maison des Lions, construite pour le frère du jurisconsulte Claude Henrys (rue Martin Bernard), l’Hôtel de Vazelhes (rue du Palais de Justice) doté d’un jardin à l’abri des regards ou encore l’Hôtel d’Allard, du nom d’un ancien membre de la maison militaire de Louis XIV.
Ce bâtiment est depuis devenu un musée dédié aux Beaux-Arts, Sciences naturelles et Monde de l’enfance, avec une prédiction pour les fameuses poupées GéGé jadis fabriquées à Moingt, commune associée à Montbrison. Cerise sur le gâteau, le musée d’Allard se double d’un sublime jardin homonyme conçu par Eugène Bühler sur le modèle des parcs à l’anglaise. En plus d’offrir un cadre verdoyant pour les promenades, il possède une enviable collection d’essences.
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Montbrison, le jardin d’Allard © Office du tourisme Loire Forez
Montbrison la gourmande
Si ces déambulations nourrissent l’esprit, elles creusent aussi un appétit que la région forézienne saura satisfaire au-delà des espérances. Situé au cœur d’un terroir d’exception, où la tradition du goût n’est pas un vain mot, Montbrison peut s’enorgueillir d’avoir donné son nom à l’un des trésors de la gastronomie hexagonale : la fourme de Montbrison, qui se distingue de sa “cousine” d’Ambert par sa jolie robe ocre-orangé. Reconnaissable à sa haute forme cylindrique, sa pâte fondante et délicatement persillée, ce fromage si raffiné est exclusivement produit à partir de lait de vaches ayant pâturé dans les prairies du Haut Forez.
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Fourme de Montbrison © Misscoolpics
Doit-il sa saveur inimitable aux espèces florales qui y pullulent ou à sa technique d’affinage artisanale inchangée depuis des siècles ? Sans doute à un mélange des deux qui font de la fourme de Montbrison l’un des 46 fromages français détenteurs depuis 2009 du label AOP. Et en 2018, sa filière a même obtenu d’être inscrite au Patrimoine culturel immatériel de la France. Crue ou cuite, il faut donc sans hésitation s’adonner à sa dégustation… en compagnie d’un verre de côte du Forez AOC (signifie à partir de gamay noir à jus blanc). L’un des meilleurs spots pour débusquer toutes ces merveilles est sans nul doute le marché du samedi matin, place de l’Hôtel de Ville. Avec ses 200 étals installés dans un cadre patrimonial hors du commun, il est davantage qu’une adresse où faire le plein de produits de la ferme auprès d’authentiques petits producteurs locaux ; c’est aussi un point de rencontre convivial et de partage. Pas étonnant qu’il ait été désigné Plus beau marché de France en 2019 !
Explorer les alentours de Montbrison
Au-delà de son accueillante capitale, le Forez ne manque pas de suggestions d’évasion. Son vaste territoire ne peut qu’encourager les amateurs de randonnées (à pied ou en vélo) et de circuits-découvertes à le parcourir par monts, par vaux… et par châteaux tant il y a de bâtisses fortes à explorer.
Un petite halte à Champdieu tient de l’évidence. En plus des fortifications médiévales de ce village de caractère, l’église romane de tout beauté (et sa crypte) ainsi que l’ancien cloître du prieuré bénédictin ravissent les regards ; ils se doublent d’un parcours pédagogique racontant mille ans de construction et d’histoire. Les gourmets et gourmands apprécieront ensuite de faire un tour sur les hauteurs de Sauvain, qui est situé à 886 mètres d'altitude et est… le berceau de la fourme de Montbrison.
La Maison Sauvagnarde lui dédie un bel espace puisqu’elle abrite le musée de la fourme et des traditions. Sauvain est aussi (et toujours) un lieu de production du merveilleux fromage : nombreuses sont les fermes à accueillir les curieux pour des visites, ateliers et/ou dégustations - citons le GAEC des Épilobes, l’Entreprise laitière de Sauvain, la Ferme Plagne ou encore La fromagerie des Hautes-Chaumes qui se situe au coeur du village de Sauvain et qui appartient à Hervé Mons, Meilleur ouvrier de France.
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Atelier Fourme - Sauvain © Julien Audigier
À noter que le 15 août est une journée particulière, plus sucrée : on y célèbre les airelles-myrtilles. Les papilles réjouies, on oblique vers le Château de Boën-sur-Lignon, un bijou de style néo classique datant de la fin du XVIIIe siècle et classé monument historique. Outre la magnificence de son architecture (qui s’exprime tout particulièrement dans la décoration de son salon italien, orné de sculptures de Joseph Chinard) le bâtiment se fait aussi musée de la vie des vignerons et le travail de la vigne en Forez, du XIXe siècle jusqu’à il y a un siècle.
C’est par un autre musée de prestige que l’on boucle cet itinéraire : à Cervières, au tout nouveau musée l’Orée au sein de la Maison des Grenadières. Pourquoi L’Orée ? Car il se situe à l’entrée septentrionale du territoire Loire Forez et accueille un Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine. Son exposition Le Point de vue : l’expo des paysages du Forez, permet d’en admirer la diversité. Et puis parce qu’il propose également un musée de la broderie or, pratiquée pendant plus d’un siècle par des milliers de femmes foréziennes. Un savoir-faire connaissant un regain de créativité contemporaine.
Un autre axe d'exploration
Saint-Romain-le-Puy attire les fidèles pour son église et son prieuré de style roman, sise au sommet d’un cône basaltique. Non seulement l’édifice religieux est remarquable, sa position permet d’embrasser un panorama spectaculaire sur la plaine du Forez, les monts du Lyonnais et du Forez, mais il domine des vignes cultivées sur les flancs de son promontoire, le fameux terroir des côtes du Forez. On poursuit notre voyage dans le temps avec la visite de Marols, cité millénaire et village de caractère qui outre son église fortifiée abrite depuis peu le premier sylvetum de la Loire, une authentique célébration de la nature sur 8 hectares.
Prenons ensuite un peu de hauteur en nous hissant à Montarcher : à 1162 mètres d’altitude cet autre village de caractère du Haut Forez méridional possède une église au chœur datant du XIIe siècle, les vestiges d’un château et une vue à 360° sur le Forez et le Velay ! Enfin, c’est l’écomusée d’Usson-en-Forez qui accueille notre ultime étape. Le lieu vaut autant pour son cadre, notamment les anciens bâtiments de la Congrégation des Sœurs Saint-Joseph, que pour ce qu’il raconte : la vie quotidienne dans une ferme au début du XXe siècle. Enfin pour profiter du panorama si caractéristique du Forez, on s'émerveille devant son jardin de curé ainsi que ses espaces verts… Cette étape du Grand Tour rejoignant Brioude depuis Montbrisson par le sud permet de découvrir le pannel des activités présentées.
Office de tourisme Loire Forez
04 77 96 08 69 - contact@loireforez.com
Plus d'informations sur le site officiel de l'office de tourisme
Montbrison est un excellent point de départ pour explorer l’Auvergne comme la Loire. Vers Brioude, la route traverse Saint-Bonnet-le-Château, Saint-Pal-de-Chalencon, l’abbaye de La Chaise-Dieu et Lavaudieu, classé parmi les Plus Beaux Villages de France, avant de rejoindre Brioude, connue pour sa basilique romane et les activités de plein air autour de l’Allier.
Vers Saint-Étienne, l’itinéraire passe par Chambœuf, village du rosiériste Antoine Meilland, Saint-Galmier, Chazelles-sur-Lyon et son Atelier-Musée du Chapeau, puis les panoramas du Pilat. À l’arrivée, Saint-Étienne dévoile une autre facette du territoire, entre Cité du Design, Musée d’Art Moderne et Contemporain et Musée de la Mine Couriot.





