Adrien Juif, Le lundi 26 octobre 20265 bonnes raisons de rejoindre Pépites, le club des gastronomes
Conciergeries de cartes bancaires premium, clubs de vins, associations gastronomiques, programmes de fidélité… Les amateurs de bonnes choses ne manquent plus de moyens pour accéder à quelques privilèges. Le Club Pépites joue une partition assez différente. Créé en 2014 par Tristan Laffontas, le club s’est construit autour d’une idée simple : aller chercher ces producteurs, artisans et vignerons que les chefs gardent précieusement dans leurs carnets d’adresses, les rencontrer chez eux, comprendre leur savoir-faire, s’assurer de la qualité de ce qu’ils font, puis faire découvrir leur travail à une communauté de passionnés. Plus de 300 producteurs et vignerons ont ainsi été mis en avant depuis la création du Club, qui leur a apporté plus de 4 millions d’euros de chiffre d’affaires. Mais au-delà des chiffres, c’est surtout la façon de vivre la gastronomie qui nous a plu.
1. Pour entrer dans le garde-manger des chefs
C’est le point de départ de l’aventure. Des chefs glissent à Tristan Laffontas le nom d’un éleveur, d’un maraîcher, d’un charcutier ou d’un vigneron avec lequel ils aiment travailler. À charge ensuite pour lui d’aller voir sur place si la recommandation tient ses promesses. Cette démarche de terrain change beaucoup de choses. Au Club Pépites, on ne référence pas une marque parce qu’elle souhaite être visible (les producteurs ne peuvent d’ailleurs pas payer pour apparaître dans la sélection), mais parce qu’une rencontre et un produit ont convaincu.
On retrouve ainsi au fil des ventes le saumon fumé de la Maison Barthouil, les pâtés en croûte de la Maison Vérot, des jambons ibériques de la Maison Dehesa, du wagyu français de Christophe Hay, des fromages fermiers de la Maison Mons, du caviar de chez Rova ou des produits de saison beaucoup plus confidentiels. Avec un avantage non négligeable : sur l’alimentaire, le Club Pépites ne prend aucune commission et les membres achètent au tarif professionnel fixé par le producteur. De quoi transformer son réfrigérateur en annexe discrète d’un restautant étoile parisien.
2. Pour mettre la main sur des bouteilles que l’on ne trouve pas partout
Les amateurs de vin connaissent la frustration : certains domaines ont beau être connus, leurs bouteilles restent pratiquement introuvables. Productions minuscules, allocations réservées aux restaurants et cavistes historiques, listes d’attente interminables… Le Club Pépites utilise ici la force du collectif pour négocier directement avec les domaines des allocations pour ses membres, en partant de leurs tarifs professionnels. Les quantités restent naturellement limitées, mais visez un peu ces vignerons : Jérôme Bretaudeau, Domaine Geschickt, Romain Henin, Champagne Roger Coulon, Château Le Puy, le Clos Sainte-Hune de Trimbach ou Albert Mann font partie des noms déjà proposés.
Et la bouteille compte presque autant que l’histoire qui l’accompagne. Une rencontre avec le vigneron, une visite du domaine, quelques explications sur une parcelle ou un millésime : on achète moins une étiquette que le souvenir qui ira avec lorsqu’on décidera enfin de l’ouvrir.
3. Pour vivre des événements gastronomiques uniques
Le Club Pépites ne se contente pas de remplir les placards et les caves. Il organise des rencontres et des expériences qui permettent de passer de l’autre côté du décor : visites de domaines et d’ateliers, dîners avec des chefs, journées chez des vignerons ou premières de restaurants. Parmi les expériences déjà organisées figurent une journée chez Krug, un repas dans le jardin d’Alain Passard ou encore une dégustation horizontale des sept crus rouges de la Romanée-Conti. Même si ces événements font briller les yeux, une grande partie des rendez-vous du Club sont beaucoup plus accessibles : un bistrot qui vient d’ouvrir, un verre entre membres ou une rencontre directement chez un producteur.
Les pré-ouvertures de restaurants résument particulièrement bien l’esprit du Club. Le Club Pépites peut privatiser le premier service d’une nouvelle adresse, avant son ouverture au public. Pour le membre, c’est l’occasion assez excitante d’assister aux premiers pas d’un restaurant dont on parlera peut-être beaucoup quelques mois plus tard. Les membres ont ainsi découvert avant tout le monde Mantra, Occasion, Prévelle, le restaurant d’Omar Dhiab ou celui d’Irwin Durand. Pour le chef, qui vient souvent d’investir énormément dans son projet, commencer l’aventure devant une salle remplie de gastronomes enthousiastes n’est pas tout à fait anodin non plus.
Dans les belles choses à venir : un événement d’exception au château d’Yquem avec Hakuba, pensé par les équipes du Cheval Blanc, Arnaud Donckele, Maxime Frédéric et Takuya Watanabe, ou encore l’ouverture de Pourpier le Second d’Alain Passard.
4. Parce que derrière le plaisir, le modèle a du sens
C’est la partie moins apparente du Club, mais néanmoins l’une des plus intéressantes. Sur les ventes alimentaires, pas de droit d’entrée pour le producteur, pas de référencement payant ni de commission prélevée par le Club Pépites. L’artisan fixe son prix professionnel et l’encaisse. Les cotisations des membres financent le fonctionnement du Club. Depuis sa création, le Club Pépites a ainsi apporté plus de 4 millions d’euros de commandes à plus de 300 producteurs, artisans et vignerons. Quand on sait combien ce soutien compte pour certains indépendants qui travaillent bien tout en refusant certains circuits de distribution, on se dit qu’en plus d’en profiter en se faisant plaisir, on aide directement ces producteurs.
La limite volontaire de 1 000 membres découle aussi de cette philosophie. À ses débuts, une vente de wagyu provenant d’un petit élevage français était partie en quelques minutes. Grandir indéfiniment aurait fini par imposer aux plus petits producteurs d’augmenter leur production… ou par obliger le Club à se passer d’eux. 1 000 membres, donc, et pas davantage. Assez pour peser économiquement. Pas assez pour devenir une centrale d’achat.
5. Parce qu’on y rejoint surtout une bande de gastronomes
C’est peut-être ce que l’on comprend le moins en regardant simplement le site et qu’on a découvert au fil de notre expérience. Le Club Pépites est aussi, et peut-être avant tout, une communauté. Des gens suffisamment mordus de gastronomie pour traverser la France pour découvrir une table, partager une bouteille difficile à trouver ou passer une journée chez un producteur. Une bonne adresse s’échange sur le groupe WhatsApp, des membres se retrouvent autour d’une bouteille, certains organisent leurs propres sorties. La communauté se partage d’ailleurs à peu près pour moitié entre Paris et les régions.
L’entrée sur candidature prend ici davantage de sens. Il ne s’agit pas de vérifier le CV, le compte en banque ou la connaissance des grands crus du candidat. Le Club Pépites cherche surtout des gens qui ont envie de découvrir et de partager. Et c’est finalement peut-être le luxe le plus difficile à acheter : se retrouver à table avec des inconnus et savoir d’avance que l’on aura au moins un sujet de conversation.
Comment rejoindre le Club Pépites ?
Première étape : s’inscrire gratuitement sur la liste d’attente. Aucun paiement ni engagement à ce stade ; on reçoit en attendant la newsletter hebdomadaire consacrée aux producteurs et artisans découverts par le Club. Le Club Pépites ouvre ensuite des places chaque mois. Lorsque son tour arrive, le candidat reçoit une invitation puis peut déposer sa candidature, à l’écrit ou en vidéo. Tristan Laffontas indique les lire personnellement. La sélection ne porte pas sur le statut social ou le niveau de connaissances gastronomiques, mais sur l’adéquation avec l’esprit du Club. Vous l’aurez compris, c’est un club incarné par son fondateur et son équipe.
Côté cotisation, deux formules donnent exactement les mêmes accès : 99 euros par mois avec un engagement de douze mois, ou 169 euros par mois sans engagement. Si la candidature n’est pas retenue, la cotisation est intégralement remboursée. La cotisation donne accès aux ventes privées, aux allocations de vins, au Guide Pépites, à la communauté et à la réservation des événements, qui restent payants à part. Le Club compte actuellement plus de 700 membres et s’arrêtera à 1 000.
Est-ce un abonnement que l’on rentabilise en commandant deux fromages et une bouteille par an ?
Probablement pas. Mais ce serait passer à côté de l’essentiel. Car après avoir découvert le Club Pépites, ce que l’on retient n’est finalement ni une remise, ni une allocation, ni même un privilège. Ce sont les personnes auxquelles le Club donne accès : un chef au moment où il ouvre sa maison, un vigneron dans ses vignes, un artisan dans son atelier, et quelques autres gastronomes suffisamment passionnés pour avoir eu envie de faire le voyage. Et ça, on n’y aurait jamais eu accès sans le Club Pépites.







