Astrid BriantAstrid Briant, Le mercredi 29 avril 2026
Restaurants

Où boire un dernier verre à Paris ? Bars à cocktails et speakeasy ouverts tard

Paris ne manque pas de comptoirs pour lancer la soirée, mais où la finir vraiment bien avec ce fameux « dernier verre » qui s’étire ? Tour de piste des bars à Paris et speakeasy ouverts tard pour oiseaux de nuit insatiables.
  • Où boire un dernier verre à Paris ? Bars à cocktails et speakeasy ouverts tard © Kubaba
    Où boire un dernier verre à Paris ? Bars à cocktails et speakeasy ouverts tard © Kubaba
Le Cornichon troque son allure de cantine de quartier pour celle d’un vrai QG de dernier verre : ça parle fort

Des PMU remixés en QG populaires aux boudoirs disco sous les toits, des khaïmas suspendues aux bars de quartier qui jouent les prolongations, voici bar à Paris ouverts tard la nuit où atterrir quand on n’a pas envie de rentrer, et où le temps comme les verres acceptent volontiers de déborder.
 

1. Le Cornichon, le bar pop ouvert tard | Paris 11e

Nostalgie heureuse. Niché au croisement des rues Darboy et Goncourt, Le Cornichon ressemble d’abord à  un rade de quartier, un vieux PMU resté coincé dans les années 1970, façade vintage, gros néon rouge et comptoir où trônent encore un millionnaire à gratter. À l’intérieur, le décor de café de quartier revisité – faïences, zinc patiné, flipper nineties, velours et Skaï - pose le cadre d’un bar‑tabac follement parisien, moitié troquet de quartier, moitié bar d’ambiance où l’on peut littéralement passer la journée. Le soir, quand la lumière baisse et que les tables se resserrent, le Cornichon troque son allure de cantine de quartier pour celle d’un vrai QG de dernier verre : ça parle fort.

  • Le Cornichon © Félix Dol Maillot
    Le Cornichon © Félix Dol Maillot
     

Dans la main ? Un dirty Martini dans lequel où se prélasse une brochette de pickles ou un Old Fashioned twisté au thé glacé et à l’absinthe, cocktails maison servis autour de 11 euros. Pour tapisser l’estomac ?  Une belle assiette de frites escortée d’une grosse dose de sauce algérienne, l'œuf du comptoir sauce tartare et quelques rondelles de saucissons du Perche. Les habitués poussent les tables pour danser, et ça finit par sortir bien plus tard que prévu, avec l’impression d’avoir squatté toute la soirée un café de quartier qui sait shaker sérieux sans jamais perdre son accent populaire.

Le Cornichon
2 rue des Goncourt, Paris 11e
Prix : cocktails 11 euros ou demi de bière 3,5 à 5 euros
Site officiel de l'établissement

2. Le boudoir funkie : Grouvie | Paris 6e

Au 2ᵉ étage de la Brasserie des Prés, au bout de la cour du Commerce Saint‑André, Grouvie se découvre comme un boudoir disco planqué sous les toits de Saint‑Germain. Velours à profusion, teintes rutilantes, tables marbrées sous des lampions rétro, bar en miroir aux arrondis voluptueux, boules à facettes qui accrochent chaque mouvement : la pièce a des airs de club des années 1960 remixé pour les oiseaux de nuit d’aujourd’hui. La playlist file sans temps mort, entre funk et tubes feel good, pendant que les 60 places assises et les quatre tabourets de bar se remplissent de groupes qui montent ici pour finir la soirée plus haut et plus tard.​

  • © Brasserie des Prés
  • © Brasserie des Prés

 

Derrière le comptoir du bar à cocktails, un mixologue exécute d’un geste précis les grands classiques, mais surtout les créations très inspirées de Jennifer Le Nechet, première femme sacrée Championne du monde de bar et de mixologie. Pour cette alcôve festive, elle signe une carte pensée comme un véritable tour de France liquide, où chaque cocktail se déguste comme une escale régionale à part entière.Testé et approuvé, le Glaz - qui évoque les nuances changeantes de la mer bretonne - marie subtilement vodka nuage, triple sec, liqueur d’amande, citron, falernum, ananas et épices.

Grouvie
6 cour du Commerce Saint‑André, Paris 6e
Prix : cocktails 13-18 euros
Site officiel de l'établissement

 

3. La khaïma suspendue : Kubaba | Paris 1er

Tout en haut du restaurant Kubaba, ce bar à Paris/speakasy ouvert tard ressemble à une tente cachée au‑dessus de la ville, à deux pas du Marché Saint‑Honoré. Les étoffes retombent le long des murs, la moquette étouffe les pas, les lumières sont basses : un cocon feutré qui donne envie de parler plus doucement et de faire durer le dernier verre. On s’y love en fin de soirée, loin du bruit de la grande salle du rez‑de‑chaussée, avec la sensation de s’être glissé dans une faille spacio-temporelle.​ Sur la table, la maison-monde se raconte surtout au shaker et au verre.

  • Kubaba © Mickael Bandassak
    Kubaba © Mickael Bandassak
     

Les cocktails jouent la carte levantine sans folklore et chaque verre raconte un voyage très sensoriel. Azaé, tout en vanille, rose et fleur de sureau, joue la carte d’une douceur romantique, telle une pâtisserie, portée par la texture du blanc d’œuf. Cuma et Nistar emmènent vers des horizons plus épicés et aromatiques : l’un sur un gin effervescent au cumin et au gingembre, l’autre sur un whisky figue‑romarin aux accents méditerranéens. Bakir et Fez creusent le sillon d’une gourmandise sombre, entre pistache-miel façon baklava liquide et mélange mezcal-vermouth-Cynar aux allures de Negroni fumé. Une expérience résolument spectaculaire tant pour les pupilles que pour les papilles.

Kubaba
Près de la place du Marché Saint‑Honoré, Paris 1er
Prix : cocktails 10-15 euros
Site officiel de l'établissement

4. Le plus latin : Memento | Paris 4e

Depuis la rue, une lueur rouge nous happe déjà. Dans les anciens murs du Sherry Butt, un trio aux racines qui vont de la Ligurie à l’Argentine, avec une halte en Toscane, écrit un nouveau chapitre sans bouder l’âme de cette adresse culte du Marais, surtout pour les amateurs de whisky. Chez Momento, la belle pierre et les volumes demeurent, mais une nouvelle chaleur habite l’espace. La carte aligne douze cocktails lisibles qui racontent avant tout la richesse des voyages et des rencontres qui s’y font.

 

  • © Memento
  • © Memento

 

Trois signatures en pression - trois ingrédients, trois profils, au fil des saisons - rendent hommage aux quartiers du Marais, comme « Saint‑Paul », Americano herbacé rafraîchi de Fernet Branca, vermouth et Cointreau. Les neuf autres cocktails, tarifés entre 12 et 15 euros, racontent le trio à travers une belle métaphore migratoire : oiseaux et insectes guident un voyage liquide de l’Amérique du Nord à la Sud, de la Sud à la Centrale, puis de l’Europe vers l’Afrique ou l’Asie. Fat wash, clarifications, carbonatation, sirops maison : les techniques sont actuelles mais jamais démonstratives. Dans les oreilles, des DJ sets soignés : parfois de grands classiques de funk, parfois les indémodables hymnes pop des années 1990 invitent à un second dernier verre.

Memento
20 rue Beautreillis, Paris 4e
Prix : cocktails 12-15 euros
Site officiel de l'établissement

 

5. Le plus low profile : Hiru | Paris 18e

Chiffre trois en euskara, midi en japonais, Hiru, bistrot tapas et bar à vins, c’est tout une histoire que le binôme à la tête raconte très bien. C’est aussi et surtout, au pied de Montmartre, une adresse cool où finir la soirée sans la brusquer. Quand les tables se vident un peu plus bas sur le boulevard, ce bar à tapas tranquille joue les prolongations pour ceux qui n’ont pas envie de rentrer tout de suite. Lumière tamisée, bois blond, quelques tables serrées et un comptoir qui invite naturellement à s’asseoir « juste pour la dernière » : le cadre respire la douceur plus que la démonstration.


Dans le verre, une courte carte de cocktails bien envoyés et une belle sélection de quilles natures et biodynamiques qui donne envie de se laisser guider plutôt que de débattre des heures. On picore encore deux ou trois petites assiettes, on refait sa soirée, puis la semaine, en regardant Montmartre se calmer. HIRU appartient à cette catégorie rare des lieux qui ne pressent pas leurs clients : on y arrive pour un dernier verre, on repart souvent bien plus tard que prévu.

Hiru
14 rue Duc, Paris 18e
Prix : bouteille de vin 36-160 euros ou cocktails 13-14 euros
Site officiel de l'établissement