Victoire Le GoaëcVictoire Le Goaëc, Le jeudi 11 juin 2026
Restaurants

Notre avis Imperial Treasure, le seul restaurant chinois étoilé de Paris

Imperial Treasure, adresse née à Shangai (deux étoiles au pays du Soleil Levant), a posé ses valises à quelques pas des Champs-Élysées. La table fait découvrir la haute cuisine chinoise dans ce qu’elle a de plus précis, dévoilant des techniques culinaires chirurgicales.
  • Imperial Treasure, le seul restaurant chinois étoilé de Paris © DR
    Imperial Treasure, le seul restaurant chinois étoilé de Paris © DR
Son travail repose sur trois piliers : le produit, le geste (issue d’une suite logique de mouvement) et l’équilibre.

Récompensé d’une étoile au Guide Michelin, Imperial Treasure est l'un des meilleurs restaurants chinois de Paris et le seul établissement de cuisine chinoise étoilé en France. Dans ce restaurant de Paris 8, Jean-Philippe Nuel, architecte d'intérieur, a réussi à lier l’élégance du cadre haussmannien à la finesse chinoise, dans un décor plaisant, non surchargé.

  • Imperial Treasure, le seul restaurant étoilé chinois de Paris © DR
  • Imperial Treasure, le seul restaurant étoilé chinois de Paris © DR

 

Huaiyang, cuisine des empereurs de Chine

Le restaurant met à l’honneur les grandes régions culinaires de Chine, avec une attention particulière portée à la cuisine Huaiyang. Cette tradition, considérée comme l’une des quatre grandes cuisines chinoises (avec Chuan, Lu et Yue), est historiquement liée à la gastronomie impériale, qui donne d'ailleurs son nom à Imperial Treasure. Elle se reconnait par son travail au couteau, la douceur et la mesure des saveurs, la qualité des ingrédients choisis (ils doivent être de premier ordre) et la présentation harmonieuse des plats.
Fort de près de quarante ans d’expérience, le chef Gao Xiaosheng a travaillé dans de belles maisons, notamment au sein du groupe Shangri-La. Originaire de Yangzhou, berceau de cette cuisine, il a transposé en France l’exigence inhérente à cette tradition méticuleuse. Son travail repose sur trois piliers : le produit, le geste (issue d’une suite logique de mouvement) et l’équilibre.

  • Le chef Gao Xiaosheng découpant le canard laqué © DR
    Le chef Gao Xiaosheng découpant le canard laqué © DR
Nous avons adoré le Xio Long Bao au porc qu’il faut percer pour absorber son bouillon brûlant

Pour la beauté du geste et l'art du spectacle

A la carte, deux grandes signatures : les Dim Sum, petites bouchées vapeur servies initialement à l’heure du thé et le canard laqué pékinois. Parmi les différentes petites portions et la myriade de saveurs, nous avons adoré le Xio Long Bao au porc qu’il faut percer pour absorber son bouillon brûlant. Attention, le coup de main (ou de baguette) est nécessaire pour ne pas laisser échapper le jus ! Les pliages sont d’une régularité obsessionnelle. 

  • Les Dim Sum du restaurant étoilé © DR

    Les Dim Sum du restaurant étoilé © DR

Après quelques interludes sapides, place à la volaille royale, un canard Silver Hill élevé plus de quarante jours, mariné, séché, puis cuit en deux temps. Le canard laqué arrive sur une grande planche en bois, dressée sur des tréteaux. Le chef, au visage impassible (nous n’osions plus piper mot), entame une chorégraphie avec deux longues lames. Avec une précision presque robotique et une grâce de danseur, il découpe la peau caramélisée du dos du canard. Il s’agit de la partie la plus exquise, qu’il faut légèrement recouvrir de sucre avant de la déguster. Croustillante, puis fondante. On ne compte plus les calories.

  • Le canard laqué, une des spécialités du restaurant © DR

    Le canard laqué, une des spécialités du restaurant © DR

Ensuite, le chef s’attèle à lever la chair de l’animal. C’est un spectacle aussi beau que le plat est bon. Une fois le canard dépecé, le chef incline la tête et s’en va sans que nous puissions le remercier. Pudeur ou humilité ? Peu importe, il nous a impressionné. Le canard est un plat à partager, il est conséquent. Les tranches de viandes se mangent avec une crêpe et quelques légumes ciselés. S’il vous reste un peu de place, essayez le mochi chinois pour le dessert. Il s’apparente à une brioche fourrée à la crème fouettée et quelques dés de mangue.

  • Les mochis chinois © DR

    Les mochis chinois © DR

Imperial Treasure soigne l’accord avec le verre. La carte des vins réunit près de 300 références, avec une belle place accordée aux vignobles français. Parmi les références intéressantes, le Kweichow Moutai 30 ans d’âge et le whisky japonais Karuizawa sont des perles rares qui accompagnent à merveille le menu.

Pratique

Imperial Treasure
44, rue de Bassano, Paris 8e
Prix menu déjeuner en 6 temps : 86 euros
Prix menu Imperial Signature en 8 temps : 175 euros
Site officiel de l'établissement