Vous êtes ici

Mireille GignouxMireille Gignoux, Le mardi 02 mai 2023
72 heures à...

Un long break à Pétra, nos bonnes adresses

Joyau archéologique, la nabatéenne Pétra fait partie des sites que beaucoup d’entre nous rêvent de visiter une fois dans leur vie. Cette mystérieuse cité ne se résume pourtant pas à l’emblématique façade aperçue notamment dans Indiana Jones et la dernière croisade… 
  • Le site de Little Petra © DR
    Le site de Little Petra © DR
  • L'arche d'Hadrien à Jerash © DR
    L'arche d'Hadrien à Jerash © DR
  • Le street art à Amman © OT Jordanie
    Le street art à Amman © OT Jordanie
  • Le forum oval de Jerash © DR
    Le forum oval de Jerash © DR

Coincée entre deux mers, recouverte aux trois-quarts par le désert, la Jordanie incarne à la fois la tradition et la modernité. Pacifique et stable dans une région turbulente, ce petit pays porte l’empreinte plurimillénaire d’un passé riche et foisonnant. Porte d’entrée de notre escapade, Amman, désormais reliée par un vol direct bi-hebdomadaire depuis Lyon Saint-Exupéry. Dans le désert, sur le site de Pétra, d’autres vestiges, taillés dans les falaises de grès rose, s’offrent à ceux qui y restent au moins deux jours. En préalable à cette découverte, un détour par Jerash, l’une des cités gréco-romaines les mieux conservées du Moyen-Orient, s’impose. Pour les amateurs d’histoire et de vieilles pierres !

 

Jour 1, arrivée à Amman

 

Poser ses valises au Grand Hyatt Amman

Derrière sa façade rose, cet hôtel 5 étoiles cache des chambres contemporaines égayées de touches orientales. Petit-déjeuner buffet généreux et qualitatif. Une piscine de 17 m de long et un spa permettent d’effacer les fatigues du voyage. 

  • Grand Hyatt Amman © Grand Hyatt Amman
    Grand Hyatt Amman © Grand Hyatt Amman



Grand Hyatt Amman
300 clés à partir de 152 €
Hussein Bin Ali Street, Amman

Mais aussi | La Locanda Boutique Hôtel : niché dans un vieux bâtiment du quartier culturel, ce 3 étoiles propose des chambres confortables, chacune dédiée à une célébrité de la musique arabe. 
14 clés à partir de 113 € / Site Web

 

Que faire à Amman ? Carnet de route

Établie sur dix-neuf collines, Amman est une capitale bouillonnante, où s’entrechoquent patrimoine historique et société de consommation. En marge de la ville moderne, où s’élève le contemporain Abdali Mall très prisé par les locaux, les pittoresques ruelles des quartiers anciens, telle Rainbow Street, alignent commerces, échoppes d’artisans et petits cafés.Jadis surnommée la Rome du Moyen Orient (elle fut membre de la Ligue de la Décapole), elle essaime dans le centre historique des vestiges de l’occupation romaine, byzantine, islamique.

    • Café à Amman © Mireille Gignoux
    • Amman © OT Jordanie

     

    Mais les amoureux des vieilles pierres lui préfèrent Jerash inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco

    Au sommet de la colline Jabal al-Qala, la Citadelle abrite notamment les restes des piliers du temple romain d'Hercule, construit par Marc-Aurèle, et le palais d'Umayyad du VIIIe siècle, connu pour son grand dôme. En contrebas, accolé à une autre colline, l’amphithéâtre romain peut encore recevoir 6 000 spectateurs lors de performances artistiques. 

    • Petra © DR
      Petra © DR


    Mais les amoureux des vieilles pierres lui préfèrent Jerash à 50 km au nord, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2004. Fondée par Alexandre Le Grand au IVe siècle avant Jésus-Christ, conquise par Pompée en -63 av. J-C, elle fut également l’une des villes romaines de la Décapole. Ensevelie sous le sable pendant des siècles, l’ancienne Gerasa, redécouverte en 1806 par l’explorateur allemand Ulrich Jasper Seetzen, a été partiellement restaurée au cours des soixante-dix dernières années. On arpente le Cardo maximus, artère de 800 m de long qui porte sur ses pavés d’origine les traces des rigoles creusées par les chariots romains. On s’attarde devant l’arc de Triomphe d’Hadrien, le temple de Zeus, ou le théâtre sud qui accueille en été des représentations. D’autres monuments ont également repris du service : l’hippodrome, arène de 245 m de long sur 52 m de large, où se tiennent courses de chars et combats de gladiateurs, et la Place ovale, forum de 90 m sur 80, où est allumée en juillet la flamme du Festival des Arts et de la Culture de Jérash (danses folkloriques, ballets, concerts, opéras, chanteurs populaires). 

    • Amphithéâtre de Jerash © OT Jordanie
      Amphithéâtre de Jerash © Mireille Gignoux

     

    Où se restaurer ?

    • Lebanese Um Khalil Restaurant : une bonne adresse pour partager mezzes et brochettes dans le patio. 
       
    • Le Sufra : l’une des meilleures adresses de la ville. Dans la cour jardin ou dans la salle à manger au décor oriental chic, on sert des plats mijotés dans des pots en terre cuite, dont le fameux sajjiyeh à base d'agneau ou de poulet.
       
    • Tawaheen al-Hawa : aux beaux jours, on goûte en terrasse une délicieuse cuisine levantine à partager. 

     

    Jour 2, arrivée à Pétra

     

    Poser ses valises au Petra Moon Luxury Hotel 

    Face à l’entrée du site, c’est le plus récent des hôtels de Pétra. Outre ses chambres spacieuses, à la déco à la fois sobre et cossue, ce 5 étoiles dispose d’un spa et sur le roof top d’une piscine extérieure avec une vue sur l’ensemble de la cité. 

    Petra Moon Luxury Hôtel 
    80 clés à partir de 164 €
    Petra Visitor Center Street, Petra

    Mais aussi | Le Seven Wonders Luxury Camp 

    À 8 km du site, à proximité de Little Pétra, ce campement bédouin, similaire à ceux du Wadi Rum, se compose de cabines bungalows et de tentes dômes panoramiques, tapies au cœur d’un ensemble de roches calcaires. Chacune offre salle de bain, climatisation, terrasse privative, plateau de courtoisie.
    20 clés à partir de 112 € pour les tentes, 95 € pour les cabines / Voir les prix

    Que faire à Pétra ? Carnet de route

    À trois heures de route au sud d’Amman, la mythique Pétra, qui signifie rocher en grec ancien, constitue le clou du voyage. Classée au Patrimoine Mondial de l’Unesco depuis 1985, elle fait partie depuis 2007 des Sept Nouvelles Merveilles du Monde. Fondée par les Édomites au VIIIe siècle av. J-C, elle doit son essor aux Nabatéens, qui plusieurs siècles plus tard y bâtirent de nombreux monuments. Ce peuple de marchands nomades d’Arabie avait créé un système sophistiqué de canaux et de citernes pour recueillir l’eau de pluie. Ils profitèrent donc de sa position stratégique, sur la route de l’encens, des épices, de la myrrhe et de la soie, pour s’enrichir. Les caravaniers, qui relayaient la mer Rouge au Levant, y faisaient halte pour se ravitailler en eau et payaient une taxe pour être guidés dans le dédale de gorges. Mais à la mort du dernier roi Nabatéen en 106, Rome s’est emparé de Pétra, qui déclinera très vite avec l’ouverture de routes maritimes. Vidée d’une partie de ses habitants après un important tremblement de terre en 363, elle sera peu à peu désertée. Mais en 1812, Jean-Louis Burckhardt, un orientaliste suisse, qui se fait passer pour un expert en droit musulman sous le nom d’Ibrahim ibn Abdulah, découvre la sublime façade sculptée. Depuis, les 26 hectares du site suscitent l’intérêt des archéologues et des touristes.

    • Petra Treasury © OT Jordanie
    • Petra © Andreas Brunn

     

    Dès l’entrée, le ton est donné. Un chemin étroit et sinueux, mais facile, le Siq, se glisse entre des parois de grès de 70 à 80 m de haut. 1 200 m plus loin, doré par les rayons du soleil, apparaît l’iconique monument de 43 mètres de hauteur, qui serait le tombeau d’un roi nabatéen. Au VIIe siècle, les Bédouins croyaient que l’urne, située dans sa partie haute, renfermait d’importantes richesses ; d’où le nom de Al-Khazneh qui signifie Trésor du Pharaon en arabe.

    • Al Six à Pétra © OT Jordanie
      Al Six à Pétra © OT Jordanie

     

    Puis le canyon s'élargit dans un décor de collines sculptées. Difficile d’imaginer dans cet environnement désertique que les artères étaient jadis bordées de jardins verdoyants. Dans la Rue des Façades se succèdent tombeaux plus ou moins endommagés par l’érosion, façades hellénistiques et amphithéâtre. Plus loin, la Voie Romaine à colonnades est ponctuée par le Grand Temple et le Qasr al-Bint (palais de la fille du Pharaon). Seul monument non creusé dans la roche, il marque le terme du Main Trail (8 km A-R depuis l’entrée du site). Alentour, quelques maisons troglodytes sont encore habitées par des bédouins bergers, vendeurs de souvenirs ou tenanciers de minuscules cafés.

    • Petra © Leon Wu
      Petra © Leon Wu

     

    Autre point fort du site, le Deir (monastère en arabe). L’itinéraire, Al-Deir Trail, démarre à proximité du restaurant le Basin. Les 850 marches taillées dans le roc, avec des passages un peu raides (50 à 60 mn selon votre forme) conduisent à un imposant monument. Sa façade de 47 m sur 48 rappelle celle du Trésor. Ce temple était lié au rite funéraire d’un monarque nabatéen déifié. A l’époque byzantine, il a accueilli des moines chrétiens, comme l’attestent les croix dessinées sur le mur du fond de la grande salle. En fin d’après-midi, la vue sur le désert du Wadi Arabah est magique. Mais il faut prévoir du temps pour regagner l'entrée du site.

    • Petra © DR
      Petra © DR

     

    Où déjeuner sur le site ?

    Restaurant Le Basin, entre Le Trésor et le Monastère : c’est la seule table à l’intérieur du site. Buffet correct mêlant cuisine internationale et orientale. Jolie vue sur les vestiges.

      Jour 3, approfondir Pétra

       

      Pour contempler le Trésor d'en hauton emprunte les escaliers de l’Al-Khubtha (1,7 km depuis la Rue des Façades, 50mn). Le sentier, qui dévoile au passage quatre magnifiques tombeaux royaux, est assez difficile (alternance de terre et de marches parfois effacées). A l’arrivée, on sirote un thé à la cardamome devant l’échoppe du bédouin, face à la spectaculaire perspective.

      Autre option pour prendre de l’altitude, le Haut Lieu du Sacrifice. Également depuis la Rue des Façades, en amont du Théâtre, le High Place of Sacrifice Trail (un peu raide au départ, 700 marches dont certaines érodées, 40 à 50 mn) rejoint une vaste esplanade, où se dresse un autel. Il était destiné aux sacrifices d’animaux, des rites cultuels dédiés au dieu Dushara, le plus important du panthéon nabatéen. Le panorama est également époustouflant sur l’ensemble de la cité. 

      • Qasr al-Bint © OT Jordanie
        Qasr al-Bint © OT Jordanie

       

      Little Pétra

      Également classée au patrimoine de l’Unesco, Petite Pétra était jadis le faubourg de la capitale nabatéenne. Plus petit et moins fréquenté, ce site donne un aperçu de la vie quotidienne au temps de la prospérité. On y accède par un canyon exigu de 400 m, un siq miniature, où le soleil ne pénètre jamais, d’où son nom Siq al-Barid (canyon froid). Outre des temples sculptés dans le grès rouge, accessibles par des escaliers, on découvre des bâtiments rupestres qui abritaient des habitations à usage résidentiel ou commercial. Tels les quatre tricliniums, édifices à colonnades, à l’intérieur desquels trône une table entourée de trois lits disposés en U, où les convives se restauraient allongés. Sur le même principe, un biclinium, conçu pour deux, baptisé la Painted House, présente au plafond des peintures d’oiseaux, de fleurs et de vignes peintes. Une illustration de l’art pictural de Petra ! 

        Que faire à Pétra ?

        • Boire un verre dans l’atmosphère singulière du Cave Bar. Derrière la façade d'un tombeau nabatéen se cache une grotte taillée dans le calcaire. On s’attable sous les portiques à colonnades ou dans un loculi (chambres mortuaires creusées dans les parois) doté de banquettes.
          The Cave Bar. Petra Guest House Hotel. 
           
        • Pétra by night (de 20h30 à 22h30). Les lundis, mercredis et jeudis, à la tombée de la nuit, le Trésor est illuminé par des centaines de lumignons. Par le défilé du Siq, ponctué de bougies, on chemine à pied jusqu’à la façade emblématique. Assis à même le sol, on déguste un thé traditionnel, en écoutant un bédouin s'accompagner de son oud. 
        • Petra by night © OT Jordanie
          Petra by night © OT Jordanie
        Y aller

        Vol direct avec Royal Jordanian

        Vol Lyon Saint-Exupéry-Amman en 4 h les mercredis et samedis. Une aubaine pour les voyageurs d’Auvergne-Rhône-Alpes. Tarif AR à partir de 523 € : lyonaeroports.com

        Royal Jordanian assure aussi un vol quotidien de 4h45 au départ de Paris-CDG.

        Pratique

        Pratique

        Le Jordan Pass combine visa d’entrée obligatoire et accès aux sites touristiques. De 70 à 80 dinars jordaniens selon que vous passez 1 à 3 jours à Pétra.

        Plus d’infos : Office du tourisme de Jordanie

        Les indispensables : un chapeau, de la crème solaire, une gourde d’eau et des chaussures de marche.

        Nous recommandons aussi