Delphine Cadilhac, Le lundi 27 juillet 2026Notre avis sur Les Éditeurs, la brasserie culte de Saint-Germain-des-Prés
Depuis vingt-cinq ans, cette brasserie emblématique du Carrefour de l’Odéon incarne tout l’esprit littéraire de la Rive Gauche. Le temps de quelques semaines estivales, elle bouleverse son concept et son nom pour se recentrer autour de trois classiques, comme un pied-de-nez aux cartes où qualité et abondance ne vont pas systématiquement de pair. Une audace qui méritait d’être soulignée. Sous les stores rouges, face au flot continu du boulevard Saint-Germain, la terrasse offre l’un de ces postes d’observation hors pair dont Paris a le secret.
-
Les stores rouges du restaurant © Les Éditeurs
À l’intérieur, changement d’atmosphère : lumière tamisée, boiseries sombres, banquettes de cuir rouge et murs habillés de milliers de livres. Plus de 5 000 ouvrages, offerts au fil des années par les maisons d’édition alentour, composeraient cette bibliothèque vivante où lecteurs, journalistes, écrivains et habitués viennent entretenir l’esprit des cafés littéraires du quartier emblématique de Saint-Germain-des-Prés dans le 6e arrondissement. Le lieu organise toujours des rencontres thématiques, notamment dans le cadre du cercle Le Rendez-Vous Rive Gauche, événement trimestriel célébrant l’écriture et la littérature.
-
Le restaurant à Paris orné de livres © Les Éditeurs
Mais un restaurant à Paris doit parfois faire un pas de côté et surprendre ses clients, habitués ou nouveaux venus : c’est le pari à contre-courant que fait la maison cet été, du 15 juillet au 23 août, en abandonnant un temps sa carte étoffée pour se concentrer sur trois grands classiques de la cuisine française à tarif unique (29 euros). Une formule baptisée « Les Éditeurs, Entrecôte et Cie ».
-
© Les Éditeurs
Trois plats au choix et frites à volonté
Trois suggestions généreuses et chaleureuses avec en tête d’affiche un cœur de faux-filet français, des frites fraîches à volonté et une mystérieuse sauce signature maison, à la recette jalousement gardée. Le filet de poulet fermier constitue une alternative rassurante, tandis qu’un fish & chips de cabillaud (avec cette fois une sauce tartare) apporte une note plus balnéaire à cette carte de plein été. Il y a quelque chose de joyeusement régressif dans cette formule qui évoque ces repas où la table commande la même chose, où le plat devient le centre des conversations et où l’on réclame une nouvelle tournée de frites avant même d’avoir terminé la première.
-
Faux-filet français, frites fraîches © Les Éditeurs
Cette simplicité est un vrai challenge sans en avoir l’air. Une carte courte ne supporte aucune approximation et exige une rigueur tant dans la sélection de la viande que dans la précision de la cuisson, le croustillant des frites ou du poisson, l’équilibre de la sauce… Et la simplicité n’est pas réfractaire à l’élégance : les tables nappées et le service attentif donnent à cette parenthèse estivale des airs de rendez-vous chic, sans rien sacrifier à la convivialité. Quelques salades et assiettes de partage complètent la carte pour ne pas se priver d’accompagner les amateurs de protéines quand on préfère des options plus légères (mention spéciale à l’assiette copieuse de haricots verts et champignons de Paris, vinaigrette d’échalote). Une carte allégée qui fait écho à la légèreté de la saison, et qui ponctue les pages de ce restaurant germanopratin qui célèbre son quart de siècle cette année.
Les Éditeurs
Carte estivale du 15 juillet au 23 août 2026 , prix 29 euros le plat
4, carrefour de l’Odéon, Paris 6ᵉ
Ouvert 7 jours sur 7, de 8h à 2h du matin
Site officiel de l'établissement



