Emmanuel LaveranEmmanuel Laveran, Le jeudi 10 septembre 2026
Grand angle

Notre itinéraire en Ouzbekistan d’une semaine à dix jours, sur les pas de Tamerlan

Refusons d’emblée la chronologie facile ! Plutôt que de suivre le fil de l'histoire, notre itinéraire en Ouzbékistan retrace les grandes étapes de vie de Tamerlan (le grand conquérant et fondateur turco-mongol de l'actuel Ouzbékistan) et part de Tachkent, la capitale, pour remonter lentement vers les cités de la Route de la Soie et les confins désertiques de l'Asie centrale.
  • Notre itinéraire en Ouzbekistan d’une semaine à dix jours ©Hans Jurgen Weinhardt
    Notre itinéraire en Ouzbekistan d’une semaine à dix jours ©Hans Jurgen Weinhardt

Disons-le d’emblée, le pays est difficile à résumer. D’abord par son histoire complexe, tissée de strates successives (empire timouride, protectorat russe, république soviétique, indépendance retrouvée…) C'est cette superposition que notre itinéraire en Ouzbékistan choisit d'explorer, en partant délibérément à contre-courant : Tachkent d'abord, une ville vraiment exceptionnelle avec ses bâtiments inspirés de Moscou et son sublime métro Art déco, avant de plonger vers les médersas de céramique bleue ou les remparts de terre crue des cités médiévales.

  • Une station de Métro Art Déco : © Maryline Goustiaux
    Une station de métro Art Déco : © Maryline Goustiaux
     

Quatre principes gouvernent ce parcours, proposé par l’agence Comptoir des Voyages, spécialiste de la destination, qui nous a vraiment concocté un itinéraire d’exception. D'abord, une exigence esthétique : les sites, remarquablement conservés et réhabilités, comptent parmi les ensembles architecturaux les mieux préservés d'Asie centrale. Ensuite, la conviction qu'on ne visite pas l'Ouzbékistan sans ses conteurs ; à Samarcande, Boukhara ou Khiva, les guides locaux possèdent un art du récit qui transforme les pierres en légende, et s'en priver reviendrait à ne voir qu'une moitié du décor.

  • Samarkand © Artem Bryzgalov
    Samarcande © Artem Bryzgalov


Vient ensuite la question du contact humain : ici, une courtoisie discrète, teintée par endroits d'une atmosphère résolument russophone et soviétique, dès qu'on quitte les centres historiques restaurés. C’est clairement le point fort de « Comptoir des Voyages », et l’une des raisons pour lesquelles on a choisi cet intermédiaire, cette invitation à s’immerger dans la vie des Ouzbèkes. Enfin, un vrai parti pris d'hébergement : la petite hôtellerie de charme, ces demeures locales à taille humaine, nichées au cœur des vieilles villes, où tout se fait à pied, en immersion plutôt qu'en simple visite ou touriste estampillé « occidental ». D'autant que le voyage commence bien avant l'embarquement avec un carnet éco-responsable reçu à domicile et l’application Luciole téléchargée sur le téléphone pour accéder aux adresses pépites géolocalisées, au guide sur mesure et à la carte hors-ligne. Une prise en main intuitive et zéro papier qui pose d’emblée les jalons d’une traversée fluide.

Jour 1 - Tachkent, l'autre visage de l'Asie centrale


La veille, l’avion s’est posé de nuit sur les pistes de l’aéroport ultra moderne de Tachkent, ville reconstruite après le séisme de 1966 et capitale moderne du pays. Le lendemain, dès l’aube, on découvre un urbanisme soviétique qui s’affiche sans complexe : avenues larges bordées de monuments mémoriaux, et surtout un métro dont les stations, conçues dans les années 1970 sous l'influence de Moscou (la parenté avec celui de la capitale russe saute aux yeux), rivalisent de fastes Art déco et de propreté. On y descend comme on visiterait un musée souterrain gratuit et on y passe du temps, à interrompre son itinéraire à chaque station pour mieux la visiter et la photographier. 

  • La décoration Art Déco d’une station de métro © Maryline Goustiaux
    La décoration Art Déco d’une station de métro © Maryline Goustiaux
     

« Cosmonautes », « station mosquée », « station mosaïque », « Palais de marbre », les noms des arrêts sont évocateurs du thème architectural et design abordé. On adore !

Autre passage obligé, à l'opposé du décorum soviétique et afin de s’ancrer dans la vie locale : le marché de Chorsu, sous sa coupole turquoise, où l'ambiance authentique n'a rien d'un spectacle pour touristes. Les vendeurs de fruits secs dégustent un plov (riz frit local) en cercle, avec les doigts, dans un joyeux brouhaha, les paysannes alentours viennent vendre leurs herbes fraîches, les stands de boucherie impressionnent… on voyage !

  • Le Marché Chorsu  © Maryline Goustiaux
    Le marché Chorsu © Maryline Goustiaux
     

Le soir, direction la Philharmonie, où l'on découvre, pour le prix d'une entrée dérisoire, la vitalité d'une école musicale classique héritée de l'URSS.

 

Jour 2 - Cap sur Samarcande, à 300 km/h


Changement d'époque et de vitesse : l'Afrosyab, train à grande vitesse d'importation espagnole, relie Tachkent à Samarcande en un peu plus de deux heures. À l'arrivée, la ville de Tamerlan déploie une géographie étirée, où mieux vaut s'en remettre à un bon chauffeur, prévu par Comptoir des Voyages. Deux sites sont des passages obligés, et révèleront une immense émotion : la place du Registan d'abord, monumentale, flanquée de trois médersas aux façades de céramique bleue, aussi saisissante sous le soleil que dans la lumière du soir ; puis la nécropole de Shah-i-Zinda, dont les mausolées en faïence bleue s'égrènent le long d'une allée funéraire (et un avant-goût de la journée suivante). 

  • Samarcande © Maryline Goustiaux
    L'une des trois médersas aux façades de céramique bleue à Samarcande © Maryline Goustiaux
     

Non loin, le mausolée Gour Emir abrite la dépouille du conquérant qui donna à la ville son âge d'or au XIVe siècle. D’autres vestiges valent le détour comme l’observatoire de la ville… et Comptoir des Voyages sait mieux que personne organiser quelques visites privées surprise, loin des foules, afin de découvrir d’autres perspectives.

Jour 3 - Samarcande, entre ferveur mongole et liturgie orthodoxe


La mosquée Bibi-Khanum, voulue par Tamerlan à la démesure de son propre pouvoir et de son amour pour une épouse, la nécropole de Shah-i-Zinda, où les céramiques bleues des mausolées se succèdent le long d'une allée funéraire, se visitent idéalement accompagné d'un guide. Celui choisi pour notre itinéraire excelle dans l'art du récit : l'histoire s'y raconte autant qu'elle se contemple. 

Mais arrêtons-nous un instant sur cette nécropole, pour bien comprende de quoi on parle. Shah-i-Zinda a clairement été pour moi l’une des plus belles expériences de voyage de ma vie. Je place ce lieu au niveau de la Vallée des Rois d’Egypte ou des grandes pyramides. D’une beauté indescriptible, la longueur de cette allée couplée aux différents styles architecturaux des tombes monumentales en fait désormais une étape indispensable de plusieurs tours du monde, aux côtés de l’Ile de Pâques, la Polynésie, Louxor… rien que ça !

On enchaîne ensuite sur une halte scientifique avec l'observatoire d'Oulough Beg, prince astronome du XVe siècle dont les calculs, établis avant l'invention du télescope, continuent d'impressionner les spécialistes. 

  • Messe orthodoxe : © Maryline Goustiaux
    Messe orthodoxe  © Maryline Goustiaux
     

Si le calendrier tombe un dimanche, la messe orthodoxe de la cathédrale locale rappelle l'empreinte russe laissée par un siècle de tutelle. 

Le soir, un dîner chez l'habitant referme la journée sur une note plus intime : plov (exceptionnel riz au fruits secs, légumes et viande) partagé en famille et conversation à bâtons rompus, autre signature de notre agence de voyage préférée.

 

Jour 4 - Chakhrisabz, sur les traces du conquérant


Excursion d'une journée au sud de Samarcande, Chakhrisabz mérite le détour pour une raison précise : c'est ici, et non à Samarcande, que naquit Tamerlan, fondateur de l'empire timouride (1370-1507) et lointain descendant de Gengis Khan. La ville conserve les vestiges de son ambition architecturale, à commencer par le palais Ak-Saray, dont il ne subsiste que le portail monumental - suffisant pour mesurer l'ampleur du projet initial.

 

  • Samarcande © Maryline Goustiaux
  • Samarcande © Maryline Goustiaux

 

Le complexe Dorut Tilavat et la mosquée Kok-Goumbaz complètent une visite qui, loin d'être un simple aparté, éclaire rétrospectivement tout ce qui a été vu la veille à Samarcande. Comprendre l'homme avant d'aborder les villes-oasis qu'il n'a fait, lui, que traverser ou conquérir, est l'enjeu de la journée avant le retour vers Samarcande. Une étape indispensable de notre itinéraire en Ouzbékistan.

Jour 5 - Boukhara, la ville qui se visite à pied


Nouveau trajet en train, nouvelle rupture de ton : Boukhara n'a rien de la démesure de Samarcande. Sa vieille ville, compacte, se parcourt intégralement à pied. En fin de journée, direction les bassins de Labi-Hauz, véritable cœur de la vieille ville depuis le XVIIe siècle : les habitants s'y retrouvent pour boire le thé, jouer aux échecs ou au backgammon sur des banquettes de bois, à l'ombre de mûriers centenaires, et l'on peut s'y attarder plutôt que de courir les visites. À l'horizon se devinent déjà le minaret Kalyan et la citadelle de l'Ark, que la journée du lendemain viendra explorer. On y perçoit, mieux que dans n'importe quel monument, ce que Boukhara a conservé d'une vie de quartier authentique, une ville-village, disent les Ouzbeks eux-mêmes, et le mot n'est pas usurpé.

  • Une cabine de train © Maryline Goustiaux
    Une cabine de train © Louise Garnier
     

Jour 6 - Boukhara, citadelle et contes de Nasreddin


Avant une journée guidée à travers la citadelle de l'Ark, rencontre avec le Welcome Host mandaté par notre nouvelle agence de voyage préférée ! Un thé avec Odilshoh, représentant de Comptoir des Voyages en Ouzbékistan constitue un moment d’échanges privilégié qui donne les premières clés de lecture pour mieux comprendre le pays. Une heure plus tard, on part à l’assaut de la citadelle, ancienne forteresse et formidable siège du pouvoir émiral, puis du complexe de Poï-Kalan, où le minaret Kalyan du XIIe siècle domine toujours la ville : il aurait, dit-on, impressionné jusqu'à Gengis Khan, qui l'épargna lors de la mise à sac de la cité ! À ses pieds, la médersa attenante complète cet ensemble architectural parmi les plus aboutis d'Asie centrale.

 

  •  Mosquée Char Minar © Maryline Goustiaux
  • Le Palais d'été Sitori I Mokhi © Maryline Goustiaux

 

Les mausolées d'Ismaïl Samani et de Chashma-Ayoub concluent cette première visite, avant un autre crochet, plus intime, au cœur de l'ancien quartier juif de Boukhara. Foyer historique d'une communauté établie dès le début du Moyen Âge, le secteur invite à la flânerie entre les étals du marché couvert voisin, vibrant de commerce - tapis, bijoux, épices et textiles artisanaux. On pousse ensuite la porte de l'un des joyaux cachés de la vieille ville : la Grande Synagogue. Toujours en activité, ce lieu sacré discret bat au rythme des cérémonies de la petite communauté juive boukhariote restante, offrant un précieux témoignage de la mémoire plurielle de la cité.

    Jour 7 - Boukhara, l'artisanat sous les coupoles


    Moins de monuments, plus de savoir-faire : cette journée s'attarde sur les ateliers nichés sous les anciennes coupoles marchandes, où survit la tradition de la peinture miniature ouzbèke, héritière lointaine des enluminures persanes, et où la faïence bleue, omniprésente, atteint ici une finesse particulière. En périphérie, la médersa Chor Minor, avec ses quatre tourelles distinctes coiffées chacune d'une coupole différente, offre l'une des silhouettes les plus photographiées - et les moins visitées - de la ville. Le sanctuaire soufi de Bahaouddin Naqshband, fondateur d'un ordre mystique toujours vivace en Asie centrale, ajoute une dimension spirituelle à la journée. Pour la refermer, rien ne vaut une pause au hammam, avec massage traditionnel : le Bozori Kord pour les hommes, le Kujak pour les femmes, un vrai bain turc, loin des versions européennes aseptisées…

     

    • © Maryline Goustiaux
    • © Maryline Goustiaux

     

    Jour 8 - Vers Khiva, à travers le Kyzylkoum


    Depuis le début du mois de mai, le train dessert directement Khiva, avec une arrivée programmée vers 14h30 qui laisse le temps de profiter de l'après-midi. La traversée du désert du Kyzylkoum longe les rives de l'Amou-Daria, fleuve mythique qui irriguait déjà les oasis sous l'Antiquité. L'arrivée à Khiva marque une rupture nette : logé à l'intérieur même de l'Itchan-Kala, la cité fortifiée, le voyageur profite dès le premier après-midi du minaret trapu de Kalta Minor, resté inachevé faute de moyens au XIXe siècle, du palais Toch-Khovli et de ses cours successives, puis de la mosquée, avant de découvrir, au coucher du soleil, les remparts de terre crue illuminés d'une lumière fantastique. Contrairement à Samarcande ou Boukhara, restées vivantes autour de leurs monuments, Khiva se donne d'emblée comme un tout clos sur lui-même.

    •  Minaret Islam Hoja  © Maryline Goustiaux
    • Citadelle de Kunya Ark, Itchan Kala © Maryline Goustiaux

     

    Jour 9 - Khiva, la ville-musée intégrale


    Itchan-Kala se visite comme un ensemble cohérent plutôt que comme une collection de sites isolés : après les monuments découverts la veille, la journée se poursuit vers la citadelle de Kunya-Ark, ancien siège du pouvoir khanal. La promenade sur les remparts, en fin de parcours, offre une vue d'ensemble rare sur une ville entièrement réhabilitée, au point que l'Unesco l'a classée dès 1990. On peut aisément consacrer une journée et demie à Khiva tant la lumière, à la tombée du jour, y prend une dimension presque irréelle sur la terre cuite des façades. Khiva assume pleinement son statut de musée à ciel ouvert. 

    • Citadelle de Kunya Ark, Itchan Kala © Louise Garnier
      Citadelle de Kunya Ark, Itchan Kala © Louise Garnier
       

    Jour 10 - Khiva à vélo, puis le grand départ


    Dernière matinée sans guide ni programme : flâner à pied ou à vélo dans les ruelles de l'Itchan-Kala, observer la lumière changer sur la terre cuite des remparts, s'attarder sans autre objectif que celui de prendre le temps. C'est souvent dans ces heures libres, loin des visites cadencées, que se fixe le souvenir d'un pays. En fin de journée, transfert vers l'aéroport d'Ourguentch, à une demi-heure de route, pour un vol retour via Tachkent. Un itinéraire en Ouzbékistan de dix jours aura amplement suffi à traverser plusieurs siècles, et plusieurs empires ; de l'URSS finissante à la Route de la Soie médiévale, sans jamais donner l'impression de survoler l'un ou l'autre et avec la ferme promesse d’un jour y revenir !

    L’Ouzbékistan avec Comptoir des Voyages

    Afin de parcourir ce pays aussi mythique que fascinant, mieux vaut s’en remettre à ceux qui en connaissent les secrets et les ruelles confidentielles. Spécialiste du voyage sur mesure en immersion, Comptoir des Voyages a cette capacité à imaginer des itinéraires en Ouzbékistan qui font la part belle au patrimoine exceptionnel de la destination mais surtout aux rencontres authentiques, donnant lieu à une découverte loin des circuits formatés. Des coupoles azur de Samarcande aux ruelles séculaires de Boukhara, des nuits sous les étoiles aux demeures de charme à taille humaine, chaque voyage se construit au plus près de vos envies, avec l’expertise de conseillers spécialistes destination.

    Découvrir les itinéraires de 7 à 15 jours en Ouzbékistan de Comptoir des Voyages. Contact : + 33 1 86 95 65 55