Nassera ZAID-LUNEAU, Le jeudi 27 août 2026
Notre avis

Croisière en Andalousie : Séville et Cadix au fil du Guadalquivir

Parcourir une des plus belles régions du sud de l’Espagne en cabotant le long de son fleuve emblématique : le Guadalquivir. Une parenthèse poétique et historique entre Séville et Cadix où chaque escale révèle les richesses inestimables de son patrimoine culturel d’hier et d’aujourd’hui.
  • Notre avis sur la croisière de luxe en Andalousie © Innovafilms
    Notre avis sur la croisière de luxe en Andalousie © Innovafilms
Un paradis pour les milliers d’oiseaux migrateurs venant se nourrir et se réchauffer les ailes à chaque printemps

L’Andalousie au fil de l’eau

Embarquement à Séville avec la compagnie de croisière de luxe CroisiEurope à bord de La Belle de Cadix pour une croisière de luxe fluviale de huit jours au cœur de l’Andalousie. Une façon d’admirer autrement cette région autonome d’Espagne traversée par des siècles d’histoire dont la période la plus marquée sera celle de la conquête musulmane de 710 à 1492. 

  • Embarquement à Séville, la belle capitale de la région d’Andalousie © Alexandre Sattler

    Embarquement à Séville, la capitale de l’Andalousie © Alexandre Sattler

Sous la domination du Califat de Cordoue, la péninsule ibérique va connaître une apogée culturelle et intellectuelle où les sciences, la philosophie et les arts vont s’exprimer avec magnificence notamment à travers les monuments phares (palais, mosquées, jardins…) des villes de Cordoue, Séville, Cadix… quelques-unes des étapes clés de notre itinéraire en Andalousie. L’environnement naturel participe aussi à la richesse de la région et à la beauté des paysages qui ont pour toile de fond les montagnes de la Sierra Nevada. Sur les rives du fleuve s’étendent jusqu’à l’océan Atlantique et le golfe de Cadix de vastes plaines plantées d’oliveraies, de rizières et des marais salants. Un paradis pour les milliers d’oiseaux migrateurs venant se nourrir et se réchauffer les ailes à chaque printemps.

  • Visiter Cadix le temps d’une croisière de luxe © Kavalenkava

    Visiter Cadix lors d'une croisière de luxe © Kavalenkava

On ne compte plus les nids de cigognes blanches perchés au sommet des pylônes et les vols de canards, d’échassiers et autres espèces planant dans le ciel. Andalousie rime aussi avec le flamenco et les chevaux pur-sang qui dansent au milieu des arènes où se donnent d’élégants spectacles équestres. N’est-ce pas aussi de Palos de la Frontera que Christophe Colomb prit la mer en 1492 à bord d’une des trois caravelles dont les répliques sont exposées dans le superbe parc de la Rábida. À chaque retour à bord du bateau de croisière, on prend conscience de la valeur de ces moments privilégiés où la grande et la petite histoire se rejoignent et dévoilent aux visiteurs une facette inattendue de ce territoire à la jonction de l’Orient et de l’Occident.  

  • Visiter l’Andalousie en bateau de croisière de luxe © Innovafilms

    Visiter l’Andalousie lors d'une croisière © Innovafilms

Au cœur des cultures d’Andalousie 

Après avoir levé l’ancre, La Belle de Cadix quitte le port de Séville en direction des marais d’Isla Mínima dans la localité de Puebla del Río pour rejoindre un cortijo, un vaste domaine agricole, entouré de rizières longeant le Guadalquivir. Une fois passé l’écluse de Séville sur le canal Alfonso XIII, et ses impressionnantes portes coulissantes, on profite depuis les ponts extérieurs des paysages paisibles défilant au rythme de la navigation.

  • Le pont romain de Cordoue © Migel

    Le pont romain de Cordoue © Migel

L’eau aux reflets jade met en valeur la végétation luxuriante de ses rives. Au second plan, des champs d’oliviers et de tournesols à perte de vue apportent une touche de vert et de jaune à ce joli tableau. Arrivés à destination, on aperçoit au-delà des rizières, la ferme Isla Mínima, aussi réputée pour son élevage de taureaux et de chevaux de race Chartreux. Il faut dix minutes de marche pour découvrir ce domaine agricole typique.

Parmi les bâtiments immaculés rehaussés d’arabesques ocres, on reste sans voix devant l’église et les arènes privées où nous attend un spectacle équestre étonnant durant lequel une élégante danseuse de flamenco évolue en parfaite harmonie avec un cheval et son cavalier sur une musique andalouse. Un moment suspendu dans un environnement où la culture régionale prend tout son sens. La navigation reprend son cours en direction de Puerto de Santa María où l’on cultive la vigne pour produire notamment le vin de Xérès, puis petit détour par la ville de Jerez de la Frontera, réputée pour ses élevages de chevaux andalous, une race de pur-sang dressée, à l’instar du cadre de Saumur, pour des représentations internationales comme celle à laquelle nous avons la chance d’assister au Centro Ecuestre La Arboleda.

Fondée il y a 3 000 ans par les Phéniciens, l’ancienne Gades est reliée au continent par un isthme étroit

Ouverture sur l’océan Atlantique

Le Guadalquivir ne termine pas sa course à Cadix, mais un peu plus au nord vers Sanlúcar de Barrameda, obligeant notre bateau fluvial à s’inviter dans l’océan Atlantique. Malgré une légère houle, on accoste sur le célèbre rocher de Cadix immergé au milieu de la mer sur la Costa de la Luz. Fondée il y a 3 000 ans par les Phéniciens, l’ancienne Gades est reliée au continent par un isthme étroit.

  • Visiter Cadix le temps d’une croisière de luxe © Kavalenkava

    Cadix © Kavalenkava

Une ville riche et très convoitée, à cause de son monopole sur le commerce d’outre-mer, elle sera protégée des attaques de pirates par des remparts remarquables. Ces imposantes murailles marquent aujourd’hui la frontière entre les quartiers modernes et ses plages, et le centre historique. Déambuler dans ces rues pavées bordées de bâtiments ornés de balcons en fer forgé de style néo-classique rappelle combien Cadix fut prospère. Des places et des jardins ponctuent la balade jusqu’au Campo del Sur où se dresse face à l’océan, la coupole d’azuléjos jaunes (céramique) offrant pour ceux qui ont le courage de monter dans la tour, une vue spectaculaire sur la ville, le port, le plus important de la région et le golfe. 
 

L’héritage arabo-andalou

Après cette rapide incursion, non loin du détroit de Gibraltar, retour à Séville, port d’attache de La Belle de Cadix. La ville conquise par les musulmans en 711 va opérer une grande métamorphose urbaine et architecturale. Parmi les plus beaux monuments de styles arabo-andalous ou mauresques mêlant un jeu d’arabesques, de calligraphies, de faïences colorées et de stucs sculptés, aussi appelé mudéjar , on découvre la cathédrale de Séville réaménagée et utilisée pour le culte chrétien après la reconquête de 1492 dans l’ancienne grande mosquée ou le Real Alcazar, le palais fortifié des califes où les pièces aux décors d’une finesse extrême donnent sur des jardins où  bruissent les eaux coulant des fontaines. Un état d’esprit que l’on retrouve dans la Mosquée-Cathédrale de Cordoue qui combine l’architecture musulmane et l’ajout de chapelles chrétiennes.

La beauté des salles où comme dans une forêt de colonnes, on déambule à travers les siècles entre les arches et les coupoles où rien n’a été dénaturé, l’architecture originale a juste été adaptée aux besoins des époques. C’est ce qui donne à l’Andalousie ce caractère si particulier et confère au Guadalquivir, un rôle majeur dans l’histoire de cette région. Loin du cours d’eau, la ville de Grenade, qui fait partie des visites du voyage, reste un incontournable pour comprendre le puissant héritage laissé par ces conquérants amoureux des arts et de la beauté architecturale. 

  • La ville de Grenade © In Green Hauteur
    La ville de Grenade © In Green Hauteur
Comment est le bateau ?

 

La Belle de Cadix, un nom tout à fait approprié pour ce bateau naviguant sur le fleuve Guadelquivir au cœur de l'Andalousie. ‌Un navire à taille humaine doté de 88 cabines au style confortable et élégant, avec vue sur l'extérieur. Selon les catégories choisies, elles seront équipées, au pont supérieur, d'un balcon à la française (13,50 m2) et de fenêtres au pont intermédiaire (entre 12 m2 et 14 m2 (cabine PMR)) et d'un hublot au pont principal (entre 10,50 m2 et 13,50 m2). En plus d'un restaurant et d'un salon climatisés à l'intérieur du bateau, les passagers profitent lors des temps de navigation d'un bar panorama et, surtout, du pont Soleil équipé de transats et d'un grand espace ombragé pour se relaxer tout en profitant des paysages andalous.