
Les Prés d'Eugénie : L'Orangerie nous séduit
« Je voudrais du soleil vert... »
Icône de l’hôtellerie à la française, Les Prés d’Eugénie sont un domaine unique de demeures historiques organisées en hameau, disséminées dans un somptueux parc de 15 hectares. On y retrouve, comme nulle part ailleurs, un raffinement exquis, qui allie les exigences d’un palace à la simplicité d’une maison de campagne.
Une maison de famille avant tout, l’œuvre d'une vie pour Christine et Michel Guérard, aujourd'hui poursuivie par leurs deux filles Éléonore et Adeline qui, sans dénaturer l'héritage de leurs parents et la dimension historique des lieux, l'ancrent joliment dans la modernité.
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© Yoan Chevojon
La Grande Maison, d’allure coloniale, précédée d’un somptueux carré de palmiers, abrite la réception, les salons, et le restaurant L’Orangerie, donc. Conçue comme un lumineux jardin d’hiver, elle bénéficie aux beaux jours d’une splendide terrasse, qui s'ouvre en grand sur les jardins d’Eugénie, où se trouve l’élégante fontaine baroque, dessinée par Michel Guérard et les maîtres ébénistes du domaine. A l'intérieur, la salle à manger est, quant à elle, subtilement décorée d’étoffes et de peintures naturalistes, qui lui donnent un côté joliment suranné et très Nouvelle-Angleterre. Les convives de L’Orangerie se régalent d’une jolie carte de saison, en marge d’une cuisine santé, respectueuse de naturel. Les douceurs sont servies dans un chariot à desserts XIXe et le vin des vignobles du château de Bachen, propriété de la famille Guérard, dans du cristal de Bohème. Élégant.
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© Florence Valencourt
C'est dans ce décor grandiose que le chef Hugo Souchet a pris la suite de Michel Guérard, après avoir appris auprès de lui et évolué à ses côtés pendant près de dix ans. Avant de gagner la confiance du maître, le jeune Hugo avait déjà un beau parcours derrière lui. Une formation au Meurice « époque Alléno » avec le sous-chef d’alors Philippe Mille, puis une immersion dans l’univers créatif unique de Pierre Gagnaire. En 2011, il rejoint Philippe Mille, devenu chef de l’hôtel de Champagne Les Crayères, qui sera son mentor. S'ensuivra un petit tour du monde gastronomique, successivement aux côtés de Daniel Boulud à New York, d’Alain Ducasse au restaurant de Monaco le Louis XV et une expérience d'un an au Japon, où il se forme à la cuisine kaiseki.
C'est donc avec un bel appétit et une grande curiosité qu'on prend place autour de cette table champêtre-chic pour goûter non pas aux grands classiques du maître cette fois-ci, mais à ce qui a contribué à sa notoriété mondiale : La Cuisine de Santé, « best-seller » de la maison depuis les années 1970, consacrée dans le livre culte La Grande Cuisine Minceur.
L'art et la manière
À la réception du menu, on écarquille un peu les yeux quand il annonce une salade d'asperges en entrée, une pintade farcie au foie gras pour suivre et un liégeois au chocolat en dessert, pour un total calorique annoncé de 590 calories. Avec du foie gras !
Surprise qui va grandissant au moment du service, tant chaque plat est appétissant, gourmand et même servi avec une sauce. Autant dire qu'on est à cent lieues de la punition fadasse de certains programmes détox... On ne sait pas très bien comment le chef réussi ce tour de force, mais c'est on ne peut plus convaincant. Les asperges n'ont rien à envier à celles d'une proposition plus classique. Idem pour la pintade qui ne gagnerait en rien à être submergée de gras. Au contraire, sa cuisson et sa tendreté sont parfaites et on goûte même mieux ainsi. On a beau chercher la petite bête, le Liégeois n'est pas un ersatz, mais un vrai Liégeois. C'est bluffant.
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L’Asperge © Florence Valencourt
Pour accompagner le repas, on a le choix entre rester sage avec une tisane d'Eugénie des plus rafraîchissantes ou se faire plaisir avec un verre de vin (non, ce n'est pas interdit) qui fera juste grimper la note de 75 calories.
Bien entendu, cette cuisine santé n'est qu'une proposition parmi d'autres à L'Orangerie ; et les incorrigibles gourmands-gourmets sont également invités à (re)découvrir aussi bien les grands classiques millésimés de Michel Guérard que les nouvelles créations d'Hugo Souchet. Avec pour slogan « Belles bêtes, belles plantes », L'Orangerie propose également les plus belles viandes de la région, que le boucher maison reçoit entières et cuisine de la tête à la queue. Quant au « homard légèrement fumé à l'âtre, beurre des dunes » il comblera les amateurs.
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La pintade © Florence Valencourt
En un mot, une table versatile dans ce que cet adjectif a de plus noble et une jolie pépite qui mérite bien l’Étoile qui lui a été attribuée cette année.
Bon à savoir : Les Prés d'Eugénie comptent pas moins de 3 restaurants : L'Orangerie, donc, Le Restaurant Michel Guérard, le mythique gastronomique, mais aussi La Ferme aux Grives, formidable table de campagne rabelaisienne.
Les prix ?
- Menu Déjeuner Minceur : 65€
- À la carte, entrées entre 18 et 95€, plats entre 41 et 140€, fromages et desserts à 25€.
- Menu « Terroir Sublime » en 4 services, accords mets&vins du domaine inclus : 155€.
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Le chariot de desserts
Ce qu'il faut retenir ?
Si la disparition du chef préféré de ses pairs a clairement endeuillé la fin des festivités du cinquantenaire du domaine en 2024, l'année 2025 voit accrocher une première Étoile à L'Orangerie et prouve de la plus belle des manières que l'histoire continue et que la transmission est réussie.
L’Orangerie
Les Prés d’Eugénie
Place de l'Impératrice, 334 Rue René Vielle Vieille
40320 Eugénie-les-Bains
Ouvert tous les jours, du lundi au dimanche, au déjeuner comme au dîner en Grande Cuisine Minceur exclusivement (sur réservation préalable)
Pour le dîner du mercredi au dimanche et pour le déjeuner du samedi et du dimanche, avec la carte complète
lespresdeugenie.com