Éléonore Bounhiol, Le vendredi 24 avril 2026Madame C, le secret Belle Époque le mieux gardé de Strasbourg
Le pitch | Un voyage sensuel dans le temps
Depuis peu, Strasbourg cache, derrière une façade sage, un lieu à part, presque secret. Une adresse où l’on voyage dans le temps en franchissant une simple porte rouge… Bienvenue chez Madame C, le nouveau temple des plaisirs strasbourgeois ! Inauguré à l’été 2025 par le groupe Faktory, déjà à la tête de plusieurs tables locales, l’adresse prend ses quartiers dans un très vieil immeuble qui lui confère une partie de son charme suranné et participe à la légende. Comme un boudoir particulier, ce boutique-hôtel 4 étoiles alsacien assume une vision singulière de l’hospitalité, en immersion dans une Belle Époque fantasmée, aussi sensuelle que théâtrale. Et la parenthèse ne manque pas de caractère !
Vue d’ensemble | Boudoir impertinent
Le mystère fait partie du charme de l’adresse : depuis la rue des Sœurs, artère tranquille à deux pas de la Cathédrale, il est presque impossible de discerner l’hôtel derrière l’immeuble. On aperçoit tout juste, à travers des fenêtres ourlées de rideaux épais, quelques lueurs tamisées qui intriguent et poussent à entrer.


Installé dans une maison bourgeoise dont les origines remontent à 1437 selon les archives cadastrales, l’établissement soigne ce rapport au temps avec un brin d’impertinence. L’édifice fût tout à tour bâtiment religieux, maison d’artisan et immeuble d’habitations. Rafraîchi après d'ambitieux travaux, il s’amuse désormais volontiers des codes : il n’est pas rare que les clients pensent qu’une ancienne maison close était bien abritée là jadis. Madame C ? Le nom pourrait faire référence à Cathédrale, Cocktail… ou à Madame Claude, c’est au visiteur de s’en faire sa propre idée.
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L'hôtel à Strasbourg © Madame C
Dès l’entrée, le ton est donné : dorures, meubles coquets, lumières voilées… et un patio central inattendu, dominé par un palmier spectaculaire qui s’élance sur près de 10 mètres, respiration végétale presque irréelle dans ce décor de boudoir assumé. Les clés se nichent dans les ailes du bâtiment : celle de droite comprend un escalier surprenant, dans son jus de 1785, inscrit à l’inventaire des monuments historiques.
L’atmosphère convoque un mélange subtil d’esthétique Gatsby, de cabinet de curiosités et de maison de plaisirs feutrée, avec force velours, papier-peints baroques et capitons... Même la signature olfactive (safran, violette, ambre et santal) enveloppe les lieux d’un parfum de mémoire scandaleuse.
Les chambres | Écrins de muses
L’hôtel insolite abrite seulement 12 chambres - une confidentialité qui résonne parfaitement avec le thème. Et aucune ne ressemble à une autre ! Réparties autour du patio, elles s’organisent en trois catégories (Élégantes, Précieuses, Divines) et autant d’univers singuliers. Toutes rendent hommage à une muse iconique des grands tableaux de la Belle Époque : la chambre Olympe convoque l’audace d’Olympia de Manet, la Cléo la sensualité de Cleopatra de John William Waterhouse, la Gabrielle la douceur contemplative de La Liseuse de Claude Monet… Sur les murs, une reproduction de l’œuvre veille discrètement, comme un fil conducteur, tandis que le décor en déploie subtilement toutes les nuances et les émotions.
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La chambre Catalina © Madame C
On y retrouve en outre tout ce qui fait le charme de ce petit hôtel d’ambiance : des couleurs profondes (bordeaux, vert forêt, bleu nuit), des matières sensuelles (moquette ultra-épaisse, velours, bois patiné, tissus épais, franges et drapés à gogo) et quelques détails rétro bien pensés (téléphone à cadran, robinetterie en cuivre brossé, parfois même un bidet délicieusement anachronique. Le confort, lui, reste bien contemporain, avec une literie haut de gamme, des produits d'accueil Lalique et une technologie discrète.
La chambre à réserver
Notre coup de cœur ? La chambre Lady A, au premier. Sous le regard énigmatique de Lady Agnew of Lochnaw, immortalisée par John Singer Sargent en 1892, elle déploie 28 m² de bleus profonds, presque mystiques, et s’agrémente d’une salle de bains princière parée de zelliges. La sensation d’intimité y est précieuse. Classée parmi les «Divines », elle coche également toutes les cases du séjour signature : vue sur la cathédrale, volumes généreux, baignoire élégante et mise en scène « boudoir » parfaitement maîtrisée.
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La chambre Lady A © Madame C
La table
Au rez-de-chaussée, L’Alcôve est le cœur battant de la maison. Le bar-restaurant de l'hôtel ultimement feutré fonctionne comme un salon, où l’on vient autant pour déjeuner, pour dîner que pour siroter un verre signature. Côté cuisine, la carte propose des assiettes à partager garnies de produits nobles et/ou locaux - saumon gravlax, effiloché de crabe dans un pain brioché, champignons à la tomme d’Alsace, caviar d’Aquitaine, huîtres de Cancale… De vrais plaisirs gourmands !


Côté bar, c’est vraiment intéressant. Les mixologues, d’une créativité redoutable, composent des cocktails sur mesure selon vos envies, votre humeur ou même votre destination rêvée. Une carte fixe fait également la part belle aux alcools anciens et aux textures soyeuses, façon speakeasy d’époque. C’est vivant, ludique, et chaque gorgée est une (belle) surprise pour les papilles.


Le week-end, l’adresse est d’ailleurs un hotspot, avec une ambiance qui se prolonge jusqu’à 4h du matin. Le lieu accueille aussi le petit-déjeuner, en supplément, et un copieux brunch tous les dimanches et jours fériés, de 10h30 à 15h30.
L’offre bien-être
Pour l’heure, l’établissement ne dispose pas encore de spa. Mais l’expérience bien-être n’est pas en reste : l’équipe de Madame C réserve volontiers des soins du visage au sein de l’institut partenaire strasbourgois Hélène Georges. Et la suite s’annonce prometteuse. À horizon 2028, l’hôtel ambitionne d’aménager un espace spa avec sauna et hammam dans les combles, juste à côté d’une nouvelle chambre avec terrasse privée.
Que faire, que voir à proximité de Madame C ?
L’emplacement est l’un des grands atouts de l’hôtel : il est au cœur de tout, sans jamais subir l’agitation extérieure. Depuis Madame C, on explore facilement, à pied :
- La cathédrale de Strasbourg, à deux rues.
- La charmante place du marché Gayot, avec ses bars et ses cafés, littéralement en face du bâtiment
- Les ruelles pittoresques et commerçantes du centre historique
- L’Ill, toute proche, parfaite pour une balade au fil de l’eau.
- Les meilleures adresses gastronomiques et bars à vin de la capitale des marchés de Noël
Les 5 choses que l'on a aimées chez Madame C
- L'univers précis, les petits détails qui signent l’immersion totale ;
- Les lumières douces et tamisées, partout : un repos apprécié pour nos yeux fatigués ;
- Le service, attentionné et chaleureux : on est accueilli ici comme dans une maison de famille ;
- La créativité des assiettes et des cocktails, qui donne envie d’y retourner ;
- L’emplacement, idéal pour un séjour clé-en-main : le quartier ne manque pas de cachet et tout est à quelques minutes à pied, y compris les boutiques de la rue des Juifs et la gare de Strasbourg.
Madame C - Hôtel particulier | Bar à cocktails | Restaurant
12 clés, prix à partir de 182 euros la nuit
10 rue des Sœurs, Strasbourg



