Carton plein pour le charcutier surdoué qui officie chez le MOF Arnaud Nicolas, à Paris. Après avoir remporté la sélection France en septembre dernier (Yonder y était déjà), voilà Olivier Caillon sacré champion du monde, à l'issue d'une épreuve de 4h le mettant en compétition avec de sérieux concurrents du monde entier. Retour sur une finale organisée de main de maître par l'entreprise Bernardaud, dans ses locaux, à Limoges.

Dans les coulisses de la remise des prix
C’est en fin d’après-midi, le lundi 23 février 2026, aux Halles Centrales de Limoges, que s’est tenue la cérémonie de remise des prix de cette 2e édition du championnat du monde du chou farci.
Olivier Caillon, charcutier chez Arnaud Nicolas, a été sacré devant un public nombreux, en présence des membres du jury et des professionnels qui encadraient la compétition. Succédant à Bernadette de Rozario, chef du restaurant Claudine à Singapour, gagnante en 2024 et présente en membre du jury, Olivier Caillon a reçu le trophée en porcelaine Bernardaud imaginé par l'artiste Zhuo Qi des mains du président Philippe Etchebest.
Sur le podium figuraient également Hoewan Jung, l'auréat du prix spécial du jury d’honneur, venu de Corée du Sud et représentant Paradise Group, ainsi que Karl O’Dell, récompensé du prix spécial de la plus belle présentation, venu de Londres et représentant le restaurant CORD. Lorsque le prix de la meilleure sauce a été attribué à Olivier Caillon, ce dernier s'est d'abord décomposé, persuadé de voir le « chou sacré » lui échapper. Puis, au moment de recevoir ce graal tant convoité, il a laissé échapper un soupir de soulagement et de fierté.
A chaud, il a déclaré avec sincérité : « Je tiens à remercier mon patron et mon chef Arnaud Nicolas, Corentin Merville (ndlr : meilleur chef charcutier de France 2022) et toute l'équipe de la charcuterie. Moi, je suis un ancien cuisinier, je suis très fier de représenter la France et très content parce que c'est huit mois de travail intense sans week-end... Durant une longue période ! Et je remercie ma femme aussi, Marine, juste ici ».
Le lauréat va pouvoir souffler à présent et, on l'espère, mettre en vente son « œuvre charcutière » chez Arnaud Nicolas. Cela serait un beau prolongement à cette victoire obtenue de haute lutte.
La finale comme si vous y étiez
Ce trophée a été imaginé par le dynamique Michel Bernardaud (avec les Artcutiers), fier représentant de la sixième génération de l'une des dernières manufactures familiales de porcelaine française. Après nous avoir fort élégamment reçus le dimanche soir, pour faire les présentations, chez Gilles Dudognon - chef étoilé et propriétaire de La Chapelle Saint Martin, Relais & Châteaux absolument charmant, place à la finale, dès potron-minet.
Pour cette 2e édition, encore plus ambitieuse, la Chine et la Corée ont réjoint la sélection, aux côtés de la France, l'Europe, le Japon, les Amériques et l'Asie du Sud-Est. Les sept finalistes se sont affrontés, lors d'une épreuve de 4h. Et le règlement n'était pas tendre. En effet, le chou farci présenté au jury professionnel devait répondre à plusieurs critères : peser entre 1,6 et 2 kg, respecter la liste d'ingrédients interdits, l'usage d'équipements prédéterminés... Et Philippe Etchebest a encore corsé le niveau quelques semaines avant l’échéance, en imposant aux candidats une sauce 100 % végétale, notée à part.
La tension était palpable dans les rangs, alors que l'on nous autorisait à faire le tour des tables des participants en plein coup de feu. Elle l'était tout aussi dans ceux des membres du jury dégustation lorsque nous sommes passés les voir.
Quant à nous, journalistes, nous avons eu le privilège de goûter et de noter les créations des finalistes. De véritables œuvres culinaires et un sacré savoir-faire.
Et, petite fierté, nous avions le trio de tête dans nos pronostics !

Prolongeant la grande fête populaire organisée après la remise des prix dans les splendides Halles Gourmandes de Limoges, nous avons fait honneur à la tradition de convivialité locale, autour d'un festin organisé par la figure locale Gilles Dudognon, à La Table du Couvent. Une adresse qu'on recommande chaudement.
Rendez-vous est pris pour la prochaine édition. Car, comme l'a si bien dit le MC de l’événement lors de la remise des prix : The Chou must go on !




