Pascale MissoudPascale Missoud, Le lundi 26 octobre 2026
Grand angle

Voyage à São Tomé-et-Príncipe : itinéraire de 8 jours dans un paradis méconnu

À cheval sur l’équateur, à 270 km du Gabon, São Tomé-et-Príncipe fut jadis le premier producteur mondial de cacao. L’indépendance, en 1975, précipita son effondrement économique. Deuxième plus petit État d’Afrique et l’un des plus pauvres, l’archipel conserve les vestiges de son histoire et une forêt primaire exceptionnelle. Premier pays entièrement classé réserve de biosphère par l’Unesco, il voit son tourisme émerger, tandis que Príncipe est préservée grâce à l’action du milliardaire Mark Shuttleworth.
  • Voyage à São Tomé-et-Príncipe, itinéraire de 8 jours
    Voyage à São Tomé-et-Príncipe, itinéraire de 8 jours

Jour 1 - Arrivée à São Tomé

 

18h - Check in à l'hôtel Omali

Nous avons quitté Paris tôt ce matin pour un long voyage vers São Tomé, avec une courte escale à Lisbonne avant de mettre le cap sur ce petit archipel du golfe de Guinée. Onze heures et quarante minutes plus tard, nous atterrissons à São Tomé, la capitale du pays, où la chaleur tropicale nous saisit dès la descente de l’avion. Première formalité à l’arrivée : régler la taxe touristique de 25 euros, de préférence en espèces. Les coupures d’électricité et les aléas du réseau rendent les paiements par carte incertains, d’autant que seule la carte Visa est acceptée. À la sortie de l’aéroport, un chauffeur vous attend, pancarte à votre nom et large sourire aux lèvres. Son anglais est approximatif, mais l’accueil chaleureux. Dix minutes de route le long de l’océan suffisent pour rejoindre Omali, un hôtel 4 étoiles du groupe Príncipe Collection, idéal pour une première nuit à São Tomé avant de poursuivre cet itinéraire à São Tomé-et-Príncipe vers l’île de Príncipe.

  • Omali Hotel © Principe Collection
    Omali Hotel © Principe Collection
     

L’accueil est enthousiaste, la décoration résolument africaine. Le comptoir de réception, rapidement pris d’assaut à l’arrivée des voyageurs, jouxte le restaurant et le bar. Quelques marches, et voici le jardin joliment végétalisé, piqueté d’altiers cocotiers. Une belle piscine, un bar dédié et, tout autour, une farandole de petits bâtiments. Ils abritent les 30 clés de cet hôtel de bord de mer, de 20 à 55 m2. À l’intérieur, la décoration est simple et de bon goût, même si certains aménagements accusent le poids des années.

Omali Hotel
30 clés, prix à partir de 167 euros
Praia do Lagarto, São Tomé, São Tomé-et-Principe

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  • Omali Hotel, l’hôtel en Afrique centrale © Príncipe Collection

    Omali Hotel © Príncipe Collection

 

19h30 - Une excellente surprise à table

Au restaurant, la soirée commence sous les meilleurs auspices. Ouverte sur l’océan, la salle accueille une dizaine de tables. La carte est étonnamment variée pour São Tomé, où nombre d’adresses se limitent à un plat du jour, souvent à base de poisson. Les produits sont locaux, le poisson d’une fraîcheur irréprochable, les assaisonnements justes et les portions généreuses. Le service, lui, adopte le rythme léve-léve, autrement dit « doucement, doucement ». Mais après tout, les vacances ne font que commencer, et il faudra s’armer de patience tout au long du séjour.

  • Le restaurant Omali © Pascale Missoud

    Le restaurant de l'hôtel Omali © Pascale Missoud

    Au Mercado Municipal, modeste hall en béton, une poignée de djedjes (marchandes) vendent sur leurs étals la récolte du jour

    Jour 2 : Premiers pas à Príncipe

     

    7h - Petit-déjeuner fruité à l'hôtel Omali

    Le petit-déjeuner buffet mérite lui aussi une mention particulière, avec son choix généreux de fruits frais et de spécialités sucrées de l’île, du cake à la banane aux confitures maison. Là encore, mieux vaut prévenir que l’on a un avion à prendre pour être sûr de recevoir son thé ou son café avant de partir.

    9h40 - Vol jusqu'à Principe  

    À peine le temps d’attacher sa ceinture que l’avion amorce déjà sa descente. Quarante minutes suffisent pour relier São Tomé à sa petite sœur, Príncipe, dont on découvre à travers les nuages le tapis de verdure posé au milieu de l’océan. Pendant le déchargement des bagages, une dernière formalité nous attend : le règlement d’une taxe de 10 euros pour le vol intérieur, qui s’ajoute à celle acquittée à São Tomé. Mieux vaut, là encore, prévoir des espèces.

    • 40 minutes de vol pour atterrir à Príncipe © Pascale Missoud
      40 minutes de vol pour rejoindre à Príncipe © Pascale Missoud


    11h - Check in au Bom Bom 

    Après 20 minutes de trajet, l'hôtel Bom Bom apparaît avec son lobby aux teintes joyeuses. Une maisonnette, climatisée, accueille la salle de fitness (petite mais bien équipée). Direction l’un des 19 bungalows, habillés de bois et prolongés par une généreuse terrasse. Certains se dissimulent dans la végétation tropicale, d’autres offrent un accès direct à la plage. Chacun possède son caractère, avec une décoration contemporaine ponctuée de touches africaines. À l’intérieur, un lit à baldaquin et un coin salon composent un décor sobre, réchauffé par un tapis discret, des luminaires en osier, quelques œuvres d’art aux murs et des coussins aux teintes douces. Côté confort, climatisation et ventilateur sont au rendez-vous, ainsi qu’une télévision pour ceux qui ne sauraient tout à fait s’en passer.

    Bom Bom
    19 clés, prix à partir de 546 euros
    Bom Bom Island, Principe, São Tomé e Príncipe

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    • Un des bungalows du Bom Bom © Príncipe Collection

      Un des bungalows du Bom Bom © Príncipe Collection

    13h - Déjeuner au Beach Club

    Forcément, on ne résiste pas à l’envie d’aller voir la plage qui frange le golfe de Guinée. Une armada de palmiers, du sable blond, des eaux claires : la carte postale, pour de vrai ! Par curiosité, on emprunte la passerelle en bois qui mène à un îlot mystérieux. À l’ombre des palmiers se niche le Beach Club, dont le restaurant accueille les hôtes pour le déjeuner. Au menu, poisson frais et salades colorées, c'est parfait !

    • À table ! Bom © Príncipe Collection

      À table !  © Príncipe Collection


    14h - Visite de Santo António, la capitale

    Séjourner dans l’un des hôtels de Príncipe Collection donne droit à une activité incluse chaque jour, à choisir parmi une dizaine d’excursions selon la saison.  Il faut toutefois composer avec la météo, qui peut entraîner des reports, voire des annulations. Cet après-midi, place à la découverte de l’île, tranquillement, sans se presser. Notre chauffeur, France, est Santoméen. Et oui, il parle français !  Et s’il y a un guide à réclamer c’est bien lui ! Seul guide francophone du groupe, il séduit aussi par sa ponctualité, son sérieux et sa connaissance de l’archipel. Il ne connaît pas une réponse ? Gageons que vous l’aurez demain !

    Vingt minute de 4x4 plus tard, voilà Santo António, capitale en miniature lovée sur les berges de la rivière Papagaio. Ni gratte-ciel, ni boutiques. L’ambiance ? Celle d’un gros hameau assoupi. Pas de klaxons ni de cohue, les voitures sont rares. On flâne dans les rues bordées de cahutes en bois délavé, on repère quelques bâtiments coloniaux défraîchis. Au Mercado Municipal, modeste hall en béton, une poignée de djedjes (marchandes) vendent sur leurs étals la récolte du jour : régimes de bananes et fruits à pain, poivre sauvage,  piments malagueta aussi minuscules qu’incendiaires et poissons fraîchement pêchés ou déjà séchés. Devant le bâtiment, de jeunes garçons fièrement juchés sur leur moto  attendent les lycéennes pour leur conter fleurette. Il y a aussi ces mercearias - les épiceries - où s'entassent savons et conserves de sardines, bidons d'huile et briquets ainsi que les tascas, les buvettes, où les joueurs de cartes, entourés de buveurs de bière, se donnent rendez-vous.
     

    18h - Retour à l'hôtel

    De retour à l’hôtel, la chaleur s’est adoucie et le soleil commence à décliner. L’heure idéale pour emprunter un paddle et glisser sur une mer parfaitement calme. Quelques coups de pagaie, puis le plaisir de s’arrêter et de se laisser flotter, avant de rejoindre le sable blond pour savourer un jus de fruits frais. Pour le dîner, direction le restaurant principal, où les assiettes soignées sont à la hauteur des attentes. Et l’on apprécie le service, souriant et plein d’allant.

    Pour autant, le charme mélancolique est là, vous enveloppe autant que ces lianes qui drapent les murets

    Jour  3 - Panoramas uniques et cité perdue


    8h30 - La baie des Aiguilles, joyau sauvage de Príncipe

    Depuis l'hôtel, direction la Baia des Agulhas, la baie des Aiguilles. À bord d’une pirogue motorisée typique, on longe la côte sud-ouest. De la végétation luxuriante émergent, çà et là, des plages sauvages et désertes. Le capitaine pointe l’une d’elles, s’approche un peu. On aperçoit les vestiges d’une église dissimulés dans la jungle. Des parois volcaniques, des reliefs basaltiques, comme cette chaussée des géants… lilliputienne ! Puis surgissent ces pics qui dominent la baie, lui donnent son nom et son allure spectaculaire. Réputée pour ses eaux calmes et la richesse de ses fonds marins, elle offre un cadre idéal pour une halte baignade et snorkeling.

    • Des plages sauvages, et cette forêt, omniprésente © Pascale Missoud

      Des plages sauvages © Pascale Missoud


    13h - Check-in au Belo Monte 

    Au nord-est de l’île, nous rejoignons Belo Monte, perché sur une colline dominant l’océan. Cette ancienne plantation, récemment inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco avec cinq autres domaines, se découvre derrière une enceinte crénelée flanquée de deux tours. Dans le petit bureau qui tient lieu de réception, l’accueil est aussi chaleureux qu’attentionné. On est immédiatement séduit par les chambres et suites installées dans la maison de maître ; la nôtre, haute de plafond, parquetée, ornée d’un tableau contemporain, d’une céramique, ouvre sur deux minuscules balcons. Mais quelle vue ! Entre la forêt qui dévale les pentes jusqu’à la plage, l’une des plus belles du pays, et l’océan pour horizon.

    Belo Monte 
    15 clés, prix à partir de 638 euros
    Belo Monte Ilha do Príncipe, Santo António, São Tomé e Príncipe

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    • Une des chambres du Belo Monte © Príncipe Collection

      Une des chambres du Belo Monte © Príncipe Collection


    14h30 - Ribeira Izé, les vestiges d’un passé englouti par la jungle

    C’est probablement la plus émouvante des excursions, mêlant histoire, légende et ambiance Indiana Jones. Le sentier s’enfonce dans la forêt. On progresse lentement en direction de Ribeira Izé. C'est ici, au XVIe siècle, que s'établirent les premiers colons portugais. Un royaume depuis oublié, abandonné à la jungle. Peu à peu, le craquement des branches est couvert par le chant des vagues. Soudain apparaissent les ruines romantiques de la toute première église de l'île (celles-là même aperçues depuis la mer ce matin). Enlacés autant qu’emprisonnés dans les racines gloutonnes des fromagers, les murs tentent de résister. Un peu plus loin, les vestiges de maisons ont abandonné le combat. Pour autant, le charme mélancolique est là et vous enveloppe autant que les lianes qui drapent les murets. Juste à côté, le souffle rageur de la Bouche de l’Enfer, étroite cavité basaltique où les vagues s’engouffrent en grondant, confère au site une dimension irréelle.

    •  Les ruines de Ribeira Izé © Pascale Missoud

      Les ruines de Ribeira Izé © Pascale Missoud


    20h - Dîner sous les étoiles 

    La nuit est tombée. Nous rentrons au Belo Monte, accueilli par un concert de grenouilles. On s’installe sur la terrasse pour un dîner plutôt raffiné, servi par de jeunes employés appliqués, encore hésitants mais pleins de bonne volonté. Vraiment. Soupe de légumes bios de la roça, poulpe grillé et riz épicé et fondant au chocolat glace coco. Les saveurs sont bien présentes, l’assiette agréable à regarder. En contrebas, un jeune couple dîne aux chandelles. Douceur de la nuit.

    À coups de machette, ils dégagent les plantes qui les étouffent, puis cueillent les cabosses arrivées à maturité

    Jour 4 - Chocolat et sable noir


    9h - Sur la route du cacao 

    Après un petit déjeuner sur la terrasse, véritable farandole de douceurs sucrées et salées (pastéis de nata, confitures aux parfums tropicaux, salades et jus de fruits frais, fromages et œufs brouillés), nous prenons la route du cacao. Le cacao a longtemps été l’or du pays. Depuis l’indépendance, en 1975, la plupart des plantations ont été abandonnées. Sur Príncipe, rares sont celles qui ont su renaître. C’est le cas de Sundy, que nous visitons aujourd’hui. Sous une chaleur déjà bien installée, les travailleurs s’affairent parmi les cacaoyers éparpillés dans la forêt. À coups de machette, ils dégagent les plantes qui les étouffent, puis cueillent les cabosses arrivées à maturité.

    • La Cabosse de cacao © Pascale Missoud

      La cabosse de cacao © Pascale Missoud

    Une fois ouvertes, les fèves entourées d’une pulpe douceâtre sont extraites. Elles passent par la fermentation, le séchage sur des claies au soleil ou sous serres : un processus long et attentif pour préserver les arômes qui déjà se dégagent. Tri, torréfaction, concassage, broyage, conchage, tempérage : autant de gestes précis, toujours manuels, qui transforment peu à peu la fève en tablette de chocolat.

    • Le séchage des fèves © Pascale Missoud

      Le séchage des fèves © Pascale Missoud


    12h30 - Déjeuner local dans la capitale 

    Impossible de conseiller une adresse : ici, les restaurants peuvent disparaître du jour au lendemain. Mieux vaut se fier à votre guide, qui connaît les bonnes tables. Lors de notre passage, Rito & Rito était toujours là, charmant petit restaurant installé au bord de la rivière.  Une carte réduite pour une cuisine familiale et sans façon, entre porc grillé et poisson du jour, servie avec une vraie gentillesse, accompagnés d’une bière Rosema bien fraîche.

    15h - Les paysages spectaculaires de Nova Estrela

    Cap au sud. La piste s’enfonce à travers une végétation de plus en plus dense jusqu'au belvédère de Nova Estrela et son somptueux panorama, l’un des plus impressionnants de Príncipe. La forêt, encore et toujours, des falaises qui plongent dans l’océan et, au loin, la silhouette du Pico de Príncipe, drapé dans la brume. On redescend. En contrebas, le sable noir volcanique étincelle au soleil. On aperçoit une armée de pirogues, la plupart en résine, mais quelques-unes encore taillées dans le bois de baobab. France, notre infatigable guide, nous mène vers un pêcheur. Il a travaillé toute sa vie pour acheter ses trois pirogues, embaucher d’autres marins. Il part à 5h du matin pour ne rentrer qu’à 17h, voire le lendemain matin. Dans ses filets, poissons-volants, maquereaux et parfois des espadons de près de 300 kg. Un vrai remake du Vieil Homme et la Mer.  

    • Les pêcheurs d’Abade © Pascale Missoud

      Les pêcheurs d’Abade © Pascale Missoud


    18h30 - Quand le ciel s’embrase

    La nuit se dessine à peine. Alors, on suit ce sentier privé qui mène au belvédère. On a pris soin de commander son cocktail favori au bar de la piscine de l'hôtel, afin de contempler en toute sérénité le ciel incendiaire et d’écouter, entre deux silences, les vagues s’évanouir sur le sable.

    Soudain, la voilà, dégringolant les rochers du haut de ses 30 mètres pour se jeter dans une vasque naturelle aux reflets émeraude

    Jour 5 : Cascade et farniente

     

    9h30 - Randonnée jusqu'à la cascade d’Oquê Pipi 

    Chaussures de randonnée aux pieds, gourde bien remplie, pantalon léger et imperméable. Le ciel est changeant, et le temps vire rapidement. Après un trajet d’une vingtaine de minutes en jeep, un salut au gardien, on s'enfonce avec le guide au cœur du parc naturel. Dès les premiers pas sous la canopée, la température chute de quelques degrés, l'humidité grimpe en flèche. Il a plu durant la nuit. Le sol glisse, les pieds butent sur de grosses racines, de plus en plus nombreuses. Pas de grande difficulté pour ces trois heures de balade, mais gare aux chutes. On contourne des lianes, on s’y agrippe aussi volontiers. On traverse, à gué, de tout petits ruisseaux. On écoute les oiseaux : est-ce un souimanga de Príncipe ? Non, un perroquet gris, confirme notre guide. On prend le temps de regarder tout autour : des essences endémiques, drapées de mousses sombres où filtre une lumière tamisée. On l’entend, cette cascade. Bien avant de la voir. Soudain, la voilà, dégringolant les rochers du haut de ses 30 mètres pour se jeter dans une vasque naturelle aux reflets émeraude. Qui plongera le premier ? L’eau est vraiment glacée. Instant tant espéré. Ne reste plus qu’à s’en retourner, plutôt guilleret. 

    • La cascade d’Oquê Pipi © Pascale Missoud

      La cascade d’Oquê Pipi © Pascale Missoud


    13h - Check-in à Sundy Praia 

    Ultime changement de décor : nous posons nos valises à Sundy Praia, le joyau de Príncipe Collection et le seul hôtel du pays membre des Small Luxury Hotels of the World. Pour l’atteindre, on bénit le 4x4 qui vient à bout d’une piste difficile à travers la jungle. Entre forêt primaire et océan se cachent quinze villas aux allures de tentes, habillées de bois et coiffées d’une toile renforcée. Elles se fondent dans la végétation, comme si elles avaient toujours été là.

    • La suite du Sundy Praia © Príncipe Collection

      Suite au Sundy Praia © Príncipe Collection

    L'atmosphère est celle d’un campement aussi chic que contemporain version Out of Africa. Un grand lit à baldaquin, un coin salon confortable, une malle cabine qui déploie minibar et plateau de courtoisie et deux dressings. La salle de bains, cachée mais ouverte, dispose d’une élégante baignoire de granit, encadrée de deux espaces lavabo. La douche fermée contemple la nature et les toilettes sont séparées. Quelques touches d’artisanat local, climatisation et ventilateur, tout n’est qu’élégance et bon goût. Surtout, il y a cette terrasse qui plonge vers l’océan, mais préserve l’intimité par une abondante végétation. Les détails qu’on apprécie ? Le bâton de marche, le parapluie et les produits d’accueil bios.

    Sundy Praia 
    15 clés, prix à partir de 795 euros
    Praia Sundi, Roça Sundy, Santo António, São Tomé-et-Principe

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    • La salle de bain d’une suite du Sundy Praia © Príncipe Collection

      Salle de bains d’une suite du Sundy Praia © Príncipe Collection


    14h - Déjeuner sous les bambous

    Une charmante passerelle mène à la spectaculaire salle à manger, entièrement réalisée en bambou. Évoquant la silhouette d’une baleine, cette structure sculpturale culmine à 13 mètres de hauteur. Le déjeuner séduit par sa simplicité trompeuse : des produits frais, des assiettes délicatement dressées, malgré un choix assez restreint. Quant au service, sa gentillesse et son attention font vite oublier une certaine lenteur.

    • Le spectaculaire restaurant du Sundy Praia © Príncipe Collection

      Le spectaculaire restaurant du Sundy Praia © Príncipe Collection


    16h - Immersion sauvage 

    Aucune excursion prévue aujourd’hui, l’excuse idéale pour s’enivrer des lieux. Depuis notre suite, on serpente sur un petit sentier qui mène à la plage. On tombe en arrêt devant cette crique limpide, le sable blond parfait, cette quiétude qui rend même inutile une séance de yoga ! Protégée par cette forêt vierge impénétrable, on se prend pour Robinson Crusoë. Une poignée de transats, quelques fauteuils aussi pour philosopher en écoutant le clapotis des vagues. Seuls au monde ou presque. Oui, le temps est bien suspendu. Au retour, on ne résiste pas à quelques brasses dans la piscine à débordement. Un cocktail à la main, on s’installe au bar afin de prolonger l’instant.

    • Sundy Praia  © Príncipe Collection

      Sundy Praia  © Príncipe Collection


    20h - Dîner sous la canopée 

    À la nuit tombée, Sundy Praia s’illumine d’une myriade de lanternes et de bougies. On suit leurs lueurs, tel le Petit Poucet, jusqu’au restaurant. Ce soir, place au dîner du chef. À l’honneur, les produits de l’île, parfois modestes, toujours sublimés et délicatement présentés. Une note chocolatée vient souvent ponctuer le repas. N’est-on pas sur l’île cacao ?  En guise de musique, les bruits de la jungle, entre croassements et cris offusqués des singes qui ne parviennent pourtant pas à occulter le clapotis des vagues. 

    • Sundy Praia © Príncipe Collection
      Sundy Praia © Príncipe Collection
    Un pays douloureux dans son histoire, sublime dans ses paysages, attachant comme rarement

    Jour 6 : De Príncipe à São Tomé 

     

    9h - Ultime petit-déjeuner à Principe

    Dernier réveil dans cet îlot paradisiaque. On s'éveille au chant des oiseaux, un premier café sur la terrasse : oui, l’océan est bien là. Le petit-déjeuner est servi à table. Salade de fruits, viennoiseries, pain et confiture, jus de fruit tropicaux fraîchement pressés et expresso corsé à souhait sur demande. Un menu vient satisfaire les plus gros appétits : pain perdu, french toast, œufs brouillés ou Bénédicte. Le choix est sympathique.

    12h - Retour à São Tomé, sur les traces du passé colonial 

    Il est temps de rejoindre l’aéroport. Enregistrement et contrôles rapides, à l’ancienne, dans une ambiance un brin folklorique. On apprécie la salle d’attente climatisée avant de s’envoler pour São Tomé. Quarante minutes plus tard, nous retrouvons l’hôtel Omali. Puis, cap sur la capitale. En longeant l’océan vers le centre-ville, on découvre une enfilade de villas aux vérandas ombragées, héritées de l’époque Salazar. Construites pour les notables de l’administration coloniale, elles témoignent de cette architecture tropicale aux lignes sobres, caractéristique de l’Estado Novo.

    On passe devant le monument aux Découvertes : un obélisque blanc entouré des statues des navigateurs portugais associés à la découverte de l'archipel qui veillent sur le fort Saint Sébastien. Construit au XVIᵉ siècle pour défendre la colonie contre les attaques des corsaires, il abrite aujourd'hui le musée national. On s’enfonce dans la ville, guidés par le bruit. Autour du Mercado municipal, les taxis collectifs jaunes klaxonnent en quête de passagers, les motos, juste pour le plaisir. Sur la place s'empilent des montagnes de vêtements, comme autant d’étals improbables. Des braseros improvisés, des radios qui grésillent les dernières chansons à la mode. On s’interpelle, on danse même : un chahut bon enfant.

    L’agitation retombe devant la cathédrale néoclassique Notre Dame de Grâce. Non loin s'élèvent le palais présidentiel, l'ancien palais du gouverneur et plusieurs bâtiments administratifs aux façades délavées. Une décrépitude qui raconte en silence la pauvreté. On s’écarte un peu pour se rendre Centre culturel CACAU. Créé par l’un des plus célèbres Santoméens, le chef et artiste João Carlos Silva. Une galerie d’art, doublée d’un musée passionnant qui propose, généralement le jeudi, un dîner avec musique et danses locales : L’occasion de discuter avec des locaux qui apprécient l’endroit.

    • Découverte de la ville © Pascale Missoud

      Découverte de la ville © Pascale Missoud

     

    Jour 7 : Visite de Sao Tomé, du nord au sud

     

    7h30 - Le Nord, entre cacao et forêt primaire

    Direction le nord. Premier arrêt à Santo Amaro pour visiter une fabrique de chocolat réhabilitée par un Français, dans le respect des méthodes traditionnelles comme ces tiroirs de séchage sur rails. La circulation se raréfie, les maisons s’espacent. S’appauvrissent aussi. Voici Batepá, village tranquille où subsistent quelques maisons coloniales décaties ; c’est ici qu’eut lieu, en février 1953, l’un des épisodes les plus funestes de l’histoire du pays : le Massacre de Batepá, une répression coloniale sanglante, moment fondateur de l’indépendance. On prend de la hauteur pour rejoindre Monte Café. La touffeur du littoral cède le pas à une fraîcheur brumeuse. Fondée au XIXᵉ siècle, cette ancienne roça fut l’un des grands centres de production de café de l’archipel. Les installations, toujours en activité, se visitent. Détail amusant : à l’exception du temps de séchage, le procédé est le même que pour le cacao.

    C’est d’ici que vous aurez le plus de chances d’apercevoir, si les nuages ont fait grève, le Pico de São Tomé, point culminant du pays à 2 024 m. Son ascension exige une excellente condition physique et deux jours devant soi, bivouac compris. Plus tranquille, une halte à Morro Peixe, avec son petit musée consacré aux tortues. Sur la plage, des gamins surfent sur des planches parfois improbables, tandis que les pirogues en bois attendent le retour des pêcheurs. Une douce quiétude règne sur les lieux.

    • Profiter des vagues © Pascale Missoud

      Profiter des vagues © Pascale Missoud

    Autre spectacle, celui des lavandières venues faire leur lessive dans la rivière. À quelques kilomètres, Fernão Dias rappelle une fois encore Batepá : c’est ici que furent conduits de nombreux prisonniers lors du massacre. Contraste saisissant entre cette plage tranquille et ce mémorial portant les noms des victimes. Au bas de ces montagnes drapées de forêt qui dessinent l’horizon, la roça Agostinho Neto, probablement la plus impressionnante des plantations, image figée de ce que fut la florissante économie de São Tomé. Fondée à la fin du XIXᵉ siècle, la plantation conserve plusieurs bâtiments témoins de son histoire : l’imposante maison de maître, les anciens entrepôts, l’hôpital et les logements des travailleurs évoquent à la fois sa prospérité passée et le système colonial sur lequel elle reposait. Les murs décrépits, les couloirs abandonnés confèrent au lieu une force étonnante, une mélancolie déroutante. Des rires d’enfants ? Ici aussi, de nombreuses familles vivent dans les ruines. 

    11h30 - Le Sud : là où tout a commencé

    Les premiers kilomètres se font sur une route en bon état, mais plus on descend vers le sud, plus la piste devient chaotique. Passé Santana, les villages s’espacent, cédant la place aux panoramas, à la forêt et aux anciennes exploitations agricoles. Un sud de grandes rocas. S’il ne fallait en voir qu’une, ce serait celle d’Agua Izé, elle aussi classée par l’Unesco, toujours habitée par les descendants d’esclaves, abandonnés à leur sort comme ses bâtiments fatigués. On en repart silencieux, habités. 

    • La plantation d’Ague Izé © Pascale Missoud

      La plantation d’Ague Izé © Pascale Missoud

    12h30 - La roça de João Carlos Silva, entre art et cuisine

    On ne fait pas l’impasse sur São João dos Angolares. Son nom rappelle qu’ici s’installèrent des Angolais après les révoltes d’esclaves du XVIᵉ siècle. C’est surtout le terrain de jeu du plus célèbre Santoméen, João Carlos Silva, artiste, cuisinier et figure culturelle qui a transformé sa roça en guest house, galerie d’art et restaurant gastronomique, le seul du pays. Arrêt obligé pour admirer le panorama exceptionnel sur la baie de Santa Cruz.

    13h30 - Du Pico Cão Grande à l’Equateur,

    Enfin, le voilà, ce Pico Cão Grande dont tout le monde parle. Une impressionnante aiguille volcanique de 663 mètres qui jaillit de la forêt. À moins d’être un alpiniste chevronné, mieux vaut se contenter de le photographier, quand son sommet n’est pas auréolé de brume. Plus on descend vers le sud, plus la route se dégrade. Heureusement, les paysages qui défilent défient tous les superlatifs : la Bouche de l’Enfer, où les vagues se fracassent rageusement contre la roche, les criques sauvages, les montagnes volcaniques et cette végétation indomptée, omniprésente. Porto Alegre, terminus. C’est ici qu’on embarque pour l’Ilhéu das Rolas, l’îlot des Tourterelles qui, dit-on, peuplaient autrefois les lieux. Quinze minutes de traversée en pirogue motorisée suffisent pour atteindre ce confetti volcanique à la géographie singulière : un monument y matérialise l’équateur et permet d’avoir, littéralement, un pied dans l’hémisphère Nord et l’autre dans le Sud. Même si, selon certains, la véritable ligne équatoriale traverserait plutôt l’unique village de l’île. Une dernière baignade dans les eaux turquoise, puis il est temps de reprendre le chemin de la capitale, avec toute la route à refaire.

    19h30 - Juste un au-revoir

    Le vol est à 21h30, l’aéroport à trois minutes. Pourtant, difficile de quitter cette île. Le sentiment d’abandonner un pays que le tourisme n’a pas abîmé et, qui tient, en tout cas sur Príncipe, les grands complexes hôteliers à distance. Un pays douloureux dans son histoire, sublime dans ses paysages, attachant comme rarement.

    Mark Shuttleworth, le milliardaire qui veut préserver Príncipe

    Milliardaire et philanthrope sud-africain, Mark Shuttleworth est aussi l’un des premiers touristes spatiaux. Tombé sous le charme de Príncipe, il y a investi plus de 100 millions de dollars en quinze ans, avec une ambition : préserver l’île. Restauration des anciennes roças, protection de la forêt primaire, développement d’un tourisme à faible impact et soutien aux communautés locales : sa société HBD, pour Here Be Dragons (une expression autrefois utilisée sur les cartes pour désigner les territoires inexplorés), emploierait près de 80 % de la population active de l’île.

    Questions fréquentes
    Questions fréquentes: 
    Comment se rendre à São Tomé-et-Príncipe ?+
    Le moyen le plus rapide pour aller à São Tomé-et-Príncipe : les vols TAP qui transitent par Lisbonne en choisissant les moins longs : 11h40 depuis Paris. À partir de 1400 euros (www.flytap.com). Comptez 40 minutes avec Fly Gabon (https://www.flygabon.online/) pour rejoindre Príncipe (à partir de 217 euros).
    Faut-il un visa ?+
    Non. En revanche vous devez vous acquitter d’une taxe touristique sur chacune des deux îles principales : 25 euros à São Tomé et 10 euros à Príncipe, de préférence en espèce, le terminal de CB étant vacillant.
    Quelle est la monnaie locale ?+
    Le dobra (taux fixe : 1 euro pour 24,5 dobras). Mais la majorité des commerces acceptent les euros, tout en vous rendant la monnaie en dobras. Attention, hormis les hôtels (et il y en a très peu !), qui acceptent les paiements par CB et uniquement avec la Visa, les échanges se font en espèces. Et gare aux coupures d’électricité. Prévoyez de passer par un distributeur dès votre arrivée à São Tomé (à l’aéroport). Oubliez les changeurs de rue : arnaque assurée.
    Peut-on anticiper l’achat d’une e-sim pour téléphoner ?+
    Non, l’archipel possède ses propres cartes SIM non dématérialisées que l’on peut acheter dans un kiosque minuscule à la sortie de l’aéroport à São Tomé. Il ouvre à chaque atterrissage de vol international. Et l’on peut les recharger facilement dans les deux îles.
    Le pays est-il dangereux ?+
    Absolument pas ! São Tomé-et-Príncipe est un pays sûr, avec une criminalité relativement faible. Mais, comme partout, évitez de vous promener à la nuit tombée dans les faubourgs des capitales ou dans des sites très isolés : des précautions élémentaires.
    Peut-on louer une voiture et conduire soi-même ?+
    Tout à fait, à condition de s’y prendre à l’avance (l’offre est limitée), d’opter pour un 4X4 et, surtout sur l’île principale, de ne pas craindre les pistes très défoncées, surtout au sud de la capitale. Le mieux reste de choisir une voiture avec guide-chauffeur, francophone. À Príncipe, les hôtels du groupe Príncipe Collection, les nombreuses excursions (une incluse par jour) permettent de décider au dernier moment avec des chauffeurs guides qualifiés, anglophones. Un seul francophone à ce jour à Príncipe, France un garçon fabuleux.
    Quel est le niveau de vie local ?+
    On peut s’étonner des prix très élevés ( de la bouteille d’eau au repas même dans des bouis-bouis - pour un pays aussi pauvre. La raison ? une dépendance structurelle aux importations combinée à une insularité économique. Presque tout est acheminé par bateau ou avion.
    Quel budget prévoir ?+
    Aucune surprise en faisant appel à un tour operator – ils sont encore rares - comme Comptoir des Voyages ou Exclusif Voyages. Comptez à partir de 4500 euros les 15 jours/13 nuits pour un séjour haut de gamme (vols, ½ pension et excursions dans les hôtels Principe Collection).