Pauline Duvieu, Le jeudi 02 juillet 2026Notre avis sur Verneuil la Douce : quand l’hôtellerie se vit comme une œuvre d’art
Vue d’ensemble | Un manoir d’époque parfaitement conservé et lové dans un jardin
A une heure de Paris, dans le charmant village de Verneuil d'Avre et d'Iton, se cache un hôtel d'Ile-de-France pour le moins unique en son genre. Ouvert fin 2025, ce boutique-hôtel façon maison d'hôtes de charme proche de Paris est né d’une ambitieuse conviction : donner une nouvelle vie à l’ex hôtel Le Clos. Camille Omerin, propriétaire de Verneuil la Douce et tête pensante du projet, est tombée amoureuse du lieu et a vu en lui un potentiel artistique à exploiter. Passée par de grandes maisons de luxe et fondatrice de sa propre marque de vêtements (Maison Père, dont l’activité a aujourd’hui cessé), la jeune entrepreneure a déjà une belle expérience dans l’architecture d’intérieur, mais surtout un sens esthétique pointu.
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L’hôtel Verneuil la Douce © Dominique Silberstein
Si l’hôtel a complètement été métamorphosé, l’extérieur méritait d’être préservé. Cette bâtisse d’inspiration anglo-normande, dont la structure date de 1886, a gardé sa verrière, ses briques rouges, ses pierres et ses tourelles. Derrière les portes de la grille, les lignes tantôt courbes, tantôt droites de cette sublime demeure donnent le ton : celui d’un monde créatif foisonnant, où les formes dialoguent librement et où rien ne semble contraint par une stricte géométrie.
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La piscine de l’hôtel © Verneuil La Douce
En face de la maison principale, une dépendance abritant une partie des chambres. Tout autour, un vaste jardin arboré d’arbres centenaires qui dévoile, au fond de la parcelle et à l'abri des regards, une piscine lovée dans l’herbe. Placées le long des murs de l’abbaye, des ruches permettent à l’apiculteur du domaine de récolter du miel présent à la table du restaurant.
L’hôtel | Quand l’art et la poésie dialoguent avec l’hôtellerie
Une fois l’adresse tant convoitée trouvée, il ne manquait plus que de lui créer son propre univers. Pour concevoir une atmosphère léchée où l’œil vagabonde d’une composition à l’autre, Camille Omerin a fait appel à sept artistes - Céleste (María Fernanda Camarena et Gabriel Rosas Alemán), Ségolène Derudder, Ben Arpea, Margot Gillot, Alice Louradour, Hermentaire et Kimmy Quillin. Tous ont apprivoisé ce château hôtel en réalisant des fresques colorées et oniriques. Piscine intérieure, murs des chambres, plafond du salon… Chaque espace est une manifestation de la créativité de ces talents français et internationaux, une démarche qui s'inscrit dans la tendance des hôtels design où l'architecture, la décoration et les œuvres d'art participent pleinement à l'expérience du séjour.


Ségolène Derudder a ainsi magnifié les parties communes en s’inspirant de la mythologie grecque à travers une déclinaison des quatre saisons. De Perséphone à Hélios en passant par Héra, une longue histoire se raconte via les coups de pinceaux de l’artiste. Dans le salon sous la verrière, cœur battant de l’établissement, ces personnages fantasques se mêlent à du mobilier imaginé sur mesure d’après les esquisses de Camille Omerin. Les matières texturées et les tissus à bouclettes valorisent le bois précieux des meubles.
Un piano occupe le fond de la pièce, délicatement éclairé par la lumière traversant la verrière. Autour de lui, divers objets soigneusement sélectionnés reflètent l’attention particulière portée aux détails par la propriétaire. Les murs sont accompagnés de vers, prolongeant l’esprit poétique qui émane des pièces. Invitation à la contemplation, l’établissement évoque ces musées-hôtels où chaque espace devient une galerie vivante. La bande musicale a été savamment choisie, tout comme la signature olfactive développée spécialement pour l’hôtel, Cèdre Rose.
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© Dominique Silberstein
Structurée par neuf arches en briques et l'œuvre de l’artiste Kimmy Quillin, L’Orangerie accueille quant à elle une variété d'événements, des séminaires aux cours de pilates en passant par le ciné club. Un kid’s club est proposé aux familles, qui pourront aussi emmener leur compagnon à quatre pattes. Un programme saisonnier est aussi mis en place, avec des récitals de musique, des salons de conversation et des ateliers manuels. Une belle destination pour des vacances en famille différentes.
Les chambres | Délicats écrins aux salles de bains radieuses
Réparties entre le manoir principal et la dépendance, les 17 clés (les chambres Palette et les suites Rêverie jusqu’à 50 m2) se parent de teintes douces et de touches de couleurs chaudes. En harmonie avec le reste de l’hôtel, des fauteuils à bouclette sont disposés près du lit. Une fois installé dans ces sièges design, on peut confortablement admirer les vers de poésie inscrits sur les murs, et chaque détail à apprécier tout au long du séjour, comme des poignées de placard dorées en forme de silhouette humaine.


Notre coup de cœur ? Les salles de bains carrelées avec des vasques sculpturales en céramique blanche, dont les plis ondulés évoquent les mouvements délicats d’un coquillage ou les corolles d’une fleur. Encadré d’une succession de sphères vert sauge, le miroir se dresse comme un bijou mural.
La table | Bistronomie le midi, gastronomie le soir
Dessiné dans l’esprit du mobilier Napoléon III, chaque fauteuil du restaurant Patiné se distingue par son dossier en forme de lyre et son habillage en tissu confectionné par la Maison Thevenon. Autour, des cheminées en marbre et de grands miroirs dorés qui apportent de la profondeur à la salle à manger. C’est ici, ou sur la terrasse, que l’on se délecte des plats sophistiqués de Cyril Coutin, formé dans les cuisines de Bernard Loiseau et Gérard Vié. Au déjeuner, la bistronomie est louée tandis que le soir, les menus flirtent davantage avec la gastronomie. A noter que la table est ouverte à la clientèle extérieure.


Le chef imagine ses créations culinaires au fil des saisons, avec un accent sur le terroir normand et les touches végétales. Tout commence par un délicieux cocktail savamment dosé. La carte est ensuite apportée dans un coffret, un recueil de poésie qui cache un livre, comme La Collision de Paul Gasnier. A l’intérieur de l’ouvrage, le menu en 7 vers et les mets aux choix. Signature du chef, le nuage d'œuf mi-cuit et champignons fond littéralement en bouche. Le filet mignon de veau rôti est d’une tendreté folle et le risotti au gorgonzola marie le sucré salé grâce aux délicates poires en brunoise. Pour terminer, le plateau de fromages est issu des pâturages de l’Eure et du Perche et le dessert à la fraise vient ponctuer le repas sur une touche rafraîchissante.
Le spa | Une piscine d’hiver où se détendre en toute saison
Accompagnée par la marque Holidermie, la cabine de soin propose des massages complets, dont le soin du visage signature Portrait en mouvement et le rituel du corps La douce. Sous la verrière, entre la terrasse et le jardin, un sanctuaire propulse le bien-être dans un monde d’art. L’espace est orné d’œuvres d’Hermentaire et d’Alice Louradour, toujours dans cet esprit poétique et fantasque. Le spa de l'hôtel se compose d’une piscine d’hiver, d’un hammam, d’un sauna en bois et de transats.
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Le spa de l’hôtel © Dominique Silberstein
Ce que l’on a aimé à Verneuil la Douce :
- Un domaine à taille humaine où l’on prend le temps de se balader avant d’explorer les environs ;
- Le travail poétique des artistes qui fait de l’hôtel un établissement unique, et qui ne devrait pas tarder à disposer de 5 étoiles ;
- Une table gastronomique qui mérite elle aussi une distinction ;
- Les suites où l’on se sent aussitôt chez soi ;
- Le petit chat dorloté qui se promène dans les lieux et apaise aussitôt les clients.
Verneuil la Douce
17 clés, à partir de 276 euros la nuit.
98 Rue de la ferté, 27130 Verneuil d’Avre-et-d’Iton
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