Xavier Martinage, Le vendredi 27 février 2026Où manger un pain perdu gourmand à Paris ?
On le connaît sous le nom de pain perdu, voire de brioche perdue pour les plus gracieux, et même French Toast, son appellation anglophone qui s’est démocratisée. Tout le monde en a mangé au moins une fois dans sa vie. Et pour cause, le pain perdu n’est pas une création pâtissière à proprement parler. Dans l’Antiquité, les Romains semblent avoir été les précurseurs, lorsqu’ils trempaient du pain dans du lait et des œufs avant de le frire, selon les précisions du recueil culinaire d’Apicius. Au Moyen Age, la tradition s’est perpétuée, et cette fois, c’est le pain rassis que l’on trempait pour éviter de gaspiller.
En réalité, chacun a sa version, mais à l’heure où la lutte contre le gaspillage devient une obsession dans la gastronomie, ce dessert prend tout son sens. Ces dernières années, c’est une version plus riche et plus gourmande qui s’est démocratisée grâce à l’utilisation de la brioche à la place du pain. Revenue à la poêle, arrosée à souhait, agrémentée de topping, elle a trouvé à la carte des brunchs et petits-déjeuners. Le pain perdu a également attiré l’œil avisé des palaces où il est devenu un dessert incontournable, quitte à faire gonfler les prix comme n’importe quel autre dessert ! Valent-ils le coup ? Que nous proposent-ils ? Où trouver les meilleurs desserts gastronomiques ?
Tour d’horizon des meilleurs pains perdu de la capitale avec Yonder.
Le pain perdu de luxe du George V
C’est un des meilleurs de Paris, assurément. Mais également un des plus chers. A presque 50 euros, le pain perdu du George V est devenu une institution naturellement. S’il n’est pas le plus glorifiant à travailler pour l’équipe de Michael Bartocetti, ce dessert est pourtant la meilleure vente de La Galerie depuis des mois à l’heure du petit-déj’ ou du goûter. Madeleine de Proust pour les Français, le pain perdu « George V » a été pris d’affection par la clientèle touristique. Et peu importe si son prix augmente, il séduit toujours autant !
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© Four Seasons George V
Dans l’assiette, deux disques dodus de brioche, imbibés dans le lait de poule, joliment caramélisés à la poêle avant d’être passés au four. Une touche de sirop d’érable et des fruits de saison pour accompagner. Classique, traditionnel même (hormis la brioche), mais diaboliquement savoureux et efficace. Vaut-il le détour ? Toujours !
Four Seasons George V
31 avenue George V, Paris 8e
Le Pain Perdu « George V », prix 47 euros
Comme un dessert à l’assiette : le pain perdu du Peninsula
A quelques encablures du George V, poursuivons notre tournée des meilleurs pains perdus de Paris en faisant escale au Peninsula Paris. Cheffe pâtissière désormais mondialement reconnue, Anne Coruble s’amuse avec cet élément en le dressant tel un dessert à l’assiette. Le contenu reste simple : une belle tranche de brioche, toutefois toastée au four pour lui apporter une once de croustillant, et imbibée de vanille ainsi que de fleur d’oranger. Nul besoin d’ajouter trop de sucre, la vanille prend le relais, d’autant que cette brioche perdue est servie avec des pointes de crémeux à la noisette et de noisettes torréfiées. Malgré les 45 euros sur l’ardoise, la création séduit chaque jour. Rien qu’en deux semaines l’été dernier, Anne Coruble en a réalisé plus de 700. Prêt pour un petit-déjeuner de compétition ?
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© The Peninsula Paris
The Peninsula Paris
19 avenue Kléber, Paris 16e
Le Pain perdu, prix 45 euros
jusqu'à -25% sur cet hôtel avec le Club Yonder
Maxence Barbot reprend la main sur son pain perdu au Bristol
Si les chefs se sont succédé depuis une vingtaine d’années, on doit la recette originelle du pain perdu à Laurent Jeannin. Mais depuis son arrivée dans le célèbre palace il y a quelques mois, Maxence Barbot a mis sa pâte sur cette recette. Exit les fruits dans un premier temps. Exit aussi la brioche, qu’il a remplacée par une sorte de gâche. Elle aussi toastée, elle est imbibée d’un mélange réalisé à partir de lait, de crème, de sucre et d’œuf. Le caramel, déglacé au beurre, apporte une certaine rondeur, avant que la gâche ne soit de nouveau toastée et passée au four. En revanche, le chef pâtissier a conservé le pochoir du « B » en son cœur, empreinte caractéristique du Bristol évidemment, mais aussi pour buonissimo !
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© Le Bristol Paris
Le Bristol Paris
112 rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris 18e
Le Pain perdu, prix 35 euros
Le pain perdu : une tradition chez Ladurée
Ladurée, maître du pain perdu ? En tout cas, on l’affectionne tout particulièrement du côté des Champs-Elysées. Sous la houlette de Julien Alvarez, pas moins de trois versions sont proposées de façon permanente. Le plus classique ? Celui au sirop d’érable et à la chantilly. Notre préféré ? Un des plus simples sans doute, un des plus affriolants, assurément : celui au caramel. Cette tranche de brioche surmontée d’une boule de glace à la vanille, de caramel coulant et morceaux de macarons au caramel… un régal ! Enfin, les amoureux de la rose ne résisteront pas à la version Ispahan qui ne sied évidemment pas à tout le monde.
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© Ladurée Champs-Elysées
Et pour les aficionados, Ladurée innove, se renouvelle sans cesse avec des versions éphémères. A Pâques, le chocolat, la vanille et la noisette se rencontrent pour un rendu mirifique.
Ladurée Champs-Elysées
75 avenue des Champs-Élysées, Paris 8e
Le Pain perdu, prix 19 euros
Le charme de la discrétion au Meurice
Cédric Grolet en a fait un trompe-l’œil, disponible d’ailleurs à la pâtisserie iconique au Meurice. Mais ne nous trompons pas. Le meilleur reste celui à l’assiette. Beaucoup plus discret que son compère, le pain perdu de la maison se délecte au petit-déjeuner devant les miroirs et sous les chandeliers en cristal du restaurant gastronomique Le Dali. Sur commande uniquement - comme les crêpes, les gaufres ou les pancakes - cette douceur sucrée met en scène là encore une très belle tranche de brioche fortement imbibée. Ni caramel, ni fruits au Meurice, mais une portion abondante de crème légère à venir tartiner dessus. La brioche se déguste tel un nuage de plus en plus enivrant. De quoi débuter avec faste le premier repas de la journée.
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© Le Meurice
Le Meurice
228 rue de Rivoli, Paris 1er
Le Pain perdu, prix 33 euros (uniquement sur demande lors du petit déjeuner)
La brioche perdue de Coutume café
Chez Coutume, on est plutôt torréfacteur. Mais dans ce coffee shop du 7e arrondissement, là où tout a commencé, on fait aussi un brunch toute la semaine. A côté des célèbres pancakes, bowls et toasts, on se prend à céder devant la brioche perdue créée spécifiquement pour les lieux. Pas de café, mais des noix de pécan caramélisées, une crème montée et une bonne dose de sirop d’érable. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?
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© Coutume café
Coutume café
47 rue de Babylone, Paris 7e
La Brioche perdue, prix 9 euros (version XL à partager à 13 euros)
Le Pain retrouvé de Frappe
On frappe à la porte d’une des boulangeries les plus cools de Paris pour goûter à la version la plus simple de notre sélection, mais pas forcément la moins bonne ! Passé dans un bain classique de lait et d’œuf, le pain retrouvé de la boulangerie Frappe est ensuite doré à la poêle avant de prendre place aux côtés des autres viennoiseries dans la vitrine. Libre à vous ensuite de le déguster avec une dose de crème, de confiture, de chocolat ou de praliné. Au moins, cela vous laisse le choix !
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© Frappe boulangerie
Frappe boulangerie
7 rue Sedaine, Paris 11e et 69 boulevard Voltaire, Paris 11e
Le Pain retrouvé, prix 2,40 euros
Gourmandise XXL au bar à brioches
La spécialité du Bar à brioches (BAB) ? La brioche, comme son nom l’indique. Sous toutes ses formes, salée, sucrée, toastée, twistée. Mais comment concevoir un BAB sans proposer de pain perdu ? Sa fondatrice, Margaux, a décidé d’utiliser une babka pour rendre hommage à ce dessert parfois déprécié. Là encore, une babka, généreusement imbibée, recouverte d’une copieuse couche de caramel et de noisettes caramélisées, réchauffée avant dégustation. Un dessert vendu pour une personne, mais en réalité pour deux, qui possède un gros avantage : être dégusté sur le pouce (sans s’en mettre plein les doigts). On recommande fortement !
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Babka perdue nappée de caramel au beurre salé © BAB
Le BAB (Bar à brioches)
8 rue La Boétie, Paris 8e/ 29 rue Bleue, Paris 9e
La Babka perdue au caramel, prix 5 euros



