Florence ValencourtFlorence Valencourt, Le mercredi 21 octobre 2026
Restaurants

Notre avis sur Le Petit Brochant, la brasserie d'un ex-Top Chef aux Batignolles

Dans le 17e arrondissement de Paris, Jean-Baptiste Ascione, ancien candidat de Top Chef, reprend avec son associé Mendel Uzzan une adresse emblématique du quartier pour y installer une brasserie contemporaine, entre classiques français, assiettes inventives et plaisirs du partage. Un pari ambitieux qui ne manque pas d'arguments. À suivre.
  • Notre avis sur Le Petit Brochant, le pari d'une brasserie de chef aux Batignolles © Delphine Constantini
    Notre avis sur Le Petit Brochant, le pari d'une brasserie de chef aux Batignolles © Delphine Constantini
À l'extérieur, la jolie terrasse d'angle prolonge agréablement les derniers beaux jours de l'été indien

Le lieu | Une nouvelle ère pour un ancien repaire

Les habitués des Batignolles se souviennent du BLOC, cette grande adresse d'angle à l'ambiance volontiers nocturne, bien ancrée dans la vie du quartier. Lui succéder n'avait rien d'évident. C'est pourtant le défi qu'ont choisi de relever Jean-Baptiste Ascione et Mendel Uzzan en ouvrant, à l'été 2026, Le Petit Brochant, une brasserie de chef qui entend renouer avec les fondamentaux de la cuisine française, tout en cultivant un véritable esprit de quartier et de liberté.

  • Jean-Baptiste Ascione et Mendel Uzzan au Petit Brochant © Delphine Constantini

    Jean-Baptiste Ascione et Mendel Uzzan © Delphine Constantini

Révélé au grand public par Top Chef, Jean-Baptiste Ascione n'en est pas à son coup d'essai. Passé notamment par Le Prince de Galles, La Grande Cascade et Braisenville, il avait déjà fait parler de lui avec le restaurant du 17e Le Petit Gris, puis Faby, son bar à vins. Pour cette nouvelle aventure, il s'est associé à Mendel Uzzan, ami de longue date rencontré sur les bancs de l'école hôtelière. Ensemble, ils voient grand : une brasserie ouverte toute la journée où l'on vient autant pour déjeuner que pour prendre un verre, partager quelques assiettes ou s'attarder autour d'un dîner romantique ou de copains.

  • Le Petit Brochant, nouvelle brasserie aux Batignolles © Delphine Constantini
  • Le Petit Brochant, nouvelle brasserie aux Batignolles © Delphine Constantini

 

Le décor, confié à Jean-Vianney Dewailly, du studio Matériaux Authentiques, joue la carte d'une certaine élégance à l'ancienne. Les grandes baies vitrées ont été conservées, laissant entrer généreusement la lumière. Boiseries chinées, marbre vert, luminaires anciens et imposant comptoir forment un ensemble plein de caractère, même si la configuration un peu biscornue des lieux ne rend pas les choses des plus aisées. À l'extérieur, la jolie terrasse d'angle prolonge agréablement les derniers beaux jours de l'été indien. Reste à voir comment cette grande maison trouvera son rythme lorsque les températures inviteront à se réfugier à l'intérieur.

La carte est généreuse, parfois ambitieuse, avec ce qu'il faut de canaille pour réveiller les appétits

Dans l'assiette | Les classiques ont du répondant (le plus souvent)

Jean-Baptiste Ascione connaît ses gammes et ne cherche pas à réinventer la brasserie. Il préfère en bousculer gentiment les codes entre beaux produits, classiques bien troussés et quelques libertés de chef. La carte est généreuse, parfois ambitieuse, avec ce qu'il faut de canaille pour réveiller les appétits.

  • Les coques du Petit Brochant © Delphine Constantini

    Les coques du Petit Brochant © Delphine Constantini

Les poireaux vinaigrette, mimosa et œufs de truite ouvrent le bal sans démériter, malgré une sauce pas assez réduite ce jour-là. Nettement plus convaincante, la tartelette avocat-crevette conjugue fraîcheur et croustillant avec une belle précision. Côté fruits de mer, les coquillages marinière, des coques en l'occurrence, font mouche dans leur plus simple appareil, mais avec pas mal de personnalité. Le tartare de veau, anguille fumée et vieux parmesan, lové dans une brioche dont les condiments coiffent le dessus, surprend et amuse par sa présentation, mais le pain prend vite trop le pas sur la viande. Dommage, même pour une entrée.

  • La pavlova du Petit Brochant © Delphine Constantini

    La pavlova du Petit Brochant © Delphine Constantini

Le maigre de ligne maturé, lui, ne souffre aucune réserve : cuisson impeccable, chair délicate, justesse des saveurs. Et les garnitures ne jouent pas les figurantes, à commencer par des frites maison, absolument fatales ! En dessert, la pavlova fraise et shiso rouge apporte une touche d'originalité bienvenue, sans sacrifier la gourmandise qu'on attend.

Reste à explorer la veine plus canaille de la maison, celle que le chef affectionne particulièrement : ris de veau, caille en crapaudine, volaille fermière cuite au foin ou épaule d'agneau confite huit heures. De quoi donner envie de revenir aux premiers frimas. D'autant que Jean-Baptiste Ascione, aussi sympathique que professionnel, affiche de sérieuses ambitions pour cette grande maison, également en lice pour les TheFork Awards 2026.

Basile, directeur de salle et sommelier, connaît ses flacons et sait les défendre

Une cave qui a de la bouteille, des prix qui se tiennent moins tranquilles

Belle surprise du côté des vins, avec une sélection d'une soixantaine de références et de nombreuses propositions au verre. Basile, directeur de salle et sommelier, connaît ses flacons et sait les défendre sans en faire trop. Le comptoir prend alors tout son sens : quelques verres bien choisis, des assiettes bien troussées à picorer et voilà un apéritif qui peut facilement se prolonger.

  • Le Petit Brochant, nouvelle adresse dans le 17e arrondissement de Paris © Delphine Constantini

    Le Petit Brochant, bistrot des Batignolles © Delphine Constantini

Côté addition, en revanche, Le Petit Brochant ne joue pas vraiment la carte du bistrot de quartier bon marché. Les entrées flirtent avec les 20 euros, les plats dépassent volontiers les 30, et l'addition grimpe vite. Les Batignolles ont certes les moyens, mais leurs habitués savent aussi compter. Heureusement, la formule déjeuner remet un peu les pendules à l'heure : 29 euros pour deux services, 34 euros pour trois. Une proposition bien calibrée pour les déjeuners d'affaires, et une bonne manière de prendre la mesure de la cuisine du chef, sans faire exploser le budget.

Ce qu'il faut retenir

Une bonne adresse de quartier, encore en rodage sur certains détails, mais qui possède de solides arguments : un chef qui sait cuisiner, une cave bien pensée et quelques assiettes qui font franchement plaisir. On y reviendra volontiers cet automne, pour voir ce que la maison a dans le ventre lorsque les plats canailles prendront le dessus sur les appétits d'été. 

Pratique

Le Petit Brochant
21, rue Brochant, Paris 17e
Ouvert 7 jours sur 7, midi et soir