Éléonore Bounhiol, Le mardi 25 août 2026Momoamo en Sologne : enfin un séminaire où l’on a envie d’aller
Le pitch |Le nouvel art du séminaire
Et si le séminaire devenait enfin désirable ? Avec Momoamo, l’agence Kymono signe un premier lieu hybride, à mi-chemin entre maison d'hôtes proche de Paris ultra-design, hôtel design et laboratoire d’expériences collectives. Un domaine privatisable à une heure de Paris où l’on vient autant brainstormer que cuisiner, faire du sport, célébrer et déconnecter. Le tout, dans un décor sur-mesure qui fait son petit effet. Un concept en passe de devenir la nouvelle norme du séjour offsite ?
Vue d’ensemble | Le séminaire d’entreprise sort du cadre
À l’origine de Momoamo, un constat. Depuis près de dix ans, l’agence Kymono, fondée par le serial entrepreneur Olivier Ramel, accompagne entreprises et marques notamment dans l'aménagement et l'événementiel. À force d’organiser séminaires aux quatre coins du monde (surtout après le Covid) une évidence s’impose : les lieux ne sont plus adaptés. Trop formatés pour les hôtels, trop limités pour les maisons privées et villas à louer… Il remarque qu'il est de plus en plus difficile de trouver des espaces à la fois beaux, fonctionnels et adaptés à des groupes de 30 à 50 personnes. Avec Momoamo, l’entreprise a tout simplement décidé de combler le manque. L’idée : dessiner les contours d’une nouvelle hospitalité B2B grâce à une collection de lieux design pensés pour les groupes, sans jamais sacrifier l’expérience ni l’intimité.
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Thibaut Picard et Oliver Ramel © Didier Delmas
Le premier opus a ouvert en mars 2026 en Sologne, à moins de deux heures de Paris (en train ou en voiture). Le cadre ? Un domaine en pleine campagne, 90 hectares de forêt, encadrant un château du XIXe siècle laissé à l’abandon depuis près de 30 ans. Ce dernier nécessitant des travaux (très) conséquents, Momoamo a pris ses quartiers dans les dépendances. Elles ont été entièrement rénovées par l’architecte Thibaut Picard, rompu aux projets hospitaliers comme résidentiels.
Momoamo se positionne justement entre les deux catégories. Avec ses 20 clés, le domaine peut accueillir jusqu'à 50 personnes - une taille critique souvent difficile à loger aujourd’hui - en combinant le confort d’un hôtel de niveau 4 étoiles, la chaleur d’une maison de campagne et la liberté d’un lieu entièrement privatisé. Avec, en prime, une partition d’activités et d’animations enjouée, pour que le séjour séminaire n’ait rien de rigide.
Les chambres sont réparties entre deux bâtisses, tandis qu’une troisième abrite les espaces communs : salle à manger, cuisine, espaces de travail cosy, salle plénière qui se transforme à l’envi en studio de yoga ou de danse, un bar (superbe) et même une mini discothèque façon speakeasy avec karaoké. Les extérieurs accueillent quant à eux une piscine chauffée, un sauna et un bain froid, une salle de sport installée dans une grange et, près du château, un terrain de padel, un mini-golf et un terrain de tennis.
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Salle à manger © Didier Delmas
À l’intérieur, le décor signé Thibaut Picard offre une mise en scène magnétique. Couleurs franches, angles travaillés, matières texturées, moquettes graphiques, luminaires d’éditeur savamment disséminés, pièces chinées et meubles dessinés sur mesure… Le goût est sûr, comme tout droit sorti des pages d’un magazine déco, mais l’ensemble se laisse approprier presque instinctivement. C’est que le lieu, dynamique, invite à s’installer et à bouger les lignes sans crainte ! Et puis, il y a la nature tout autour : pour passer d’un bâtiment à l’autre, on traverse la forêt, on longe un ruisseau, on emprunte un petit pont ou on coupe à travers les prés... Et cette respiration donne au séjour un léger parfum d’évasion.
Côté équipements, tout est bien entendu étudié pour travailler sans accroc : wi-fi solide, systèmes de connectivité à la pointe et enceintes bluetooth de compétition… Le vrai plus ? Quand elle n’est pas utilisée, la technologie se fait très discrète, pour interfére avec la décoration.
Comment fonctionne Momoama ? A qui cela s'adresse ?
Pas de réception, pas vraiment de check-in classique ; Momoamo n’est pas un hôtel. Le lieu a été pensé pour accueillir des formats collectifs très différents : séminaires et comités de direction, retraites stratégiques, lancements de marque, voyages de presse ou événements d’influence, mais aussi séjours autour du bien-être, du sport, de l’art ou de l’entrepreneuriat. Quelques événements privés peuvent également y être organisés.
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Momoamo en Sologne : « lieu total » © Didier Delmas
Le modèle repose sur la privatisation totale du lieu : les groupes sont en immersion complète. On arrive, on récupère les clés et on apprivoise chaque recoin, comme à la maison. Côté expérience, tout est modulable. Les clients peuvent choisir d’être accompagnés par Kymono pour la stratégie, la programmation et les activités ou bien être en autonomie totale, grâce aux nombreux équipements et espaces disponibles sur place.
Comment sont les chambres ?
Les 20 chambres ont été intégrées dans les bâtiments d’origine avec créativité : certaines sont plus compactes mais néanmoins confortables, tandis que les master flirtent avec la suite hôtelière. Toutes sont « twinables » (les sommiers se séparent, pour y séjourner à deux mais éviter de dormir dans le même lit que Jean-Michel de la compta) et dotées de salles de bains indépendantes et de rangements. Il y a également deux dortoirs de 4 lits pour loger les inséparables. Et afin d’éviter les frustrations (un vrai sujet en séminaire), chaque chambre possède sa petite particularité, son petit charme : poutres apparentes, fenêtres mansardées, couleurs signatures ou salles de bains secrètes cachées derrière des miroirs... Mais l’idée du séjour, c’est d’y passer finalement le moins de temps possible.
L’offre food et les activités
Même liberté à table. Les groupes peuvent choisir de cuisiner eux-mêmes : les courses sont livrées sur place, la cuisine est entièrement équipée et un carnet de recettes imaginé par une cheffe permet de se lancer sans trop réfléchir. Pour les autres repas, ou lorsqu’on veut passer à table sans s’occuper de rien, le choix va du traiteur au chef privé sur place, avec ou sans service. Les petits détails qui font la différence ? De l’eau plate, pétillante ou chauffée directement au robinet grâce à un mitigeur Quooker et de grandes tablées pensées pour durer… et même pour danser dessus.
Les activités se pratiquent pour la plupart en autonomie, en profitant des équipements du domaine et de ses 90 hectares. Padel, tennis, mini-golf ou football côté sport ; marche, course, vélo et jeux de piste dans la forêt ; piscine et parc pour les temps plus calmes. Le domaine dispose aussi d’un karaoké et d’un boulodrome tandis que brasero, barbecue ou cinéma en plein air peuvent être organisés par les groupes eux-mêmes aux beaux jours.
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Détente au bord de la piscine © Momoamo
En option, l’agence Kymono propose un accompagnement sur mesure pour pousser l’expérience encore plus loin, avec un programme d’activités guidées, de soirées scénarisées, des interventions de profils pointus : sommelier, mixologue, DJ, coach sportif ou spirituel, cours de yoga, pilates, hip-hop, bain sonore… Chaque programme est cousu main, en fonction des envies et de l’énergie du groupe.
Ce qu’on a aimé chez Momoamo :
- Le sens du détail : objets, circulation, modularité… Rien n’est laissé au hasard, rien n’est figé non plus ;
- L'autonomie : peu de staff visible (hormis les prestataires extérieurs, bookés selon la formule, seul un couple de gardiens réside dans une maison adjacente) ;
- L’expérience de travailler autrement : les espaces stimulent la productivité mais le travail est loin d’être omniprésent (et donc oppressant) ;
- La nature omniprésente, un vrai plus pour respirer et pour déconnecter (on nous a murmuré que deux ânes viendront bientôt paître sur le terrain…)
Momoamo - Sologne
20 clés, capacité de 15 à 50 personnes en privatisation totale
Entre 200 et 400 euros par nuit par personne
Services à la carte (chef, activités, accompagnement)
Site officiel de l’établissement
Le fondateur de Momoamo, Olivier Ramel, ne compte pas s’arrêter là et ambitionne de créer une collection de 30 à 40 lieux dans les prochaines années, toujours proches des grandes villes et avec la même exigence de design immersif. Les deux prochains sont déjà en cours de préparation : ils se situeront eux aussi à environ 1h30 de Paris.









