Christine Robalo, Le jeudi 23 juillet 2026Les meilleurs glaciers de Paris : où manger les meilleures glaces artisanales ?
Où manger une bonne glace à Paris ? Si vous n'avez pas pu vous rafraichir dans l'une des piscines des plus beaux hôtels de Paris, place au caprice gourmand. Dénicher les meilleurs glaciers de Paris peut ressembler à un parcours du combattant, émaillé de désillusions industrielles. Trop de matière soufflée, d'arômes criards ou de glucose cachent bien souvent la misère d'ingrédients médiocres. Heureusement, une poignée d'artisans et de restaurateurs s'obstinent à redonner ses lettres de noblesse au flacon givré, travaillant la matière brute à la manière de parfumeurs ou de grands pâtissiers. On vient chercher chez eux la pureté d'une gousse rare, la vivacité d'un fruit cueilli à point nommé, ou l'audace d'un accord qui bouscule en douceur les habitudes du palais. Un petit plaisir à déguster sur les plus belles terrasses de Paris.
1. Glaster | L'un des meilleurs glaciers de Paris se trouve dans le 19e
C’est une adresse au charme immédiat sur les hauteurs de Belleville, dans le 19e arrondissement. À sa tête, Marc Flaster, fondu de glace depuis trente ans, s'est s'associé avec sa fille pour donner vie à cette discrète échoppe jaune acidulée. À une époque où le marketing l'emporte trop souvent sur la cuve, leur démarche force le respect : ici, on turbine à l'ancienne, sans colorants ni conservateurs, et la production, encore limitée, impose une ouverture restreinte au week-end. Un gage de rigueur qui ne trompe pas la clientèle du quartier, déjà fidèle au rendez-vous.
La carte, volontairement courte, privilégie la clarté des saveurs. Le sorbet à la menthe verte surprend agréablement : loin des teintes fluorescentes de l'industrie, il affiche une pâleur d'une grande honnêteté et restitue avec une belle vivacité le goût de la feuille fraîche. Associé au sorbet citron, il compose un duo désaltérant fort bien vu. Pour les amateurs de rondeur, les propositions plus riches comme le lait compotée de figues ou la stracciatella choco-menthe tiennent leur promesse de gourmandise sans saturer le palais. Mais la véritable signature du lieu se joue sous nos yeux : une pâte maison coulée dans un gaufrier, cuite quarante-cinq secondes et façonnée à chaud pour offrir un cornet minute d'un croustillant remarquable. Que les adeptes du petit pot ou des granités se rassurent : la conscience verte s'invite aussi dans la dégustation grâce à un système de contenants en plastique astucieusement consignés.
Le verdict : Une échoppe habitée par un véritable esprit de famille qui redynamise le Nord-Est parisien. Si la production confidentielle limite pour l'instant l'accès aux seuls jours de fin de semaine, la sincérité des parfums et la tiédeur de ce cornet façonné à la minute justifient amplement de programmer sa balade dominicale dans les hauteurs du 19e. Une adresse d'utilité publique.
Les prix : 4,50 euros le cornet
Glaster
66, rue de la Villette, Paris 19e
Site officiel de l’établissement
2. Enzo & Lili | Le petit-fils de Berthillon ouvre son propre glacier à Paris
S’extirper de l’ombre d’un monument de la haute « glastronomie » parisienne demande autant de courage que de talent. Lionel Chauvin, petit-fils du légendaire Raymond Berthillon, a relevé le défi en quittant le giron familial de l'Île Saint-Louis pour tracer sa propre voie dans le 16e arrondissement. Installée depuis 2021 dans le calme d’une ancienne boulangerie, son échoppe (baptisée du nom de ses enfants) s'impose comme un laboratoire d'expérimentations jubilatoire, loin des sentiers battus de la rive droite.
Ici, l’artisan s’affranchit de tous les codes traditionnels de la présentation : point de cornet ni de vente à la boule, la dégustation s'effectue exclusivement au pot. Un choix technique qui s'explique par la densité remarquable de ses crèmes, très peu foisonnées (comprendre : sans air injecté inutilement) et par une charte d'une rigueur absolue. L’étiquette se veut d’une sobriété exemplaire : pas de stabilisants, pas de conservateurs, pas de colorants, ni le moindre gramme de glucose ou de fructose industriels.
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Enzo & Lili, héritage et génie créatif des glaces parisiennes © DR
Sur cette base d’une grande pureté, le chef affirme en cette saison une vision résolument libre et contemporaine en plaçant la glace salée au cœur de son manifeste créatif. Si les puristes y trouvent d'impeccables classiques comme le Caramel au beurre salé ou l’Ananas basilic qui fait voyager, les nouveautés bousculent le palais avec une technicité remarquable. On se surprend à savourer l'accord de la douceur d'une vanille révélée par la puissance minérale du caviar, ou l'iode d'une huître givrée sublimée par une glace fine et poivrée. L'oursin glacé s'impose comme une signature forte, mariant mer, umami et texture crémeuse, tandis que l'œuf mayonnaise s'encanaille d'une pointe d'épices et de moutarde.
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Enzo et Lily
Le verdict : Une adresse remarquable qui prouve que l'on peut honorer son héritage tout en le bousculant avec génie. La texture des glaces, d'une densité rare en bouche, met magnifiquement en valeur la netteté des saveurs.
Les prix : À partir de 5 euros le pot de 0,25 l
Enzo & Lili
2, rue Auguste Maquet, Paris 16e
Site officiel de l’établissement
3. Folderol | Le glacier parisien qui marie glaces artisanales et vins nature
En décembre 2020, alors que Paris vit au rythme des incertitudes de la pandémie, Jessica Yang et Robert Compagnon, le couple à la tête du restaurant dans le 11e Le Rigmarole, imaginent un lieu hybride, à la fois glacier artisanal et caviste de vins nature. L'idée de départ ? Un refuge convivial, inspiré de leur propre quotidien de parents, où les adultes trinquent pendant que les enfants savourent des parfums inscrits sur le grand miroir de l’entrée. Un concept est devenu tellement populaire que les trottoirs de la rue du Grand-Prieuré ne désemplissent plus, attirant esthètes du goût et curieux venus capturer l'instant pour leurs réseaux sociaux.
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Les glaces Folderol accompagnées d’un verre de vin © DR
En coulisses, le parcours des deux fondateurs force le respect : formés auprès de Guy Savoy, passés par le Jules Verne et de prestigieuses tables new-yorkaises, ils appliquent à la turbine la rigueur de la haute gastronomie. Jessica Yang insuffle sa sensibilité pâtissière à des crèmes et sorbets d'une justesse remarquable, travaillés à partir de fruits frais sourcés avec soin. La carte change au gré des humeurs et des saisons, jonglant avec des créations florales comme le sorbet pomelo-jasmin, une menthe choc’ chips d'une rare élégance, ou des associations plus audacieuses à l'instar du maekjeolli (alcool de riz), du parmesan ou de l'huile d'olive. Le tout se déguste dans des coupes vintage dénichées aux puces ou se love dans un étonnant cornet de soja au sucre rapadura. Et pour ceux qui s'y sentiraient trop à l'étroit, une seconde ambassade a vu le jour rue Faidherbe, à l'autre bout de l'arrondissement.
Le verdict : Le spot le plus branché de la capitale, et pour cause : l'association d'un blanc nature bien tendu et d'un sorbet d'auteur est une idée de génie.
Les prix : 5 euros la coupe.
Folderol
10, rue du Grand Prieuré, Paris 11e
40, rue Faidherbe, Paris 11e
Site officiel de l’établissement
4. À la Mère de Famille | Les esquimaux qui font fondre Paris
Quand la plus ancienne chocolaterie de la capitale s'attaque au domaine du givré, elle le fait avec le sérieux et la rigueur qui ont bâti sa réputation bicentenaire. Loin de confier sa production à des tiers, la maison élabore l'intégralité de sa gamme, forte de plus de trente recettes, dans son propre atelier en Touraine, sous l'œil exigeant d'un chef glacier Meilleur Ouvrier de France et Champion du Monde. Le credo y est limpide et sans concession : aucun colorant, aucun arôme artificiel, ni aucun conservateur pour laisser s'exprimer la pureté du goût. Si la palette de pots et de sorbets classiques ou exotiques (sésame noir, ananas, noix de coco) est d'une très belle facture, ce sont les esquimaux maison qui s'imposent depuis plus de quinze ans comme les véritables icônes de la saison chaude. Façonnés à la main, ils profitent d'une synergie parfaite avec la chocolaterie qui fournit une réserve inépuisable de textures et de gourmandises. L’esquimau vanille-pépites de praliné offre ainsi une attaque remarquablement crémeuse, bousculée par des éclats de praliné pleins de relief sous une couverture de chocolat noir au claquant impeccable. Pour ceux qui cherchent une alternative végétale tout aussi percutante, la déclinaison au lait d’amande, escortée de ses « craques » chocolat-amande-caramel, s'avère d'une redoutable efficacité et d'un équilibre remarquable.
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Les esquimaux A la Mère de Famille © DR
Le verdict : Avec près d'une vingtaine d'adresses essaimées dans la capitale, cette institution bicentenaire aurait facilement pu se brûler les ailes et diluer son âme dans une standardisation industrielle. Pourtant, la rigueur de sa manufacture de Touraine tient la dragée haute aux doutes. Si le charme de la petite échoppe de quartier s'efface devant une logistique de groupe, la qualité superlative des enrobages en chocolat et l'exigence du sourcing sauvent brillamment la mise. Un classique parfaitement maîtrisé qui évite le piège de la facilité.
Les prix : 6,50 euros l’esquimau.
À la Mère de Famille
35, rue du Faubourg Montmartre, Paris 9e
Site officiel de l’établissement
5. Isotope | L'un des meilleurs glaciers de Paris dans le Marais
Après un galop d'essai remarqué sous forme de pop-up, cette échoppe carrelée de vert pistache aux accents pop a pris racine en 2026 dans le 3e arrondissement. À la tête de l'un des meilleurs glaciers de Paris, Matthieu Meisse et Clément Hu (les artisans du voisin I/O Café), associés à Frances Leech. Cette autrice et ancienne cheffe pâtissière britannique a délaissé les séditions de la boulangerie pour se consacrer au monde du froid. Un virage négocié avec brio : ici, tout est pensé, sourcé et exécuté par ses soins, chaque matin même, garantissant des textures d'une fraîcheur absolue.
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Isotope, un des meilleurs glaciers de la rive droite © Carla Chassang
La carte, d'un minimalisme salvateur, refuse le stockage et les vitrines fleuves pour se concentrer sur cinq glaces et cinq sorbets. Ce refus des additifs et de l'excès de glucose permet aux ingrédients de s'exprimer avec une netteté remarquable. Les clins d'œil à ses origines d'outre-Manche se savourent à travers une glace menthe-chocolat d'une remarquable droiture aromatique ou un sorbet au concombre d’une fraîcheur désaltérante. Les associations plus complexes, comme la rhubarbe miellée, la framboise façon cheesecake (avec ses éclats de biscuit sans gluten) ou l'étonnant dialogue entre la crème glacée au sésame noir et une marmelade de pamplemousse, témoignent d’une vraie sensibilité de pâtissière. Le chocolat, quant à lui, provient de chez Nicolas Berger, travaillé en sorbet onctueux au lait de coco. Pour les appétits les plus féroces, la maison propose de prendre le parfum de son choix en sandwich entre deux cookies chocolat-sarrasin fins et moelleux.
Le verdict : Une excellente surprise qui confirme que la glacerie moderne gagne à être pensée par des pâtissiers.
Les prix : 4 euros la boule.
Isotope
8, rue Dupetit-Thouars, Paris 3e
Site officiel de l’établissement
6. Jade Genin | Le glacier où découvrir le kakigori à Paris
Difficile de se faire un prénom lorsque l'on est la fille de Jacques Genin, l'un des fondeurs en chocolat les plus respectés de Paris. Pourtant, Jade Genin a su imposer sa propre signature, combinant la rigueur technique héritée de son père à une sensibilité artistique résolument contemporaine. Dans son écrin de l’avenue de l’Opéra, elle ne se contente pas de travailler le cacao, elle explore avec passion les territoires du givré à travers le prisme du kakigori, ce dessert ancestral japonais composé de glace râpée comme de la neige. La collection de « granité-neige », inspirée de desserts emblématiques, s'enrichit de propositions qui jouent sur la légèreté absolue.
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Le kakigori roquette de Jade Genin © Jade Genin
On y découvre ainsi le « Comme une pavlova », une création mangue-passion qui abrite un cœur de crème glacée à la vanille sous une meringue italienne aérienne. Le « Shiso meringué », quant à lui, marie le citron vert au shiso pourpre, couronné d'une meringue végétale. Le shiso y diffuse une délicate teinte rose évoquant une barbe à papa, offrant un instant aussi visuel que rafraîchissant. Mais la véritable audace de cette saison réside dans l'incursion de la cheffe sur le terrain salé, transformant cette délicate neige givrée en entrées estivales d'une grande subtilité. Jade Genin y propose deux déclinaisons percutantes : un granité-neige tomate-stracciatella et un électrisant citron-roquette.
Le verdict : Une magnifique réappropriation d'un classique nippon par une pâtissière de haute volée.
Les prix : 7,50 euros la coupe.
Jade Genin
33, avenue de l’Opéra, Paris 1er
Site officiel de l’établissement



