Les Confidences, élégance feutrée et cuisine de réconfort au San Régis
Un cadre propice aux confessions
Dans une rue discrète du Triangle d'or, déjà repérée par les amateurs d’adresses raffinées, se cache cet hôtel 5 étoiles à Paris à part qui a fait le choix de l’élégance et de la retenue plutôt que de l’ostentation, parfois de mise à quelques pas des Champs-Élysées. Installé dans un hôtel particulier, membre des Small Luxury Hotels of the World, cet hôtel de Paris 8 offre un cadre naturellement propice à la confidentialité.
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S’attabler dans le salon Boudoir du restaurant Les Confidences © Fabrice Rambert
Son restaurant, Les Confidences, porte parfaitement son nom. Caché lui aussi, presque secret, il dévoile un décor végétalisé original et apaisant. Tout ici invite à choisir avec soin ses convives, à s’installer confortablement et à laisser place aux échanges discrets. Un écrin idéal pour se livrer, autour de belles assiettes, à quelques secret bien gardés.
Une cuisine sensible et de saison
Aux commandes depuis peu de ce restaurant de Paris 8, le chef Erwan Ledru apporte une cuisine douce et maîtrisée, en parfaite harmonie avec l’esprit des lieux. Passé notamment par Contrastes, le bistrot Flaubert ou encore le regretté Rech (avenue des Ternes), il revendique une sensibilité affirmée pour le produit et les saisons. Originaire de Bretagne, fils de cuisinier, il cultive un rapport instinctif et respectueux aux matières premières.
En entrée, un haddock fumé accompagné d’un velouté de chou-fleur et d’un condiment citron séduit immédiatement par sa vivacité. Le jeu de couleurs, entre orangé et vert vif, attire l’œil, tandis que l’association fonctionne avec justesse. Un plat à la fois rassurant et suffisamment audacieux pour éveiller la curiosité.
Autre entrée : le tartare de thon rouge au miso blanc, servi dans un consommé de bœuf à la citronnelle. Sans chichi inutile, le produit parle de lui-même. La fraîcheur est irréprochable, l’ensemble délicat et précis, exactement ce que l’on espérait en le commandant.
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Tartare de thon rouge de Méditerranée, miso blanc ©Jordan Sapally
Entre bistrot et cuisine bourgeoise
Ce jour-là, la carte propose cinq plats, auxquels s’ajoute un semainier, une initiative bien plaisante et pas forcément fréquente dans ce type de restaurant. Au menu du jour : une volaille jaune des Landes aux morilles, accompagnée de légumes de saison issus de la maison Biovor, en Île-de-France, membre du Collège culinaire de France. Si le dressage reste volontairement sobre, l’assiette remplit pleinement sa mission. Sauce nappante, chair moelleuse, morilles bien présentes : un plat réconfortant, taquin juste ce qu’il faut, qui coche toutes les cases du plaisir.
À la carte également, le carré de cochon sauce à la diable se révèle particulièrement séduisant. La cuisson rosée est parfaite, la pré-découpe ouvre immédiatement l’appétit. La sauce, ponctuée de graines de moutarde et de câpres, joue sur une acidité maîtrisée qui vient équilibrer le gras de la viande, très tendre. Un très beau plat, à mi-chemin entre bistrot soigné et cuisine bourgeoise assumée, accompagné de topinambours confits dans un jus de viande à la sauge. Un choix peut-être clivant pour certains, mais exécuté avec intelligence.
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© Jordan Sapally
Une pâtisserie qui fait la différence
Au moment du dessert, le serveur insiste pour que nous goûtions une spécialité de la maison : le Paris-Brest. Praliné, pignons caramélisés, noix de cajou et noisettes… Il se permet même d’annoncer qu’il s’agit du meilleur de Paris ! Une affirmation toujours délicate, et parfois risquée en salle.
Mais ici, force est de reconnaître qu’il avait raison. Rarement une interprétation aussi aboutie de la gourmandise nous a été proposée. Choux croustillant, praliné généreux, crème à la fois onctueuse et légère : tout est parfaitement maîtrisé et résonne comme une évidence absolue. Une réussite éclatante, et possiblement, oui, l’un des meilleurs Paris-Brest de la capitale !
Les desserts sont signés Jessica Préalpato, pâtissière au parcours déjà largement salué, connue pour son approche contemporaine de la pâtisserie. Farines anciennes, sucres non raffinés, sourcing local : une philosophie qui se ressent immédiatement à la dégustation.
Autre dessert de saison, plus discret mais tout aussi intéressant : un kaki rôti à la vanille, accompagné d’un sorbet clémentine et de cerfeuil. Une prise de risque maîtrisée, une mise en valeur rare du fruit, et un équilibre tout en finesse. Un second coup de cœur.
Ce qu’il faut retenir
Les Confidences cochent de nombreuses cases : un menu déjeuner très bien tarifé pour le quartier et la beauté du lieu, une adresse réellement confidentielle qui mérite d’être découverte, et une cuisine douce et réconfortante, en parfaite harmonie avec l’atmosphère paisible de l’hôtel. Le semainier au déjeuner est une excellente idée, particulièrement appréciable pour ceux qui fréquentent régulièrement l’adresse, notamment dans le cadre de rendez-vous professionnels. Enfin, si vous souhaitez faire mouche, amenez-y un bec sucré : les desserts, à eux seuls, justifient le détour.
Une adresse de très bon goût, à découvrir et à garder précieusement.
Les Confidences à l'Hôtel San Régis
12 rue Jean Goujon, Paris 8e
Déjeuner du lundi au vendredi, dîner du mardi au samedi
Brunch le dimanche
Menu déjeuner : 45 euros entrée-plat / 55 euros entrée-plat-dessert
Dîner à la carte : environ 75 euros par personne
Brunch : 70 euros par personne







