Adine Fichot-Marion, Maïa Morgensztern, le lundi 09 février 2026Cinq expositions à voir à Londres en 2026
1. Dans les coulisses de l’imaginaire de Wes Anderson
Si vous avez manqué l’occasion de découvrir l’exposition Wes Anderson à la Cinémathèque de Paris, ne vous inquiétez pas : elle a désormais traversé la Manche et s’installe au Musée du Design, devenant un arrêt incontournable lors de votre visite de Londres.
Génie de la composition et des scripts décalés, Wes Anderson ouvre les portes de son imagination débordante à travers plus de 700 objets. Wes Anderson: The Archives plonge les visiteurs dans les univers pastels et loufoques de cet excentrique féru d’objets miniatures. Organisée de manière chronologique en suivant le fil de ses productions cinématographiques, l'exposition décortique la fabrique de mondes parallèles, pensés dans les moindres détails.
On se balade dans cette expo de Londres comme sur un plateau de cinéma entre les survêtements rouges Adidas iconiques de La Famille Tenenbaum, la maquette rose bonbon du Grand Budapest Hotel et les unes de la gazette en péril placardées dans The French Dispatch. Plus loin, les marionnettes de Fantastic Mr. Fox et Isle of Dogs mettent en avant le talent de collaborateurs qui ont œuvré pour donner vie aux rêves éveillés d’Anderson.
D’une vitrine à l’autre, chaque objet révèle la même obsession : créer des univers si minutieux que les personnages semblent vaquer à leurs occupations une fois le projecteur éteint. Le parcours initiatique s’arrête avec The Phoenician Scheme, dernier opus du réalisateur dédié à un fabricant d'armes qui tente de négocier son entrée au Paradis. Chez Anderson, le cabinet de curiosités transforme la maniaquerie en poésie.
-
Wes Anderson sur le tournage d’Asteroid City (2023) © Roger Do Minh
Design Museum
Wes Anderson: The Archives, jusqu’au 26 juillet 2026
224–238 Kensington High Street, Londres
Où dormir à Londres ? Notre sélection des plus beaux hôtels spa de Londres et des meilleurs hôtels 4 étoiles de Londres.
2. Le British Museum explore l’âme des samouraïs
Maîtres incontestés de l’épée et du code d’honneur dans l’imaginaire collectif depuis un millénaire, les samouraïs révèlent leurs secrets dans la nouvelle exposition du British Museum. Entre mythes glorieux et batailles sanglantes, le musée revient aux origines de cette classe de guerriers connue dès les années 1100 sous le nom de bushi.
Les armures d’apparat, laquées et couvertes d’or, jouxtent un katana finement damasquiné ainsi que des masques aux traits démoniaques. On y apprend plus loin le modus operandi d’une transition entre le statut de combattant et caste d’élite, entammée à partir de 1615. Portés par l’inclusion des femmes, les samouraïs se fondent pleinement dans le tissu social. Les hommes deviennent aussi des bureaucrates, des ministres, mais aussi des peintres, des intellectuels et des philantropes dont les privilèges se transmettent d’une génération à l’autre.
Le mythe du chevalier au code moral inflexible prêt à se sacrifier pour son seigneur se développe plus tard, au XIXᵉ siècle. C’est la naissance du bushido, la Voie du guerrier ! En tout, 280 artefacts retracent l’histoire du Japon de l’ère féodal aux dernières reliques de l’ère Meiji, où l’ordre ancien est alors confronté à la modernité. Loins de disparaitre, les samouraïs se sont immiscés jusque dans la culture pop contemporaine, à travers des films comme Kill Bill de Quentin Tarantino et des jeux vidéo comme Assassin’s Creed : Shadows.
-
Armure complète © The Trustees of the British Museum
British Museum
Samurai, du 3 février au 7 septembre 2026
Great Russell Street, Londres
3. Expositions 2026 à Londres : Lee Miller à La Tate Britain
Muse devenue photographe visionnaire, l’américaine Elisabeth Lee Miller a traversé les scènes avant-gardistes de New York, de Paris et du Caire avant de se muer en reporter à l’œil accéré pour Vogue durant la Seconde Guerre mondiale. La grande rétrospective de la Tate Britain capture cet étonnant passage du mannequinat surréaliste aux missions de reporter dans les camps nazis libérés, témoins des horreurs perpétrées à Buchenwald et Dachau.
On aime particulièrement les solarisations oniriques avec Man Ray, les clichés des ruines fumantes lors du Blitz à Londres ou encore la fenêtre ouverte sur les dunes d’Égypte de son Portrait of Space daté de 1937, dont la composition évoque les tableaux de René Magritte. En tout 250 tirages vintage et modernes dont plusieurs jamais montrés au grand public, s’affichent sur un fond gris-bleu ou légèrement rosé pour offrir un saisissant contraste avec les prises en vues en noir et blanc. L’exposition met aussi en lumière les collaborations artistiques et les innovations techniques de Miller, brossant le portrait d’une des artistes les plus importantes de sa génération.
-
Lee Miller, David E. Scherman habillé pour la guerre, London 1942. Lee Miller Archives. © Lee Miller Archives, England 2025.
Tate Britain
Lee Miller, jusqu’au 15 février 2026
Millbank, Londres
4. Marie-Antoinette, de Versailles aux podiums
Cette première exposition consacrée à Marie-Antoinette au Royaume-Uni est un véritable événement où de grands moyens ont été mis en oeuvre pour nous plonger dans l’univers ultra raffiné de celle qui fut et reste au fil du temps une icône de mode. Comme toujours, la scénographie du Victoria and Albert Museum est travaillée à la perfection, mettant en valeur 250 pièces parmi lesquelles une vingtaine d’œuvres prêtées par le château de Versailles.
Dès l’arrivée, le visiteur est accueilli par le célèbre portrait de Marie-Antoinette à la rose par Elisabeth Vigée Le Brun. Quelques pas de plus et le voilà ébloui par de nombreuses « robes à a française » fastueuses avec leurs jupes volumineuses, ornées de fleurs, de broderies, de volants… ponctuant les différentes étapes de la journée, qui illustrent la mode initiée par la reine. Hélàs ces robes ne sont pas les siennes : « sa garde-robe a été pillée, il n'existe aucune robe entière qui ait survécu », souligne Sarah Grant, la conservatrice de l’exposition.
Seuls témoins : un délicat col en dentelle noire, de fines pantoufles perlées, deux fragments de robes de cour richement ornées et dans un registre plus sombre la simple chemise de lin blanc portée en prison. Les accessoires indispensables : parfums, éventails, bijoux sont aussi bien représentés avec notamment la réplique du tristement célèbre collier de diamants au cœur de la fameuse affaire éponyme.
-
Portrait of Marie Antoinette, Élisabeth Vigée Le Brun © DR
La deuxième partie de l’expo explore le retentissement qu’a eu sur la mode, dès le Second Empire avec l’impératrice Eugénie jusqu’aux années 1940, le style Marie-Antoinette. Ne pas manquer les deux robes de soirée Art déco des années 1920 de Jeanne Lanvin. Le clou de l’expo est la dernière salle. De somptueuses robes de couturiers signées Moschino, Galliano pour Dior, Chanel, Erdem, Vivienne Westwood, Valentino… s’alignent comme à la parade dans une explosion de couleur et de raffinement. Une vitrine renferme les créations de Manolo Blahnik (parrain de l’exposition) pour le film Marie Antoinette de Coppola. Au fil de l’exposition, on comprend pourquoi la vie de Marie-Antoinette a inspiré plus de trente films et séries télévisées.
Victoria and Albert Museum
Marie Antoinette Style
Jusqu’au 26 mars 2026
Cromwell road, Londres
5. La naissance du Picasso surréaliste
Cette exposition célébre le centenaire des Trois Danseurs de Picasso, un tableau peint en 1925. Rompant avec sa période classique, cette œuvre majeure date d’un moment particulier de la vie de l’artiste. On pense qu’elle est la première créée dans le style du surréalisme qui clôt la période classique et sobre de Picasso. Corps déformés, couleurs acides : tout dans cette toile hurle la violence et les luttes intérieures. Organisée par Wu Tsang et Enrique Fuenteblanca, l’exposition est enrichie de mises en scène théâtrales. On y voit 50 autres tableaux emblématiques dont la Femme qui pleure et Femme nue dans le fauteuil rouge, pour ne citer qu’eux, des peintures provenant de la collection de la Tate sont exposées, ainsi que des pièces rares et importantes venues de toute l'Europe, des sculptures, des textiles et des œuvres sur papier, certaines n’ayant jamais été vues au Royaume-Uni.
-
Pablo Picasso, Les Trois Danseurs 1925 Tate © Succession Picasso / DACS 2024
Tate Modern Bankside
Theatre Picasso, jusqu’au 12 avril 2026
Bankside, Londres



