Astrid Briant, Le vendredi 08 mai 2026Les meilleurs restaurants de ramens de Paris pour les amateurs de bouillons d’exception
Jadis, manger un ramen à Paris relevait du pèlerinage. Cette époque n'est pas tout à fait révolue et les files d'attente persistent. Tant mieux, elles signalent quelque chose de vivant. Voici les meilleurs restaurants de ramens de Paris.
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1. Kodawari Ramen | Le pionnier et toujours iconique, Paris 6e
Il y a des adresses qui inventent quelque chose. Kodawari est de celles-là, fondée en 2016 par Jean-Baptiste Meusnier, ancien pilote de chasse reconverti en maestro du bouillon, ce qui en dit long sur l’espèce d’audace tranquille qui gouverne les lieux.
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Les meilleurs ramens de Paris © Kodawri Ramen Yokocho
Dans les bols ? Des nouilles évidemment, mais pas n'importe lesquelles, celles réalisées à partir d’un blé issu de la propre parcelle de Kodawari à Acy-Romance, un œuf coulant, un bouillon umami… La spécialité de la maison, récompensée par le guide Michelin (Bib Gourmand 2026) et adoubée par une presse gastronomique rarement unanime ? Le kurogoma ramen et sa sauce secrète au sésame noir, ail, gingembre, chashu de porc fermier basque. Un bol de conviction absolue : profond, animal, légèrement fumé, avec cette nuance sucrée-amère du sésame torréfié qui s'imprime dans la mémoire comme une mélodie. Le shio paitan, lui, joue la carte de l'élégance : bouillon de volaille réduit, dashi de coquillages et de niboshi, chashu de poulet au sansho, tranche de citron.
Kodawari Ramen Yokochō
29 rue Mazarine, Paris 6e
Ramens, prix à partir de 15 euros
Site officiel de l'établissement
2. Hakata Choten | Le puriste, Paris 1er
Derrière sa devanture rouge sang qui évoque les torii des sanctuaires shintō, le restaurant parisien Hakata Choten ne joue pas la séduction facile. Ni décor immersif, ni bande-son de marché, ni storytelling sophistiqué, mais un chef : Kenichi Fukuda qui fait ce qu'il sait faire depuis toujours, avec la précision implacable de quelqu'un qui n'a aucun doute sur ce que doit être un bon ramen. Et pour lui, c'est un tonkotsu. Un vrai.
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© Hakata Choten
Note aux heureux néophytes : ce bouillon blanc et épais, presque sirupeux, est obtenu en faisant mijoter des os de porc pendant plus de vingt-quatre heures, jusqu'à ce que le collagène se dissolve dans le liquide et lui confère cette texture crémeuse et ce goût généreux, profondément umami, qui tient lieu de câlin. Chez Hakata Choten, il arrive dans un bol accompagné de nouilles fines al dente dont on choisit soi-même la texture - de futsuu à barikata -, mais aussi de ciboulette, de pousses de soja et d'un œuf ajitama parfaitement coulant. Pour aller plus loin, on opte pour le Kuro (tonkotsu à l'ail grillé lentement infusé dans l'huile) ou l'Aka (tonkotsu relevé au miso piquant secret du chef), qui fait monter la tension d'un cran bienvenu. Ce n'est pas un détail. L'équipe, entièrement japonaise, accueille et remercie en japonais. Le voyage est complet.
Hakata Choten
53 rue des Petits-Champs, Paris 1er
Tonkotsu ramen, prix à partir de 11 euros
Site officiel de l'établissement
3. Ramen Wang | Le délicat, Paris 14e
Cette table de poche ancrée dans le 14e arrondissement, a choisi de s'éloigner de la concentration de restaurants japonais du centre pour exister sur ses propres termes, et le pari est réussi. La carte, courte et sincère, raconte la vision personnelle du chef Wang qui marie avec naturel les fondamentaux japonais et quelques élans créatifs bienvenus.
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© Ramen Wang
Son mantra ? Moins de sel, plus de goût. Le tonkotsu de base tient la route : bouillon mijoté, menma, ciboule, hanjuku tamago bien nacré. Mais c'est dans les versions plus élaborées que Ramen Wang révèle son ambition. Le Pai Tan Kuro - bouillon tonkotsu mijoté avec huile d'ail noir, chashu de porc en triple portion, œuf mariné, ito togarashi - est une construction gustative sérieuse, où le gras du porc dialogue avec l'amertume douce de l'ail noir dans un équilibre soigneusement tenu. Et pour les non-carnivores, un ramen vegan sobre et honnête s’invite à la carte le mardi. Il donne à savourer champignon, chashu de Touffu, menma, ciboule, oignon rouge et ito togarashi, un savant assaisonnement japonais composé de piments rouges séchés et broyés. Un restaurant du 14e qui travaille dans le calme, avec une régularité qui finit par ressembler à de la grâce.
Ramen Wang
20 rue des Plantes, Paris 14e
Ramens, prix à partir de 15 euros
Site officiel de l'établissement
4. Sanjo | Le branché, Paris 1er
Il y a des restaurants où l'on mange, et des restaurants où l'on vit quelque chose. Sanjo appartient à la seconde catégorie. Ouvert en 2018 rue d'Argenteuil, à deux pas de l'avenue de l'Opéra mais délibérément en retrait du tumulte de la rue Sainte-Anne, ce restaurant de ramens été conçu par Kaito Hori comme on conçoit un appartement dont on serait fier : pierres apparentes, grandes baies vitrées, cuisine ouverte carrelée de blanc, lumières justes. Le tout donne une impression de sérénité architecturale rare dans la restauration japonaise parisienne, où le débordement décoratif est souvent la norme.
Derrière le comptoir, les disciples de Kaito s'affairent en silence avec cette concentration studieuse qu'on prête aux artisans les plus sérieux. Le toripota, ramen maison par excellence, est un bouillon de poulet et de porc ayant ploploté dix heures - dense, rond, réconfortant, couronné d'un chashu qui fond sous la langue, d'un œuf parfait et d'algue. La version vegan, elle, explore d'autres territoires : légumes, roquette, topinambour frit, endive, citron vert et yuzu, un bol d'hiver qui respire quand même. On peut aussi partir sur les Shirunashi TanTan, ces ramens sans bouillon au porc haché légèrement épicé qui font figure d'ovni gourmand ou sur le Tan Tan à la truffe pour les grands jours.
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Meilleurs ramens de Paris © Sanjo
Sanjo
29 rue d'Argenteuil, Paris 1er
Ramens, prix 18-20 euros
Site officiel de l'établissement
5. Ryukishin | Le minutieux, Paris 2e
Pour qui croit que le ramen se résume à l'épaisseur du bouillon et à la générosité du chashu, Ryikishin sera une révélation. Ce restaurant du 2e arrondissement a choisi de faire de la clarté une esthétique. Sa spécialité : le shio ramen, autrement dit le ramen au sel. Pas le sel ordinaire, pas la solution de facilité : une sauce tare exclusive élaborée à partir de sel de Guérande, d'extraits de moules et de kombu japonais, reposée à basse température pour développer ses arômes et révéler un umami d'une précision d'orfèvre.
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© Ryukishin
Le résultat ? Un bouillon limpide, translucide, d'une élégance presque minimaliste qui tranche radicalement avec l'opulence crémeuse des tonkotsu. Deux déclinaisons : le Tchintan, bouillon clair de volaille (poulet et canard), léger comme un dashi de haute altitude ; et le Paitan, version crémeuse à base de poulet longuement mijoté, qui concède à la richesse sans jamais basculer dans la lourdeur. Adresse de poche, accueil attentif... le lieu s'avère parfait pour un dîner avec soi même ou avec son binôme, jamais pour faire du bruit. Ryukishin est le genre d'adresse que les connaisseurs gardent jalousement, y emmenant seulement les gens qu'ils aiment vraiment.
Bistro Ramen Ryukishin
59 rue de Richelieu, Paris 2e
Ramens, prix à partir de 20 euros
Site officiel de l'établissement



