Stéphane Durand, Florence Valencourt, le vendredi 26 décembre 2025Paris : les restaurants où déguster un caviar d’exception
1. L'Arôme : le classique revisité
On ne présente plus Thomas Boullault, chef discret et passionné, meilleur ami des grandes toques de ce pays, infatigable organisateur du Championnat de France de lièvre à la royale depuis presque dix ans et, surtout, propriétaire d'une des plus belles tables confidentielles de Paris. Chez lui, il laisse libre cours à sa fantaisie, mêlée à une technique apprise dans la haute gastronomie. Comment cuisine-t-il le caviar ? De plusieurs façons, selon l'inspiration, mais surtout en « Ecrasé de pommes de terres fumées au caviar, beurre d'algues et crème aigrelette », disponible à la carte.
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Ecrasé de pommes de terres fumées au caviar © L’Arôme
Il avait développé ce plat pendant le Covid, lorsque, comme beaucoup de ses collègues, il avait dû se réinventer en chef-traiteur... Et il est resté. Repris d'un grand classique, il s'avère plus complexe qu'il n'y paraît. L'ajout du fumé minute et le service en salle à la cloche font en effet toute la différence.
L'Arôme
3 rue Saint-Philippe du Roule, Paris 8e
Menu Arôme en deux temps à 95 euros, en trois temps à 120 euros
Site offciel de l'établissement
2. Hakuba : délicatesse nipponne
Hakuba, notre coup de cœur de 2024, l'un des meilleurs restaurants japonais de Paris, récompensé fort naturellement d'une étoile au Guide Michelin en 2025, sert un toro/caviar exceptionnel dans son nouveau menu kaiseki-sushi. La quintessence du produit, dans un plat très justement appelé Fragment d'océan. Takyua Watanabe signe là un coup de maître, démontrant - s'il le fallait encore - que l'épure est le domaine d'excellence des chefs japonais, si ce n'est leur pré carré. Le reste de l'expérience, dans le cadre élégant de l'hôtel de luxe à Paris Cheval Blanc et avec la complicité d'Arnaud Donckele et Maxime Frédéric est à l'avenant.
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Fragment d’océan, le plat à base de caviar du restaurant Hakuba © DR
Hakuba
Cheval Blanc Paris
8 quai du Louvre, Paris 1er
Prix non communiqué
Site officiel de l'établissement
3. La Maison du Caviar : l'art de recevoir
À la faveur d'une jolie collaboration entre l'artiste André Saraiva et la Maison du Caviar, comme d'un nouveau décor signé du duo Oitoemponto, on redécouvre avec plaisir cette institution discrète des Champs-Elysées, voulue à l'origine par le shah d'Iran, désormais propriété du groupe Beaumarly. Ambiance chaleureuse, service parfait et, of course, une cuisine qui met le caviar en majesté, aussi bien dans ses expressions les plus classiques que dans des créations plus contemporaines. Le filet de daurade royale (avec beurre blanc au caviar) est formidable. Mais ce sont les plus classiques et d'autant plus exigeants spaghetti fins au caviar qu'on retiendra ici. Suavité, craquant, salinité. Un sans-faute.
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Les spaghettis au caviar © Maison du Caviar
La Maison du Caviar
21 rue Quentin Bauchart, Paris 8e
Plat à partir de 18 euros et caviar à partir de 160 euros les 50g
Site officiel de l'établissement
4. Caviar Kaspia : le basique chic
Métro, boulot, dodo. On ne va pas se mentir, il est parfois compliqué d'avoir la patate sous cette grisaille parisienne. Une seule solution : se réfugier dans le décor enchanteur de Caviar Kaspia qui, depuis 1927, illumine le quartier de l'Opéra et de la Madeleine. Le premier étage du restaurant de caviar, qui a récemment profité d’une petite cure de jouvence, mêle habilement le bois, les miroirs et le laiton. Le bar, lui aussi fraîchement rénové, dévoile une carte de vodkas à consommer avec modération, contrairement au caviar que la maison propose de déguster en six déclinaisons, seul ou accompagné de saumon royal. Le must de la maison ? L'indétrônable caviar Béluga Royal qui révèle toute sa saveur iodée lorsqu'il rencontre la mythique et exquise pomme de terre au four : simple et efficace. Après avoir goûté ce plat, on vous garantit qu'il sera impossible d'en avoir gros sur la patate.
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La pomme de terre au four © Caviar Kaspia
Caviar Kaspia
17, place de la Madeleine, Paris 8e
Plats à partir de 21 euros et caviar à partir de 111 euros les 30g
Site offciel de l'établissement
5. Bellefeuille : le chef fait une fleur au caviar
Au sein de l'hôtel de luxe du 16e arrondissement Le Saint James Paris, le chef lorrain Grégory Garimbay, une étoile au Guide Michelin, vient distiller sa douce poésie dans cuisine qui à l'instar du décor, sublime elle aussi le végétal, sans omettre d'y apporter une touche minérale et iodée. Pour preuve, son plat emblématique : la «Langoustine/caviar» ; qu'il décline selon les saisons, mais avec toujours une belle vivacité et un franc succès. Une assiette que l'on retrouve dans un menu en quatre services, dans lequel on déguste aussi des salsifis ou autre trésor de son potager. Allier les produits nobles aux richesses du terroir : c'est donc ça le secret des grands chefs ? Pour nous, la réponse est oui.
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La langoustine caviar © Bellefeuille
Bellefeuille au Saint James Paris
5 place du Général Adenauer, Paris 16e
Menu en 4 services à 190 euros par personne
Site officiel de l'établissement
6. Petrossian : halte incontournable
À quelques pas de la boutique originelle, Petrossian déploie une table entièrement dédiée aux trésors de la mer. La carte évolue au fil des sélections de caviars et des inspirations du chef, laissant toute la place à la finesse des produits et à leur mise en lumière. À l’heure du déjeuner, le menu se décline entre 39 et 46 euros, une invitation à découvrir l’univers Petrossian dans un format accessible. Chaque mois, le restaurant propose également une Carte Blanche, confiée à un grand chef étoilé. Une création exclusive, imaginée comme un dialogue entre l’identité de la maison et la vision du chef invité. Côté incontournables, la maison signe ses grands classiques : les tagliatelles Petrossian, les harengs de la Tsarine ou encore la Pom’Impériale. Touche sucrée, on se laisse à la gourmandise du Velours Impérial, une tarte chocolat ou à la fraicheur du Givre Impérial qui revisite le colonel avec la vodka Petrossian.
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Les tagliatelles Poutargue © Petrossian
Petrossian
13 boulevard de la Tour Maubourg, Paris 7e
Menu déjeuner à partir de 39 euros et caviar à partir de 84 euros les 30g
Site officiel de l'établissement
7. Prunier : renaissance d'une icône
Installé avenue Victor Hugo, Prunier s’est forgé, depuis son ouverture en 1921, une véritable légende. Fréquenté au fil des décennies par l’aristocratie moscovite, mais aussi par Oscar Wilde, Marcel Proust, Ernest Hemingway ou Francis Scott Fitzgerald, le restaurant a longtemps incarné un certain art de vivre parisien, entre élégance, savoir-faire français et anecdotes mondaines. Le lieu a même appartenu à Pierre Bergé et Yves Saint Laurent, à l’origine de nombreuses nuits de fête restées dans les mémoires.
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La salle du restaurant © Prunier
Après une période plus discrète, Prunier entame aujourd’hui un nouveau chapitre. Sous l’impulsion du groupe Lapérouse Holding, mené par Benjamin Patou et Antoine Arnault, déjà aux commandes de Lapérouse et Lafayette’s, le restaurant se réinvente. Le renouveau se lit d’abord dans le décor, entièrement repensé par Lázaro Rosa-Violán. Fidèle à son ADN Art déco, l’adresse dévoile une atmosphère raffinée, ponctuée d’une moquette ornée de coquillages et de crustacés, d’assises en velours ébène, de fauteuils de bar moutarde.
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Oeuf mollet, girolles et caviar © Prunier
La cuisine, est alimentée par la ferme d’esturgeon de la maison, installée en Aquitaine. La carte met à l’honneur une belle sélection de caviars, Baeri et Osciètre notamment, à déguster à la cuillère en nacre ou sur des blinis maison, comme les affectionnait Yves Saint Laurent. Autour de ces incontournables, on retrouve les grands classiques iodés des tables expertes du genre : huîtres, œufs de saumon, tarama ou cornichons malossols.
Prunier
16 avenue Victor Hugo, Paris 16e
Spécialités à partir de 19 euros et caviar à partir de 80 euros les 30g
Site officiel de l'établissement



