Que vaut le nouveau tea-time de Cédric Grolet au Meurice ?
Pour célébrer quinze années passées au palace parisien Le Meurice, notamment aux côtés du chef Alain Ducasse, le pâtissier superstar Cédric Grolet revisite l’exercice du tea-time, rituel hérité de la tradition anglaise. Disponible à présent tous les jours dès 12h30 (sauf le dimanche où il est proposé à 16h30) cette nouvelle offre entend bien dépasser le simple moment sucré pour s’imposer comme une expérience pensée dans ses moindres détails.
Le cadre | Un décor signé Philippe Starck
C’est au restaurant gastronomique Le Dalí que l’on prend place, dans cet espace imaginé par Philippe Starck, conçu comme un lieu de vie du matin au soir, au cœur du palace. Fauteuils enveloppants, banquettes confortables, lumière chaude savamment maîtrisée, jeux de plissages en trompe-l’œil et clins d’œil artistiques : l’ensemble traverse les années sans prendre une ride. Un hommage assumé à Salvador Dalí, artiste fantasque qui y séjourna longuement et dont une suite porte aujourd’hui le nom.
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© Le Dali
Une occasion de se retrouver assis parmi une clientèle mixte et internationale, qui fréquente ce lieu très couru pendant la fashion-week, mais également au milieu de nombreux Parisiens qui en ont fait leur repère.
Dans l’assiette | Une séquence salée particulièrement réussie
Comme le veut la tradition, le tea-time s’ouvre sur une partition salée, souvent négligée ailleurs, mais ici parfaitement séduisante. Trois formats de pains, trois interprétations rassurantes et généreuses, servies sans avoir à choisir : homard mayonnaise en pain viennois, généreux à souhait, jambon comté et truffe en mini-baguette, la version chic du jambon-beurre qui ne lésine pas sur la truffe et enfin le saumon coiffé de caviar dans un pain brioché façon lobster roll.
Avouons-le, même si beaucoup viennent pour la partie sucrée, cette séquence salée s’avère extrêmement plaisante. Un moment déjà apprécié lors de précédents passages où la cheffe du Dali, Clémentine Bouchon, confectionnait de mini croques-monsieurs à la truffe absolument divins.


Les fruits en trompe-l'œil iconiques de Cédric Grolet
La séquence phare arrive ensuite, dressée sur un arbre sculpté par la maison Parisienne d’art de vivre Arthylae, en argenterie moderne. Un objet élégant, entre héritage et contemporanéité, qui accueille les célèbres fruits en trompe-l’œil, signature du chef, qui évoluent au fil des saisons. A l’occasion du lancement, on retrouve la cacahuète à la gourmandise assumée, la mangue puissante sans sucre ajouté, la pistache et la noix de pécan très intenses, le yuzu cet agrume plus délicat et rafraîchissant, ou encore la pomme rouge acidulée.
Proposées ici en format mini, ces pâtisseries ressemblant plutôt à des bouchées précieuses, permettent de parcourir un éventail complet de l’univers du chef. Composées d’une coque en chocolat très fine et peinte, à la texture et au soyeux ressemblant à s’y méprendre au fruit représenté, elles révèlent des textures de mousses légères, parfois de ganaches montées ou encore d’inserts de confits de fruits ou de pralinés qui viennent s’assembler à des éléments croustillants et biscuités.
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© Le Dali Tea Time 2026
L’ensemble se présente comme un plat de grand chef à multi-dimensions dont il faudrait aller cherche plusieurs couches pour former une bouchée parfaite. C’est ce travail signature, affiné année après année, qui a fait la réputation du chef. Une popularité qui a largement dépassé nos frontières, consacrée en 2018 lorsqu’il est élu meilleur chef pâtissier du monde par The World’s 50 Best Restaurants, et aujourd’hui amplifiée auprès du grand public grâce aux réseaux sociaux, où il rassemble des dizaines de millions d’abonnés.
Le final (ou presque !)
Mais l’expérience ne s’arrête pas là. Toutes les quinze minutes, un ballet discret de pâtissiers traverse la salle, proposant des douceurs encore tièdes, tout juste sorties du four : madeleines vanillées, cake marbré, brioche au sucre, gâteau façon kouglof aux amandes présenté dans son moule… et même un cookie encore chaud, auquel il est particulièrement difficile de résister. Autant le dire sans détour : il est tout simplement impossible de repartir en ayant faim. Un tea-time généreux, maîtrisé et pensé comme une véritable immersion dans l’univers de l’un des pâtissiers les plus influents de sa génération.
Le Dali Restaurant - Le Meurice
228, rue de Rivoli, Paris 1e
95 euros avec une boisson chaude (café, thé ou chocolat chaud de La Manufacture)
Le service du champagne est en supplément
Du lundi au samedi de 12h30 à 17h30 et le dimanche de 16h30 à 17h30.



