Stéphane Durand, Le jeudi 16 avril 2026Notre avis sur la Villa Gallici, un palais baroque entre Provence et dolce vita
Le pitch | Une bastide provençale devenue rêve italien
À quelques minutes du centre, cet hôtel d'Aix-en-Provence joue une partition à part dans le paysage hôtelier local. Derrière ses murs discrets se cache une bastide du XVIIIe siècle transformée en hôtel cinq étoiles, membre des Relais & Châteaux, où la Provence flirte avec une certaine idée de l’Italie. L’histoire du lieu tient presque du conte : celle d’une maison habitée par un marchand d’art voyageur, rapportant de ses périples objets précieux, étoffes et curiosités. Une mémoire qui irrigue encore aujourd’hui chaque pièce, et qui transforme cet hôtel provençal en un rêve éveillé. Reprise dans les années 1990 par trois esthètes, puis par la famille Polito, la Villa Gallici s’est peu à peu imposée comme un refuge hors du temps, apprécié autant par la clientèle américaine avide de dépaysement que par les locaux qui ne jurent que par la tranquillité de son cadre bucolique à souhait.
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© Villa Gallici
Vue d’ensemble | Un théâtre baroque à ciel ouvert
Une fois le portail du manoir franchi, cyprès élancés, statues, fontaines et allées pavées installent un décor qui rappelle davantage la Toscane que la Provence. Au cœur du jardin, la piscine bordée de platanes et d'autres essences, permet de se baigner dans une eau chauffée à 28° toute l’année. Dans son prolongement, l’espace bien-être s'installe dans un pavillon inspiré du XVIIIe siècle, en lisière du jardin. Le spa de l'hôtel joue la carte du décor immersif : on y passe sans transition du tumulte aixois à un univers feutré de 200 m² pensé comme une maison dans la maison. Jacuzzi, sauna, cryothérapie, cabines de soins signées Sothys… le bien-être devient une extension naturelle de l’expérience Gallici.

Une aventure qui se joue réellement à l’intérieur de l'établissement hôtelier, lorsqu'on pénètre dans la maison principale qui se dévoile comme un décor de théâtre. Tissus damassés, velours, tapisseries et plafonds décorés. Les yeux ne savent plus où donner de la tête dans cette atmopshère volontairement maximaliste. Le résultat ? Un mélange assumé de styles baroque italien et touches rococo, parfois même ponctué d’influences plus lointaines, comme un souvenir de voyage glissé dans un salon que l'on retrouve à travers les nombreuses petites statues de perruches dispersées au gré des envies du propriétaire. Une esthétique presque excessive, mais qui fonctionne précisément parce qu’elle est cohérente dans sa démesure.
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© Villa Gallici
Des chambres comme des cabinets de curiosités
Avec seulement 23 chambres et suites, la Villa Gallici cultive une forme d’intimité rare pour un établissement de ce standing. Toutes sont différentes, mais partagent ce goût pour le détail et la mise en scène : étoffes brodées, meubles anciens, objets chinés… On a parfois l’impression de dormir dans une collection privée plutôt que dans une chambre d’hôtel, ce qui n'est pas pour nous déplaire. Certaines racontent même une histoire plus personnelle : ici, une broderie réalisée par l’un des créateurs originels ; là, une chambre où Pierre Bergé aurait séjourné. Des anecdotes qui renforcent l’impression d’habiter un lieu vivant, loin des hôtels standardisés.


La chambre à réserver ?
Difficile de choisir tant chaque chambre possède son propre caractère. Mais pour l’expérience complète, privilégier une suite donnant sur les jardins : le matin, la lumière provençale vient caresser les étoffes et révèle toute la richesse des décors. Mieux encore, la Villa Cézanne, une petite maison de 80 m² située dans le jardin possédant son jacuzzi et son espace intimiste.
La table | Une dolce vita bien maîtrisée
À la tête du restaurant d'Aix-en-Provence La Taula Gallici, le chef Christophe Gavot orchestre depuis plus de vingt ans une cuisine qui fait dialoguer Provence et Italie avec précision, tout en sublimant les produits de saison, avec un tapis rouge dédié aux poissons de Méditerranée. Pas d’esbroufe mais une recherche d’équilibre que l'on retrouve aussi dans des accords mets et boissons, encore plus intéressants lorsque ces derniers s'aventurent du côté du sans alcool. L'ombrine côtoie alors une infusion de verveine qui révèle de nombreuses nouvelles saveurs dans le palais. Le mulet de Méditerranée se déguste avec des asperges vertes confites dont le pep de la moutarde de Chinotto vient créer une explosion de saveurs en bouche.
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© Dolce Serata
Un dîner qui séduit autant par l’assiette que par le décor, entre chandeliers, pétales de roses et vaisselle d’apparat. Aux beaux jours, la terrasse permet de profiter pleinement du cadre, bercé par le clapotis de l’eau de la fontaine. Un décor féérique pour un repas qui est loin de manquer de saveur. L’espace Dolce Serata, version plus informelle du restaurant gastronomique (ouvert uniquement durant la saison estivale), vient prolonger la soirée autour de plats à partager et de cocktails, dans une ambiance douce et toujours conviviale.
Les 5 choses que l’on a aimées à la Villa Gallici :
- Le sens du détail, poussé jusqu’à l’obsession (jusqu’à 1000 roses fraîches sont déposés dans tout l'établissement chaque semaine) ;
- Le sourire des employés, à commencer par celui du directeur Laurent Mounet, qui vous accueille dans son palais comme si vous faisiez partie des habitués ;
- L’atmosphère hors du temps, entre palais italien et maison de famille ;
- Le parfum signature à la lavande, véritable fil conducteur du séjour ;
- L’œnothèque spectaculaire en forme de carafe, clin d’œil aux vignobles de la région.
Villa Gallici
Nombre de clés : 23 chambres et suites
Prix à partir de 955 euros la nuit
18 avenue de la Violette, 13100 Aix-en-Provence
Impossible de séjourner à la Villa Gallici sans visiter Aix-en-Provence. Flâner sur le Cours Mirabeau, se perdre dans les ruelles du centre historique puis arpenter les sentiers de la montagne Sainte-Victoire, immortalisée par Cézanne, située à quelques minutes seulement. Pour les amateurs d'art, le musée Granet et la Fondation Vasarely méritent aussi le détour.



