Pierre Gunther, Le mardi 11 août 2026Notre avis sur The Bath Priory, l’hôtel bucolique de Bath
Le pitch | Un ensemble de maisons anglaises où l'on oublie que l'on est à l'hôtel
Quand on visite Bath, les voyageurs convergent naturellement vers les thermes romains, l'abbaye et les majestueuses façades géorgiennes couleur miel qui ont valu à la ville son inscription au patrimoine mondial de l'Unesco. Quelques rues plus loin pourtant, de l’autre côté du jardin botanique, l'atmosphère change imperceptiblement. Les jardins prennent le dessus sur la pierre et le tumulte laisse place au chant des merles. C'est là, derrière un haut mur de pierre blonde et une discrète allée de gravier, que se dévoile The Bath Priory.
-
Vue générale de l’hôtel The Bath Priory
Cette élégante demeure néogothique construite vers 1830 sur des terres ayant autrefois appartenu au prieuré de Bath Abbey est passée de résidence privée à pensionnat, avant de devenir l'une des adresses les plus raffinées de la ville.
Vue d’ensemble | Une maison de collectionneurs entourée de jardins
Dès l'arrivée, on a davantage le sentiment d'être invité dans une vaste maison de famille que dans un hôtel 5 étoiles. Les 33 chambres sont réparties entre la demeure historique et une aile plus récente construite dans la même pierre blonde de Bath. On circule d'un salon à l'autre comme si l'on était l'invité d'une famille de collectionneurs, une bibliothèque où l'on s'attarde devant la cheminée lorsque le temps anglais se fait capricieux, une drawing room baignée de lumière, un petit bar confidentiel…
-
La Drawing Room
Cette sensation tient beaucoup à la manière dont Andrew et Christina Brownsword, propriétaires des lieux depuis le milieu des années 1990, ont imaginé cet hôtel de charme. Plutôt que de multiplier les effets décoratifs, ils ont peu à peu transformé l'ancienne demeure victorienne en maison de connaisseurs. Plus de deux cents tableaux ponctuent les pièces, donnant parfois l'impression de traverser une galerie privée. Dans un salon, The Lady in Black de Sir John Lavery capte la lumière avec son élégance presque cinématographique. Plus loin, la grâce de The Dancer de Reginald Eves dialogue avec les grands portraits de John Collier, tandis qu'une scène familiale peinte par Sholto Douglas raconte, non sans humour, les débuts de l'automobile. Des cheminées de marbre aux bibliothèques remplies de beaux ouvrages consacrés aux jardins anglais, des lampes à abat-jour en soie, des bouquets fraîchement coupés… tout semble avoir trouvé sa place au fil des décennies dans cet hôtel qui comblera les amateurs d'art.

À l'arrière de la maison, de larges portes-fenêtres prolongent naturellement les salons vers la terrasse, enveloppée au printemps par une spectaculaire glycine. Le regard glisse vers les pelouses impeccablement dessinées, les massifs aux floraisons successives et les vieux murs de pierre où s'accrochent les rosiers. Difficile de croire que l'on se trouve encore en ville dans ce domaine aux allures d’Alice au Pays des Merveilles. Les presque 2 hectares de jardins ont été façonnés au fil des saisons par Jane Moore, figure reconnue du jardinage britannique. Sous son regard, les bordures explosent de vivaces au printemps, les chemins conduisent jusqu'à un gazebo caché sous un frêne pleureur, tandis qu'un monumental cèdre du Liban domine la propriété depuis des générations. Plus loin, un grand potager alimente les cuisines en herbes aromatiques, légumes, pêches, poires et prunes palissées contre les murs chauffés par le soleil.
Comment sont les chambres ?
Les 33 chambres et suites du Bath Priory, réparties entre la bâtisse d'origine et une aile plus récente, affichent chacune leur personnalité, et portent le nom d’une fleur du jardin ou d’un des crescents, ces rues en demi-cercle typiques de Bath. La nôtre déclinait une apaisante palette de verts sauge et céladon, relevée par un lit immense et quelques huiles sur toile qui prolongent naturellement l'atmosphère artistique de l'hôtel romantique. Ici, le charme se niche dans les détails : des Toby Jugs, ces célèbres pichets anthropomorphes anglais, côtoient un service à thé en porcelaine Spode, dont le célèbre motif italien bleu et blanc est édité depuis 1816. Un clin d'œil discret au patrimoine britannique, à l'opposé des décors standardisés des hôtels de luxe de Londres.

Les salles de bains, plus contemporaines, misent sur le confort avec leur marbre clair, leur généreuse douche à l'italienne et les produits L'Occitane. Mais ce que l'on retient surtout, c'est le calme qui règne ici. Au réveil, les grandes fenêtres cadrent les jardins et leurs arbres centenaires, tandis que le chant des oiseaux remplace presque tout autre bruit. Difficile de croire que les rues animées du centre de Bath ne sont qu'à quelques minutes de marche.
La chambre à réserver ? Pas de conseil précis de chambre, si ce n’est, impérativement, de choisir son nid côté jardin.
Le restaurant | Du Garden Martini au dîner gastronomique
Au Bath Priory, tout commence par un verre. À l'intérieur, le petit bar accueille les hôtes dans une atmosphère feutrée ; aux beaux jours, les conversations se déplacent naturellement sur la terrasse qui domine la grande pelouse. On s'y retrouve pour un déjeuner plus décontracté ou un cocktail lorsque le soleil décline derrière les arbres. Un Garden Martini sera des plus appropriés, parfumé à la pomme, au sureau et au concombre.

Le soir, le restaurant gastronomique prend le relais. La salle un poil surannée n'a rien de démonstratif, les tableaux dialoguent avec les buffets anciens, un chariot à boissons trône au centre de la pièce, les fenêtres s'ouvrent sur les jardins. Dans l'assiette, la cuisine fait preuve de la même retenue. Les produits sont peu nombreux, parfaitement identifiables et travaillés avec précision. Les noix de Saint-Jacques d'Orkney, simplement rôties, s'accordent à la fraîcheur d'un pressé de concombre, de petits pois et d'un jus d'hibiscus délicatement acidulé. Plus loin, l'agneau Herdwick, race emblématique du Lake District, révèle toute sa profondeur aux côtés d'un chou-rave croquant, de fromage de brebis et de piments padrón, avant qu'un dessert autour du cassis, de la noix de coco et du yuzu ne vienne conclure le repas sur une note vive et aérienne.

Avantage d’un pays où la tradition viticole est encore peu développée : une carte des vins qui fait le tour du monde. La révélation du dîner se nomme Piotr, sommelier passionné qui éclaire les assiettes de ses accords. Un Malagousia grec souligne la délicatesse des Saint-Jacques, un Gewurztraminer Grand Cru accompagne une aile de poulet relevée de prune ume, tandis qu'un Priorat catalan révèle toute la gourmandise de l'agneau.

Comment est le spa ?
Le plaisir commence par revêtir son peignoir dans sa chambre et descendre directement au sous-sol, pour se plonger dans la piscine couverte, ouverte sur le jardin. S’asseoir sur la petite terrasse de ce spa d'hôtel, en maillot de bain, après 15 minutes de sauna ou de hammam, procure le plus grand des bonheurs, alors que l’on salue le jardinier qui passe une botte de carottes à la main, vers les cuisines. Ce Garden Spa, seul spa L'Occitane du Royaume-Uni, se double d’une piscine extérieure chauffée, ouverte aux beaux jours, ainsi que de rituels L'Occitane élaborés à partir des plantes emblématiques de Provence.

Les 5 choses que l’on a aimées à The Bath Priory :
- Prendre un cocktail sur la terrasse au coucher du soleil ;
- Ne pas trouver de place au bord de la piscine extérieure, et trouver encore mieux, son petit coin dans le jardin ;
- Jouer au croquet sur la grande pelouse ;
- Sortir du sauna et boire un verre d’eau en contrebas sur la petite terrasse dans le jardin ;
- Grignoter les mûres directement sur l’arbre et s’en mettre plein les mains.
-
Le potager © Pierre Gunther
Que voir et que faire à Bath ?
- Encore mieux que de visiter l’Abbaye de Bath et sa magnifique voûte en éventail, y réserver un concert et profiter de son acoustique à donner la chair de poule.
- Ne pas manquer la vue depuis l'Alexandra Park, qui domine toute la ville et ses collines.
- Faire les fripes et chiner de jolis objets et vêtements dans le réseau Mercy in Action.
- Visiter le No. 1 Royal Crescent, maison ancienne laissée dans son jus, et prendre un café dans la rue voisine Margaret's Buildings.
-
Bath © Pierre Gunther
33 chambres et suites à partir de 250 £
Weston Rd, Bath Royaume-Uni







