Pierre Gautrand, Le jeudi 12 février 2026KAI Hakone : immersion dans l’art du bain japonais
Le pitch | Auberge traditionnelle modernisée
Dans la vallée de Sukumo, non loin du lac Ashi, ce petit hôtel s’étire le long de la rivière enveloppée de brume et de pins. Et l’on comprend d’emblée ce qui, depuis des siècles, attire ici les voyageurs en quête de ressourcement. L’histoire de Hakone, halte historique sur la route du Tokaido reliant Edo (Tokyo) à Kyoto, remonte à l’époque d’Edo. Les samouraïs et marchands y faisaient étape pour se délasser dans ses sources thermales, réputées pour leurs vertus curatives. KAI Hakone perpétue cet art du repos, avec l’élégance contemporaine propre à Hoshino Resorts, groupe nippon qui a réinventé le concept du ryokan de luxe (auberge traditionnelle japonaise).
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Hoshino KAI Hakone © DR
Vue d’ensemble | Et au milieu coule une rivière
Derrière la façade de bois et de pierre, l’ambiance est feutrée, presque monacale. On y pénètre en retirant ses chaussures, foulant le sol en tatami avant de rejoindre sa chambre. Les espaces s’ouvrent sur la forêt et la rivière Sukumo, que l’on entend murmurer à travers les portes coulissantes en papier de riz. Depuis le balcon, la vue sur le mont Yusaka invite à simplement contempler. Tout semble conçu pour effacer la notion du temps : les lignes sont pures, les matériaux bruts, les lumières tamisées.
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Librairie - Hoshino KAI Hakone © DR
Un peu plus loin, dans le jardin, la Sawa Chaya, petite maison de thé inspirée des haltes du Tokaido, accueille les voyageurs pour une pause après le bain. On s’y sert un thé vert ou un doux amazake, boisson fermentée au riz, en regardant les feuilles trembler au vent. C’est ce genre de détail qui donne à KAI Hakone sa justesse. En contrebas, la rivière déroule son flot tranquille, bordée de pierres moussues. À la tombée du jour, la lumière se reflète sur les façades et le murmure de l’eau se mêle aux premiers chants d’insectes.
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Hoshino KAI Hakone © DR
Les chambres | Minimalisme habité
Les chambres Signature Rooms conjuguent le dépouillement japonais et un confort discret. Tatamis au sol, futons moelleux, baignoire en cèdre (pour certaines) donnant sur la rivière. Même les matelas posés au sol, conçus exclusivement pour KAI, allient douceur et maintien. Sur la table basse, une furoshiki, carré de tissu traditionnel, attend les hôtes en guise de cadeau de bienvenue. Décorée de motifs reliés entre eux, elle symbolise les liens que l’auberge souhaite tisser avec les voyageurs. On s’endort tôt, car KAI Hakone n’est pas seulement une étape dans un voyage au Japon, c’est une parenthèse dans la course du monde. Le kimono, les chaussettes et les petites claquettes fournis dans l’armoire peuvent être portés librement tout au long du séjour.
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Hoshino KAI Hakone © DR
L’expérience à ne pas manquer :
Mais c’est bien sûr dans son onsen - le bain thermal - que réside l’âme du lieu. Alimenté par une source sulfurée naturelle au pH 8,5, l’eau chaude jaillit à ciel ouvert, enveloppant le corps d’une chaleur relaxante. Selon la tradition, on s’y plonge lentement, après s’être lavé, dans une attitude presque méditative. Les Japonais disent que le bain soigne autant le corps que l’esprit. Celui de Hakone, surnommé “l’eau de feu”, réchauffe profondément, mais impose aussi le respect : dix minutes suffisent avant de ressortir, rosé et léger, prêt à recommencer. Le rituel s’achève idéalement par dix minutes de sauna, suivies d’un bain froid revigorant.
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Onsen à l’Hoshino KAI Hakone © DR
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Côté gastronomie ?
Le soir, la table se dresse dans la salle à manger commune divisée en alcoves, dans un décor sobre où dominent bois clair et grès. Le repas, servi en kaiseki – l’équivalent japonais du menu gastronomique – met en scène les produits du terroir : truite grillée, légumes de montagne, riz cuit dans un pot en terre, miso au yuzu. La présentation compartimentée en bento, d’une précision d’orfèvre, s’inspire du rythme des saisons. On ne dîne pas ici pour se rassasier à toute vitesse, mais pour s’imprégner du geste et du goût.
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Dîner à l’Hoshino KAI Hakone © DR
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On a aimé au KAI Hakone :
- Le onsen, sans doute l’un des plus beaux que la rédaction a découvert lors de son voyage au Japon, avec ses bassins ouverts sur la forêt ;
- L’atmosphère profondément zen, qui crée un lien puissant avec la montagne, la forêt et le gazouillement de la rivière Haya.
Que faire à KAI Hakone, les activités ?
Pour prolonger cette immersion, KAI Hakone propose le programme KAI Cultural Discovery, une série d’expériences autour de l’artisanat local. L’auberge abrite un atelier dédié au yosegi zaiku, la marqueterie de bois géométrique propre à la région. On y apprend à “raser le zuku”, ces fines lamelles de bois aux motifs imbriqués, que l’on transforme ensuite en cadre photo à rapporter chez soi. L’espace, conçu comme un atelier d’artisan, évoque les vieux ateliers d’Hakone où la tradition se transmettait de génération en génération.
Hoshino Resorts KAI Hakone
32 clés, à partir de 414 euros la nuit
230 Yumotochaya, Hakone, Ashigarashimo District, Kanagawa
Infos et réservations
Avec son hub ultra-efficace d'Helsinki, Finnair s'impose comme une option de choix pour rejoindre le Japon depuis Paris. Élue meilleure compagnie d'Europe du Nord pour la 15ᵉ année consécutive lors des World Airline Awards 2025, elle assure jusqu'à trois vols quotidiens entre Paris-CDG et Helsinki, puis jusqu'à neuf liaisons quotidiennes vers Tokyo (Haneda et Narita), ainsi que vers Osaka, Nagoya et Sapporo. Grâce à un aéroport compact où les transits s'effectuent en 40 à 45 minutes, le temps de trajet total vers Tokyo avoisine 18 heures. La flotte moderne d'Airbus A350 offre cabines Premium Economy et Business AirLounge avec Wi-Fi et divertissement en vol. En basse saison, les allers-retours démarrent autour de 740 - 900 € en classe éco.



