Emmanuelle Dreyfus, Le jeudi 23 juillet 2026Quelles expositions voir en août 2026 à Paris et en France ?
1. Les expositions à ne pas manquer en août | Maurizio Cattelan au Centre Pompidou-Metz
Depuis sa création en 2019, Comedian - la célèbre banane scotchée au mur de Maurizio Cattelan - ne cesse de susciter débats et incidents. En juillet 2025, alors qu'elle était exposée au Centre Pompidou-Metz, un visiteur mange le fruit. La banane est remplacée, conformément au protocole défini par l'artiste. Fin mai 2026, nouvel épisode : cette fois, la banane disparaît purement et simplement, poussant le musée à porter plainte contre X. Le trublion de l'art contemporain, lui, s'amuse de voir le public « confondre le fruit avec l'œuvre elle-même ». Difficile de rêver meilleure publicité pour une exposition qui a fait du mouvement perpétuel son principe même.
Car Un dimanche sans fin n'est pas une exposition, c'est un organisme vivant. Pensée par le roi de la provocation avec Chiara Parisi, directrice du Centre Pompidou-Metz, elle déploie près de 400 pièces de la collection du Centre Pompidou, confrontées à une quarantaine d'œuvres de Maurizio Cattelan : du gigantesque squelette de chat Felix au baby-foot Stadium, régulièrement activé lors de matchs improvisés. Le parcours, construit comme un abécédaire en 27 sections dans une scénographie constellaire, se renouvelle sans cesse : le Berger des nuages de Jean Arp a rejoint la déambulation, un panorama napolitain de Monsù Desiderio dialogue désormais avec La Querelle des universaux de Magritte et le Mini-Me de Cattelan, tandis que La Roue de bicyclette de Duchamp, premier ready-made de l'histoire, s'est invitée en février dernier.
-
Cattelan, Comedian, 2019 © Zeno Zotti. Maurizio Cattelan’s Archive et Galerie Perrotin
Une raison de plus de se rendre à Metz : le légendaire mur de l’atelier d’André Breton, composé de 255 objets et œuvres, quittera le musée en septembre. Août est donc le dernier mois pour découvrir le mur d’André Breton dans sa présentation actuelle. À partir de septembre, il laissera place à un nouvel accrochage consacré à la collection du poète, organisé autour de son bureau et enrichi d’œuvres du Centre Pompidou et de la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet. L’exposition se poursuivra donc, mais sous une forme entièrement renouvelée.
Maurizio Cattelan
Jusqu'au 25 janvier 2027
Centre Pompidou-Metz 1, parvis des Droits-de-l'Homme, Metz
L'hôtel à réserver ? À cinq minutes à pied du musée, l'hôtel de Metz la Maison Heler est l'autre attraction surréaliste du quartier de l'Amphithéâtre. L’hôtel se présente comme un monolithe de neuf étages surmonté d’une maison lorraine du XIXᵉ siècle, comme posée en équilibre au-dessus du bâtiment. Philippe Starck y a donné forme à l’univers de La Vie minutieuse de Manfred Heler, un conte qu’il a lui-même imaginé.
-
© Maison Heler
Maison Heler
104 chambres, prix à partir de 246 euros
1 rue Jacques Chirac, 57000 Metz
2. Henry Taylor au Musée Picasso | Première rétrospective en France du peintre américain
Parmi les expositions à ne pas rater en août 2026 à Paris : Henry Taylor au Musée Picasso. Il a grandi à Oxnard, en Californie, dans l'ombre des champs de fraises et des raffineries. Avant même d'entrer aux Beaux-Arts, Henry Taylor travaillait comme aide-soignant dans un hôpital psychiatrique, rencontrant dans les couloirs les visages qu'il allait ensuite peindre. C'est peut-être là que tout s'est noué : cette attention absolue aux existences ordinaires, ce refus de la hiérarchie entre les corps.
Né en 1958, il est aujourd'hui l'une des voix majeures de la peinture américaine et le Musée national Picasso-Paris lui consacre sa première rétrospective en France. L'exposition déploie sur deux étages et treize salles une centaine d'œuvres - peintures, sculptures, assemblages - qui forment un portrait en creux d'une Amérique que l'on ne montre pas : les sans-abri du quartier, les anciens combattants, les figures noires de l'histoire qu’Henry Taylor soustrait à leur socle héroïque. Son Martin Luther King joue au ballon avec ses enfants.
-
Henry Taylor, "Split", 2013 © The Lumpkin-Boccuzzi Family Collection. Sam Kahn
Le trait est rapide, presque brusque - Taylor revendique de peindre vite -, les perspectives s'écrasent, les plans basculent, les fonds se résument à de grands aplats francs : une gaucherie savante qui donne à ses figures une présence immédiate. Le dialogue avec le maître des lieux, lui, ne relève jamais de l'hommage sage. Les morceaux de carton et d'emballage qu’il colle à même ses toiles font écho aux premiers collages cubistes, et dans From Congo to the Capital, and black again, il réécrit Les Demoiselles d'Avignon en y substituant des femmes noires incarnées et singulières. Une façon de souligner, sans détour, ce que le modernisme occidental doit aux arts africains tout en refusant de le nommer. Le musée Picasso a fait de ces dialogues entre l'œuvre du maître espagnol et la scène américaine une ligne éditoriale, et après Faith Ringgold, Jackson Pollock et Philip Guston, c'est au tour d'Henry Taylor d'entrer dans la conversation. Et c'est tout simplement magnifique.
Henry Taylor. Where thoughts provoke
Jusqu'au 6 septembre, Musée national Picasso
Paris 5, rue de Thorigny, Paris 3e
L'hôtel à réserver ? À quelques minutes à pied, l'hôtel dans le centre de Paris Le Cour des Vosges occupe l'ancien hôtel de Montbrun, demeure du XVIIe siècle classée monument historique. Douze chambres et suites seulement, toutes avec vue sur le square Louis-XIII, pour une discrétion absolue.
-
Chambre, Le Cour des Vosges © Gdelaubier
Cour des Vosges
12 clés, prix à partir de 1050 euros
19 place des Vosges, Paris 4e
jusqu'à -25% sur cet hôtel avec le Club Yonder Voir les prix sur booking.com
3. Annette Messager | Carte blanche au Musée de la Chasse
Voici une autre expo immanquable à voir en août 2026 à Paris. Depuis les années 1970, Annette Messager peuple son œuvre de peluches éventrées, d'oiseaux naturalisés et de chimères cousues main, et pourtant ce tropisme animal n'avait jamais fait l'objet d'une exposition. Sur une quinzaine de salles et plus de 80 œuvres, la lauréate du Lion d'or de la Biennale de Venise (2005) tisse un dialogue malicieux avec les collections de l'hôtel de Guénégaud. Dans la salle du sanglier, elle glisse entre les pattes du mammifère un pseudo-marcassin affublé d'un masque d'éléphant écarlate ; dans le salon des chiens, son teckel naturalisé est affublé d'un masque chirurgical ; dans la salle d'armes, un lapin chasseur chiné en brocante retourne le fusil contre le braconnier, devant une scène de chasse peinte en 1661.
-
Une hirondelle ne fait pas le printemps Annette Messager © DR
Les pièces maîtresses côtoient des œuvres inédites parmi lesquelles Vingt-deux expressions dessinées sur papier Japon prennent le langage au pied de la lettre - avoir un chat dans la gorge, une faim de loup, la chair de poule - tandis qu'un ventilateur fait tournoyer une grappe de lapins dont on ne sait si la danse est nuptiale ou macabre. Ni fable morale ni plaidoyer militant, l’exposition compose plutôt une « grande ménagerie pulsionnelle », drôle et inquiétante, où les bêtes nous parodient et trahissent nos secrets. La plus grande exposition jamais consacrée à l'artiste en France, dans le plus singulier des écrins. A 82 ans, il était temps !
Une hirondelle ne fait pas le printemps Annette Messager
Jusqu'au 20 septembre 2026, Musée de la Chasse et de la Nature
62, rue des Archives, Paris 3e
L'hôtel spa à Paris à réserver ? À une vingtaine de minutes à pied du musée, direction l'hôtel avec rooftop So/Paris qui occupe les derniers étages de l'ancienne cité administrative Morland, réinventée par David Chipperfield (lauréat Pritzker 2023). Intérieurs signés RDAI (l'agence historique d'Hermès), spa Codage, piscine, et surtout Bonnie, le bar-restaurant des 15e et 16e étages coiffé d'une installation kaléidoscopique d'Ólafur Elíasson, avec l'île Saint-Louis et tout Paris à ses pieds.
-
© So/Paris
So/Paris
162 clés, prix à partir de 623 euros
10 rue Agrippa d'Aubigné, Paris 4e
jusqu'à -25% sur cet hôtel avec le Club YonderVoir les prix sur booking.com
4. Ellsworth Kelly à la Fondation Maeght | L'expo à voir en août 2026 à Saint-Paul-de-Vence
« Dans mes peintures, je n'invente pas ; mes idées proviennent d'une investigation constante de l'apparence des choses. » La confession date de 1991 et résume le grand paradoxe d'Ellsworth Kelly (1923-2015) : derrière les monochromes découpés et les aplats radicaux de l'un des peintres les plus influents du XXe siècle se cache un observateur obsessionnel, qui n'a jamais rien peint qu'il n'ait d'abord vu. Et ce qu'il a le plus regardé, toute sa vie, c'est l'eau - les reflets de la Seine depuis l'île Saint-Louis, les vagues de Belle-Île, la Méditerranée à Sanary, les Antilles à Saint-Martin. C'est ce fil aquatique, jamais exploré jusqu'ici, que déroule la Fondation Maeght dans une exposition conçue par Éric de Chassey, grand spécialiste de l'artiste, en partenariat étroit avec le Studio Ellsworth Kelly.
-
Ellsworth Kelly, Long Bay Beach, 1977 © Ellsworth Kelly Studio
Sur tout le rez-de-jardin du bâtiment historique, plus d'une centaine d'œuvres - des toiles monumentales aux collages format carte postale, où des formes abstraites semblent littéralement émerger de la surface liquide - révèlent la méthode Kelly : traduire non pas l'eau elle-même, mais la perception qu'on en a, ses paradoxes visuels, cette « immobilité perpétuellement en mouvement ». L'exposition sonne aussi comme un retour aux sources ; c'est en 1948, grâce à une bourse obtenue pour sa participation au Débarquement, que le jeune homme revient en France, où la famille Maeght l'expose très tôt et l'accueille à plusieurs reprises dans sa maison de Saint-Paul-de-Vence. L'amitié avec Adrien Maeght durera d'ailleurs jusqu'à la fin de sa vie. En parallèle de cette grande exposition estival, la fondation présente Le temps Courrège, une carte blanche au photographe Peter Knapp.
Ellsworth Kelly - Aux bords de l'eau
Jusqu'au 15 novembre, Fondation Maeght
623, chemin des Gardettes, Saint-Paul-de-Vence
L'hôtel à réserver ? À cinq minutes en voiture, l'hôtel de Provence Toile Blanche est situé sur l'ancienne route des Serres. Cet hôtel pour amateurs d'art est tenu par les frères Leroy, trio d'artistes belges qui invitent aussi d’autres artistes en résidence et dont les œuvres essaiment dans les jardins entre oliviers et lavande. Vingt-deux suites, deux piscines, une guinguette pour les déjeuners à l'ombre et le village perché à vingt minutes à pied.
-
© Toile Blanche
Toile Blanche
22 clés, prix à partir de 592 euros
826 chemin de la Pounchounière, 06570 Saint-Paul-de-Vence
5. Frank Stella au MAMC+ | Du minimalisme au maximalisme
En décembre 1959, à 23 ans, Frank Stella entre au MoMA à New York avec quatre toiles monochromatiques noires. Vingt ans plus tard, le même homme produit des reliefs baroques en métal et bois peints, inspirés de synagogues polonaises détruites, avant de consacrer onze ans et plus de 250 œuvres à Moby Dick, dans un chaos exubérant de sérigraphies marbrées et de collages rehaussés à la main. C'est cette trajectoire que déroule cette exposition à voir en août : comment le pape du minimalisme est devenu le plus maximaliste des artistes de sa génération, comment le théoricien de la planéité absolue a fini par produire des reliefs en trois dimensions, chaque volte-face ayant été validée par l'histoire de l'art.
-
Frank Stella. Minimal / Maximal, MAMC+, 2026 © Marc Domage
Première monographie muséale depuis sa disparition en mai 2024, l'événement n'atterrit pas à Saint-Étienne par hasard : le MAMC+ fut l'un des premiers musées français à parier sur l'Américain, acquérant dès 1973 le monumental Agbatana II de la série Protractor - point de départ d'un parcours de près de 1 000 m² et d'une centaine de pièces, de la peinture à l'estampe jusqu'aux projets architecturaux. On y croise ses amitiés fondatrices - Carl Andre, Donald Judd, Ellsworth Kelly - et l'œil complice du photographe Hollis Frampton, dont la série The Secret World of Frank Stella, 52 tirages parodiant un livre consacré à Picasso, documente avec humour la mue d'un inconnu en célébrité. « What you see is what you see », martelait l’artiste pour couper court aux interprétations.
Frank Stella. Minimal / Maximal
Jusqu'au 3 janvier 2027,
MAMC+, rue Fernand Léger, Saint-Priest-en-Jarez
L'hôtel à réserver ? Faute de belles adresses où séjourner à Saint-Étienne, mieux vaut poser ses valises à Lyon et profiter du week-end pour faire une escapade afin de découvrir l’exposition. A Lyon, on recommande chaudement la Villa Florentine. Cet ancien couvent du XVIIe siècle a rouvert fin avril après une rénovation signée Joséphine Fossey. Bar speakeasy Segreto, spa flambant neuf et vue plongeante sur les toits du Vieux-Lyon en font l'un des plus beaux hôtels de luxe de Lyon.
-
Villa Florentine © Quentin Tourbez
Villa Florentine
25 Mont Saint-Barthélémy, 69005 Lyon
42 clés, prix à partir de 240 euros
Accédez à notre sélection d’hôtels 4*, 5* et palaces à des conditions uniques : tarifs exclusifs, surclassement, voucher au spa…



