C’est une étape de plus dans les ambitions européennes de Flexjet. Le spécialiste américain des jets privés en propriété partagée vient d’inaugurer à Farnborough, à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest du centre de Londres, son premier terminal en propre sur le Vieux Continent.
Déjà bien implanté aux États-Unis, où Flexjet compte neuf terminaux (actifs ou en cours de déploiement), la compagnie installe à Farnborough, aéroport britannique entièrement dédié à l’aviation d’affaires, sa tête de pont européenne. Et, peut-être, un relais stratégique vers le Moyen-Orient et l’Asie. Pour Kenn Ricci, président de Flexjet, Farnborough constitue « un moment décisif dans l’expansion mondiale » du groupe. Le dirigeant présente également le projet comme « l’investissement dans les infrastructures le plus ambitieux réalisé à ce jour par l’entreprise en dehors de son siège nord-américain ».

Un terminal exclusivement réservé aux clients Flexjet
Contrairement aux FBO (Fixed-Base Operator) traditionnels, où se croisent les clients de différents opérateurs, ce nouveau terminal, ouvert sur le tarmac et indépendant du terminal principal de l’aéroport, est exclusivement accessible aux propriétaires Flexjet et à leurs invités voyageant à bord de l’un des 350 jets privés et hélicoptères de la flotte de l’opérateur. Flexjet a investi 34 millions de dollars dans ce nouveau hub de 2 100 m2, qui abrite également le siège européen de la compagnie, un centre de contrôle et une académie de formation. Une configuration qui garantit davantage de confidentialité et de discrétion aux clients, tout en permettant à l’entreprise de maîtriser l’ensemble du parcours au sol, avec ses propres espaces d’accueil, mais aussi des procédures de sécurité et d’immigration dédiées. À proximité immédiate, un hangar de 3 530 m² est consacré à la maintenance et à la réparation des appareils.
Dans les coulisses du nouveau terminal Flexjet
Le 10 septembre 2026, Yonder était convié à visiter en avant-première le terminal conçu par l’agence Carver Hain Art + Design dans les codes de l’hôtellerie de luxe et des clubs privés. Au rez-de-chaussée, le lounge réunit une sculpture de l’artiste britannico-canadien David Spriggs, un bar central où sont servis champagnes et grands vins, parmi lesquels des crus de Château Cheval Blanc, ainsi que des salons et salles de réunion privés. La pièce maîtresse est cette reproduction à taille réelle de la cabine du Gulfstream G700, le jet long-courrier de la compagnie, avec la suite principale de la collection LXi Cabin.

À l’étage, que nous avons également pu visiter, se trouve le Tactical Control Centre, où les équipes suivent en temps réel les opérations depuis une vaste salle aux allures de tour de contrôle. Le reste de l’étage accueille les bureaux flambant neufs du siège européen et la Red Label Academy, l’école interne où sont formés quelque 300 membres du personnel de cabine, dans des espaces reproduisant au plus près les conditions de vol, jusqu’aux cuisines, identiques à celles des appareils.
Cette offensive européenne intervient alors que la compagnie, fondée en 1995 et dont le siège est à Cleveland, a levé 800 millions de dollars en 2025 auprès d’un consortium mené par L Catterton, le fonds d’investissement auquel LVMH est associé. Récemment, la compagnie s’est également rapprochée de plusieurs acteurs clés du luxe et du sport. Elle s’est notamment associée au constructeur italien de yachts Riva pour imaginer des intérieurs d’avions et d’hélicoptères reprenant les codes nautiques de la marque. Depuis juillet 2026, Flexjet est également le fournisseur officiel d’aviation privée de la Formule 1.





