Emmanuelle DreyfusEmmanuelle Dreyfus, Le jeudi 27 août 2026
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Les 5 expositions à voir en septembre 2026 à Paris et en France

Quelles expositions voir en septembre 2026 ? De Cézanne au Grand Palais à Daniel Buren à Giverny, en passant par Animalia à l’Hôtel de la Marine, Toulouse-Lautrec à Aix-en-Provence et Madeleine de Sinéty au Jeu de Paume, voici cinq expos à ne pas manquer pour une rentrée sous le signe de l’art.
  • Une expo à voir en septembre 2026 : Daniel Buren à Giverny © Stéphane Abouraman
    Une expo à voir en septembre 2026 : Daniel Buren à Giverny © Stéphane Abouraman
  • Madeleine de Sinéty New York, 1972
    Madeleine de Sinéty New York, 1972

1. Cezanne au Grand Palais : l’exposition évènement de la rentrée à voir à Paris

Dans les années 1880-1890, un peintre lassé de ses échecs a cessé de chercher à exposer. Ses toiles s'entassent pourtant dans la boutique du père Tanguy, marchand de couleurs de Montmartre, où quelques jeunes artistes les découvrent avec stupéfaction : cette radicalité formelle conforte exactement ce qu'ils cherchent, un art « pur ». Cinquante ans plus tard, Picasso en fera « notre père à tous ». C'est cette postérité sans équivalent que raconte pour la première fois cette exposition à Paris, qui réunit environ 180 œuvres, dont 70 de Paul Cezanne (1839-1906) et 75 d'artistes qui, de la fin du XIXe siècle à aujourd'hui, ont trouvé chez lui la liberté de réinventer la peinture.

  • Marsden Hartley, Mont Sainte-Victoire (montagne rouge) Vers 1927, 50.8x61cm Huile sur toile © The Vilcek Foundation Collection photo The Vilcek Foundation
    Marsden Hartley, Mont Sainte-Victoire (montagne rouge) vers 1927 © The Vilcek Foundation Collection 
     

Le parcours suit d'abord les étapes d'une reconnaissance : le rôle décisif du marchand Ambroise Vollard et de ses expositions entre 1895 et 1906, les premières acquisitions muséales, la rétrospective posthume du Salon d'automne de 1907, puis les avant-gardes européennes des années 1910 qui s'emparent toutes de la même phrase : « L'art est une harmonie parallèle à la nature » pour en tirer des conclusions opposées. Après-guerre, l'abstraction lyrique, l'art optique et la peinture hard edge se réclament du même maître. Et le postmodernisme finit par interroger sa position mythique. Chacun défend son Cezanne autant que la voie qu'il explore : c'est là tout le sujet.

Du 23 septembre 2026 au 17 janvier 2027
Grand Palais, galeries 3 et 4, Paris 8e

  • Natalia Gontcharova, Composition, 1913-1914, Huile sur toile, 104.2x97cm Centre Pompidou, Mnam Centre de création industrielle © Adagp, Paris, 2026 photo Centre Pompidou, MNAM-CC
    Natalia Gontcharova, Composition, 1913-1914 © Adagp, Paris, 2026 Centre Pompidou, MNAM-CC
     

L'hôtel ? Cent ans dans le Triangle d'or et pas une ride. L'hôtel 5 étoiles à Paris Le Grand Powers change de couleur à chaque étage - rose poudré, vert céladon, bleu - et joue l'Art déco avec une pointe d'anglomanie, souvenir de ses premiers clients britanniques. Marbre, laiton vieilli, chêne. Et sous les toits, une suite de 75 m² avec vue sur tour Eiffel : autant dire qu'on ne sort plus.

  • Executive Room balcony © Hotel Grand Powers
    Executive Room balcony © Hôtel Grand Powers
     

Grand Powers
52 rue François-1er, Paris 8e
50 clés, prix à partir de 851 euros la nuit

jusqu'à -25% sur cet hôtel avec le Club Yonder Voir les prix sur booking.com

Approchez-vous : la plupart de ces pièces ne se livrent que de près, dans le raffinement du détail et la précision du dessin

2. Animalia à l'Hôtel de la Marine : le bestiaire des puissants

Sept objets précieux trônent comme des reliques dans la pénombre, sous la désormais familière pluie de feuilles dorées de la première salle d’exposition dédiée à la Collection Al Thani. Cette mise en bouche, pour le moins solennelle annonce toute la richesse de ce foisonnant bestiaire qui couvre 4000 ans d’histoire et de pouvoir. Place d’abord au cheval, image publique des souverains, avec une minuscule jument de bronze laconienne offerte aux dieux vers 750 avant notre ère ou encore un magnifique poignard moghol à tête de cheval en jade du XVIIe siècle. Puis vient naturellement le cortège des fauves, dont les élites de toutes les civilisations ont fait l’emblème de leur autorité : une coupe à libation de Nabuchodonosor II côtoie ainsi un splendide vase double en forme de lions dressés, daté du VIe siècle avant J.-C. et une boucle de ceinture chinoise en forme de tigre, mêlant bronze, or et argent, portée par un dignitaire de la période des Royaumes combattants.

  • Vue de l’exposition “Animalia” © The Al Thani Collection 2026. All rights reserved. Photographie par Marc Domage
    Exposition Animalia © The Al Thani Collection 2026 - Marc Domage
     

Le pouvoir n'a pourtant pas l'exclusivité du bestiaire : ours, cerfs ou encore chats s'y glissent aussi, à l'image de cette statuette d'ours en bronze et or, à peine plus grande qu'un poing, où l'animal se gratte l'oreille avec sa patte. Changement de registre avec les dessins d’oiseaux réunis par Cassiano dal Pozzo (1588-1657) et les planches de l’Histoire naturelle de Buffon (1707-1788) qui illustrent le basculement de l’admiration vers l’étude, le règne animal devient objet de science.

Le parcours glisse ensuite vers les figures sacrées et mythologiques : Thot prend les traits d’un babouin, Sobek-Rê ceux d’un crocodile à tête de faucon, tandis qu’un chaman olmèque semble se fondre dans une métamorphose en jaguar. Autant de représentations où l’animal devient une figure de passage entre le monde des hommes et celui des dieux. Plus loin, le réel cède définitivement la place à l’imaginaire avec les centaures, griffons et autres créatures fantastiques qui achèvent ce bestiaire hors du commun. Un conseil, approchez-vous car la plupart de ces pièces ne se livrent que de près, dans le raffinement du détail et la précision du dessin.

Jusqu'au 10 janvier 2027, tous les jours 10h30-19h, nocturne le vendredi jusqu'à 21h30
Hôtel de la Marine, 2 place de la Concorde, Paris 8e

  • Vue de l’exposition “Animalia” © The Al Thani Collection 2026. All rights reserved. Photographie par Marc Domage
  • Vue de l’exposition “Animalia” © The Al Thani Collection 2026. All rights reserved. Photographie par Marc Domage

 

L’hôtel ? Sans hésitation le Normandy Le Chantier. Installé dans le premier arrondissement de Paris, le Normandy Hôtel a entamé sa rénovation en 2019 et transformé ses travaux en véritable concept hôtelier. Clients, ouvriers, architectes et artistes ont été invités à cohabiter pendant la transformation du bâtiment, dans un décor où les traces du chantier font partie de l’expérience. Certaines chambres ont déjà été entièrement rénovées et la fin des travaux est prévu en 2027.

  • Normandy Hotel | Suite © Normandy Le Chantier
    Suite © Normandy Le Chantier
     

Normandy Le Chantier
7 rue de l'Échelle, Paris 1er
105 clés, prix à partir de 221 euros la nuit

jusqu'à -25% sur cet hôtel avec le Club Yonder 

3. Expo à voir en septembre 2026 : Daniel Buren dialogue avec Monet à Giverny

Parmi les expositions à ne pas manquer en septembre : l'artiste Daniel Buren à Giverny. Sur la colline qui surplombe Giverny, des disques rayés, blancs et colorés, plantés sur de longs mâts, ponctuent la prairie que Monet peignait depuis sa fenêtre. Ils descendent jusqu'aux jardins, traversent le hall du musée, s'invitent jusque dans les salles de collection. Pour le centenaire de la disparition de Monet, Cyrille Sciama et Sylvie Patry ont convié Daniel Buren à investir la totalité du site : près d'une centaine d'interventions, sous le titre Plantations, qui empruntent son outil de toujours, des bandes verticales de 8,7 cm, blanches et colorées.

  • © Octave Bénard-091
    © Octave Bénard-091
     

L'artiste n'était pas revenu à Giverny depuis les années 1960-1970 ; sa visite de la maison et du jardin en février 2025, en plein hiver, dans une atmosphère presque intime, l'a profondément marqué, et a scellé le projet. Pourtant, tout semble opposé la pratique de ses deux artistes. Mais Sylvie Patry et Cyrille Sciama, commissaires de l’exposition pointent une même obsession de la lumière et de ses variations, déjà à l'œuvre dans l'Observatoire de la lumière que Buren avait conçu pour la Fondation Louis Vuitton en 2016, où des filtres colorés faisaient miroiter l'architecture de Frank Gehry au fil des heures, comme Monet scrutant sa cathédrale de Rouen. Chez l'un comme chez l'autre, la série n'est jamais une répétition mais une variation. À l'intérieur, l'installation continue de dialoguer avec les collections du musée, de l'impressionnisme à la création contemporaine. Un pari, pour l'artiste comme pour le visiteur : l'effet ne se révèle vraiment qu'une fois le dispositif en place, dehors comme dedans.

Jusqu’au 1er novembre 2026, ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h
Musée des impressionnismes Giverny, 99 rue Claude Monet, 27620 Giverny

  • © Stephane-ABOUDARAM-WEARECONTENTS_Daniel-BUREN-PLANTATIONS_7782
    © Stéphane Aboudaram We are Concents 
     

L’hôtel ? Le Domaine de Primard offre une parenthèse champêtre idéale pour un week-end proche de Paris. Installé dans un parc romantique de 40 hectares, labellisé Jardin remarquable où il fait bon déambuler bercé par le bruit de l’eau, la demeure Fontenille Collection cultive l’esprit d’une maison de campagne, service 5 étoiles en plus.

  • Domaine-de-Primard_10016_©_Benoit-Linero
    Domaine de Primard © Benoit Linero
     

Le Domaine de Primard
D16, 28260 Guainville
39 clés, prix à partir de 276 euros la nuit

jusqu'à -25% sur cet hôtel avec le Club Yonder Voir les prix sur booking.com

Henri de Toulouse-Lautrec avait le don de cerner ses modèles en quelques attributs reconnaissables entre mille

4. Toulouse-Lautrec à Aix-en-Provence : la fabrique des idoles

Une écharpe rouge, des gants noirs, une collerette jaune : Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901) avait le don de cerner ses modèles en quelques attributs reconnaissables entre mille permettant de graver une silhouette dans la mémoire collective. Aristide Bruant, Yvette Guilbert, Jane Avril... autant d'icônes que l'artiste a contribué à fabriquer. C'est ce mécanisme que cette exposition explore à travers près d'une centaine d'œuvres, peintures et lithographies mêlées, révélant un langage plastique nourri du japonisme et de la technique du crachis.

  • Toulouse Lautrec - La grande loge (1897) © Peter Schälchli
    Toulouse Lautrec - La grande loge (1897) © Peter Schälchli
     

Tout commence en 1891 avec une commande du Moulin Rouge : au lieu des figures féminines interchangeables de l'affiche traditionnelle, Lautrec campe la Goulue et son partenaire désarticulé Valentin-le-Désossé, simplifie les formes à l'extrême. La méthode devient si redoutable que dans le Divan Japonais (1892-1893), une silhouette gantée de noir à l'arrière-plan suffit à évoquer Yvette Guilbert sans montrer son visage. L'exposition explore ensuite ses liens avec la presse, la publicité et le théâtre, avant de revenir à la peinture avec la Femme au boa noir (1892), prêt exceptionnel du musée d'Orsay. Chroniqueur sans complaisance d'un Paris où le spectacle est partout, Lautrec reste son observateur le plus incisif.

Jusqu'au 4 octobre 2026
Caumont-Centre d'Art, 3 rue Joseph Cabassol, Aix-en-Provence

  • MTL.77 (c) F.Pons musée Toulouse-Lautrec, Albi
    MTL.77 (c) F.Pons musée Toulouse-Lautrec, Albi
     

L'hôtel ? L’institution aixoise Le Pigonnet, qui s’est offert une cure de jouvence pour son centenaire en 2024 sous la houlette de Jacques Garcia. Cette bastide du XVIIIe siècle conçue comme une « folie » déploie deux hectares de jardins à la française où Barbara, Gainsbourg, Juliette Gréco et Clint Eastwood ont séjourné et où la tradition locale veut que Cézanne ait posé son chevalet face à la Sainte-Victoire.

  • Hotel Le Pigonnet - Gilles Trillard - Villa du Pigonnet
    Hôtel Le Pigonnet - Gilles Trillard - Villa du Pigonnet
     

Le Pigonnet
5 avenue du Pigonnet, Aix-en-Provence
55 clés, prix à partir de 222 euros la nuit

jusqu'à -25% sur cet hôtel avec le Club Yonder Voir les prix sur booking.com

Un véritable coup de foudre pour cette photographe humaniste

5. Derniers jours : Madeleine de Sinéty au Jeu de Paume

Été 1972. Une illustratrice de mode de 37 ans quitte la nationale bondée en revenant de Bretagne et s'arrête par hasard à Poilley, un village d'Ille-et-Vilaine de cinq cents âmes. L'odeur des foins, le bruit des charrettes lui rappellent la ferme du château de son enfance, celle dont l'accès était formellement interdit aux enfants du comte et de la comtesse. Mais plus personne ne lui interdit rien. En quelques jours, Madeleine de Sinéty (1934-2011) met fin à sa carrière parisienne et s'installe pour huit ans dans ce village où elle aidera aux travaux des champs, appareil autour du cou, en toutes saisons. Le résultat tient dans une liste lapidaire notée dans son journal : 33 280 diapositives couleur, 23 076 négatifs noir et blanc. Cette première rétrospective, coproduite avec la Médiathèque du patrimoine et de la photographie, suit chronologiquement une vie entière passée du côté de ceux dont l'histoire ne s'écrit pas.

  • Madeleine de Sinéty Paris, 1970
    Madeleine de Sinéty Paris, 1970
     

Les derniers trains à vapeur d'abord, qu'elle photographie avec son compagnon journaliste depuis la cabine des conducteurs, montée clandestinement aux passages à niveau. Puis le Montparnasse d'avant la tour, qu'elle qualifie dans ses carnets de « mirador de cauchemar », ses cafés ouvriers et ses affiches de riverains contre les expulsions. Le Meatpacking District de Manhattan au petit matin. Enfin Rangeley, dans le Maine, où elle devient la photographe attitrée des mariages et des remises de diplômes. De son vivant, elle n'aura exposé que deux fois. Il faudra attendre 2020 pour que son œuvre commence enfin à sortir de l'ombre. Un véritable coup de foudre pour cette photographe humaniste.

Jusqu’au 24 septembre 2026, ouvert le mardi de 11h à 21h, et du mercredi au dimanche de 11h à 19h. Fermé le lundi | 14 € / 9,50 €
Jeu de Paume, 1 place de la Concorde, Paris 1er

  • Madeleine de Sinéty Les Foins, Le Bas- Morand, 1974
    Madeleine de Sinéty Les Foins, Le Bas- Morand, 1974
     

L'hôtel ? Sur la discrète place de Valois, le Grand Hôtel du Palais-Royal vient de repenser ses 59 chambres et suites, une rénovation confiée à la décoratrice Léonora Beaubois après celle du Café 52. Le motif dominant ? La rayure, clin d'œil aux colonnes de Buren plantées à quelques mètres de là, déclinée en beige et anthracite sur des velours, du galuchat et du chêne brossé. L'un des plus beaux hôtels proches du Palais Royal.

  • Le Grand Hotel du Palais Royal © DR
    Le Grand Hôtel du Palais-Royal © DR

Grand Hôtel du Palais-Royal
4, rue de Valois, Paris 1er
59 clés, prix à partir de 851 euros la nuit

jusqu'à -25% sur cet hôtel avec le Club Yonder Voir les prix sur booking.com