Emmanuel Laveran, Le mardi 26 mai 2026Notre avis sur l’hôtel Le Provençal à Giens, la renaissance la plus désirable de la Riviera varoise
Le Provençal, l’âme de la presqu’île de Giens
Il y a des hôtels qui racontent bien davantage qu’un séjour, des maisons qui condensent plusieurs époques, une localisation rare, un art de vivre insulaire, indolent et tranquille. Sur la presqu’île de Giens, face à Porquerolles et ses îles d’Or, le Provençal appartient à cette catégorie d’adresses dont le charme dépasse l’entendement et les idées reçues.
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L’hôtel Le Provençal © Claire Israel
Au bout de la route du Sel, dans un décor exceptionnel de pinèdes, de criques sauvages, cet hôtel 4 étoiles, dont la rénovation complète sera achevée début juillet 2026, dévoile une vision très personnelle de la Côte d’Azur. Une Riviera cachée, discrète, solaire, authentique, au charme absolu. Ici, pas de démonstration ostentatoire mais une atmosphère de maison de vacances où l’on passe le plus naturellement du monde d’un bain de mer à un apéritif avec vue sur les îles. En deux mots : le bonheur.
Une histoire familiale née dans les années 1950
L’histoire du Provençal commence avec Marius Michel, le grand-père, enfant du pays devenu chef exécutif et cofondateur du Lido à Paris en 1947. Revenant régulièrement sur ses terres varoises avec le rêve de créer un hôtel, il achète petit à petit plusieurs terrains et bâtiments qu’il regroupe et transforme. Le succès du Lido aidant, ce visionnaire imagine alors une adresse à contre-courant des palaces de la Côte d’Azur : un lieu convivial avant tout, à la fois ouvert sur le village de Giens et tourné vers la Grande Bleue. Unique.
C’est ainsi qu’au fil des décennies, le Provençal devient un repaire de personnalités du spectacle, d’artistes et d’amoureux de la presqu’île. Son iconique piscine d’eau salée creusée dans la roche, ses terrasses suspendues face aux îles et ses jardins descendant vers la mer forgent peu à peu une légende locale.
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La piscine d'eau salée de l'Hôtel Le Provencal © Claire Israel
Depuis 2012, les petits-fils du fondateur, Damien et Benjamin Piffet, accompagnés de leurs compagnes Lene Arentsen et Julie Liger (qui n’est autre que la curatrice de la Villa Noailles), poursuivent l’aventure familiale avec une vision précise : préserver l’esprit originel de l’hôtel tout en le réinventant complètement. Pour signer cette renaissance, ils engagent de lourds travaux et font appel au designer Rodolphe Parente.
L’hôtel Provençal renaît, le moindre détail de déco est étudié… et le résultat est époustouflant !
Une esthétique Riviera 50’s parfaitement maîtrisée
Dès l’arrivée, Le Provençal exhibe une atmosphère délicieusement rétro. Entre architecture moderniste, fresques murales, mobilier vintage, nuances pastel, pierres naturelles, détails inspirés de l’après-guerre, l’hôtel cultive un charme délicieusement 50’s pimpé d’œuvres d’art et de design contemporaines.
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Hôtel Le Provencal © Claire Israel
Les espaces communs jouent avec les références méditerranéennes : grandes ouvertures sur la mer, matières minérales, touches colorées, jeux de lumière... Le résultat évoque autant les grandes heures de la Riviera française que les adresses lifestyle les plus tendance du moment, tout en cultivant un style singulier, hors du temps.
Partout, l’hôtel entretient cette sensation de décontraction sophistiquée dans laquelle on évolue comme à la maison, sans le moindre souci d’être reconnu ou observé.
Des chambres ouvertes sur la Méditerranée ou le village
Hôtel de bord de mer, les 41 chambres et suites s’ouvrent soit sur la Méditerranée, les pins et les îles à 180 degrés, soit sur un village de carte postale aux toits de tuiles ocres.
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Une chambre de l’Hôtel Le Provencal © Claire Israel
A l’intérieur, la décoration ne laisse absolument rien au hasard. Lignes épurées, mobilier sur mesure, tonalités naturelles, photos ou tableaux contemporains. Pas de télé mais un poste de radio, branché sur une fréquence jazz. Ici, on entre en mode « bout du monde », on s’échappe, on laisse superficialité et conventions sociales de l’autre côté de la route du Sel, chez les continentaux. La presqu’île de Giens rappelle un peu le Cap Ferret, l’Ile de Ré, la Corse ou l’Ile d’Yeu : un monde de poche, à part. Calme, vie de village tranquille, côte découpée, déco design pointue… synthétisent l’âme du lieu, l’esprit robinsonnade en plus.
Les plus belles catégories de suites offrent des panoramas spectaculaires sur Porquerolles et les reliefs du littoral varois (côté mer) mais les chambres côté village de Giens dévoilent aussi des perspectives réjouissantes sur les murs colorés des maisons et même les marais salants ou les collines d’Hyères. En bref, le décor et la vue justifient à eux seuls le voyage.
Deux hectares de littoral et une longue piscine d’eau de mer
Impossible d’évoquer Le Provençal sans parler de ce vaste domaine de 2 hectares en bord de mer qui constitue le jardin et l’autre pôle d’attraction majeur de l’hôtel, situé en contrebas, à 5 minutes à pied en empruntant un chemin goudronné.
Le long du sentier du littoral, au bord de l’eau, il y a d’abord cette piscine iconique creusée dans la roche, qui regarde le grand large. Signature de l’hôtel, le bassin semble suspendu au-dessus de la Méditerranée. La plage en ciment, entouré de pins et ouverte sur l’horizon, les parasols jaune citron et la longue piscine résument souvent à raison le Provençal sur instagram. Avec ses allures de décor de film des années 1960, la scénographie incarne une certaine idée des vacances sur la Riviera : balnéaires, authentiques, salées, spectaculaires, discrètes, cachées. Le regard se perd et l’on attend que s’installent sur un sunbed le jeune Alain Delon, Romy Schneider ou Jane Birkin… sans conteste l’une des plus belles piscines d’hôtel de la Côte d’Azur.
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Hôtel Le Provencal © DR
Plus haut, le parc dévoile d’autres atouts. Entre végétation méditerranéenne, terrasses, bancs ombragés, le restaurant Bar du Soleil offre une bistronomie locale d’exception avec vue imprenable, alors que le court de tennis domine les criques. Il s’agit en fait d’un véritable domaine privé, caché au bout du littoral varois. Pépite.
Vie de village et gastronomie
Le Provençal ne se contente pas d’être un hôtel avec vue mer : c’est aussi une destination à la fois culinaire et emblématique du cœur battant de la presqu’île de Giens. A droite de la réception, la Brasserie impose son zinc et ses tables de bistrot jusque sur la terrasse qui ouvre sur la place centrale et l’église Saint-Pierre. Là, on lit le journal, on boit l’apéritif, on prend le temps d’un café au comptoir, on expérimente le charme d’un village animé, vivant. L’ardoise, alléchante, est renouvelée chaque jour. Moules de Méditerranée, petits farcis (recette de la grand-mère, à tomber par terre), l’aïoli généreux, un plat du jour à moins de 20 euros… tout ce qu’on aime, simple, bon, qualitatif, à prix raisonnables.
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Le restaurant La Rascasse à Hôtel Le Provencal © Claire Israel
Au même étage mais de l’autre côté, avec sa terrasse vue mer et sa cheminée, la Rascasse joue une partition plus gastronomique. Les consonantes régionales résonnent tout autant : asperges à l’encre de seiche, espadon grillé, suprême de volaille de Bresse assorti de crevettes, bouillabaisse, maigre aux agrumes confits, carottes, sauge et fruit de la passion… jouxtent les incontournables poissons sauvages grillés. Les prix demeurent aussi maîtrisés que les assiettes. Les vins locaux sont célébrés à travers une carte éclectique.


Le Bar du Soleil prolonge quant à lui les déjeuners dans une ambiance décontractée, au-dessus de la piscine, à 10 minutes à pied, avec une vue mer de rêve. Le soir venu, une atmosphère joyeuse et conviviale habite l’hôtel. Habitants de Giens et voyageurs s’y retrouvent pour dîner, boire un verre ou regarder, les soirs de match, le seul écran télé du lieu.
Notre avis sur Le Provençal
Avec sa rénovation spectaculaire, le Provençal réussit ce que de rares hôtels historiques (comme la Folie Barbizon ou la Ponche de Saint-Tropez par exemple) parviennent réellement à accomplir : renaître sans perdre leur âme. Lorsque l’on organisera les prochaines vacances en bord de mer, en amoureux ou en famille, nul doute que l’on étudiera sérieusement l’option de réserver ici, au sein de ce paradis multifacette si bien pensé.
Le Provençal
Presqu’île de Giens, Hyères, Var
41 chambres et suites, prix à partir de 175 euros la nuit
Piscine d’eau de mer
3 restaurants et bars (auxquels il convient d’ajouter un espace barbecue au-dessus de la mer l’été)
Court de tennis (vue dantesque)
Avec sa rénovation spectaculaire, le Provençal réussit ce que de rares hôtels historiques (comme la Folie Barbizon ou la Ponche de Saint-Tropez par exemple) parviennent réellement à accomplir : renaître sans perdre leur âme. Lorsque l’on organisera les prochaines vacances en bord de mer, en amoureux ou en famille, nul doute que l’on étudiera sérieusement l’option de réserver ici, au sein de ce paradis multifacette si bien pensé.



