Christine RobaloChristine Robalo, Le samedi 27 mars 1926
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Mother Road : la Route 66 célèbre son centenaire en technicolor
Mother Road : la Route 66 célèbre son centenaire en technicolor
Le 11 novembre 2026, le ruban d’asphalte le plus mythique du Nouveau Monde soufflera ses cent bougies. Si l’ensemble des huit États est en fête, c’est à Santa Monica, là où le bitume plonge dans l’Océan, que les célébrations prennent une dimension spectaculaire. Entre caravanes de voitures de collection et festivals de jazz, la cité balnéaire devient le phare de ce centenaire.

Elle a inspiré Steinbeck, Kerouac, Nat King Cole et des générations de motards en quête d'absolu. Après avoir survécu à l’oubli et au triomphe des autoroutes géantes, la Route 66 s'apprête à redevenir l’épicentre du nomadisme tranquille. Loin du cliché du musée à ciel ouvert pour nostalgiques des fifties, cette colonne vertébrale de l’Amérique s'offre une cure de jouvence spectaculaire pour ses 100 ans. Un anniversaire qui vient prouver que le voyage lent - le vrai road trip - possède un magnétisme que les vols low cost ne rattraperont jamais.

Le centenaire de la route 66 se fête à Santa Monica © DR

 

Santa Monica, le point d'orgue de l'aventure

Le coup d’envoi a déjà été donné le 3 janvier 2026 sur le mythique Santa Monica Pier avec l’événement The Drive Home VII. En marge du célèbre Salon de l’automobile de Detroit, une caravane de neuf véhicules de collection a quitté le célèbre panneau End of the Trail pour traverser le pays à l’envers jusqu’à Chicago, puis Detroit. Ce périple symbolise la résilience d’un itinéraire de 3 945 km qui continue de fasciner les voyageurs internationaux, pour qui le road trip figure dans le top 3 des expériences les plus recherchées aux États-Unis.

Pour les aventuriers qui terminent leur traversée d’est en ouest, la récompense est désormais officielle : les centres d’information de Santa Monica délivrent des certificats de fin de parcours, un souvenir tangible pour marquer l’arrivée à l’intersection de Lincoln & Olympic Boulevards.

Le centenaire de la route 66 se fête à Santa Monica © asenseofhuber

 

Jazz, mélodies et néons vintage

Le programme culturel de 2026 s'annonce particulièrement dense sur la côte. Du 1er au 9 mai, le tout premier Santa Monica International Jazz Festival célébrera non seulement la Route, mais aussi le centenaire de la naissance de Miles Davis. On y attend notamment le saxophoniste Kamasi Washington pour des concerts en plein air au Tongva Park et sur la Third Street Promenade.

Le goût du défi s'invite jusque dans la programmation musicale avec un grand concours de chansons original. Jusqu'en septembre, les musiciens de tous horizons sont invités à composer l'hymne de ce centenaire, avec à la clé une dotation de 10 000 dollars pour l'artiste qui saura capturer l'esprit de la Mother Road.

Le centenaire de la route 66 se fête à Santa Monica © DR

 

Une hôtellerie qui cultive le mythe

Si la "66" fut jadis le canal de l'exode pour les familles en quête de travail ou le terrain de jeu des aventuriers en Harley, l’édition 2026, séduit une nouvelle clientèle. On y croise désormais une faune qui traque une nostalgie soigneusement éditée. L’hôtellerie de luxe s’est emparée du mythe, non pour le dénaturer, mais pour donner un certain lustre à sa patine, et les hôtels à Santa Monica ne sont plus ce qu'il manque.

On s'installe dans une des 21 chambres du Cuyama Buckhorn, près de Santa Maria, pour l’expérience radicale d’un motel ressuscité qui vibre au rythme de ses néons d'époque dont la lumière crépite à nouveau dans l'obscurité du désert. À quelques miles de là, la Casa del Mar ressuscite le faste clandestin des années 1920, là où Charlie Chaplin et les parias de la Prohibition venaient braver les interdits sous des plafonds cathédrale. Derrière sa façade de palais Renaissance égaré sur le sable, ce monument historique troque désormais ses passions illégales contre le luxe feutré du marbre impérial.

Le centenaire de la route 66 se fête à Santa Monica © DR

 

Pourquoi se jeter sur l'asphalte en 2026 ?

Parce que ce jubilé dépasse le folklore des courses de caisses à savon ou l’effervescence des festivals. C’est un sursaut d’histoire ! Sur ces tronçons autrefois mangés par les herbes folles, la signalétique fraîchement posée ne se borne plus à guider le voyageur : elle exhume une légende. Chaque burger saisi au comptoir d’un diner patiné, chaque nuit passée sous le bourdonnement d’un néon de motel familial, redonne du souffle à ce patrimoine en sursis.

C’est le moment idéal pour louer une décapotable, baisser les vitres et se laisser porter par le rythme de l'asphalte chaud jusqu'aux embruns de la Californie.

En savoir plus : santamonica.com