Céline Dassonville, Le lundi 05 janvier 2026Noé, belle table et cave royale rue Legendre
Voilà l’adresse idoine que le sage 17ᵉ attendait pour s’encanailler gentiment. Rue Legendre, non loin des Batignolles et de la rue de Lévis, Noé, néo-bistrot et cave à vins, fait une entrée remarquée. Une aubaine pour ce quartier plutôt résidentiel et encore avare en bonnes tables, à l’inverse d’un 11ᵉ ou d’un 3ᵉ saturé. Cela, les patrons l’ont bien compris. Porté par le duo père-fille de Mélina et Laurent Polito, le lieu cible cette belle clientèle à fort pouvoir d’achat, qui aime se faire plaisir avec des produits bien sourcés et des flacons à l’avenant.
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La cave du Noé © Alice Casenave
Les flacons justement, parlons-en. Le restaurant abrite une cave de 1 500 références, allant de 30 à 5 000 € la bouteille. Une partie se trouve sur place, dans une superbe cave voûtée et design aménagée au sous-sol avec pierres apparentes et grande table à partager (possibilité d’y organiser des repas avec accords mets-vins), l’autre dans une cave déportée à quelques encablures. Thibault Jaffre, jeune sommelier ultra doué, sera votre guide dans la découverte de cette belle carte cohérente, avec beaucoup d’entrées dans toutes les couleurs, régions et prix.
Déclinant harmonieusement une palette de vert sombre, bois bruns et tons clairs, l’écrin s’avère plaisant au déjeuner comme au dîner, avec cuisine ouverte, banquettes sur mesure, chaises japonaises, tables arrondies, ronds de serviette en cuir, suspensions en laiton et ce très beau claustra fait également sur mesure par un menuisier. C’est chaleureux, design et habité, sans tomber dans la caricature du lieu fomenté de pied en cap par un énième designer à la mode.
Mais la réussite de Noé ne réside pas seulement dans la curation viticole.
Et dans l’assiette ? Eh bien, c’est un quasi sans-faute également. Ancien bras droit d’Adrien Cachot chez Vaisseau dans le 11ᵉ (d’où il tire sans doute son appétence pour les abats), le chef Benjamin Arnaboldi concocte une jolie cuisine lisible et maîtrisée, « bistronomique » sans être prétentieuse, créative mais toujours accessible.
Pour nous, ce jour-là : des Raviolis de tourteau au bouillon d’agrumes bien équilibré (mais la Tête de veau, maquereaux, jus de câpres et piment nous faisait aussi de l’œil), suivis du plat du jour qui fit l’unanimité : à peine caché sous une feuille de pak choï, un Pressé de bœuf, jus de veau, jus de chlorophylle et miso du chef aux pignons. Viande légèrement gratinée, filaments tendres, parfait équilibre de toutes les saveurs et un talent certain pour les sauces : un régal ! Nous avons milité pour son insertion définitive à la carte.
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Benjamin Arnaboldi et Demi Kim © Alice Casenave
Les desserts ne déméritent pas à l’instar de ce Crémeux café, moelleux et glace miso, signé Demi Kim, sous-cheffe de 24 ans affichant déjà un beau parcours (Le Sketch*** restaurant à Londres par Pierre Gagnaire, Saisons* par Davy Tissot, Jérôme Nutile*). Bien vu, les petites assiettes à partager, fameuses, pour accompagner un verre ou deux : os à mœlle grillé, pâté en croûte, couteaux au pistou, Cecina de bœuf ou huîtres Perles de l’Impératrice n°3.
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Le pâté en croute de chez Noé @ Alice Casenave
Au déjeuner, formule entrée-plat ou plat-dessert à 34 €
ou entrée/plat/dessert à 39 €.
Du mardi au vendredi de 12h à 14h et de 19h à 22h
Samedi de 19h à 22h30
34 rue Legendre, Paris 17e





