Florence Valencourt, Le jeudi 19 février 2026Notre avis sur Le Clarence, restaurant 2 étoiles près des Champs-Elysées
Un décor grandiose qui en impose
Cet hôtel particulier de 1884, érigé à deux pas des Champs-Elysées, n'est autre que celui du Grand-Duc du Luxembourg, également propriétaire des splendides vignobles Château Haut-Brion, Mission Haut-Brion et Château Quintus. Voilà qui a de quoi impressionner sur le papier, avant même d'avoir pénétré dans ce restaurant de Paris 8... Ce dernier est à l'avenant, majestueux. Pensez, un hôtel particulier sur 5 étages, avec tout l'apparat qui sied à son statut.
Il va de soi qu'un tel cadre est un aimant à touristes aisés, en quête de ce fameux « art de vivre à la française » qu'on leur a tant vanté. De fait, ce sont eux qui forment la plus grande partie de la clientèle, ce jour-là (comme les autres).


Ouvert en novembre 2015 au public, Le Clarence est né du désir de créer un attelage singulier : une cuisine française contemporaine servie dans le décor feutré d’un hôtel particulier grand style. Une réussite, puisque dès sa première année avec Christophe Pelé au piano, Le Clarence est récompensé de deux étoiles au Guide Michelin et distingué par le 50BEST.
En octobre dernier, alors que Christophe Pelé vient de partir poursuivre ses aventures en Bretagne, c'est son second, Andrea Capasso, ayant gravi tous les échelons à ses côtés depuis six ans, qui a la lourde tâche de prendre sa suite. Un défi que cet Italien de naissance mais Parisien de cœur, dont le mentor n'est autre que le surdoué Ricardo Camanini, chef du Lido 8, semble parfaitement à même de relever avec intelligence, patience et délicatesse.
Pour l'aider dans sa mission, une équipe de grand talent en salle, menée par Charles Weyland et Cyril Bossard, qui ne manquent pas d'idées et d'initiatives pour faire briller encore le restaurant étoilé qu'ils ont entre les mains.
Accords libres, mais encore trop timides
Installés dans la salle-à-manger du premier étage, on attend le début du « spectacle » avec un mélange d'intimidation et d'excitation, un peu comme lorsqu'on se rend à l'Opéra de Vienne pour la première fois... Une coupe de champagne Chartogne-Taillet et quelques gougères plus tard, nous sommes prêts pour les présentations.
Elles arrivent sous forme d'amuse-bouche sur un plateau d'argent : samossa et vernis, du plus bel effet. Suivis, dans une coupelle en argent, d'un tourteau, kiwi, nori avec un peu de yuzu kosho pour réveiller l'ensemble, ainsi qu'une praire dans une nage de pomme verte.
Une belle réussite. En comparaison, les noix de Saint-Jacques de plongée, gwell à la betterave et puntarelle, sont très plaisantes (superbe dressage), mais un peu en deçà en termes d'audace. La caille, en deux services, s'avère finalement mois classique qu'il n'y paraît et parfaitement exécutée. Il faut dire qu'escortée d'un Vosne-Romanée, elle ne pouvait qu'emporter notre adhésion.


Mention spéciale au dessert Tagliatelle pomme et châtaigne, crème châtaigne et vanille de Tahiti, éclats de châtaigne et tagliatelle de pomme imprégnées, dont on aimerait vraiment avoir la recette !
Fin du repas en apothéose, avec café et mignardises servis dans un salon à l'étage baigné d'un rayon de soleil et avec vue sur le Grand Palais.
En un mot, au Clarence, rest chaque assiette met en avant un produit rigoureusement sélectionné, travaillé avec précision et présenté dans une interprétation claire, parfois inattendue et agrémentée de plusieurs petits sattelites, mais jamais démonstrative. Les accords terre-mer, signature du Clarence, trouvent sous la direction du chef Andrea Capasso une expression recentrée sur la lisibilité du goût. C'est maîtrisé et savoureux certes, mais on aimerait encore plus apercevoir la personnalité du chef à l'avenir et que ses petites touches italiennes emportent encore plus ce restaurant des Champs-Elysées vers de nouveaux horizons.
Bon à savoir
La cave du Château, peu connue du grand public, est l'une des plus belles de Paris, avec une sélection éclectique et curieuse, allant de petites pépites à de très grands crus. Un plan en or avant un dîner dans le quartier. En outre, le Clarence dispose de trois splendides salons, privatisables sur demande. Parfait pour un repas d'affaires.
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© Valerio Geraci
Ce qu'il faut retenir
Le chef Andrea Capasso poursuit le travail initié par son prédécesseur tout en affirmant sa personnalité en douceur. Un premier menu des plus charmeurs, qui devrait lui permettre de maintenir les deux étoiles Michelin en mars 2026.
Le Clarence
31, avenue Franklin Roosevelt, Paris 8e
Ouvert du mardi au samedi, au déjeuner et au dîner
Site officiel de l'établissement
Pour le dîner, menu Le Clarence en 4 séquences : prix 280 euros
Menu Inspiration en 6 séquences : prix 430 euros



