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Mireille Gignoux, Le jeudi 05 mai 2022
Hôtels de legende

Le Bristol Paris, un mythe de l'hôtellerie parisienne

À quelques pas de l’Élysée, Le Bristol Paris perpétue depuis 1925 l’art de vivre à la française. Nous avons passé 24 heures dans ce palace mythique, joyau de la Oetker Collection.
  • Le Bristol Paris | Suite Lumière © Claire Cocano
    Le Bristol Paris | Suite Lumière © Claire Cocano
  • Le Bristol Paris | Épicure © Claire Cocano
    Le Bristol Paris | Épicure © Claire Cocano
  • Le Bristol Paris | La façade de l'hôtel vue du jardin © Romain Reglade
    Le Bristol Paris | La façade de l'hôtel vue du jardin © Romain Reglade
  • Le Bristol Paris | La piscine du palace, au 6e étage © DR
    Le Bristol Paris | La piscine du palace, au 6e étage © DR
  • Le Bristol Paris | Le Jardin Français © Marianne Majerus
    Le Bristol Paris | Le Jardin Français © Marianne Majerus
Dès avril 1925 — et c’est encore vrai aujourd’hui — l’hôtel devient le port d’attache du gotha parisien, mais aussi des hôtes du palais de l’Élysée et des grandes figures du monde entier.

Le pitch | Le Bristol, adresse historique de la place parisienne

Tout commence en 1923 lorsque Hippolyte Jammet, fils de restaurateur, veut offrir aux voyageurs un pied-à-terre parisien raffiné. Alors âgé de trente ans, il acquiert au 112 Faubourg Saint-Honoré l’hôtel particulier du XVIIIe siècle du comte Jules de Castellane, à l’abandon depuis des années. Un emplacement idéal au cœur de Paris. L’établissement sera le premier à proposer un room service grâce à un monte-plats et à s’équiper d’un système de climatisation pour rafraîchir les salons. Un hôtel hors-norme baptisé Bristol en hommage à Frederick Hervey, 4e comte de Bristol, épris de luxe et aux exigences de confort légendaires. Dès avril 1925 — et c’est encore vrai aujourd’hui — l’hôtel devient le port d’attache du gotha parisien, mais aussi des hôtes du palais de l’Élysée et des grandes figures du monde entier, de Kofi Annan à Helmut Kohl, de la Princesse Grace à Charlie Chaplin, de Robert de Niro à Mick Jagger.

  • Le Bristol Paris | Suite Paris © DR
    Suite Paris © DR


Sept ans après la disparition d’Hippolyte, en 1978, le nouveau propriétaire, l’homme d’affaires allemand Rudolf Oetker, entreprend un programme de rénovation d’envergure : l’acquisition d’abord d’une nouvelle aile, l’ancien couvent des Petites-Sœurs-de-la-Bonne-Espérance aux 1,200 m2 de jardin à la française, puis de l’immeuble mitoyen sur l’avenue Matignon et la construction d’une piscine. Au fil des décennies, la famille Oetker ponctue le palace d’œuvres d’art choisies, tel le portrait de la reine Marie-Antoinette par Drouais, un buste antique de Bacchus ou des tapisseries du XVIIIsiècle. De véritables pièces de musées disséminées ici et là, auxquelles font écho des créations contemporaines.

Bon à savoir ? Aujourd’hui Oetker Collection regroupe 11 établissements dans le monde, dont le Brenners Park à Baden-Baden, le Cap Eden-Roc à Antibes, le Château Saint-Martin à Vence, l’Apogée Courchevel ou l’Eden Rock - St Barths.

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En fin de journée, le bar, conçu comme un cabinet de curiosités, constitue un refuge original.

Le Bristol Paris | Comment est l’hôtel ?

À quelques pas du palais de l'Élysée et du ministère de l'Intérieur, cette adresse exceptionnelle décline un luxe paisible qui conjugue avec classe le passé au présent. Dès l’entrée dans l’imposant lobby, sol en marbre, lustres en cristal, tableaux, tapisseries et mobilier d’époque donnent le ton. C’est sans surprise qu’il a été le premier hôtel français à recevoir la distinction Palace

Dans les salons, la douceur des couleurs, la richesse des textiles, la simplicité des lignes, le raffinement des styles Louis XV et Louis XVI créent une ambiance unique : l’alliance de la sérénité, du chic et de l’élégance. 

À l’heure du tea-time au Café Antonia, le mobilier inspiré du XVIIIe signé Maison Taillardat et les fauteuils habillés de tissus Frey, Lelièvre et Etro invitent à une pause. 

En fin de journée, le bar, conçu comme un cabinet de curiosités, constitue un refuge original. Parquet de chêne Versailles, boiseries en pin centenaire du Surrey et cheminée en marbre de Sienne côtoient banquettes au motif léopard et bibliothèques ponctuées de flacons d’alcools rares, livres anciens et gravures d’histoire naturelle. On y sirote les cocktails signatures, tel le B-Mule (menthe, fleur de sureau, soda au gingembre, vodka et citron). Beaucoup plus tard, lorsque les épais rideaux de soie se ferment, il devient le théâtre des soirées Bristol After Dark animées par un DJ.

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  • Le Bristol Paris | Suite Penthouse © Claire Cocano
  • Le Bristol Paris | La brasserie 114 Faubourg © Claire Cocano

 

Les trois mètres de hauteur sous plafond accentuent l’impression d’espace de ses 55 m².

Et les chambres ?

190 clés, dont 100 suites, réparties dans trois ailes : le bâtiment historique, où la plus petite chambre mesure 40 m², la Résidence, un ancien couvent sur jardin intérieur, et l’aile Matignon, où nous avons logé. Chacune a sa propre identité, sa singularité, son histoire. Leur point commun : une subtile alchimie entre boiseries anciennes peintes de nuances pastel vert, bleu, gris, blanc cassé Farrow & Ball, meubles anciens, tableaux, sculptures, objets précieux et touches contemporaines.

Outre quarante Junior Suites et deux Suites Terrasses de 110 m² dotées chacune d’un jardin de 120 m2, le Bristol compte neuf suites signatures. Parmi elles, la Suite 1925, inaugurée en 2018, ode à Joséphine Baker qui y célébra ses 50 ans de music-hall, la Suite Paris qui peut se métamorphoser en appartement de 195 m² avec hammam, la Suite Panoramique, à la terrasse fleurie, immortalisée par Woody Allen dans Minuit à Paris, la Suite Lune de Miel à la vue à 180° sur les plus beaux monuments parisiens, et l’Impériale, la plus vaste (320 m²).

  • Le Bristol Paris | Suite Lumière © DR
    Suite Lumière © DR


Testée par la rédaction, la Junior Suite 363, au troisième étage sur l’avenue Matignon. Les trois mètres de hauteur sous plafond accentuent l’impression d’espace de ses 55 m². Commode, table, bureau, guéridon en bois de rose, bergères et fauteuils de style Louis XVI jouent les complices avec des rideaux et coussins signés Colefax & Fowler dans un camaïeu de roses. Gravures anciennes dans un cadre doré à la feuille, linge de lit king size spécialement conçu par le tisseur italien Quagliotti et brume d’oreiller bio Kos Paris, aux notes de lavande et freesia, complètent l’harmonie ambiante. Chaque lampe est équipée d'un variateur de lumière, dont une commande unique gère l'extinction. La lumineuse salle de bains, habillée de marbre, est dotée d’une baignoire avec vue sur les toits. Un parfait équilibre entre confort contemporain et élégance d’antan.

  • Le Bristol Paris © DR
    © DR
La brasserie 114 Faubourg — une étoile Michelin, également reconfirmée en 2022 — affiche un décor flamboyant.

L’offre gastronomique ?

Trois tables signées Éric Frechon, à la tête des cuisines depuis 1999. En deux décennies, le chef a fait d'Épicure — trois étoiles Michelin depuis 2009 — l’une des prestigieuses signatures de la haute gastronomie parisienne. Éric Frechon ne travaille pas que la truffe noire du Périgord ou le caviar de Sologne. Il sait aussi sublimer le merlan de ligne de Saint-Gilles-Croix-de-Vie avec une impressionnante créativité. Sous les lambris et les lustres de cristal du restaurant donnant sur le jardin à la française, le menu dégustation avec des jeux d’assiettes, de couverts et de verres, selon les vins choisis, célèbre le mariage du bon et du beau.

  • Le Bristol Paris | Les macaronis à la truffe noire, l’un des plats signatures d’Éric Frechon © DR
     Les macaronis à la truffe noire, l’un des plats signatures d’Éric Frechon © DR


La deuxième table, la brasserie 114 Faubourg — une étoile Michelin, également reconfirmée en 2022 — affiche un décor flamboyant, habillé de papier peint aux dahlias géants, photographiés sur fond orange ou prune. Avec son second Loïc Dantec, le chef mitonne une cuisine parisienne, simple et imaginative. Tels le maquereau de ligne cuit à la flamme, betterave rouge et vinaigrette de framboise ou les noix de St-Jacques à la plancha, pousses de tétragone et trompette de la mort. Pour le dessert, le chef pâtissier Pascal Hainigue entre en scène avec le pamplemousse rose, sorbet au yaourt, crispy de miel de fleurs et pollen ou le légendaire millefeuille à la vanille Bourbon, caramel au beurre demi-sel.

  • Le Bristol Paris | 114 Faubourg © DR
    114 Faubourg © DR


Au petit-déjeuner au Café Antonia, également supervisé par Éric Frechon, nous avons préféré la version gourmande healthy servie en chambre sur une table roulante joliment dressée : jus de carottes-orange, muesli-maison sans gluten, salade de fruits frais, assortiment de pains, œufs brouillés à la tomate, thé gingembre/citron/miel. De quoi recharger les batteries pour toute la matinée. Pour les accros à la caféine, un plateau de courtoisie avec thés et machine à espresso attend sur la commode.

Dans les coulisses du palace 

Le sous-sol du Bristol abrite pas moins de quatre ateliers gastronomiques :

  • La cave d’affinage des fromages . 
  • La cave à vin, où vieillissent près de 100,000 bouteilles, représentant 2,500 références à la carte de deux restaurants ;
  • Le moulin et le fournil. Il est le seul palace parisien à produire sa propre farine à base de blés anciens ;
  • L’atelier chocolat, où Johan Giacchetti, ancien de chez Dalloyau, transforme chaque semaine des fèves de cacao en 30 à 60 kg de ganaches et 3,000 bonbons de chocolat.
  • Le Bristol Paris | Éric Frechon dans la cave d’affinage du Bristol © Benoit Linero
    Éric Frechon dans la cave d’affinage du Bristol © Benoit Linero

Ce qui fait la différence ?

  • Les clés. Pas de carte magnétique pour sa chambre, mais un iconique et massif porte-clé argenté conçu à la demande d’Hippolyte Jammet par le serrurier Jean-Arthur Fontaine ;
  • L’Epicerie, ouverte durant la crise sanitaire, perdure depuis pour que la clientèle extérieure puisse continuer à acheter pain maison, pâtisserie, chocolats ;
  • Un résident à l’année avec une petite chambre au rez-de-chaussée : Socrate, un sacré de Birmanie, fils de Fa-Raon qui a mené une vie de palace de 2010 à 2020. De commode en console ou au soleil dans le jardin, il fait le bonheur des enfants et des amoureux de félins.

5 choses que l’on a aimées au Bristol Paris

  • La quête permanente de l’excellence pour se maintenir à la hauteur de sa légende ;
  • La Brasserie 114 Faubourg, véritable antidote à la morosité, tant par le décor que par le contenu des assiettes ;
  • Le spa Le Bristol by La Prairie où sont également prodigués des soins Tata Harper, pionnière d’une bio cosmétique haut de gamme ; 
  • La piscine, au sixième étage, encadrée de baies vitrées, conççue comme une immense caravelle des années 1920, elle semble voguer au-dessus des toits. Elle est réservée aux clients de l'hôtel ;
  • La terrasse éphémère du restaurant le Jardin Français, qui investit, de mai à septembre, le plus grand jardin d'hôtel de la capitale.
     

Combien ça coûte ?

Chambre Supérieure à partir de 1,690€ la nuit. Junior Suite, comme celle que nous avons testée, à partir de 2,300€ la nuit. Suite Impériale à 25,000€ la nuit.

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  • Le Bristol Paris | Spa © DR
  • Le Bristol Paris | Spa © DR

 

Pratique

Le Bristol Paris

190 clés. À partir de 1,690 € la nuit.

112 Rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris 8e

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