Emmanuel Laveran, Le jeudi 23 avril 2026Villa Colette, la maison de vacances signée Starck qui pepse le Cap-Ferret
L’esprit
À deux encablures de la jetée de Bélisaire où accostent les bateaux de liaison Cap-Ferret-Arcachon, juste après l’église et tout proche du marché municipal, la flambant neuve Villa Colette s’impose déjà comme l’une des ouvertures d’hôtels les plus désirables de la saison 2026 et le plus bel hôtel du Cap-Ferret.
De l’extérieur, on croirait admirer un bâtiment posé ici depuis toujours. Les décorations du toit, les terrasses en bois blanc et les briques rouges de la façade donnent l’illusion d’une villa arcachonnaise XIXe érigée pour profiter des bains de mer. Mais Villa Colette cache bien son jeu…
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Villa Colette © Julius Hirtzberger
Dès l’entrée, le ton change avec l’espace bar, réception et l’accueil cernés de jaune. L’impression de se poser sur le soleil, avant de se laisser hypnotiser par le rose de la salle de restaurant signée Philippe Starck. Le designer frappe fort pour une déco singulière jusqu’alors inconnue de la presqu’île. Enfin du neuf, du différent, un lieu qui pepse une destination fantastique mais où tout se ressemblait jusqu’ici ! Même la table bouleverse les codes du Sud-Ouest. Laurent Taïeb rabat les cartes. Gyoza d’angus, black cod ou lobster roll se voient associés à une playlist lounge contemporaine. On se délecte des sons de Montmartre, Anna Erhard, Prince ou Lilly Wood and the Prick… Voilà un nouveau point de rendez-vous atypique qui fait du bien dans le paysage.
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Le bar de Villa Colette © Julius Hirtzberger
L’emplacement
« Pas mieux », parce que Villa Colette se trouve à proximité des lieux iconiques qui font « le Ferret », à l’épicentre du village le plus coté. Pile en face, le salon de thé Frédélian représente l’institution gourmande locale, avec son comptoir long d’une vingtaine de mètres où les meilleurs flans traditionnels jouxtent macarons et cannelés, même si les stars répondent ici au nom de « dunes blanches », des choux à la crème de légende (goûtez, vous en rapporterez dans le train du retour).
À 5 minutes à pied, le marché municipal et ses comptoirs servant Sauvignon bien frais, huîtres et tapas à l’heure de l’apéritif, fait office de cœur vibrant de la presqu’île, alors que toutes les bonnes adresses s’avèrent accessibles d’un coup de pédale électrifiée si l’on emprunte l’un des jolis vélos prêtés par l’hôtel 5 étoiles. Bref, il y aura peut-être un peu d’animation dans la rue et sur la place du manège l’été, mais l’emplacement s’avère idéal.
Les chambres
28 clés pour l’instant, mais on attend encore de pouvoir consulter le projet définitif dans sa configuration 2027-2028. Laurent Taïeb vient en effet d’annoncer le rachat de son voisin immédiat Côté Sable, le discret hôtel 4 étoiles qui faisait jusqu’ici office de point de chute de « centre-ville ». Le nombre d’hébergements et suites devrait donc vite augmenter.
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Garden Room © Julius Hirtzberger
Toutes pourvues de jardins privés, terrasses et balcons ouverts sur le bassin, le village ou la pinède, les chambres de Villa Colette brillent de pastels et de lumière. La couleur rose poudrée domine un univers onirique, fait d’objets inventés par Starck comme ces chaises-abats-jours-tables-de-nuit dans lesquelles on peut se regarder. A hauteur des yeux, le décorateur a installé une ligne de miroirs incrustés de photographies hallucinées par intelligence artificielle.
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Suite Colette © Julius Hirtzberger
Un château de sable idéal côtoie le rêve d’un voilier ou d’un surfeur des dunes, de fausses photos de famille... augurant d’un sommeil apaisé et réparateur, bien loin des tracas du quotidien. Place à l’évasion, aux couleurs vives de tapis joyeux (signés Starck), de dressing design tendus de tissus Perre Frey motif Kagura… les couleurs et la joie encore, comme un fil rouge du sol au plafond. Literie ultra confort, douche à effet pluie addictive, vasques des salles de bains contemporaines en marbre blanc, machine à expresso et coffre-fort viennent compléter l’expérience d’un confort absolu et sans faille. On adore !
Au bar, et à table
Le bar citron, inséré dans une malle de voyage géante, dévoile une collection de flacons flashy. Face au piano blond fait de sycomore et citronnier, il est indispensable de se poser sur un tabouret pour goûter l’un des cinq cocktails signature du bartender Stéphane Creveuil.
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Sitoter un cocktail à Villa Colette © Julius Hirtzberger
On poursuit ensuite au restaurant. Dans un cadre unique, on déguste les udon aux morilles, l’épaule d’agneau confite et sa purée « bien beurrée », le pop corn de crevettes, la salade d’artichauts ou encore quelques pâtisseries made by Pierre Hermé. Demandez aussi à tester les glaces au cannelé et au craquelin, vous conclurez dignement un repas enthousiasmant. Aucune visée de restaurant étoilé ou gastronomique ici mais les plaisirs d’une cuisine fusion bien ficelée qui change des huîtres, soles meunières et autres tartares de thon rouge que l’on trouve sur toutes les tables alentours.
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Le restaurant de l’hôtel du Cap-Ferret Villa Colette © Julius Hirtzberger
A noter le branché brunch du dimanche et le rendez-vous de 15 h, l’heure du teatime servi chaque après-midi.
Expériences
A faire absolument lorsque l’on passe trois jours à Villa Colette, « au Ferret » (on dit « Ferrè ») :
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Déguster des huîtres à la cabane d’Hortense ou Chez Boulan. Quasiment côte à côte, les deux cabanes d’ostréiculteurs produisent des huîtres ferret-capiennes de grande qualité à déguster assis dans le jardin face à la dune du Pilat. Accompagnées d’un petit pâté, de bulots, crevettes mayonnaises et d’un gorgeon de Sauvignon blanc, l’apéritif est forcément réussi et la vue totalement inoubliable. Moment hors du temps garanti. Les deux cabanes sont situées à environ 15 minutes à pied de Villa Colette et 5-10 minutes à vélo, traversée du pittoresque village ostréicole du Cap-Ferret en prime. Réservation impérative en saison.
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Balade à vélo à l’Herbe. De Villa Colette, on emprunte un vélo électrique et on traverse la pinède pour se rendre à l’un des villages ostréicoles traditionnels les plus instagrammables de la presqu’île : l’Herbe. Au choix, on déjeune en terrasse à l’excellent hôtel de la Plage (couteaux persillés, viandes et poissons grillés…) ou dans une cabane ostréicole (chez Yonder, on adore le Kykouyou) avec vue sur une anse parfaite bordée de palmiers. Comme aux Antilles, à 3 heures et demi de Paris…
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Villa Colette © Julius Hirtzberger
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S’offrir un tour en pinasse Dubourdieu sur le bassin. Longer la dune du Pilat, les villages ostréicoles du Canon, de Petit et Grand Piquey, admirer les maisons somptueuses du bord de mer, la chapelle de la villa algérienne, photographier les cabanes tchanquées, beacher sur le banc d’Arguin pour un pique-nique chic… constituent un voyage dans ce monde parallèle fascinant qu’est le bassin d’Arcachon. Villa Colette propose de somptueuses expériences sur demande grâce à cinq bateaux dédiés.
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Pousser à vélo jusqu’à la pointe pour contempler le bout du monde, se perdre dans les 44 hectares, entre pinède et banc du Mimbeau (sur lequel on peut aussi s’aventurer à pied), observer l’océan depuis la dune de la plage de l’Horizon... où l’on pose sa serviette l’été, louer surf et combi...
La chambre à booker
La Junior Suite 01 et sa grande terrasse si l’on se montre raisonnable, la 09 et son jardin privatif très agréable si l’on recherche l’intimité, la Suite « prestige Cap Ferret » numéro 108 pourvue d’une double terrasse vue bassin d’Arcachon si l’on se prend pour un américain.
Verdict : déjà culte.
Prix : à partir de 400 euros la nuit.
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Réserver la suite Prestige à l’hôtel Villa Colette © Julius Hirtzberger
Hôtel Villa Colette
39 boulevard de la Plage, 33970 Lège-Cap-Ferret
28 clés, prix à partir de 405 euros la nuit.







