Adine Fichot-MarionAdine Fichot-Marion, Le mercredi 28 janvier 2026
Restaurants

Où manger des crêpes Suzette à Paris pour la Chandeleur ?

À l’occasion de la Chandeleur, la crêpe occupe le devant de la scène. Derrière sa simplicité, sa préparation se transforme souvent en véritable démonstration de savoir-faire. Une façon gourmande et mémorable de conclure le repas.
  • Grand Café des Capucines
    Grand Café des Capucines
  • La crêpe Suzette du Breizh Café © lephotographedudimanche
    La crêpe Suzette du Breizh Café © lephotographedudimanche

Un peu d’histoire...

L’histoire des crêtes Suzette naît à la fin du XIXᵉ siècle, dans un hôtel de la Côte d'Azur, à Monaco. Selon la version la plus souvent rapportée, un jeune chef - Henri Charpentier - y prépare des crêpes pour le Prince de Galles, futur roi Édouard VII, alors en séjour sur la Riviera. Une maladresse fait flamber la préparation, mêlant beurre, sucre, agrumes et liqueur. Le résultat séduit immédiatement le prince.

Au moment de baptiser le dessert, il propose de lui donner le prénom de sa maîtresse présente à table, Suzette. Ainsi serait née cette crêpe flambée, devenue un classique de la gastronomie française , et l’un des desserts les plus élégamment liés à l’histoire mondaine de la Belle Époque.

Garnies d'un mélange de beurre, de sucre, de jus d’orange et de liqueur d’orange (généralement du Grand Marnier ou du Cointreau), le mélange est ensuite chauffé jusqu’à ce qu’il soit fondu et doré, puis flambé devant les yeux des convives. Parfois servies avec une boule de glace ou de la crème chantilly, les crêpes Suzette sont un dessert magnifique, servis dans nombreux restaurants à Paris. Mais ne les prépare pas avec succès qui veut ! Pour se régaler des meilleures, mieux vaut aller dans un restaurant déjà réputé pour la qualité de sa cuisine. Nous en avons testé quelques-unes… toutes exquises.

 

1. La Grande Cascade 

En plein cœur du Bois de Boulogne, ce restaurant gastronomique à Paris est une véritable institution ! Imaginez que son décor du XIXe siècle est celui d’un ancien pavillon de chasse de Napoléon III devenu un restaurant lors de l'Exposition universelle de 1900. On admire la salle parée de tout ce qu’il faut comme lustres, dorures, miroirs et surtout la sublime verrière coiffée d’une marquise en métal, que l’on doit à Gustave Eiffel. Étoilé au Guide Michelin depuis 1965, le restaurant est mené par le chef Frédéric Robert (ex. Ambroisie, Grand Véfour, Vivarois et Lucas Carton pendant 10 ans) qui exécute avec simplicité et talent les plats raffinés qui ont fait la réputation du lieu. Aux desserts, le jeune pâtissier prodige Joris Vee, 26 ans, signe notamment de spectaculaires crêpes Suzette, flambées en salle.

  • La crêpe Suzette du restaurant à Paris © La Grande Cascade
    La crêpe Suzette du restaurant à Paris © La Grande Cascade

 

La Grande Cascade
Crêpe Suzette 32 euros
Allée de Longchamp, Bois de Boulogne, Paris 16e

Site officiel de l'établissement 

 

2. La Lorraine 

La brasserie des Ternes inaugurée en 1919 s’est offert un nouveau look signé Laura Gonzalez, la talentueuse designer. Si cette dernière n’a en rien dénaturé l’esprit du lieu, elle lui a ajouté une ambiance marine bienvenue. Poissons et étoiles de mer ornent une fresque murale, Poséidon veille sur les arrivants et dès l’entrée on remarque la mosaïque signée Pierre Mesguich où s’ébattent des poissons colorés. Le restaurant du 17e arrondissement est fier de ses plateaux de fruits de mer préparés par Rabah Guechoud, trois fois sacré meilleur Écailler de France. Les crêpes flambées au Grand Marnier sont une des valeurs sûres de la maison, flambées devant les hôtes dans les règles de l’art. Une mise en scène grandiose et un goût divin.

  • Le dessert de la Chandeleur chez La Lorraine © Simon Detraz

    Le dessert de la Chandeleur chez La Lorraine © Simon Detraz

La Lorraine
Crêpe Suzette 14 euros
2, place des Ternes, Paris 17e

Site officiel de l'établissement 

3. L’Auberge Bressane  

On vient dans ce restaurant du quartier des Invalides pour se régaler d’une « vraie » cuisine qui met en avant le meilleur de notre terroir. Dans ce décor chaleureux, inchangé depuis des décennies, l’ambiance nous ravit : vastes banquettes, tables joliment dressées : nappes en tissu épais et argenterie, murs lambrissés, tapissés de blasons… Quant à la lecture de la carte, on ne s’en lasse pas et le choix devient cornélien entre ces plats emblématiques de la gastronomie traditionnelle : l’incroyable bouchée à la reine, les quenelles de brochet, le lièvre à la royale et bien sût les crêpes Suzette flambées au Grand Marnier qui enchantent les papilles les plus exigeantes. 

L'Auberge Bressane
Crêpe Suzette 14 euros
16, avenue de la Motte-Picquet, Paris 15e

Site officiel de l'établissement 

 

4. Au Pied de Cochon 

C’est LA brasserie culte du centre de Paris ! Même si les Halles sont parties, le Pied de Cochon est lui resté toujours aussi vivace. Pour plein de bonnes raisons d’abord parce qu'on peut s’y attabler de 8h à 5h du matin et déguster des plats généreux et authentiques : des cuisses de grenouille au cassoulet en passant par le pied de cochon dans tous ses états : grillé et farci façon périgourdine. Et, cerise sur le gâteau : le cadre du restaurant est typiquement parisien et l’ambiance conviviale. Alors évidemment au moment de la Chandeleur on ne rate pas l’occasion d’y filer se régaler des crêpes Suzette flambées au Grand Marnier cordon rouge.

  • Au Pied de Cochon à Paris © Yann Deret

    Au Pied de Cochon à Paris © Yann Deret

Au Pied de Cochon
Crêpe Suzette 13 euros
6, rue Coquillière, Paris Ier

Site officiel de l'établissement 

5. Le Taillevent 

Créé en 1946 cet établissement mythique, peut se targuer d’incarner le summum du chic parisien. Cet ancien hôtel particulier à Paris du duc de Morny, demi-frère de Napoléon III, est désormais la propriété de la famille Gardinier (Les Crayères à Reims). Au piano on retrouve le chef Giuliano Sperandio, qui propose des menus en plusieurs temps. Le menu en 4 temps baptisé Gestes se compose de caviar, homard bleu, d’un chariot de viande ou de poisson où les préparations sont au guéridon, dans la plus pure tradition. Ces agapes de très haut vol se concluent par les célèbres crêpes Suzette, flambées dans les règles de l’art, d'abord au Grand Marnier puis au cognac. Un grand moment pour une occasion exceptionnelle.

  • La crêpe Suzette telle un spectacle au restaurant à Paris © Le Taillevent

    La crêpe Suzette telle un spectacle © Le Taillevent

Le Taillevent
Menu Gestes 295 euros
15, rue Lamennais, Paris 8e

Site officiel de l'établissement

 

6. Benoit 

Cela fait plus de 100 ans que ce bistrot parisien a pignon sur rue dans le quartier des Halles. Benoit Matray, boucher de métier, achète le restaurant en 1912 et lui donne son nom. Devenu une adresse très courue, le restaurant à Paris est repris en 1961 par son petit-fils, Michel Petit, qui opère pas mal de changements, aidé de sa femme Catherine. En 2005, les Petit décident de céder Benoit à la Maison Ducasse. Le décor : carrelage, boiseries, banquettes de velours rouge, vitres de verre créent une ambiance propice à la découverte d’une vraie cuisine de bistrot. Kelly Jolivet, la cheffe y rajoute un zeste de créativité bienvenue, cela va du pâté en croûte aux escargots en passant par le boudin noir aux deux pommes ou le sauté de ris de veau et bien sûr en ces temps de Chandeleur la carte a inscrit dans sa liste de desserts les crêpes Suzette qui resteront jusqu’à fin mars voire plus si le succès est au rendez-vous…. Comme dit le dicton « Chez toi, Benoit, on boit, festoie, en rois ».

  • La crêpe Suzette chez Benoit © Bertille Chabrolle

    La crêpe Suzette chez Benoit © Bertille Chabrolle

Benoit
Crêpe Suzette 14 euros
20, rue Saint-Martin, Paris 4e

Site de l'établissement
 

7. Ty Coz

Voici un bien sympathique restaurant du Marais : Ty Coz, crêperie et oyster bar, imaginée par un frère et une sœur Albane et Baptiste Lamotte, un duo 100 % breton. Les produits sont, eux aussi bretons, fleurant bon l’iode ! La déco élégante que l’on doit à l’architecte Sylvie Zerat offre une ambiance chaleureuse avec ses banquettes revêtues de tissus Dedar qui entourent le pan de mur aux allures de drapeau breton destructuré. Dans l’assiette, à toute heure de la journée, place à de vraies galettes largement garnies de différents beurres (classique, aux algues, vanillé de Madagascar en version sucrée), de crème et fromages Bordier. Certaines ne manquent pas d’originalité comme la galette pastrami et cheddar ou la galette tartiflette. On trouve aussi des huîtres de Cancale et du Golfe du Morbihan, des sardines à l’huile et rillettes de maquereaux. Enfin ne pas rater la crêpe Suzette qui change un peu étant au caramel à l’orange et flambée au Grand Marnier.

  • Manger une crêpe Suzette chez Tycoz © Tycoz

    Manger une crêpe Suzette chez Tycoz © Tycoz

Ty Coz
Crêpe Suzette 11 euros
4, rue du Parc Royal, Paris 3e

Site officiel de l'établissement 
 

 

8. Le Train Bleu

Qui pourrait imaginer qu’un tel lieu surplombe les voies ferrées de la Gare de Lyon ? À l’origine il y avait un buffet à l'entresol de la gare qui fut reconstruit et agrandi lors de l'exposition de 1900. On adore l’incroyable décor surchargé de dorures et de miroirs au style très Art nouveau. Baptisé le Train Bleu en clin d’œil au luxueux train de 1922 et ses voitures-lits bleu nuit reliant Paris à Nice, il est classé monument historique en 1972. Le restaurant a eu droit à plusieurs phases de travaux, la dernière en 2014 lui donnant son visage actuel. Depuis 2018 Michel Rostang met en avant les produits régionaux du sud-est, comme le véritable gratin dauphinois, sans fromage ni œuf acccompagnant le fameux gigot d’agneau rôti servi à la voiture et tranché. Tout est mis en œuvre dans les règles de l’art y comprs le flambage devant les hôtes des crêpes Suzette au Grand Marnier.

Le Train Bleu
Crêpe Suzette 19 euros
Gare de Lyon, 1er étage, Paris 12e

Site officiel de l'établissement 

9. Lazare

La brasserie imaginée par Eric Fréchon il y a douze ans déjà, s’est réinventée à l’automne 2025. La déco revue met en avant boiseries vernies, banquettes, boxes intimistes, une bibliothèque et un petit salon à l’esprit d’un wagon immobile. Le grand bar continue d’abriter les élégances, la large terrasse offre son ciel ouvert. Dans l’assiette, on a flashé sur un Fish and chips, sauce tartare, pommes frites, regardé avec envie la choucroute garnie comme en Alsace et bien sûr goûté la meilleure saucisse purée de Paris. Les crêpes Suzette aux éclats de clémentines, flambées au Grand Marnier sont absolument divines !

  • La brasserie parisienne © Lazare

    La brasserie parisienne © Lazare

Lazare
Crêpes Suzette 16 euros
Gare Saint-Lazare, paris 8e

Site de l'établissement 

10. Breizh Café 

Et hop ! voilà une nouvelle adresse pour cette maison (créée en 1996 à Tokyo par Bertrand Larcher) qui célèbre la crêpe sous toutes ses formes ! À l’angle de l’avenue de La Motte-Picquet et de la rue Cler, on peut désormais s’attabler pour un repas entièrement « crêpe » du petit-déjeuner au dîner. Qui dit crêpe dit aussi Bretagne, c’est donc tout naturel que ses produits d’exception soient ici célébrés : beurre Bordier, récemment labellisé Entreprise du patrimoine vivant, épices Roellinger, huîtres de Prat-Ar-Coum, cidres fermiers. Sur la carte, on a remarqué la galette raclette au lait cru, poitrine grillée, confit d’oignons, œuf brouillé, pommes de terre, crème fraîche, cela change ! Cerise sur la galette : pour fêter cette ouverture, Breizh Café s’associe à la Maison Kaviari. Résultat : on peut se régaler de blinis de sarrasin servis avec un caviar Baeri français. Mention très bien pour la Suzette Yuzu flambée au Grand Marnier, une interprétation subtile de la crêpe Suzette avec du beurre d’orange, du beurre demi-sel des zestes et suprêmes d’orange qui apportent une fraîcheur acidulée.

  • La crêpe Suzette du Breizh Café © lephotographedudimanche

    La crêpe Suzette du Breizh Café © lephotographedudimanche

Breizh Café
Crêpe Suzette 14,50 euros
59, rue Cler, Paris 7e

Site officiel de l'établissement

11. Le Fouquet’s  

Brasserie parisienne mythique par excellence, le Fouquet’s met en avant une carte où la cuisine traditionnelle s’affiche clairement. Dans une déco évoquant sans hésiter le lien avec le 7e art et, dès les beaux jours, sur une terrasse regardant les Champs-Élysées, on savoure une persillade de cuisses de grenouille, une soupe à l’oignon, des grosses gambas ou un cœur de filet de bœuf et en point d’orgue d’un repas mémorable des crêpes Suzette. Signée du chef pâtissier Hugo Sipp, elles sont parfumées à la vanille de Madagascar et au zeste d’orange, nappées d’un beurre noisette chaud, accompagnées d’un beurre à l’orange flambé au Grand Marnier, puis enrobées d’un sucre réduit façon caramel sirupeux et agrémenté de zestes d’oranges confites. La préparation est bien sûr réalisée au guéridon. Un spectacle dont on ne se lasse pas.

  • Le Fouquet’s Paris © Patrick Messina

    Le Fouquet’s Paris © Patrick Messina

Fouquet’s
Crêpe Suzette, 25 euros
99, avenue des Champs-Élysées, Paris 8e

Site officiel de l'établissement 

 

12. Le Grand Café des Capucines 

Créé en 1875 lors de l’inauguration de l’Opéra Garnier, ce restaurant iconique du quartier de l'Opéra devient rapidement la brasserie mythique et incontournable des Grands Boulevards. Il a en plus la bonne idée d’être ouvert toute la semaine de 7h du matin à 1h, incroyable ! La carte propose des plats traditionnels tout en respectant la saisonnalité des produits : des plateaux de fruits de mer à une magnifique déclinaison de viandes en passant par le demi-homard, le pâté en croûte de Stéphane Baury, finaliste du championnat du monde du pâté-croûte 2022, le vol-au-vent etc. En dessert, on jette notre dévolu sur les crêpes flambées au Grand Marnier Cordon Rouge, un must ici aussi ! 

  • Manger une crêpe au Grand Café des Capucines © Grand Café des Capucines

    Manger une crêpe au Grand Café des Capucines © Grand Café des Capucines

Le Grand Café des Capucines
Crêpe 13,50 euros
4, bd des Capucines, Paris 9e

Site officiel de l'établissement

Le saviez-vous ?

Traditionnellement, la crêpe Suzette se prépare sans chocolat ni garniture superflue : tout repose sur l’équilibre précis entre beurre, sucre, agrumes et liqueur, qui doit napper la crêpe sans jamais la masquer.