Emmanuelle Dreyfus, Mireille Gignoux, le jeudi 25 juin 2026Quelles expositions voir en juillet 2026 à Paris et en France ?
1. Les expositions à ne pas manquer en juillet | Les Rencontres de la photographie d'Arles
Relire la complexité du monde par des chemins de traverse, telle est la promesse des 57es Rencontres de la photographie à Arles, énoncée par leurs directeurs Christoph Wiesner et Aurélie de Lanlay. Cette nouvelle édition met ainsi particulièrement à l’honneur l’Afrique et la Méditérrannée et s’annonce politique et engagée avec notamment Ghana ! Rêver l'indépendance 1957-1976, qui raconte comment la jeune nation africaine a mis en images sa souveraineté toute neuve (sur les billets de banque, les magazines illustrés ou les cartes postales), avant d'en confier la relecture à une génération d'artistes contemporains.
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Many Reasons to Live Again, de Carlos Idun-Tawiah © Les Rencontres d’Arles
Mais l'événement de cette édition reste sans doute This Way to Heaven (Par ici le paradis), la rétrospective consacrée à William Klein (1926-2022) pour le centenaire de sa naissance. À la chapelle du Museon Arlaten, l'exposition exhume la part la plus politique et la moins montrée de son travail : son œil féroce sur le spectacle médiatique américain, entre photographies, peintures, films inédits et dessins jusqu'à ses portraits de Muhammad Ali et de Polly Maggoo. Plus inattendu, Charlotte Gainsbourg expose pour la première fois les photographies dans la maison de son père, au 5 bis rue de Verneuil, juste avant son ouverture au public, une manière pudique de saisir un fantôme avant qu'il ne devienne un musée.
À la fondation Lee Ufan Arles, le cinéaste sud-coréen Park Chan-wook (Old Boy, Decision to Leave) montre pour la première fois en Europe ses propres photographies. À ne pas manquer aussi les clichés de Marie-Laure de Decker réalisés dès 1975 au Tchad, Eye of Storm réunissant les archives photographiques de Paul McCartney ou encore les autoportraits-performances d’Ayana V. Jackson pour ne citer qu’une infime partie de la programmation. Jusqu'au 4 octobre.
L'hôtel ? À quelques minutes des lieux d'exposition, La Maison Molière offre une alternative plus confidentielle que les hôtels de luxe à Arles. Cette maison de caractère permet de profiter du festival tout en retrouvant le calme des ruelles du centre historique après une journée passée entre les Ateliers, les églises et les espaces d'exposition.
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© La Maison Molière
La Maison Molière
5 clés, prix à partir de 363 euros
37, rue Molière, Arles
2. Leandro Erlich au Grand Palais | La grande exposition du maître de l’illusion
À l'heure où l'intelligence artificielle fabrique des images plus vraies que nature et où les fake news brouillent quotidiennement notre rapport au réel, la rétrospective consacrée à Leandro Erlich tombe avec une précision presque troublante. Depuis plus de vingt ans, l'artiste argentin n'a cessé de mettre en scène le doute. Une piscine dans laquelle on marche sous l'eau sans être mouillé. Une façade haussmannienne que l'on escalade sans quitter le sol.
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Bâtiment, de Leandro Erlich © Leandro Erlich Studio
Un ascenseur qui semble défier les lois de la gravité. Chez lui, le spectaculaire n'est jamais gratuit car derrière chaque illusion se cache une réflexion sur nos certitudes. L'exposition du Grand Palais rassemble plus d'une dizaine d'installations monumentales qui ont construit sa réputation internationale. On y retrouve notamment Bâtiment, présenté lors de la Nuit Blanche parisienne de 2004 et qui est devenu l'une de ses œuvres les plus iconiques.
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Exposition Leandro Erlich © Didier Plowy
Mais l'intérêt de cette rétrospective est ailleurs. Elle montre comment l'artiste a progressivement déplacé son regard vers des questions environnementales et sociétales, avec des projets comme Maison Fond, créée à la veille de la COP21, ou ses étonnants embouteillages de voitures transformés en sculptures archéologiques d'un futur post-catastrophe. Plus qu'une démonstration d'effets visuels, cette exposition rappelle combien ses œuvres demeurent actuelles : dans un monde saturé d'images manipulées, elles nous invitent à exercer ce muscle devenu rare, l'esprit critique. Jusqu'au 6 septembre.
Grand Palais
Avenue Winston Churchill, Paris 8e
L'hôtel ? À une quinzaine de minutes à pied du Grand Palais, l'Hôtel de Sers, dans le 8e arrondissement, permet de prolonger l'immersion parisienne dans un cadre feutré, au sein d’un ancien hôtel particulier du XIXe siècle ayant appartenu au marquis de Sers.
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Chambre © Hôtel de Sers à Paris
L'Hôtel de Sers
52 clés, prix à partir de 563 euros
41, avenue Pierre 1er de Serbie, Paris 8e
3. Festival international des jardins | Chaumont-sur-Loire fait son cinéma
Cette année, le Domaine de Chaumont-sur-Loire pousse jusqu'au bout une évidence : jardin et cinéma parlent la même langue, celle des cadrages, des perspectives et du montage. Pour cette nouvelle édition, une trentaine de créations se sont emparées de classiques signés Hitchcock, Tarkovski, Miyazaki, Spielberg ou encore Jacques Tati, pour les transformer en parcours végétal, jusqu'à une mythique montée des marches où les vraies stars sont des cannes, végétales cette fois.
Mais ce sont surtout les quatre « cartes vertes » confiées à des figures du cinéma qui donnent le ton. La plus spectaculaire est sans doute Planètes, signée par la réalisatrice franco-japonaise Momoko Seto, dont le premier long métrage a reçu le prix de la critique internationale à la Semaine de la critique de Cannes en 2025 : trois sphères de mousse géantes, façonnées en kokedama, tournent comme des astres au-dessus de bassins où des racines dansent dans des tubes de verre, un dialogue entre cosmos et abysses, entièrement composé de plantes.
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Le jardin Planètes de Momoko Seto © Domaine de Chaumont-sur-Loire
Plus intime, Le Jardin de Minâb de l'actrice Golshifteh Farahani s'inspire de la poésie soufie d'Attar et de ses sept vallées initiatiques : un sanctuaire organisé autour des quatre éléments, où l'eau ruisselle vers un temple central dédié au feu. Quant à Mélanie Laurent, elle s'associe au créateur lumière Philippe Berthomé pour une expérience nocturne en réalité augmentée, La Lanterne des profondeurs, où un fauteuil enraciné et illuminé invite à une plongée onirique vers un jardin sous-marin. Pour les amateurs de patrimoine cinématographique français, Le Fabuleux Jardin d'Amélie Poulain reste la proposition la plus immédiatement irrésistible : six tableaux inspirés du film de Jean-Pierre Jeunet, de l'épicerie aux artichauts jusqu'au photomaton, avec un nain de jardin globe-trotteur qui réapparaît à chaque étape du parcours. Jusqu'au 1er novembre.
Festival international des jardins
Domaine de Chaumont-sur-Loire
L'hôtel : À moins de dix minutes, l'hôtel proche des Châteaux de la Loire les Hauts de Loire occupe un pavillon de chasse du XIXᵉ siècle couvert de lierre, au milieu d'un parc de 70 hectares avec étang et cygnes. Une adresse Relais & Châteaux à l'élégance discrète, où l'on peut filer du jardin au restaurant gastronomique sans quitter le même état d'esprit contemplatif.
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Les Hauts de Loire @Fabrice Rambert
Les Hauts de Loire
36 clés, prix à partir de 396 euros
79, rue Gilbert-Navard, Onzain
jusqu'à -25% sur cet hôtel avec le Club Yonder Voir les prix sur booking.com
4. Beyond the Streets à la Grande Halle de la Villette | L'art urbain fait son show
Depuis longtemps, le graffiti ne se résume plus aux tunnels du métro new-yorkais ni aux palissades des friches industrielles. Pourtant, rares sont les expositions capables de raconter cette histoire dans toute son ampleur. C'est précisément l'ambition de Beyond the Streets dans le 19e arrondissement, mastodonte itinérant imaginé par Roger Gastman, figure incontournable des cultures urbaines et producteur du film Exit Through the Gift Shop de Banksy. Après Los Angeles, New York, Londres et Shanghai, l'événement pose enfin ses valises à Paris. Installée à la Grande Halle de la Villette, lieu mythique des Rencontres urbaines de 1996 à 2009, l'exposition rassemble plus d'une centaine d'artistes, des archives rares, des installations immersives et plusieurs productions inédites.
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Barry McGee - Fongs Shop - Shanghai
Le parcours évite le piège de la chronologie académique pour privilégier les dialogues entre générations et géographies. Les pionniers new-yorkais y côtoient les grandes figures françaises, de Bando à Mode 2, d'Invader à André Saraiva, sans oublier Fafi, Fuzi, Nasty ou Zevs. Le résultat assume pleinement ses codes spectaculaires. Une rame de métro des années 1980 reconstituée à l'échelle réelle, la boutique cultissime Ticaret ressuscitée, des installations monumentales et une scénographie immersive revendiquent une approche où l'entertainment devient un outil de transmission. Derrière le show, l'exposition raconte surtout comment une pratique née dans l'illégalité est devenue l'un des grands récits artistiques de notre époque. Une démonstration particulièrement convaincante pour qui veut comprendre pourquoi le graffiti a définitivement quitté la marge. Jusqu’au 30 août.
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© Beyond the streets
Beyond the Streets
Grande Halle de la Villette, 211 avenue Jean-Jaurès, Paris 19e
Un hôtel : Pas de coup de cœur unique cette fois, mais tout un quartier à explorer : entre les berges du canal de l'Ourcq, les pentes des Buttes-Chaumont et les meilleurs hôtels du 19e arrondissement qui accompagnent la transformation du nord-est parisien.
5. Calder à la Fondation Louis Vuitton |
Certains artistes ont changé notre manière de regarder le monde. Alexander Calder (1898-1976) a changé notre manière de regarder l'espace. Avec ses mobiles suspendus qui semblent danser au moindre souffle d'air, l'artiste américain a introduit le mouvement dans la sculpture et ouvert un territoire inédit entre équilibre, poésie et ingénierie. Cent ans après son arrivée à Paris, et cinquante ans après sa mort, la Fondation Louis Vuitton lui consacre l'une des plus importantes rétrospectives jamais organisées autour de son œuvre, et lui ouvre pour la première fois sa pelouse attenante.
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Exposition Calder à la Fondation Louis Vuitton
Près de 300 pièces y retracent un demi-siècle de création, depuis les premiers spectacles du légendaire Cirque Calder jusqu'aux monumentales sculptures qui ont transformé l'art public au XXe siècle. Le parcours occupe l'ensemble des espaces du bâtiment conçu par Frank Gehry, créant un dialogue particulièrement réussi entre les volumes flottants de l'architecture et les mobiles. Dessins, bijoux, sculptures de fil de fer, peintures, stabiles et œuvres monumentales racontent la trajectoire d'un artiste qui a constamment cherché à donner une quatrième dimension à la sculpture : le temps. Des clichés signés Cartier-Bresson, Man Ray ou Agnès Varda viennent compléter ce portrait. Jusqu'au 16 août
Fondation Louis-Vuitton
8, avenue du Mahatma Gandhi, Paris 16e
L'hôtel ? Le Brach Paris est l'un des plus beaux hôtels de luxe dans le 16 arrondissement, et cela tombe bien il se trouve à quelques minutes de la Fondation Louis Vuitton ! Un hôtel design signé Philippe Starck dont les volumes, les matières et les jeux d'équilibre résonnent subtilement avec l'univers de Calder.
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Chambre © Brach Paris
Brach Paris
59 clés, prix à partir de 570 euros
1-7, rue Jean Richepin, Paris
jusqu'à -25% sur cet hôtel avec le Club Yonder Voir les prix sur booking.com
6. Une Saison américaine à Versailles | L'indépendance s'écrit aussi au château
Envie de rencontrer La Fayette, Benjamin Franklin, George Washington et d'autres personnages illustres qui ont écrit quelques pages décisives de la naissance de la République américaine ? À l'occasion des 250 ans de la Déclaration d'indépendance, le château de Versailles consacre une saison exceptionnelle aux liens qui unissent, depuis plus de deux siècles, la France et les États-Unis.
L'histoire commence à Philadelphie le 4 juillet 1776. Mais elle se joue aussi, en partie, à Versailles, dans les salons de Louis XVI, où Benjamin Franklin négocie le soutien français aux insurgés. C'est ici encore qu'est signé, en 1783, l'un des traités qui met fin à la guerre contre la Grande-Bretagne. Une alliance décisive, dont le château retrace aujourd'hui les grandes étapes à travers une triple programmation.
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Louis XVI donnant ses instructions à La Pérouse ©DR
Dans les appartements du capitaine des Gardes, la nouvelle galerie Au cœur de l'histoire franco-américaine n'est pas un simple défilé de portraits. Le parcours évoque diplomatie, stratégie militaire et idéaux politiques. Benjamin Franklin, George Washington et La Fayette y côtoient Vergennes, de Grasse ou Bougainville dans un dialogue entre peintures, sculptures, allégories et grandes scènes d'histoire. Des premières colonies françaises en Amérique aux campagnes militaires, de la bataille navale de Chesapeake au corps expéditionnaire conduit par Rochambeau, l'exposition montre comment les Lumières ont franchi l'Atlantique et changé le destin de deux nations. Mais le récit ne s'arrête pas à la victoire des insurgés. Il illustre aussi les conséquences de cet engagement pour la France : une monarchie fragilisée par le coût de la guerre et par des idéaux de liberté qui, quelques années plus tard, nourriront la Révolution française.
Au pavillon d'Orléans, place à une expérience en réalité virtuelle et augmentée de dernière génération, Lumière de la Liberté. Casque sur la tête, guidé par le marquis de La Fayette, on embarque à bord d'une frégate du XVIIIe siècle, on prend part à une bataille navale, on s'immisce dans la stratégie militaire de Rochambeau, on rencontre Benjamin Franklin sous les ors du palais, on assiste aux discussions diplomatiques avec Louis XVI, on évoque la vie de cour avec Marie-Antoinette, on dirige un quatuor à cordes, on vit avec Washington le siège décisif de Yorktown aux côtés des soldats français et américains. En une quinzaine de minutes, cette création immersive en 3D fait découvrir le rôle central joué par Versailles dans la naissance des États-Unis. Jusqu'au 31 janvier 2027.
Ultime prolongement : un podcast inédit retrace le voyage du marquis de La Fayette en Amérique, à travers sa correspondance avec son épouse Adrienne. Une lecture plus intime de la guerre.
L'hôtel ? À 100 m de la grille dorée, Les Lumières, ce 5 étoiles classé Relais & Châteaux, s'impose comme l'un des plus beaux hôtels de Versailles pour découvrir le domaine royal. Véritable hommage au Grand Siècle, l'établissement célèbre l'art de vivre à la française dans un esprit de maison de famille du XXIe siècle, ponctué de touches de design contemporain. Mireille Gignoux.
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Chambre Descartes
Hôtel Les Lumières
31 clés, à partir de 293 euros la nuit
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