Pour celles et ceux qui ne sont pas encore des spécialistes ou qui ont des aprioris, il est bon de préciser d’emblée que le saké contient sensiblement le même degré d’alcool que le vin. Oubliez donc le fantasme de la boisson très forte qui vient agresser le palais, et comparez plutôt le saké à un vin de riz, même s’il n’est pas élaboré de la même façon.

Souvent décrite comme une sensation plus que comme un goût isolé, l’umami apporte longueur, rondeur et cohérence aux plats. Il ne s’impose jamais frontalement, mais structure l’ensemble, lie les ingrédients entre eux et prolonge la sensation en bouche. Une qualité qui fait du saké un partenaire évident de la cuisine française, historiquement fondée sur le travail du fond, de la sauce et du temps long.
Durant tout le mois de février donc, vingt adresses participantes dont des restaurants à Paris et en région, proposeront accords, dégustations et découvertes autour du saké. L'occasion de (re)découvrir cette boisson ancestrale. Liste des établissements participants ici.
Nouveauté notable pour cette édition 2026 : l’événement s’ouvre pour la première fois aux bars à vin à Paris, élargissant le terrain de jeu au-delà du seul cadre de la haute gastronomie.
En savoir plus sur l’élaboration du saké
Le saké est élaboré à partir de trois éléments : le riz, l’eau et le kōji, qui déploient un processus de fermentation long et précis, où le temps et les micro-organismes transforment lentement la matière. Ce travail patient, orchestré par les maîtres brasseurs japonais, donne naissance à des cuvées à la profondeur aromatique singulière, à la fois savoureuse et délicate où l'homme est au centre de l’élaboration.
Cette culture du geste, du rythme saisonnier et du respect du vivant a d’ailleurs été reconnue en 2024, lorsque le savoir-faire traditionnel de fabrication du saké a été inscrit au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco.
Résonances culinaires entre Japon et France
L’umami agit par résonance. Certains composés présents dans les poissons, les fruits de mer ou les produits fermentés se révèlent pleinement lorsqu’ils sont associés. Une logique que l’on retrouve aussi bien dans les algues japonaises que dans des piliers de la cuisine française : fromages affinés, tomates mûres, champignons, jus corsés ou sauces longuement réduites.

Contrairement aux boissons fondées sur l’acidité ou la puissance tannique, le saké accompagne sans dominer. Il soutient les saveurs, crée du lien et prolonge l’émotion gustative. Une expérience et une alternative à essayer pour un dialogue naturel avec l’ADN culinaire français.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.



