Des avions plus récents et plus silencieux
Malgré son nom, Corsair n’a plus grand-chose à voir avec l’île de Beauté. Fondée en 1981 par la famille Rossi, Corsair se spécialise à ses débuts dans les vols charters, avant d’être rachetée en 1990 par Jacques Maillot, fondateur de Nouvelles Frontières. La compagnie s’est progressivement imposée sur les lignes long-courriers, notamment vers les Antilles et l’océan Indien. Aujourd’hui deuxième compagnie aérienne française sur le long-courrier, Corsair a investi près d’un milliard d’euros depuis 2020 pour renouveler intégralement sa flotte. Avec ses neuf Airbus A330neo, Corsair revendique désormais la flotte la plus jeune de France. Un atout pour les passagers qui sont certains de retrouver un confort équivalent peu importe le vol ou la destination. Au-delà de l’argument commercial, ces avions plus récents affichent de meilleures performances environnementales : ils consomment environ 15 % de carburant en moins et émettent 25 % de CO₂ en moins par siège que la génération précédente. Selon Corsair, le bruit en cabine a également été réduit de 60 %. Un détail qui a son importance quand il s’agit de passer 12 heures à bord.
Avant le vol, une expérience Business qui commence avant l’embarquement
Pour les passagers de la classe Business, la prise en charge peut commencer avant même l’arrivée à l’aéroport. Corsair propose en effet un service d’enregistrement des bagages à domicile, à l’hôtel ou au bureau, disponible à Paris et en petite couronne. Un agent se déplace pour récupérer les valises (jusqu’à cinq bagages), les enregistrer sur le vol et remettre les cartes d’embarquement. Une application permet ensuite de suivre leur acheminement en temps réel. Selon la compagnie, ce service (facturé 89 euros) permettrait de gagner jusqu’à deux heures.
Corsair n’a pas attendu le prolongement de la ligne 14 du métro pour s’installer à Paris-Orly : la compagnie y opère depuis plusieurs décennies. Nouvelle bonne surprise : le vol part du terminal 4, l’ancien Orly Sud, qui dispose d’une offre appréciable de boutiques et de restaurants (Ralph Lauren, Burberry, Longchamp…), notamment dans la fameuse « Rue Parisienne », une galerie commerçante de 1 600 m² qui devrait prochainement accueillir de nouvelles enseignes. Avant l’embarquement, direction le salon VIP Extime, à l’ambiance calme et feutrée, avec un buffet chaud et froid, des douches et une terrasse donnant sur les pistes, particulièrement agréable en soirée. L’avion étant stationné au pied du terminal, l’embarquement se fait directement par une passerelle, sans avoir à prendre de bus. Quelques minutes encore de gagnées.

Vingt sièges Business et un accès direct au couloir pour chacun
Le personnel navigant nous accueille avec une serviette rafraîchissante et une coupe de champagne ou une autre boisson au choix. Il est un peu plus de 21h lorsque notre Airbus A330neo quitte le tarmac pour mettre le cap sur l’île Maurice. Près de douze heures de vol de nuit nous attendent. C’est l’un des points forts de ce vol : ses horaires. Le départ en soirée permet d’arriver à Maurice vers 11 h, heure locale, et de profiter d’une bonne partie de la journée sur place.
Dans la cabine Business, les passagers ont déjà pris leurs quartiers. Pour la plupart, des touristes - ils étaient 1,44 million à visiter Maurice en 2025, dont près de 338 000 Français - auxquels se mêlent quelques voyageurs d’affaires. Rappelons-le : l’île est aussi une importante place financière régionale. Les vingt sièges de la cabine Business sont répartis selon une configuration 1-2-1 : un fauteuil côté hublot, deux au centre, puis un autre côté hublot. L’avantage : chaque passager bénéficie d’un accès direct au couloir, sans avoir à déranger son voisin. Bien vu pour les couples (et ils sont nombreux à s’envoler pour Maurice) : les honeymoon seats, dont la cloison de séparation peut être abaissée pour voyager côte à côte.
Divertissement, Wi-Fi et couchage : les équipements pendant le vol
Prenons nos aises (après tout, nous sommes en Business). Le siège incliné, les chaussons enfilés, il ne reste plus qu’à choisir sur l’écran tactile de quoi occuper les prochaines heures. Au programme : plus de 110 films et séries, des documentaires, des podcasts et des jeux. Grands classiques ou dernières nouveautés, films d’action hollywoodiens ou comédies françaises, l’offre de divertissement tient ses promesses. Côté Wi-Fi, en revanche, c’est moins fluide : la connexion s’est révélée capricieuse tout au long du vol.

Mais qu’importe : sur un vol de nuit, le véritable argument de la classe Business reste le couchage. Et sur ce point, Corsair ne déçoit pas. Les fauteuils s’inclinent à 180 degrés pour former un lit parfaitement horizontal. Oreiller, couette et surmatelas ont été conçus par Atelier Louis, une manufacture française qui travaille pour l’hôtellerie haut de gamme. Enfin, la trousse de confort vient d’être entièrement revue, avec des produits de la marque Sothys présentés dans une pochette zippée en néoprène, pratique à réutiliser.

Repas et vins : l’offre Business de Corsair
Autre nerf de la guerre : la restauration. Corsair en a fait l’un des axes majeurs de sa montée en gamme, avec une nouvelle carte Business déclinée en quatre cycles de menus régulièrement renouvelés. Pour le plat principal, trois propositions au choix : viande rouge, poisson ou volaille.

Servi sur une nappe blanche, notre dîner débute par un œuf poché accompagné de lentilles aux raisins secs, de chou rouge braisé et d’une crème de betterave au shiso rouge. Le dressage est soigné, digne d’un restaurant gastronomique. Pour la suite, nous optons pour le cabillaud en croûte d’herbes et son beurre blanc, plutôt que pour l’épaule d’agneau accompagnée de polenta, de poivrons sautés et d’aubergine rôtie, ou le haut de cuisse de volaille à la moutarde de Brive, servi avec un gratin dauphinois, des pointes d’asperges et des carottes. Une sélection de fromages (fourme d’Ambert, saint-marcellin fermier et comté affiné vingt-quatre mois), puis un dessert au chocolat noir et des macarons Lenôtre complètent ce repas de haut vol (vous l’avez ?) Et pour accompagner les agapes ? Une carte des vins impressionnante (à cette altitude !), signée Antoine Pétrus, Meilleur Ouvrier de France en sommellerie. Saint-émilion, chablis, pouilly-fumé… Les belles appellations françaises sont de la partie. Le champagne, lui, est signé Laurent-Perrier. Au matin, mention spéciale pour le petit-déjeuner léger : œufs brouillés au fromage frais et champignons ou crêpe à la compotée de fruits rouges, pistache et poire, parfait au réveil.

A noter : Un Menu Prestige est également proposé aux passagers de toutes les classes avec des spécialités de la maison Petrossian (caviar, homard, saumon et tarama) et un dessert signé Lenôtre (120 euros, à réserver 48 heures avant le départ).
À l'arrivée, service VIP en option
Et pour ceux qui souhaitent se délester de toutes les formalités à l’arrivée, Corsair propose également un service ultra-VIP. Dès la descente de l’avion, les passagers sont pris en charge par un personnel dédié qui les conduit au salon Jet Prime, réservé à l’aviation privée. Là, ils profitent de salons confortables et de boissons à disposition (et bientôt même d’un spa !), tandis que les équipes se chargent des formalités d’immigration, des contrôles et de la récupération des bagages. De quoi commencer son séjour dans les meilleures dispositions.
En bref
Les points forts
- Flotte récente et homogène d’Airbus A330neo
- Horaires de nuit permettant de profiter de la journée à l’arrivée
- Accès au salon Extime à Paris-Orly
- Sièges transformables en lits parfaitement horizontaux
- Qualité de la restauration et sélection de vins
- Service VIP Jet Prime proposé à l’arrivée

Les points faibles
- Connexion Wi-Fi capricieuse durant notre vol
- Plusieurs services proposés en supplément (CheckMe, Menu Prestige, Jet Prime)
- Certains vols avec escale à La Réunion, portant la durée du trajet à 14 h 20
Verdict : Corsair propose une Business Class très convaincante sur la liaison Paris-Maurice. La montée en gamme se ressent à toutes les étapes, des prestations au sol jusqu’aux services à bord et à l’arrivée. Le confort du lit et la qualité des plats servis à bord, accompagnés d’une belle carte de vins font partie des points forts tandis que le Wi-Fi reste le principal bémol relevé lors de notre essai.
Le petit plus : Les sacs de golf voyagent gratuitement
Avis aux golfeurs ! Nul besoin d’un billet en classe Business pour embarquer ses clubs. Sur Corsair, les sacs de golf voyagent gratuitement, quelle que soit la classe. Un joli bonus pour les amateurs de greens, nombreux à mettre le cap sur Maurice.




