Christine RobaloChristine Robalo, Le jeudi 09 juillet 2026
Destinations

Où partir en France en août ? 5 régions secrètes à l’abri des foules

Où partir en août ? Dès que le mois d'août s'installe, les littoraux saturent et les vacances virent à l'épreuve d'endurance. Pour retrouver le sens du voyage, il faut accepter de bousculer la géographie traditionnelle et s'écarter des itinéraires balisés. Des vallées oubliées de l'arrière-pays méditerranéen aux plateaux d'altitude balayés par les vents, exploration de cinq destinations hors des radars.
  •  Où partir en France en août ? Les sommets de la Haute-Soule, Pays Basque © Hôtel Etchemaïté
    Où partir en France en août ? Les sommets de la Haute-Soule, Pays Basque © Hôtel Etchemaïté
Pour chercher une fraîcheur devenue rare, on s'enfonce sous la canopée de la forêt d'Iraty

1. Où partir en août en France ? La Haute-Soule, le Pays Basque des bergers et des canyons

Cette première destination où partir en août nous éloigne de l’effervescence saturée de la côte basque et des planches de surf, à la dérive des plages de Biarritz, la Soule incarne la province la plus secrète et la plus sauvage du Pays basque. Ici, les montagnes se font plus abruptes, la roche calcaire se creuse de canyons spectaculaires et les forêts de hêtres s’imposent. Pour chercher une fraîcheur devenue rare, on s'enfonce sous la canopée de la forêt d'Iraty, la plus vaste hêtraie d’Europe avec ses 17 000 hectares drapés à flanc de montagne. En août, le massif vit au rythme de la transhumance millénaire, là où les brebis profitent des prairies d'estive tandis que le centre équestre local propose de traverser les crêtes à cheval, ou à dos d’âne pour les plus jeunes.

  • Saint-Jean-Pied-de-Port © Hôtel Les Pyrenées
    Saint-Jean-Pied-de-Port © Hôtel Les Pyrenées
     

À cheval sur la Basse-Navarre voisine, le massif des Arbailles culmine à 1 286 mètres dans un labyrinthe de reliefs karstiques et de hêtres légendaires, royaume des laminak, ces petits elfes de la mythologie basque. Pour échapper au soleil de plomb, l'esquive idéale mène à la source de la Bidouze au départ de Saint-Just-Ibarre. Le sentier remonte la rivière de cascade en cascade sous les arbres jusqu'à une grotte blottie au pied de la falaise, une immersion d'environ trois heures aller-retour offrant une fraîcheur impériale. On teste ensuite son vertige sur la passerelle d’Holzarte, suspendue à 150 mètres au-dessus des gorges, avant de rejoindre la terre ferme. L'immersion culturelle vire à l'expérience mystique avec la Pastorale souletine. Cette tragédie chantée en langue basque, préparée pendant un an par un village entier, transforme la montagne en scène de théâtre à ciel ouvert. Un spectacle vivant unique inscrit dans une tradition séculaire.

Où dormir ? L'Hôtel Les Pyrénées

À Saint-Jean-Pied-de-Port, la famille Arrambide tient les rênes de l'Hôtel Les Pyrénées depuis quatre générations. Derrière la façade de cet ancien relais de diligences se cachent 18 chambres et suites contemporaines vastes, bienvenues pour poser les jambes après avoir avalé les cols du coin. Le calcul logistique est simple : l'hôtel du Pays Basque sert de base arrière idéale pour attaquer les lacets panoramiques et atteindre le cœur de la forêt d’Iraty ou le départ du canyon d’Holzarte. Le vrai point fort de l'adresse se révèle au retour de ces expéditions physiques, quand on s'installe au bord de la piscine face à la citadelle. C’est le spot parfait pour regarder, un verre d'Irouléguy blanc à la main, le défilé des pèlerins qui entament leur éprouvant voyage vers Saint-Jacques. L'accueil y est pro, fluide, sans les courbettes inutiles qui gâchent parfois les adresses de ce standing.

  • © Hôtel Les Pyrénées
    © Hôtel Les Pyrénées


Hôtel Les Pyrénées
18 clés, prix à partir de 202 euros la nuit
19, place Charles-de-Gaulle, Saint-Jean-Pied-de-Port

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Où manger ? Le restaurant de l'hôtel Etchemaïté

Il faut s'enfoncer jusqu'à Larrau pour dénicher la table de l'Hôtel Etchemaïté, perchée face aux sommets de la Haute-Soule. La cuisine y esquive d'emblée la démonstration technique ou le folklore pour touristes, se concentrant sur la vérité des produits d'estive et des vallées basques. Les assiettes, franches et lisibles, font la part belle à l'agneau de lait des Pyrénées saisi à la nacre et au jambon de coche locale au caractère bien trempé. On s'installe dans la salle panoramique pour voir le jour tomber sur le relief, tout en piégeant dans son verre les cuvées d'Irouléguy les plus confidentielles dégotées par la maison. Une adresse de montagnards, carrée et sans chichis, qui remet les pendules du terroir à l'heure.

  • © Restaurant Etchemaïté
    © Restaurant Etchemaïté
     

Restaurant Etchemaïté
À la carte : menu (entrée-plat-dessert) à partir de 42 euros
Le Bourg, Larrau

2. Le Haut-Var, le refuge secret de l'arrière-pays provençal

Il faudrait avoir un penchant sérieux pour le masochisme pour s'entêter à chercher une place de parking à Saint-Tropez au mois d'août, coincé entre deux files de SUV noirs et le bourdonnement des yachts. Le vrai luxe varois a déserté le bling-bling de la côte pour se réfugier à trente kilomètres de là, sur les hauteurs. C'est ici, dans le pays de Fayence, que l'arrière-pays égraine ses villages perchés sur des éperons rocheux, dominant des plaines d'oliviers et de pins. Une halte de caractère, idéale pour ceux qui veulent partir en août en France loin des foules.

  • Pays de Fayence © Nico Gomez
    Pays de Fayence © Nico Gomez
     

On délaisse le littoral pour la fraîcheur des eaux calmes du lac de Saint-Cassien ou pour explorer les ruelles ombragées de Seillans. Les marcheurs s'enfoncent sous la canopée des gorges de la Siagne, un spot idéal pour échapper au soleil de plomb. Côté culture, le mois d'août évite ici le vide artistique grâce au Festival Musique en Pays de Fayence, qui investit les églises romanes et les places de villages pour des concerts de musique de chambre sous les étoiles. Une programmation pointue qui utilise le patrimoine local comme caisse de résonance naturelle.

Où dormir ? Hotel Terre Blanche Hotel Spa Golf Resort

Si l'idée même d'un resort dans l'arrière-pays vous évoque une dystopie hôtelière, peuplée de voiturettes nerveuses et de tribus hors contrôle, cette enclave de 300 hectares bouscule tous les a priori. Entre les villas et les suites disséminées à flanc de colline, le silence n'est, ici, troublé que par les effluves de myrte et de romarin. On oublie les halls d'hôtels du Var bondés pour s'offrir le luxe de la distance. Cette Arcadie sudiste se révèle d'ailleurs stratégique pour effleurer les pépites du pays de Fayence sans s'épuiser au volant. Comptez dix minutes montre en main pour grimper dans les ruelles de Seillans, et un petit quart d'heure pour troquer la chaleur des pierres contre l'ombre bienvenue des gorges de la Siagne ou les eaux tranquilles du lac de Saint-Cassien.

  • © Hotel Terre Blanche Hotel Spa Golf Resort
    © Hotel Terre Blanche Hotel Spa Golf Resort
     

Au retour d'expédition, le véritable snobisme de l'adresse reste sa capacité à diluer la foule, que l'on vienne pour dompter ses deux parcours de golf de championnat ou pour s'enfermer dans sa monumentale bastide de 3 200 m² dédiée au bien-être. L'hôtel spa en Provence tourne le dos aux ambiances nordiques un peu cliniques pour revendiquer un grand classicisme provençal, matérialisé par une piscine de 20 mètres coiffée d'une immense verrière.

Hotel Terre Blanche Hotel Spa Golf Resort
115 clés, prix à partir de 946 euros la nuit
3100, route de Bagnols-en-Forêt, Tourrettes

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Où manger ? La table du Castellaras

Le Castellaras est un mas en pierres de pays ancré à flanc de colline, pour s'attabler sans risquer le piège à touristes. C’est le domaine de la famille Carro, aujourd'hui piloté par Hermance et son mari Quentin Joplet. Aux beaux jours, le premier choc est visuel : la terrasse du restaurant suspendue, ombragée par de grands arbres, offre une vue plongeante sur le village de Fayence juste en face. Le panorama est splendide, mais la mise en scène s'arrête là où l'assiette commence.

  • © La table du Castellaras
    © La table du Castellaras
     

Le couple tient le cap d'une cuisine de saison aux accents provençaux bien trempés, adossée au marché quotidien. Quentin Joplet retravaille les classiques du terroir avec une créativité qui dépoussière les traditions. Les jus sont courts, les cuissons franches, et les produits locaux (des légumes du matin jusqu'aux viandes de l'arrière-pays) s'expriment sans filtre. La fluidité du service et une cave de connaisseur très affûtée sur les vignobles de Provence complètent cette partition solide. Une table carrée et habitée, qui rappelle que la gastronomie varoise sait encore avoir du fond.

La Table du Castellaras
À la carte : menu (en 4 plats) à partir de 80 euros
461, chemin de Peymeyan, Fayence

C'est ici que l'on prend la mesure de la Corse de l'intérieur, farouche et silencieuse

3. Partir en août en Corse : L'Alta Rocca, la Corse des cimes

Quitter Porto-Vecchio en plein mois d'août tient du réflexe de survie. Dès que la route s'élève vers l'Alta Rocca, l'air change de texture et la Corse retrouve sa vérité, celle des bergers et du granit brut. Le paysage se débarrasse des yachts loués par des peoples en mal de visibilité, pour déployer les aiguilles de Bavella, ces pics acérés qui découpent le ciel comme des éclats de silex. Le jeu estival consiste à délaisser le sel de la côte pour plonger dans les vasques d'eau pure du fleuve Rizzanese ou pour arpenter les sentiers ombragés du plateau du Cuscionu, où les chevaux sauvages paissent en liberté.

  • © Le Trinichellu
    Le Trinichellu © Balagne Corsica
     

Pour les voyageurs qui veulent poser la voiture, une escapade à bord du Trinichellu s'impose. Ce fameux petit train corse brinqueballe à flanc de montagne, franchissant des viaducs vertigineux conçus par Eiffel et offrant un spectacle que l'on ne verra jamais depuis une autoroute. C'est l'expérience idéale pour ralentir le rythme et observer le maquis défiler à une vitesse qui laisse le temps de vivre.

C'est ici que l'on prend la mesure de la Corse de l'intérieur, farouche et silencieuse. Pour s'en convaincre, il suffit de pousser les portes du musée de l'Alta Rocca à Levie. On y croise le squelette de la « Dame de Bonifacio », une résidente vieille de près de 10 000 ans qui en dit long sur l'épaisseur historique des lieux. Juste à côté, une marche sous les chênes verts mène au casteddu de Cucuruzzu, une forteresse de l'âge du bronze aux murs cyclopéens. Le soir venu, la culture locale s'exprime loin des sonos de plages. Si vous visez la mi-août, le Festival de l'Alta Rocca investit Levie pour célébrer les traditions et le patrimoine insulaire. Le reste du temps, ce sont les concerts de polyphonies qui résonnent dans les églises de village, un moment suspendu où les voix semblent sourdre directement de la roche.

Où dormir ? Hôtel Le Mouflon d’Or

À Zonza en Corse, l'hôtel le Mouflon d'Or remet les pendules de l'hôtellerie d'altitude à l'heure après trente ans de sommeil. Cette bâtisse des années 1920, posée là à l'époque par la Compagnie des chemins de fer PLM, renaît sous la houlette de Lise Canarelli, dont la famille pilote déjà la Cala Rossa ou le Domaine de Murtoli. La transition de la plage à la montagne évite ici tout faux pli : le bâtiment a été entièrement mis à nu pour abriter 20 chambres spacieuses et deux bergeries indépendantes planquées dans le parc.

  • Le Mouflon d’or
    Hôtel Le Mouflon d’or


La géographie de cet hôtel en Corse du Sud en fait une halte tactique, à environ une heure de virages serrés depuis Porto-Vecchio. On pose ses bagages au cœur de l'Alta Rocca, à portée de godillot des aiguilles de Bavella et des sentiers du GR20, mais le vrai luxe est de pouvoir observer le relief sans bouger de la piscine extérieure, en attendant l'ouverture d'un spa de 1 000 m².

  • La Suite Nocciu © Hôtel Le Mouflon d’Or
    La Suite Nocciu © Hôtel Le Mouflon d’Or
     

À l'intérieur, le décor tourne le dos au minimalisme standardisé des boutiques-hôtels. Meubles d'église, commodes Empire et assises des années 1940 cohabitent sur des murs texturés, fruit d'une décennie de chine patiente. L'atmosphère est habitée, le service s'aligne sur les standards feutrés des Relais & Châteaux, le tout sans le vernis clinquant de la côte. Une adresse solide qui s'inscrit dans le temps long.

Hôtel Le Mouflon d’Or
20 clés, prix à partir de 440 euros la nuit
Pian di Santo, Zonza

jusqu'à -25% sur cet hôtel avec le Club Yonder Voir les prix sur booking.com

 

Où manger ? La table d’A Pignata

À Levie, les Rocca Serra cultivent l'art du banquet montagnard à 850 mètres d’altitude, et mieux vaut avoir zappé le déjeuner pour s'attabler chez eux. Menée par Lilli, Jean-Baptiste et Antoine, A Pignata fonctionne comme une table d'amis qui aurait le sens des proportions d'un ogre. Ici, pas de chichis ni de micro-portions millimétrées : les plats déboulent en direct de la ferme familiale et le menu unique se gère comme un marathon de haute volée.

  • © La table d’A Pignata
    © La table d’A Pignata
     

L’été, l'affaire se corse sur la terrasse panoramique avec la montagne pour seul vis-à-vis. On commence les réjouissances par la charcuterie maison, issue des cochons noirs élevés sur place, ou par une soupe paysanne redoutable, mijotée des heures avec un os de jambon et les légumes du potager. Autant vous dire qu'il faut garder du souffle pour la suite : l'agneau caramélisé au four et la daube farcie rivalisent avec des cannelloni au brocciu d'une légèreté sans pareil, le tout escorté de haricots à la pancetta. Le plateau de fromages du berger et les beignets traditionnels achèvent de valider cette démonstration de force. C'est généreux, c'est brut, et on en sort avec l'envie immédiate de faire une sieste sous les chênes.

La table d’A Pignata
À la carte : menu unique prix 70 euros
Route des sites archéologiques de Cucuruzzu, Levie

4. La Montagne Noire et le Cabardès, l’ombre sauvage du Pays Cathare

Partir en août en France à Carcassonne ne relève pas franchement de l'idée de génie : la ville ressemble à un immense embouteillage de poussettes et de glaces qui fondent sur les remparts. Mais il suffit de lever les yeux depuis la plaine pour repérer cette masse sombre qui barre l'horizon nord. La Montagne Noire porte bien son nom : un immense bloc de forêts denses et de roches schisteuses qui fait office de climatiseur naturel pour l'Aude. En grimpant dans ses plis, on pénètre dans le Cabardès, un vignoble géographiquement schizophrène où la fraîcheur de l'Atlantique vient percuter la chaleur de la Méditerranée. Le résultat se lit dans le paysage et dans les verres, où le merlot et la syrah cohabitent sur des pentes abruptes.

  • La Montagne Noire © Domaine La Montagne Noire
    La Montagne Noire © Domaine La Montagne Noire
     

Le décor a du tempérament et invite à l'exploration physique. L'itinéraire classique mène aux quatre châteaux cathares de Lastours. Oubliez la visite passive : ces sentinelles de pierre s'apprivoisent au fil d'une marche escarpée au milieu du maquis, avec pour récompense un panorama vertigineux depuis le belvédère de Réals. Plus insolite, le village du livre de Montolieu justifie une halte culturelle. Cette enclave d'artisans, de bouquinistes et de galeries d'art cache surtout le Musée des arts et métiers du livre, parfait pour palper l'histoire du papier et de l'imprimerie. Côté fraîcheur brute, le gouffre géant de Cabrespine offre une plongée sous terre spectaculaire dans une cavité assez vaste pour abriter la tour Eiffel. Si vous passez dans le coin à la fin de l'été, le festival Cabardès Temps de Pause secoue les vieilles pierres de la région à coups de concerts intimistes et de théâtre itinérant.

Où dormir ? Le Château de Thuries

À la lisière du Cabardès, le Château de Thuriès joue la carte de la maison de famille exclusive. Cette demeure de 1895, qui emprunte ses lignes élégantes au style Directoire, a trouvé en Pascal et Pascale Brière des gardiens passionnés. Depuis leur reprise des lieux fin 2023, le couple peaufine un décor haute couture où les meubles anciens s’intègrent sans l'effet d'un musée poussiéreux. Cet hôtel château se limite volontairement à cinq suites thématiques, de l'ambiance feutrée du Petit Boudoir aux accents voyageur de la suite Coloniale.

  • © Chateau de Thuries
    © Chateau de Thuries
     

La véritable signature de la maison reste son immense parc d'un hectare et demi, ombragé par des séquoias et des cèdres géants pluricentenaires. C’est au bord de la piscine de nage chauffée de 15 mètres, posée sur la terrasse, que l'on prend la mesure du lieu, les yeux fixés sur le ballet des écureuils. Pour les moments de repli, le château dévoile un salon Art déco habité par un piano à queue de 1870, une bibliothèque bien fournie et un espace bar-billard-fumoir qui invite à étirer les soirées. Le plus de cet hôtel de charme du Sud Ouest tient à son accès direct à la Rigole de la Plaine qui borde la propriété. On enfourche l'un des vélos mis à disposition pour suivre ce fil d’eau historique à l'ombre des arbres, une escapade sans effort qui mène soit vers les plages de la pinède du lac de Saint-Ferréol, soit vers la bastide de Revel.

Château de Thuries
5 clés, prix à partir de 242 euros la nuit
Chemin de Thuries, Revel

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Où manger ? La Villa Pinewood

Pour toucher du doigt ce que la Montagne Noire a de plus sauvage, il faut s'aventurer du côté de Payrin-Augmontel, là où Anne et Thomas Cabrol ont posé la Villa Pinewood. Attention, l’endroit n’a rien d’un bistrot de village où l'on pousse la porte à l'improviste. C’est un ovni œno-gastronomique ultra-exclusif conçu pour quatorze convives maximum, tous attablés à la même heure (19h30 pile) autour d'un comptoir en bois et granit. Le couple, ancien cador des bars à vins toulousains, y orchestre un ballet millimétré en une douzaine de séquences végétales et locales. Dans l'assiette, Thomas Cabrol applique une discipline d'acier : pas d'épices lointaines, pas de poivre exotique, pas de sucre raffiné, et encore moins de café en fin de repas. Le goût est intégralement dicté par le paysage. Les épices sont remplacées par plus de deux cents plantes et herbes de cueillette sauvage ramassées le matin même, les poissons viennent d'une ferme aquacole voisine et le café cède sa place à un malt d'orge local. Au verre, Anne Cabrol puise dans une cave d'un millier de références pour bâtir des accords d'une justesse désarmante. C’est une expérience cérébrale, parfois radicale (les allergies et régimes spécifiques n'y sont pas acceptés), mais d'une poésie rare. Une table d'auteur brute et hautement vibrante, qui donne l'impression de manger la forêt.

  • La Villa Pinewood ©  Joann Pai
  • La Villa Pinewood © DR

 

La Villa Pinewood
À la carte : menu unique en 12 étapes prix 130 euros
590, Chemin du Negre, Payrin

5. Vars et le Val d'Escreins : l'échappée alpine

Mettre les pieds à Vars en août permet d'abord de régler un malentendu géographique avec ceux qui cherchent encore la mer. Ici, pas de yacht ni de sillage de jet-ski, mais deux vallées suspendues dans les Hautes-Alpes qui captent la même lumière blanche que la Côte d'Azur, le fond de l'air frais en prime. Le décor refuse le compromis : d'un côté, les crêtes ciselées de l'Eyssina surveillent la route des Grandes Alpes, de l'autre, le Val d’Escreins déploie un silence de cathédrale verte si dense qu'on l'a baptisé le « petit Canada varsinc ».  Le sport local ne consiste pas à parader en lin blanc, mais à s'attaquer au rituel « un jour, un lac ».

  •  Val d’Escreins © Mairie de Vars, Lea Scappini
    Val d’Escreins © Mairie de Vars, Lea Scappini
     

Les plus endurants grimpent jusqu'aux 2 711 mètres du lac des 9 Couleurs, un miroir changeant encastré dans la roche où les bouquetins font office de comité d'accueil. Pour les autres, le télémix de Chabrières mâche le travail et dépose les marcheurs directement face au lac de l'Étoile.  La vraie surprise est culturelle. Loin des clichés des fêtes de transhumance pour cartes postales, la station s'offre en août,  un festival de piano de haute volée. Les virtuoses s'installent dans la salle Chastan, réputée pour son acoustique millimétrée, après avoir inauguré les festivités en plein air au milieu des arbres d'Escreins. Et si vous traînez dans le coin autour du 15 août, la Fête du Patrimoine réveille les hameaux à coups de concours de pétanque et de bals populaires qui durent jusqu'à ce que le ciel, d'une pureté obsessionnelle, ne laisse plus voir que les étoiles. 

Où dormir ? Hôtel le 16 | 150

Au col de Vars, ce boutique-hôtel réussit l'exploit de liquider d'un seul coup de balai le style « chalet en rondins et rideaux à cœurs » qui plombe trop souvent la montagne. L'ambiance est franche, contemporaine, presque moderniste, combinant le béton brut et d'immenses baies vitrées qui cadrent les mélèzes comme des œuvres d'art. L'accueil y est d'un naturel désarmant, assuré par une équipe qui gère le lieu avec le sourire de ceux qui savent qu'ils dorment au frais pendant que la plaine étouffe. Les chambres de cet hôtel de charme en montagne sont spacieuses, les quatre suites de 44 m² imposantes, et la literie premium pardonne instantanément les excès de dénivelé de la journée. Le passage par le spa Nuxe de 300 m² est obligatoire avant d'aller s'attabler au Skitchen, le bistrot de la maison qui s'amuse à alléger les classiques de l'altitude.

  • © Hôtel le 16 | 150
    © Hôtel le 16 | 150
     

Hôtel le 16 | 150
29 clés, prix à partir de 225 euros la nuit
Village de Sainte Marie, 11 rue du Pied de Ville, Vars

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Où manger ? 1854

La plupart des stations de ski ferment leurs meilleures tables l'été ou s'endorment sur des salades sans relief. Le 1854 fait exactement l'inverse. En trois saisons, ce comptoir gastronomique est devenu la signature la plus excitante de Vars en faisant de la cuisine à la braise un art de haute précision. Tout se joue autour d'un piano au feu de bois où le chef dompte les flammes pour donner une profondeur fumée unique aux assiettes. En août, le menu prend une trajectoire végétale salutaire grâce au potager du restaurant, venant escorter des viandes d'une qualité rare dénichées chez le maître affineur Thomas Bessette. La sélection des vins est pointue, le geste est sûr, et l'exercice s'éloigne de toutes les cantines d'altitude connues.

  • © Le 1854
  • © Le 1854

 

Le 1854
À la carte : entrées prix à partir de 15 euros, plats à partir de 26 euros  
29 allée Zendel, Vars

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