Christine RobaloChristine Robalo, Le lundi 17 août 2026
Destinations

Où partir en France en septembre ?

Septembre est ce mois béni où les vacanciers de juillet et d'août rendent les clés, laissant derrière eux une France métamorphosée. Les plages retrouvent leur silence, la lumière dorée adoucit les reliefs, et les plus belles adresses redeviennent enfin accessibles. C'est l'été indien des connaisseurs, celui où l'on voyage sans bruit de fond. Où partir en France en septembre ? Cinq destinations hors des radars.
  • Où partir en France en septembre © Domaine de Chalamon
    Où partir en France en septembre © Domaine de Chalamon
  • Où partir en France en septembre © La Côte Saint Jacques
    Où partir en France en septembre © La Côte Saint Jacques

1. Où partir en septembre en France ? Les Landes, l'été indien entre pins et vagues sauvages

Le littoral landais est la destination idéale où partir en septembre. Le rush estival s'évapore, embarquant avec lui les embouteillages d'Amiens-Plage et le bruit assourdissant des cours de surf collectifs. Il reste une côte magistrale, balayée par des houles régulières, où l'océan Atlantique retrouve une température idéale et une liberté d'action souveraine. On vient ici glisser sur les vagues au lever du jour sans croiser âme qui vive, pousser la porte d'une cabane en bois pour une dégustation d'huîtres du lac de Hossegor les pieds dans le sable, ou filer au marché local s'offrir une part de pastis landais encore tiède.

  • Les plages des Landes en septembre ©coralie-dauzats
    Les plages des Landes en septembre ©coralie-dauzats


L'après-midi se prête aux longues séances de fatbike sur les plages désertes, avant de s'enfoncer sous la canopée pour arpenter à vélo les pistes cyclables interminables, bercé par l'odeur chaude de la résine des pins. Côté culture, le festival Musique en Côte Basque égrène ses derniers accords classiques jusqu'à la mi-septembre, mais la rentrée s’emballe vite dans le Pays Basque voisin. Entre le Jazz Festival d’Anglet, les rendez-vous chorégraphiques du festival Le Temps d'Aimer à Biarritz et l'ambiance populaire de la Fête du Vignoble à Irouléguy, les échappées culturelles ne manquent pas. Les cinéphiles traverseront même la frontière pour fouler le tapis rouge du prestigieux Festival de San Sebastián.

Où dormir ? 70 Hectares… & L’Océan

C'est l'un des plus beaux hôtels des Landes. Ancien hôtel de golf fermé pendant huit ans, il a repris vie sous les traits d'un surf lodge haut de gamme. Planté sur les pelouses vallonnées du Golf de Seignosse et dissimulé sous sa façade vert sapin, le bâtiment de trois étages est enveloppé par une forêt sauvage de pins et de chênes-lièges. À l'intérieur, le décor dévoile teintes pastel olive et rose,  parquets clairs et lithographies exclusives de l'artiste basque SupaKitch. Dans le salon-bibliothèque, les planches de surf, chisteras et paletas affichent couleur locale.

  • Où partir en septembre en France ? Les Landes, l’été indien entre pins et vagues sauvages © 70 hectares...& l’océan

    Où partir en septembre en France ? © 70 hectares...& l’océan

Les 32 chambres et suites s'équipent de lits king-size, de baies vitrées lumineuses et de soins biologiques L:A Bruket dans les salles de bains. Conseil d'ami : zappez les chambres Classiques et leur vue sur le parking pour réserver une Junior Suite ou Suite Terrasse Océan, parvis parfait pour apprécier le coucher de soleil. Au rez-de-chaussée, l'immense terrasse en lames de bois prolonge l'expérience vers la piscine bordée de grands arbres, avant de louer un vélo électrique, indispensable pour remonter de la plage des Estagnots ou des Bourdaines sans y laisser ses cuisses.

70 Hectares… & l'Océan, Fontenille Collection
32 clés, prix à partir de 162 euros la nuit
901, avenue du Belvédère, Seignosse

Où manger ? Chez Henri

Pour apprécier la métamorphose de l'ancienne Tétrade sans sombrer dans la nostalgie patronale des cent ans d'Hossegor, cap sur cette brasserie de lac reprise par la bande de Double Dimanche (déjà aux manettes de Monsieur Mouette et Gigio). Le lieu s’offre une seconde jeunesse bien troussée : déco balnéaire léchée, parasols vintage sur la terrasse du restaurant et écailler stratégiquement posté au rez-de-chaussée. L'idée ? Retrouver l'esprit des soirées d'antan où les marins descendaient leurs bécasses cuites à la ficelle, mais avec le confort visuel d'un sunset sur l'eau et un verre de blanc bien frais. L’assiette ne joue pas les figurantes. Si l’on vient d'abord pour les plateaux de fruits de mer, du bulot impeccable au homard flanqué d'huîtres locales, la cuisine ratisse large et juste.

  • Crudo de thon rouge et pastèque © Brasserie Chez Henri

    Crudo de thon rouge et pastèque © Brasserie Chez Henri

Mention spéciale pour la truite basque travaillée en sashimi sur une galette de riz croustillante. Les grosses pièces au feu de bois (bar à la braise, côte de bœuf) et l'arroz negro aux langoustines régalent les grandes tablées avant d'achever les plus gourmands à coup de profiteroles XXL. Pour ceux qui fuient le premier rang, le repaire cache même une cave voûtée privée pour dîner au vertige des flacons, loin des regards. Une institution réinventée sans la moindre fausse note et l'un des meilleurs restaurants de Hossegor.

Chez Henri
Entrée à partir de 7 euros, plats à partir de 22 euros
1187, avenue du Touring Club, Soorts-Hossegor

La Provence dans ce qu'elle a de plus brut, poétique et apaisé

2. Les Alpilles, profiter de la Provence en septembre

Quand la déferlante estivale regagne ses pénates, les Alpilles s'avèrent une destination idéale où partir en sepetmbre au calme. À une vingtaine de kilomètres d'Avignon, cet archipel calcaire posé au milieu des oliviers, des cyprès et de la garrigue retrouve la musique intime de ses fontaines et une ombre bienveillante. Si Saint-Rémy et Les Baux-de-Provence captaient jusqu'alors l'attention, septembre permet de s'enfoncer plus loin dans le massif, du côté d'Aureille ou de Fontvieille. On enfourche un VTT au soleil couchant pour filer vers les Caisses de Jean-Jean, amphithéâtre de roche où les Gaulois avaient déjà tout compris du paysage. On y pédale au milieu des oliviers AOP, des canaux secrets et des falaises blanchies, bercé par une lumière rasante.

  • S’évader dans les Alpilles en septembre © Domaine de Chalamon

    S’évader dans les Alpilles en septembre © Domaine de Chalamon

Le petit massif se révèle être un condensé de civilisation vieux de 4 000 ans, alignant plus de 110 monuments classés, des vestiges majeurs de Glanum jusqu'à la meunerie romaine de Barbegal. En septembre, pas question d'aligner les visites au pas de charge : on profite de la quiétude retrouvée pour visiter les domaines oléicoles, goûter aux olives cassées au fenouil et s'offrir une escapade culturelle au cœur des Vendanges Culturelles. Cet événement émaillera plusieurs domaines viticoles et lieux patrimoniaux du massif tout au long du mois avec des pièces de théâtre éphémères, des lectures et des dégustations sous les treilles au coucher du soleil. La Provence dans ce qu'elle a de plus brut, poétique et apaisé.

Où dormir ? Le Domaine de Chalamon

Au bout d'une allée majestueuse de platanes centenaires, cette bastide du XVIᵉ siècle déploie ses 15 hectares de jardins. La palette ocre clair, les volets vert pâle et la silhouette des Alpilles en toile de fond convoquent immédiatement le souvenir de Van Gogh. Autour de l'hôtel 4 étoiles, six jardins thématiques se relaient, des parterres à la française jusqu'aux alignements de cyprès et d'oliviers, rafraîchis par de discrets filés d'eau qui chantent sous les platanes.

  • S’évader dans les Alpilles en septembre © Domaine de Chalamon

    S’évader dans les Alpilles en septembre © Domaine de Chalamon

À l'intérieur, les architectes contournent le piège du musée provençal avec brio. Les volumes anciens respirent grâce à des teintes céladon ou rose fané, relevées par des canapés en lin Caravane, des tissus Pierre Frey et des suspensions aériennes en verre signées par la Marseillaise Margaux Keller. Dans les chambres et l'ancienne orangerie, le décor évite toute surcharge : mobilier en rotin, têtes de lit en cannage et céramiques artisanales composent une atmosphère sereine. Mention spéciale pour les chambres baptisées du nom des grands peintres du coin, où la lumière de septembre glisse sur les sols jusqu'au coucher du soleil. Un lieu d'un calme souverain et l'un des plus beaux hôtels des Alpilles.

Domaine de Chalamon, Fontenille Collection
32 clés, prix à partir de 422 euros la nuit
291, chemin de Chalamon, Saint-Rémy-de-Provence

Où manger ? L’Oustau de Baumanière

À une quinzaine de minutes de route du Domaine de Chalamon, au pied des falaises calcaires des Baux-de-Provence, cette institution fondée en 1945 n'a rien perdu de sa superbe. Si le lieu a vu défiler la moitié des têtes couronnées de la planète autour des légendaires millefeuilles de Raymond Thuilier, c'est l'électron libre Glenn Viel qui en tient désormais le gouvernail gastronomique avec une troisième étoile Michelin décrochée de haute lutte. L'homme a dépoussiéré le monument historique sans en abîmer l'âme, troquant les crèmes lourdes d'antan pour une cuisine d'une justesse et d'une inventivité folles.

  • Partir en septembre dans les Alpilles et dîner à L’Oustau de Baumanière © Virginie Ovessian Photographe

    Dîner à L’Oustau de Baumanière © Virginie Ovessian Photographe

Le végétal n'est pas un faire-valoir pour concéder une pause aux estomacs fatigués, mais le cœur battant de la carte : les légumes bio du potager en permaculture et les séchoirs à tomates nourrissent des associations saisissantes, notamment dans son menu signature « 1987 ». Pour les amateurs de classiques revisités, l’agneau de lait au jus de thym citron ou le rouget à la crème fermière rappellent que le chef maîtrise ses bases sur le bout des doigts. Le tout est escorté par l'une des caves les plus monumentales du pays (plus de 50 000 flacons, dont quelques pépites de 150 ans d'âge), sous l'œil bienveillant de Jean-André Charial. Une étape incontournable lors d'un itinéraire en Provence pour les amateurs de grande gastronomie.

L’Oustau de Baumanière
Menu à partir de 120 euros
Mas de Baumaniere, Les Baux-de-Provence

3. La Lorraine en septembre, entre thermalisme et grand air

La Lorraine en septembre dévoile un visage épicurien et chaleureux qui surprendra les plus sceptiques. Moins bruyante que le Midi, dénuée de façades maritimes mais seule région française bordée par trois nations, la Lorraine ne cherche pas à plaire à tout le monde et c'est précisément ce qui fait son charme en septembre. Entre la rudesse fière du Nord industriel et la douceur bucolique des Côtes de Meuse ou des forêts vosgiennes, le territoire joue une partition d'une richesse folle. On y passe de la lumière jaune et ocre de la cathédrale de Metz aux fastes XVIIIe de la place Stanislas et les meilleurs restaurants de Nancy, sans oublier les joyaux Art nouveau qui jalonnent la ville. En septembre, la saison des mirabelles bat son plein dans les vergers, tandis que la température se prête aux week-ends nature, du lac de Gérardmer jusqu’aux lacets panoramiques de la Route des Crêtes. Croyez-nous : une escapade en Lorraine en septembre vaut vraiment le détour.

  • Prendre des vacances en septembre en Lorraine © Centre Pompidou-Metz
    Septembre en Lorraine © Centre Pompidou-Metz


Outre l'incontournable Centre Pompidou-Metz et ses expositions d'envergure internationale, la Meuse s'offre une expérience artistique singulière avec Le Vent des Forêts. Ce centre d'art contemporain à ciel ouvert propose d'arpenter plus de 45 kilomètres de sentiers sylvanchers ponctués d'une centaine d'œuvres d'art plastiques, installées à même la nature par des artistes venus du monde entier. Une randonnée poétique et décalée, loin de la cohue des musées parisiens.

Où dormir ? le Domaine de la Klauss

À quelques minutes des frontières allemande et luxembourgeoise, ces épais murs de pierre brute s'élèvent avec l'assurance d'une forteresse féodale. Derrière cette carapace minérale, cet hôtel 5 étoiles tourne le dos au folklore moyenâgeux pour imposer une ligne contemporaine d'une efficacité redoutable. Les chambres et suites s'éparpillent entre le bâtiment d'origine et des extensions en pierre, privilégiant les beaux volumes, la lumière franche et les matières nobles plutôt que l'esbroufe. Les plus audacieux réserveront la suite de 80 m² nichée au sommet de la tour, histoire de tester le jacuzzi privé avec vue panoramique sur la vallée sans craindre le moindre vis-à-vis.

  • Prendre des vacances en septembre en Lorraine © Domaine de la Klauss

    Prendre des vacances en septembre en Lorraine © Domaine de la Klauss

Sous les voûtes du sous-sol, l'hôtel avec spa de 800 m² (associé à la marque Gemology) aligne bassin sensoriel, douches finlandaises et lits balinais, de quoi requinquer n'importe quel marcheur du dimanche. Les cavaliers, eux, traverseront le domaine pour observer le superbe élevage de chevaux ibériques géré par la maison. Le soir, nul besoin de repasser la frontière pour dîner : l'adresse propose deux vitesses, entre le réconfort d'un plat au feu de bois au Komptoir et la précision formelle de la grande table Le K. Un refuge frontalier qui a du coffre.

Domaine de la Klauss
28 clés, prix à partir de 240 euros la nuit
2, impasse du Klaussberg, Montenach

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Où manger ? Restaurant Chez Pierre

Pour s'éloigner de l'agitation du centre-ville messin, il suffit de grimper sur les hauteurs de Scy-Chazelles. C'est là, dans une ancienne cuverie réhabilitée après trois ans d'un chantier obstiné et ouverte en juin 2025, que Pierre Cordier, traiteur chevronné qui connaît ses classiques sur le bout des doigts, a posé ses casseroles. L'endroit marie la pierre apparente, la lumière traversante et une belle terrasse verdoyante, parfaite pour les fins de journées douces de septembre. L'assiette revendique une franchise bienvenue, flanquée d'un savoir-faire technique tiré au cordeau. Le poulpe sauté aux agrumes côtoie une polenta croustillante qui escorte un filet d'agneau au jus corsé d'une précision diabolique.

  • Déjeuner dans une institution de la Lorraine © Chez Pierre

    Déjeuner dans une institution de la Lorraine © Chez Pierre

Quant aux amateurs de produits marins, ils lorgneront du côté de la pêche du jour sur son risotto d'épeautre. La fin de repas ne cherche pas à faire de la littérature : le chariot de fromages affinés est irréprochable et les profiteroles au chocolat font exactement ce qu'on leur demande. Une étape bourgeoise, décontractée et diablement efficace.

Restaurant Chez Pierre
Entrée à partir de 25 euros, plat à partir de 38 euros
2, rue Jeanne d'Arc, Scy-Chazelles

 

4. La Camargue en septembre : le Far West sauvage au bord de la Méditerranée

Qu’on y débarque par le nord ou l’est, la Camargue impose d'emblée son rythme : un plat pays sauvage aux allures d’hacienda ibérique, où les ranchs de gardians côtoient les marécages bleutés et les rizières bordées de salins aux nuances rosées. En septembre, la fournaise estivale tire sa révérence, laissant la liberté d'arpenter cette Réserve de biosphère classée par l’Unesco. C’est le moment idéal pour sillonner la digue à la mer à vélo, 34 kilomètres d'un itinéraire presque lunaire entre mer et étangs où s'alignent les trépieds des ornithologues, ou pour s’offrir un galop sur la plage de Beauduc, alors que les voiles colorées des kitesurfeurs s'affolent sous les coups du mistral.

  • Faire un tour en Camargue en septembre © DR

    Faire un tour en Camargue en septembre © DR

Côté culture, le voyage débute impérativement à Arles et ses bonnes adresses. Dans l'ombre des platanes, la cité antique déroule un patrimoine vertigineux, des arènes romaines aux Thermes de Constantin, sans oublier la Fondation Van Gogh, hommage au peintre qui y signa près de 200 toiles. Septembre permet surtout de profiter des derniers jours des Rencontres d’Arles : la capitale mondiale de la photographie investit alors chapelles désaffectées, couvents et friches industrielles pour un marathon d'expositions.Plus au sud, Saintes-Maries-de-la-Mer offre une halte plus spirituelle autour de sa fière église Notre-Dame-de-la-Mer, haut lieu de pèlerinage gitan où repose Sainte Sara, avant de céder aux plaisirs d'un verre au mythique hôtel à Arles le Nord Pinus. Le soir venu, l'appétit se traite sans chichis : une assiette de téllines à l'ail, un carpaccio de taureau AOP flanqué de riz camarguais, ou une part de Tomme d'Arles arrosée d'un vin des sables, les pieds presque dans l'eau.

Où dormir ? Le Mas de Peint

Au cœur d'un domaine de 500 hectares tapissé de rizières, d'oliviers et de vergers, ce corps de ferme du XVIIᵉ siècle couvert de lierre ne joue pas les faux modestes. Propriété de la famille Bon depuis des générations, également manadiers élevant des taureaux pour la course camarguaise, cet hôtel de Camargue évite le cliché de la maison d'hôtes rustique. Lucille Bon, architecte de formation, a façonné les chambres et suites en mariant bois de pin, touches de vert ou de rose affirmés et salles de bains perchées en mezzanine.    

  • Vivre la Camargue en septembre © Le Mas de Peint

    Vivre la Camargue en septembre © Le Mas de Peint

L'hospitalité s'accorde au rythme de la manade : on s'offre une sortie à cheval ou en 4x4 au milieu des étangs aux côtés de Frédéric Bon pour saisir le vrai sens des traditions locales, avant de piquer une tête dans la piscine ombragée par les glycines. Le soir, la table se dresse directement en cuisine sous la houlette du chef Juan Ipuz, pour un dîner locavore piochant dans le potager, la viande de taureau et le riz de la propriété. Avant de reprendre la route, un crochet par le coin épicerie permet de glisser un sac de riz du domaine dans ses bagages. 

Le Mas de Peint
15 clés, prix à partir de 315 euros la nuit
Le Sambuc - Route de Salin de Giraud, Arles

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Où manger ? Lou Marquès

Pour boucler la boucle camarguaise, direction l'ancien couvent du XVIIᵉ siècle qui abrite l'hôtel Jules César-MGallery. La salle de restaurant porte la signature graphique inconfondable de Christian Lacroix : lustres théâtraux, couleurs tranchées et silhouettes artistiques qui rendent hommage au glorieux passé romain comme à l'imaginaire des manades. Nommé d'après le marquis Folco de Baroncelli, figure tutélaire de la culture gardiane, ce restaurant d'Arles offre une halte feutrée, bercée par les odeurs de romarin et de sauge qui s'échappent du jardin du cloître.

  • Vivre la Camargue en septembre © Lou Marquès
     © Lou Marquès


Aux commandes, le chef Joseph Kriz déroule une carte provençale lisible, technique et ancrée dans le terroir environnant. Le risotto de langoustines au riz rouge bio de Camargue s'impose comme le plat signature évident, flanqué d'un filet de taureau AOP ou d'une dorade marinée d'une fraîcheur irréprochable. Côté douceurs, la cheffe pâtissière Anne Beyl prend le relais avec brio, livrant une crêpe soufflée au Grand Marnier et à l'orange confite qui vaut le détour à elle seule.

Lou Marquès
Entrée à partir de 12 euros, plat à partir de 18 euros
Hôtel Jules César, 9 boulevard des Lices, Arles

 

Filer le long du canal en Saône-et-Loire, un foulard léger noué au cou pour profiter de la douceur de l'arrière-saison

5. Septembre en Bourgogne, dans les coulisses des vendanges

Septembre est le mois roi en Bourgogne, l'instant magique où les coteaux se colorent d'or et de pourpre, où les sécateurs s'activent dans les rangs de vignes et où l'air des villages sent bon le moût en fermentation. À moins de deux heures de Paris, cette terre d'épicuriens offre une effervescence joyeuse et laborieuse unique. On y vient pour toucher du doigt le secret des climats classés à l'Unesco, arpenter la route des grands crus débarrassée des touristes ou filer le long du canal en Saône-et-Loire, un foulard léger noué au cou pour profiter de la douceur de l'arrière-saison.

  • Découvrir la Bourgogne en septembre © La Côte Saint Jacques

    Découvrir la Bourgogne en septembre © La Côte Saint Jacques

La région déploie un patrimoine d'une richesse étourdissante. En remontant vers l'Yonne, Auxerre impose une étape magistrale : depuis la passerelle qui enjambe le fleuve, la cathédrale Saint-Étienne et l'abbaye Saint-Germain offrent l'un des plus beaux panoramas de la région, prétexte idéal pour perdre ses pas dans la vieille ville. Plus à l'ouest, les bocages de la Puisaye cher à Colette dissimulent une aventure humaine incontournable : le chantier médiéval de Guédelon. En septembre, la quiétude retrouvée permet d'observer à son rythme ces ouvriers-artisiens qui façonnent un château fort en temps réel, armés des seuls outils et savoir-faire du XIIIe siècle. Un week-end en Bourgogne pour découvrir les traditionnelles fêtes de la pressée qui émaillent le vignoble.

Où dormir ? La Côte Saint-Jacques

Née en 1946 d'une simple pension de famille tenue par Marie Lorain, cet hôtel 5 étoiles en Bourgogne (affilié aux Relais & Châteaux) incarne aujourd'hui quatre générations de passionnés. Karine Lorain orchestre la maison de main de maître, veillant sur les 22 chambres et suites tirées à quatre épingles, pour la plupart dotées de terrasses, balcons ou bow-windows plongeant directement dans la rivière. Si l'on y vient pour respirer l'air doux du vignoble, le passage par le spa de 800 m² réparti sur deux niveaux s'avère hautement recommandé.

  • Découvrir la Bourgogne en septembre © La Côte Saint Jacques

    © La Côte Saint Jacques

On y bulle dans la piscine intérieure de 6 × 12 mètres ou dans le bain à remous panoramique avec vue imprenable sur l'Yonne, avant d'arpenter les jardins du domaine. Les familles apprécieront l'accueil sur-mesure réservé aux plus jeunes tandis que les épicuriens se féliciteront de la démarche écoresponsable de l'hôtel, récompensée d'une étoile verte Michelin. Une étape bourguignonne majeure, où la transmission familiale s'écrit avec une sérénité désarmante.

La Côte Saint-Jacques
22 clés, prix à partir de 301 euros la nuit
14, faubourg de Paris, Joigny

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Où manger ? Maison Medard

À Boulleret, aux portes de Sancerre, Julien Medard s'est collé la mission de faire vibrer un ancien bistrot de village à coups de haute voltige culinaire… et le pari est tenu avec une étoile bien méritée. Membre hyperactif du réseau Écotable, le chef ne s'embarrasse pas des discours vertueux pré-mâchés : le locavorisme n'est pas un argument de brochure, c'est une hygiène de vie. L'assiette vise juste, heurte les papilles quand il le faut et refuse le confort des recettes tièdes. Pour prendre la mesure du bonhomme, oubliez la politesse du menu Escapade du midi et foncez direct sur la Flânerie en huit services.

  • Découvrir la Bourgogne en septembre © Maison Medard

    Restaurant © Maison Medard

Le type s'amuse avec les trésors du Berry et les poissons de la région : cabillaud flanqué d'un risotto de céleri d'une précision chirurgicale, cochon mariné aux épices qui réveille les morts, et cet usage réjouissant des truffes locales qui rappelle qu'il n'y a pas que le Périgord dans la vie. La fin de course ne faiblit pas, avec un plateau de fromages affinés qui exige un certain respect et des desserts désucrés qui laissent le fruit s'exprimer sans fard. L'un des meilleurs restaurants à tester en Bourgogne, vivant, un brin impertinent et diablement jubilatoire.

Maison Medard
Menu à partir de 55 euros
19, place des Tilleuls, Boulleret

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