Éléonore Bounhiol, Le jeudi 07 mai 2026Enquête : les grandes tendances du voyage qui vont marquer 2026
En 2026, le tourisme change de boussole. Finies les vacances automatiques, les check-lists de monuments et les séjours copiés-collés : le voyage devient plus court mais plus intense, plus intime, plus expérientiel. On part pour voir l’inattendu, dormir mieux, rire entre amis, retrouver sa tribu, s’offrir une cure de jouvence high-tech… Ou simplement ne rien faire, mais dans un très bel endroit. Et si la destination compte encore, c’est surtout ce qu’elle nous fait ressentir qui donne aujourd’hui envie de boucler sa valise. Focus sur la nouvelle grammaire 2026 du voyage, et nos suggestions pour y succomber.
L’art du week-end : des escapades plus courtes mais plus fréquentes
Et si voyager, en 2026, n’avait plus grand-chose à voir avec cocher des destinations sur une carte ? Désormais, on part moins loin, mais mieux. Moins longtemps, mais plus souvent. C’est le principe de la « nanocation » ou du « week-end getaway » ou le week-end à la dernière minute. Les réseaux confirment l’engouement : sur TikTok, les contenus taggés #weekendgetaways ont connu un boom de plus de 60 % en 2025 et 62 % des voyageurs prévoient de faire plusieurs courts séjours en 2026 selon la dernière étude What the Future de Kayak. Le but, finalement : privilégier l'intensité de l'expérience au nombre de destinations.
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Les tendances du voyage 2026 : partir à la dernière minute © Domaine de Primard
De nombreux hôtels s’adaptent à ces nouvelles habitudes en proposant des séjours calibrés pour des échappées de 48 heures ou moins. L’idée d'un hôtel pour le week-end ? Offrir un maximum de déconnexion en un minimum de temps : spa, table soignée, activités sur place ou à proximité immédiate, le tout à quelques heures de Paris ou des autres grandes villes pour séduire les citadins en quête d’évasion sans contrainte logistique.
Dans cette même logique, le concept de « lux-scaping » pousse le curseur un cran plus loin : voyager moins, mais mieux. S’offrir une parenthèse d’exception, dans des lieux soigneusement choisis, quitte à économiser longtemps pour vivre une expérience vraiment marquante.
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Un week-end au Château de Villiers le Mahieu © Karel Balas
Et pour ceux qui manquent encore de temps, une autre tendance s’impose discrètement : le Day Pass. Le principe est simple : profiter d’un hôtel sans y dormir. Piscine, spa, restaurant mais pas de chambre : le luxe se consomme désormais à la journée, comme une bulle accessible au cœur du quotidien.
Les bons exemples :
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Le Domaine de Primard : à quelques kilomètres de Paris, cet hôtel 5 étoiles à l’esprit « maison de famille » attire les amateurs de week-ends nature avec son décor de campagne chic, ses jardins apaisants et son panel d’activités pensé pour ralentir sans partir loin.
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Un week-end au Domaine de Primard © DR
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Autre exemple parlant : les Maisons de Campagne, deux hôtels châteaux avec une offre tout inclus qui encourage la déconnexion. Chambres confortables, jardins généreux, salons à investir « comme à la maison », activités en plein air, buffet de cuisine de saison… Le tout à moins d’une heure de la capitale, pour s’évader du tumulte urbain avec simplicité.
La « quiet-cation » : silence d’or et éloge de la paresse
Et si, pour une fois, on arrêtait de remplir ses journées, même en vacances ? Adieu l’agenda surchargé, les activités à enchaîner, la pression de « rentabiliser » chaque minute… En 2026, le vrai luxe pourrait bien être ailleurs : dans l'art de ne rien faire, pleinement. Une tendance qui n’a rien d’anecdotique : selon une étude de Kayak (What the Future 2026), 68 % des voyageurs des générations Z et Y placent désormais la déconnexion mentale en tête de leurs priorités. Vive l’oisiveté ! Dans son sillage émerge la notion de « quiet-cation », des séjours qui prônent le slow life, pensés pour ralentir, voire suspendre le temps, en profitant d’un calme royal. Le silence, la nature et la lenteur deviennent une expérience à part entière, un privilège à savourer dans un monde ultra-connecté, parfois (beaucoup) trop rapide.
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S’essayer à la « quiet-cation » à l’hôtel HYLL Manor © DR
Certains lieux en ont fait leur signature, comme les hôtels Six Senses, Aman et certains lodges tournés vers la nature (Loire Valley Lodge, un hôtel spa près des châteaux de la Loire, Les Échasses, écolodge 4 étoiles dans les Landes, est même labellisé Relais du Silence)… Ailleurs, on s’adapte : outre les hôtels adults only, de nombreux établissements divisent désormais leurs espaces pour créer un vrai un coin zen (piscine, salle de détente…) et volontairement sans bruit.
La tendance s’étire jusqu’au « sleep tourism » : voyager pour mieux dormir. Les initiés sont friands de literie ultra-confortable, de rideaux occultants, de rituels apaisants et de tisanes bien-être… Ils ne réservent plus seulement une nuit, mais une expérience de repos absolu, un sommeil profond et réparateur dans de beaux draps, littéralement. Une promesse que maîtrise depuis longtemps Sofitel, dont les lits sont réputés chez les grands voyageurs : surmatelas moelleux, couettes enveloppantes, vaste choix d'oreillers… Aujourd’hui, ce sommeil royal se décline même à la maison grâce à la collection Sofitel My Bed, commercialisée par le groupe pour le grand public.
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S’essayer au "sleep tourism" à l’hôtel Sofitel Ajaccio © DR
Les bons exemples :
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HYLL Hôtel : voilà un autre refuge idéal pour décrocher. Le cadre : une maison de campagne à l’allure de manoir anglais, nichée dans les collines des Cotswolds. Le principe : ralentir et… apprendre à ne rien faire ! Un livret « Do Nothing » est fourni en chambre pour aider les hyperactifs à accepter l'oisiveté. Bougies parfumées, plaids mœlleux, livres et de jeux… L’atmosphère est cozy à souhait, prompte à s’assoupir dans un fauteuil, et le petit-déjeuner se déguste au lit, sans supplément.
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Pantoufle, un boutique-hôtel 4 étoiles dans la Drôme dont le seul nom évoque la lenteur assumée. Ici, pas de luxe ostentatoire mais une maison vivante où l’on se sent rapidement chez soi, un lieu apaisé qui invite à traîner en chaussons, alterner sauna et sieste improvisée, lézarder sur un transat et finalement, laisser filer le temps simplement. Pantoufle érige la paresse en art de vivre.
Le voyage féminin en vedette
Lui aussi cartonne sur les réseaux sociaux : le voyage entre copines. Une idylle sécurisante, où les cocktails sont toujours colorés et les rires plus joyeux. Mais derrière cette image légère se cache une mutation plus profonde. Les femmes représentent aujourd’hui une part dominante du tourisme mondial et jusqu’à 71 % des voyageurs solo… Et en 2026, beaucoup préfèrent voyager entre elles. Selon l’Adventure Travel Trade Association, le nombre d’acteurs spécialisés dans les itinéraires « women only » a progressé de 230 % ces dernières années, tandis que 65 % des voyageuses en solo déclarent rechercher des offres dédiées aux femmes. On part toujours entre amies - pour des retraites de yoga, des city breaks ou des aventures sportives - mais aussi entre inconnues. Le phénomène des voyages « solo mais en groupe », auquel le journal Le Monde a récemment consacré une enquête, séduit une génération en quête de lien, de sécurité et de rencontres authentiques.

Les bons exemples :
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À l’international, l’entreprise canadienne Wild Women Expeditions, propose depuis plus de trente ans des voyages d’aventure conçus par et pour des femmes, mêlant exploration immersive, dépassement de soi et rencontre d'héroïnes locales dans des environnements souvent sauvages et préservés.
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En France, Copines de Voyage s’impose comme l’un des pionniers du genre. Le concept est simple mais redoutablement efficace : permettre à des femmes de partir seules… sans être seules. Les groupes, volontairement réduits, rassemblent des voyageuses qui ne se connaissent pas, mais partagent la même envie d’évasion et de rencontre. Très vite, les liens se créent, les conversations s’installent, et certaines amitiés dépassent largement le cadre du séjour.
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Dans un registre plus exclusif, l’agence britannique Club Avandra propose une approche confidentielle du voyage entre femmes, à la manière d’un club privé. Le concept s’adresse à une clientèle en quête d’expériences haut de gamme, avec des séjours soigneusement orchestrés qui réunissent des femmes partageant le même mode de vie.
Les voyages à thème surfent sur les passions (et les émotions)
En 2026, les émotions prennent le dessus : c’est ce que révèle un rapport sur les nouveaux comportements des voyageurs publié en janvier par ALL Accor en collaboration avec Globetrender (enquête Dynata, 2025). La destination ne suffit plus, on vient aussi chercher une expérience immersive, sensorielle, presque scénarisée ; on veut vivre quelque chose d’unique, cocher un rêve sur une bucketlist ou nourrir une passion.
Les chiffres confirment cette bascule : selon le rapport d’ALL Accor, 43 % des voyageurs interrogés se disent attirés par des expériences immersives, comme les musées interactifs ou les restaurants scénarisés. Une tendance que le cabinet identifie sous le prisme de la « joie » : une envie de lâcher prise, de jouer, de se laisser surprendre, à rebours d’un quotidien trop rationnel.
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Hôtels pour regarder les étoiles © Desert Lodge Namib Desert, Namibi
Le glissement est clair : on veut ressentir plutôt que visiter. On ne choisit plus un lieu pour ce qu’il est, mais pour ce qu’on va y vivre ! Les voyages se redessinent aussi autour des passions (le sport en tête) et les acteurs du tourisme redoublent de créativité pour proposer des expériences toujours plus ciblées.
Les bons exemples :
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Côté sport : amateur de vélo ? Posez vos valises à Coquillade ou Crillon le Brave, des hôtels en Provence où la petite reine structure l'expérience - et des points de départs parfaits pour explorer le Mont Ventoux. Passionné d’équitation ? Tournez-vous vers Cavalcades, qui organise des voyages à cheval aux quatre coins du monde. Découvrez aussi notre top hôtels pour fans d'équitation.
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Un voyage à vélo à l’hôtel © Crillon le Brave
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Côté culture, les groupes hôteliers montent en gamme : InterContinental Hotels Group propose avec son programme Doors Unlocked des séjours incluant accès VIP à des expériences exclusives : visites privées de musées, avant-premières ou dîners intimistes. Même logique chez Shangri-La, qui a imaginé une escapade culturelle en deux temps, entre Londres et Paris, avec un accès privilégié à des lieux iconiques comme la Galerie Dior ou la Fondation Louis Vuitton côté Paris, et les Joyaux de la Couronne et le Tate Modern côté Londres. Les amateurs d’art peuvent également s’offrir une parenthèse créative à la Ferme Saint Siméon, un hôtel en Normandie à Honfleur où des ateliers de peinture prennent place face à l’estuaire, mythique source d’inspiration des impressionnistes.
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Un voyage sur le thème de la peinture impressionniste à l’hôtel © La Ferme St-Siméon
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Les gourmands ne sont pas en reste : Voyageurs du Monde développe des « food trips » sur mesure de Turin à Tbilissi en passant par l’Asie.
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Un voyage à thème culinaire © Intercontinental Tokyo Bay
Le voyage intergénérationnel, nouvelle fabrique du lien
On les appelle « vacances 3G » ou « skip-gen trip » : en 2026, le voyage en famille change de visage. Exit le modèle classique du couple avec enfants, place à des tribus élargies où se retrouvent grands-parents, parents et petits-enfants. Selon une étude menée par American Express sur les tendances de voyage en 2026, 58 % des parents des générations millennials et Z souhaitent déjà partir avec leur famille élargie, contre seulement 31 % des générations X et baby-boomers. Un signal fort : les nouvelles générations redéfinissent les vacances comme un espace de lien, bien plus que comme une simple parenthèse de détente. Ces escapades précieuses deviennent de véritables moments de transmission et de reconnexion, dans un quotidien où les familles sont souvent éclatées géographiquement et où le temps partagé se fait rare.
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Le voyage intergénérationnel © Club Med
Les bons exemples :
Mais voyager à plusieurs générations implique un défi de taille : satisfaire des envies, des rythmes et des besoins très différents. Il faut des lieux capables d’offrir à la fois des moments collectifs et des espaces de liberté.
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Sur ce terrain, des acteurs comme Center Parcs tirent leur épingle du jeu avec des domaines pensés comme des micro-destinations : activités pour tous les âges, hébergements modulables, nature omniprésente…
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Le voyage intergénérationnel © Center Parcs
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Et comment ne pas mentionner le Club Med, pionnier des vacances intergénérationnelles avec ses resorts tout inclus. La marque a construit son ADN autour du partage en famille, en proposant des séjours dépaysants mais tout-inclus où enfants, parents et grands-parents cohabitent naturellement : clubs enfants, activités sportives, espaces bien-être… Tout est pensé pour que chacun vive son séjour à son rythme… et se retrouve joyeusement.
Les chiens, nouveaux voyageurs VIP ?
Longtemps relégués au rang de contrainte logistique, les chiens s’imposent désormais comme de véritables compagnons de voyage, au point d’influencer, voire de dicter, les décisions. Les chiffres sont équivoques : selon une étude de Booking.com (2025), 34 % des Français organisent leurs vacances en fonction de leur chien, et le filtre « hôtel dog friendly » figure désormais parmi les critères les plus utilisés sur la plateforme, devant des éléments aussi clés que le spa ou le wi-fi. De son côté, le service de dog-sitting Rover souligne que près d’un voyageur sur deux considère la présence de son animal comme déterminante, et que 58 % refusent désormais de séjourner dans un hébergement qui ne les accepte pas.
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Voyager avec son chien © Bark Air
Face à cette demande croissante, l’industrie hôtelière ne se contente plus d’un simple panier posé dans un coin de la chambre. Le « pet-friendly » est devenu le « pet-first », une véritable stratégie (et une opportunité économique) qui peut aller loin : conciergerie dédiée et « majordog », itinéraires de promenade sur mesure, friandises maison, accessoires personnalisés, voire toilettage ou massages en chambre. C’est l’ère du « toutourisme » !
Et demain ? Le voyage avec son chien pourrait encore franchir un cap. Le transport aérien s’adapte progressivement : certaines compagnies, comme Alitalia, ont déjà ouvert la voie en assouplissant les conditions de transport en cabine. La tendance est d’ailleurs soutenue par la demande : selon une étude d’Opodo, 64 % des voyageurs se déclarent favorables à la présence de chiens en cabine, avec un enthousiasme particulièrement marqué en Europe.
Les bons exemples :
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Aux États-Unis, Bark Air pousse le concept à son paroxysme en imaginant des vols en jet entièrement dédiés aux chiens et à leurs maîtres, avec cabines adaptées et service sur mesure.
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Voyager avec son chien © Bark Air
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En France, Dog Valley revendique un positionnement inédit de « premier resort 5 étoiles entièrement pensé pour les chiens » : une pension haut de gamme où tout est conçu autour de leur bien-être.
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Toujours dans l’Hexagone, Maison Lilibeth, jeune marque spécialisée dans l’accueil des chiens, accompagne des établissements 4 et 5 étoiles pour faire du séjour canin une véritable expérience haut de gamme : coussins en laine, gamelles artisanales, welcome bag sur mesure, formation des équipes et création de services dédiés, parcours de promenade et menus canins.… Tout est étudié dans les moindres détails pour recevoir nos compagnons comme il se doit, là où de nombreux établissements se contentent de les tolérer.
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Voyager avec son chien © Yann Deret
Luxe à l’ancienne et voyage nostalgique
Et si le futur du voyage puisait dans le passé ? En 2026, une envie inattendue s’impose : celle de retrouver des sensations familières, presque rassurantes. Un milkshake dans un diner façon années 1950, un coucher de soleil sur le pont d’un bateau des années 1960, une chambre décorée comme à la Belle Époque… Le voyage se teinte de nostalgie, comme un retour à une époque fantasmée, plus douce, plus insouciante. Selon une étude de l’opérateur britannique Crystal Ski Holidays (2024), 90 % des interrogés déclaraient revenir avec plaisir dans des destinations de leur enfance, et 60 % cherchaient à recréer leurs voyages d’antan. Une manière de se reconnecter à des souvenirs heureux, dans un monde perçu comme plus incertain ?
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Le luxe à l’ancienne à l’hôtel Splendido Portofino © DR
Les bons exemples :
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Dans la même veine, les codes du luxe traditionnel font un retour remarqué. Le service ultra-personnalisé redevient une signature forte, à commencer par la figure du majordome, incarnation ultime d’un luxe discret et attentionné. Des établissements comme l'hôtel de luxe à Londres The St. Regis remettent ainsi au goût du jour cet art du service butler, un brin rétro, qui anticipe le moindre détail.
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Même logique du côté des expériences de voyage avec la renaissance de mythes iconiques. Le projet La Dolce Vita Orient Express en Italie en est l’exemple parfait : un train inspiré de l’âge d’or du rail, qui propose de traverser les paysages italiens dans une atmosphère unique, entre charme vintage et confort contemporain.
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Le luxe à l’ancienne avec le Dolce Vita Orient Express © Mr Tripper
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Certains lieux surfent largement sur cette esthétique nostalgique. À Portofino, l'Hôtel Splendido (Belmond), tout récemment rafraîchi par le designer Martin Brudnizki, perpétue l’élégance des grandes heures de la Riviera : on y croise encore l’esprit des années glamour. Pour prolonger l’expérience, il est même possible d’embarquer à bord d’un bateau Riva en acajou, symbole intemporel d’un luxe à l’italienne.
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À Strasbourg, Madame C, nouveau refuge format boutique, revisite la Belle Époque avec un décor de boudoir ultra-immersif.
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Le décor de boudoir à l’ancienne de Madame C © DR
Destination : bien-être total
En 2026, le voyage ne se contente plus de faire du bien : il soigne, régénère et transforme. Bienvenue dans l’ère des « glowcations », ces séjours pensés comme de véritables cures de jouvence 2.0, où l’on vient autant pour se ressourcer que pour rayonner ! Porté par une industrie du bien-être estimée à 6,3 trillions de dollars en 2026 et en croissance constante, le phénomène est en train de s’imposer comme un pilier du tourisme contemporain. Quitte à bouleverser nos habitudes. Selon une étude de Booking.com, 59 % des voyageurs déclarent manger plus sainement et 48 % pratiquent une activité physique en déplacement. Les hôtels wellness suivent le pas et tissent leur identité autour de la santé. Le spa ne se néglige plus : il devient le noyau de l’expérience, avec des équipements qui rivalisent de promesses et de modernité.
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Un séjour bien-être © Park Hôtel & Yonaguni Spa
Cryothérapie, photobiomodulation, bains Kneipp, ice rooms et programmes de longévité à la pointe sont les nouveaux musts. Mais l’expérience ne s'arrête pas aux portes des spas, loin de là : cuisine saine, programme personnalisé, équipements sportifs en chambre, boissons au collagène, ateliers sommeil et relaxation… Les hôtels avec spa rivalisent d’idées pour composer un parcours complet, souvent adossé à une approche holistique, avec un ancrage très nature même (et surtout) en ville.
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Un séjour bien-être © Siro Boka Place - hôtel fitness & récupération
Nul doute que les grandes maisons hôtelières du slow luxury comme Six Senses, Aman, One&Only ou encore SIRO, ont posé les bases de cette évolution. Depuis plusieurs années déjà, elles peaufinent à l’extrême leur offre bien-être avec des spas d’élite, des clubs privés et une esthétique apaisée… Jusqu’à imposer un nouveau format de luxe : l’hôtel wellness. Et en 2026, c’est lui qui tient le haut de l’affiche. Car au fond, qui n’aspire pas à se sentir mieux, à optimiser sa santé ? Le voyage devient un prétexte pour prendre soin de soi, un nouveau terrain d’équilibre entre corps et esprit.
Les bons exemples :
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À Londres, le nouvel hôtel Six Senses intègre, partout, la nature comme source de guérison, jusque dans les playlists alignées sur le rythme circadien du corps.
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Un séjour bien-être © Six Senses London
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Lily of the Valley, hôtel de luxe près de Saint-Tropez, propose des programmes à personnaliser (cure longévité, perte de poids, sportive...) qui structurent en douceur chaque séjour.
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En 2026, l'hôtel spa en Alsace, à Obernai, Park Hôtel & Yonaguni Spa a rouvert ses portes sous le nom YONA, après une rénovation d’envergure censée transformer l’établissement en destination de bien-être immersive. Au cœur du projet, le nouveau spa Yonaguni, 3 500 m² d’univers aquatiques avec pas moins de 10 bains sensoriels, des salons de gravité et des soins élaborés avec Phytomer.
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Un séjour bien-être © Park Hôtel & Yonaguni Spa
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À Dubaï, One&Only One Za'abeel s’est associé à Clinique La Prairie pour le lancement de son nouveau « Longevity Hub », combinant intelligence artificielle, diagnostics avancés et expertise humaine pour proposer des soins ultra personnalisés.
Le grand retour du club privé, un goût d'exclusivité en plus
Bonne ou mauvaise nouvelle ? En 2026, le voyageur ne cherche plus seulement une destination, mais un cercle plus ou moins fermé, à retrouver un peu partout. Le club privé répond à une envie très contemporaine : appartenir à une communauté, échanger, se rencontrer, dans la vraie vie, loin des réseaux sociaux saturés. Les hôtels de luxe l’ont bien compris et multiplient les espaces « members only ». Le club privé devient une extension de leur exclusivité, dédiée aux plus fidèles clients et aux locaux férus d’art de vivre. Faire partie d’un club donne accès à des avantages triés sur le volet : restaurants confidentiels, bars feutrés, bibliothèques, caves à vins, coaching sportif, soins bien-être, concerts intimistes ou conférences, passerelles vers d’autres adresses à l’international… Pionnier du genre, Soho House illustre parfaitement cette nouvelle dynamique : né à Londres dans les années 1990, le groupe compte aujourd’hui plus de 30 adresses (dont des hôtels) et plus de 113 000 membres à travers le monde. Une success story qui confirme l’attrait croissant pour ces lieux hybrides, à mi-chemin entre club, hôtel et réseau.
Les bons exemples :
À Paris, plusieurs hôtels cultivent désormais cette exclusivité nouvelle génération.
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Le Saint James Club, au sein de l'hôtel de luxe près des Champs-Elysées du même nom. Pour espérer en être, il faut être parrainé.
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Un club privé © Le Saint James Club Paris
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The Circle, au sein de l’hôtel Maison Villeroy, propose de son côté une expérience ultra-feutrée autour de la gastronomie et du bien-être.
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L’Aventure, nouvel hôtel dans le 5e arrondissement du groupe Beaumarly, cache un club « semi-privé » ouvert à sa communauté (les membres bénéficient d’accès à des espaces secrets et peuvent y organiser des événements exclusifs), mais pas uniquement. Les clients extérieurs viennent aussi pour danser toute la nuit dans une ambiance speakeasy.
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© L’Aventure Club
L’homespitality, à l'hôtel comme à la maison
Et si le produit le plus désirable de l’hôtellerie, en 2026, était… Une maison à investir comme chez soi ? Depuis les années Covid, la tendance grimpe : plutôt que de séjourner dans un hôtel de luxe, d’aucuns préfèrent désormais opter pour une villa à louer ultra-design, avec des services hôteliers et une vraie direction artistique. Le marché s’est énormément structuré ces dernières années, et ses principaux acteurs rivalisent d’identité.
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Se sentir chez soi partout dans le monde grâce à l’homespitality © Iconic House|Les Bords du Lac Hossegor
Les plus : une véritable intimité, des lieux personnalisés à l’extrême, enrichis de services dignes des plus beaux hôtels - conciergerie, chef à domicile, expériences sur mesure, parfois majordome dédié. On parle même de « luxury villa travel », le choix de la maison influençant parfois la destination. Les hôtels s’adaptent et proposent désormais, eux aussi, des résidences privées à louer à proximité, avec leur signature en bonus.
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Se sentir chez soi partout dans le monde © Villa Raffaelo|The Collectionist Sardaigne
Les bons exemples :
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En France, des noms comme The Collectionist, Iconic House ou Hedonist (Villanovo) incarnent cette vision éditoriale du voyage, avec une sélection de propriétés ultra-instagrammables et triées sur le volet dans les plus beaux endroits du monde.
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Au Domaine de Marie, l'un des plus beaux hôtels du Luberon à Ménerbes, il est possible de séjourner non seulement dans les chambres et suites de l’hôtel, mais aussi dans un mas et deux villas entièrement privatisables, nichés au cœur des vignes. Leur décor provençal charmant achève une immersion totale dans l’art de vivre méridional.
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Se sentir chez soi partout dans le monde © Domaine de Marie
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Au Mexique, Coqui Coqui cultive une homespitality de destination avec des maisons-hôtels très incarnées dans lesquelles chaque suite se vit comme une résidence privée, entre parfums signature, architecture brute et immersion sensorielle totale.
L’hôtel comme destination ultime
Le succès planétaire de la série The White Lotus n’y est sans doute pas étranger. En 2026, certains établissements deviennent des lieux de désir à part entière, presque des destinations en soi. Grands noms, pépites confidentielles, décors spectaculaires… Instagram et TikTok ont transformé ces adresses en icônes visuelles, cinématographiques, presque irréelles, et tout le monde veut désormais en faire l’expérience, ne serait-ce qu’une nuit. Cette bascule est confirmée par les chiffres : selon le rapport ALL Accor, plus de 30 % des voyageurs recherchaient en 2025 des hôtels extraorinaires et insolites. Une quête d’esthétique et d’émotion qui explique le succès des lieux réinventés : anciennes abbayes, couvents ou châteaux hôtels, où l’expérience hôtelière s’enrichit d’un supplément d’âme et d’histoire.
Dans cette logique, une autre tendance s’impose : le « set-jetting ». Expedia dans son rapport Horizons 2026 évoque ce phénomène qui consiste à voyager sur les traces de films ou de séries. Résultat : certaines destinations (et surtout certains hôtels) deviennent cultes, et l’on s’y rend aussi pour passer « de l’autre côté de l’écran ». Les prévisions de la plateforme pour 2026 : un regain d’intérêt pour le Yorkshire grâce au film Les Hauts de Hurlevents, et une demande accrue pour les hôtels de Grèce après la sortie du très attendu L'Odyssée de Christopher Nolan. En 2026, on ne choisit plus un hôtel pour accompagner un voyage, mais un voyage pour vivre un hôtel.
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L’hôtel de destination en France © Four Seasons Taormina
Les bons exemples :
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L’exemple le plus frappant de « set-jetting » reste le Four Seasons San Domenico Palace Taormina, en Sicile, décor emblématique de la saison 2 de The White Lotus, qui continue d’afficher complet plusieurs années après sa diffusion.
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En France aussi, certaines adresses captent cette nouvelle désirabilité. L’Abbaye des Vaux de Cernay, avec son esthétique spectaculaire et son aura romantique, s’est imposée en quelques mois seulement comme une véritable star des réseaux sociaux, enchaînant les réservations pour des séjours garantis 100% « instagrammables ».
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L’hôtel de destination en France © Abbaye des Vaux de Cernay
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Pour mieux répondre à cette demande croissante, les groupes hôteliers développent des marques ultra-exclusives, souvent accolées à des adresses de charme (Curio chez Hilton, Colbert chez Minor Hotels…) et des expériences confidentielles - dîners immersifs, itinéraires pensés comme des récits - pour dérouler le scénario du séjour parfait/
La course aux nouveautés
Dans la même veine, une autre obsession gagne les amateurs d’hôtels de luxe : celle de la nouveauté. Découvrir une adresse avant tout le monde, dormir dans une chambre encore jamais photographiée, tester un lieu tout juste ouvert… Le privilège ultime ? Celui d’être le premier ! Il faut dire que le marketing autour de ces nouveaux trésors est de mieux en mieux ficelé. Les groupes hôteliers redoublent de stratégie pour attirer les initiés et notamment leurs clients friands d'exclusivité. C’est le cas d'Ennismore, filiale lifestyle du groupe Accor, avec son programme « Disloyalty » offrant jusqu’à 50 % de réduction pour un séjour dans les trois mois suivant l’ouverture d’un nouvel établissement. Une manière habile de transformer la curiosité en expérience… et de faire des premières nuits un nouveau terrain de désir.
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Les tendances voyage 2026 © Visit Okinawa Japan
Un tourisme plus vert
Luxe et écologie, un mariage impossible ? Plus vraiment. En 2026, le secteur semble avoir pris un virage décisif, porté autant par les attentes des voyageurs que par une prise de conscience globale. Selon une étude de Booking.com, 76 % des voyageurs souhaitaient déjà adopter des pratiques plus durables en 2019, preuve que la demande est bien là, et qu’elle s’intensifie. Un besoin de nature s’impose : hôtels cachés en forêt, éco-lodges, retraites au vert… Les voyageurs écotouristes recherchent des lieux simples, respectueux, ancrés dans leur environnement. La cuisine suit le mouvement, avec des potagers XXL et une valorisation du terroir, tandis que même les croisières de luxe amorcent leur transition, nombre d’acteurs ayant déjà basculé vers le gaz naturel liquéfié.
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Un tourisme vert en Bretagne © La Butte Plouider
Autre tendance forte mise en avant par Kayak dans son rapport What The Future : le « low intensity travel ». L’idée ? S’éloigner des circuits saturés pour explorer des destinations moins fréquentées, souvent méconnues. Un tourisme plus discret, plus lent, moins polluant, qui répond à une envie croissante d’authenticité.
Les bons exemples :
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L'hôtel en Bretagne La Butte incarne parfaitement cette nouvelle génération d’hôtels engagés. Niché face à la baie de Goulven, ce 4 étoiles à la déco très slow mise sur une approche globale du durable : cuisine ultra-locale issue de circuits courts, potager et boulangerie maison, réduction drastique du plastique, mobilier chiné… Même les chambres abandonnent les mini-bars au profit d’espaces de partage, dans une logique de consommation plus responsable.
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Un tourisme vert en Bretagne © La Butte Plouider
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Même les établissements les plus prestigieux s’adaptent. À Paris, les palaces recrutent des responsables RSE, décrochent des labels exigeants et repensent leurs modèles en profondeur (la plupart se sont même mis au recyclage des collants en nylon de leurs employés !) Le Ritz Paris a ainsi obtenu la certification GSTC, tandis que son restaurant Espadon s’est vu décerner trois macarons Écotable. De son côté, Le Bristol Paris mise sur des systèmes de filtration et d’embouteillage de l’eau sur place pour réduire son empreinte.
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Plus loin, Soneva Fushi, aux Maldives, fait figure de référence mondiale dans un lieu déjà scruté pour sa vulnérabilité. L’établissement revendique une philosophie « no news, no shoes » et pousse l’engagement environnemental très loin : recyclage de plus de 90 % des déchets sur place, suppression du plastique, production d’eau en interne, et même un centre dédié à l’économie circulaire.
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Un tourisme vert à Soneva Fushi, aux Maldives © DR
Et l’IA dans tout ça ?
Invisible mais déjà partout, l’intelligence artificielle s’impose en 2026 comme le nouveau copilote du voyage. Fini les heures passées à comparer, planifier, hésiter : quelques mots suffisent désormais pour esquisser un itinéraire, affiner une recherche ou réserver un séjour. Les plateformes l’ont bien compris en lançant des outils conversationnels capables de dialoguer en temps réel avec les voyageurs, à l’image de « Ask AI » chez Kayak, un assistant virtuel pensé pour simplifier chaque étape du parcours.
En 2025, près de 80 % des voyageurs avaient déjà utilisé l’IA générative pour préparer ou réserver un déplacement, selon une étude d’Accenture - et plus de la moitié des voyageurs d’affaires se disaient prêts à lui confier l’ensemble du processus. Dans les coulisses, la révolution est déjà en marche. L’IA automatise les tâches répétitives, fluidifie les réservations, optimise les coûts… mais surtout, elle anticipe. Les solutions les plus avancées reposent sur des modèles prédictifs capables de détecter une perturbation aérienne avant même son annonce officielle, et de proposer des alternatives en temps réel. À suivre !
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Déconnecter lors de ses vacances © HYLL Manor
2026 : quelles sont les destinations qui montent ?
Envie d’ailleurs, de neuf, d’inattendu... En 2026, le voyage s’éloigne des itinéraires tout tracés pour explorer des territoires plus confidentiels, plus singuliers. Les grandes tendances le confirment : les voyageurs délaissent les spots saturés au profit de lieux plus discrets. Les tensions internationales ont également rebattu, dernièrement, les cartes du tourisme mondial, rayant certaines destinations de l'itinéraire, tandis que d’autres jusqu’alors moins fréquentées, sortent de l'ombre. Selon le rapport de tendances de Kayak, 84 % des interrogés souhaitent ainsi privilégier des destinations secondaires en 2026, attirés par une fréquentation plus faible, des prix plus accessibles et une expérience plus locale. Le classement des destinations émergentes établi par la plateforme illustre parfaitement ce basculement : Cork en Irlande, Chongqing ou Harbin en Chine, La Romana en République dominicaine ou encore Luxembourg s’imposent comme de nouvelles alternatives. Même dynamique sur les réseaux sociaux, où le hashtag #hiddengems a progressé de plus de 50 % en un an, signe d’un engouement croissant pour les lieux encore préservés.
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Visiter la République Dominiciane La Romana © Tourisme DR
Le rapport Horizons 2026 d'Expedia met également en lumière cette envie d’ailleurs singuliers, en compilant des destinations dont l’attractivité explose, sur la base des recherches en temps réel. En tête, Big Sky aux États-Unis affiche une progression impressionnante de +92 %, suivi par Okinawa au Japon (+71 %) et la Sardaigne (+63 %). Plus surprenant encore, certaines régions plus discrètes tirent leur épingle du jeu : la Savoie en France enregistre une hausse de +51 %, tandis qu'Ucluelet au Canada (+44 %) ou les Cotswolds au Royaume-Uni (+39 %) séduisent par leur nature préservée.
Mais l’ailleurs ne fait pas tout. En parallèle, les Français redécouvrent leur propre territoire. Selon une étude de Holidu, les destinations hexagonales dominent largement les recherches pour les vacances de printemps 2026. Paris, Marseille, Bordeaux, Saint-Malo ou encore Sète figurent en tête, avec 7 villes françaises dans le top 10.
En 2026, le réflexe n’est plus de suivre la foule, mais de tracer son propre itinéraire, de trouver son propre ailleurs, qu’il soit au bout du monde… ou à quelques heures de chez soi.





